HISTOIRE
paraître séparés de leurs causes les plus directes et de leurs conséquences les plus proches.
Nous devons à M. de Falloux cette justice, que s'il n'a pas tout-à-fait vaincu ces difficultés, inséparables du sujet , il les a effacées autant que possible. Il a su, avec une habileté qu^il faut louer d'autant plus qu'elle apparaît moins au premier coup d'oeil, rattacher à un même centre» qui du reste est le centre de la chrétienté et de toute l'histoire, les branches diverses de son sujet, si multiples et si distantes les unes des autres. Les missions de l'Amérique et les pieux projets de Pie Y pour l'Âbyssinie et pour la Perse , y figurent , sans disparate, à côté des querelles du calvinisme écossais et des premiers évènemens qui rapprochent la Russie de la conmiunauté européenne. Ce n'est pas l'unité qui manque à son livre; car le lien par lequel il réunit ces faits si divers n'a rien, grâce à Dieu, de factice ni d'arbitraire. Je dirai presque que dans son livre il y a trop d'unité ; ce qui lui manque , c'est plutôt la variété des époques , la succession des faits, le mouvement de la vie historique. Ce qui manque à ce livre, et ce que M. de Falloux peut lui donner, c'est plus d'espace et plus d'années ; M. de Failoux s'est arrêté trop tôt. Il aurait dû, et il peut encore (nous souhaitons vivement qu'il le fasse) embrasser en entier cette réaction catholique de la fin du 16* siècle, cette réforme intérieure et orthodoxe de rÉglise qui est notre réponse à la réforme hostile et hétérodoxe de Luiher, ce retour contre les traditions profanes de la renaissance, suscité par le concile de Trente et régularisé par ses décrets , commencé par Paul III, amené par Pie Y en six années à cet état de plénitude et de force qui faisait dire àXiépolo en 1576 que la ville de Rome , autant que la mesure humaine le permettait , était arrivée à la perfection, continuée par Grégoire XIII et Sixte V, méconnue profondément par les historiens du IS"* siècle, mais si bien indiquée dans l'ouvrage du protestant Ranke. Voilà le travail qui ferait de l'ouvrage de M. de Falloux un tout vraiment complet. Sans rien perdre de ce caractère d'unité et d'universalitlg catholique que lui imposait la nature du sujet qu'il a si bien gardé , il aurait de plus cet intérêt que donne la diversité des éjwques, Tenchatuement des faits, le perpétuel enfantement de l'histoire par elle-même. La papauté s'y montrerait non seulement dans des lieux , des climats, des mondes divers, mais