Alihba-£l, ^KrO — Michael; -r Qiiis fibu< Deus
II. Le prophète Jérémie ne se contentait pas d*annoncer le germe de David qui devait régner sur la terre, et y opérer la justice et la justification ; il prédisait même son nonL « Et toilà , disait-il , de » quel nom on l'appellera : Jéhova noire justice \ »
Les Septante éprouvèrent une grande difficulté à rendre ce verset en grec. Il était important de conserver dans la version le nom du Messie à venir, tel qu*il est énoncé dans l'original; d'un autre côté ces docteurs s'étaient fait une loi de ne pas reproduire dans leur bible grecque le nom Jéhova , parceque déjà de leur tems le nom ineffable ne se prononçait plus publiquement L'importance du nom Jéhova noire justice consistait en ce qu'il répond quant au sens au nom adorable Jésus ^ en hébreu yiv^, abrégé de yi^Tf qui signifie le salut de Jéhova, Que firent les Septante? Ils s'arrêtèrent à l'expédient le plus propre à les tirer d'embarras. Si l'on ne prononçait pas le nom redoutable, on ne portait pas le scrupule jusqu'à s'abstenir des noms propres télragrammaiophores ^ c'est-à-dire, ainsi que je l'ai déjà expliqué , combinés avec le tétragrammaton. Au lieu donc de traduire, comme porte le texte original : « Jéhova notre Tzédek (justice) » ils ont mis le nom propre d'homme^ qui est le cinquième de la liste que j'ai donnée ci-devant page hZ et qui n*est autre chose tpi^ Jéhova et Tzédek combinés ensemble. « Et voici son nom, Iho-sedek, (KotiTouTO to ovojxa auxou.. 'IcoasSix.) »
De cette circonstance on peut encore tirer la conséquence légitime quele^e/io, *irp, des noms d'hommes, était véritablement le nom ineffable.
* Ce nom paraît plusieurs fols dans rEcriture comme nom d'une tour; toutefois saint Jértoie, M. Jules Faerst et d'autres, le ckent comme nom propre d'bomme.
•Pour Mihha-yahu, in>D>D, vulg. Mirhœas; S. Jér. Quis HominahUar? Autant que : Quis sivui Dominus ?
* Jér. XXIII, 6.
M PRONONCIATION 0U TÉTKAGRAMMATON
IIL Le passage siùvant d« Zôkar ^ mrffraît seul fiour moatrer que dans les fems )es phis anciens les joîfs considéraient comme fe Tétra^ gramiaatcMi lui^-même , le Féko qui entre dans la composîtioD des noms propres d'hommes.
Je ferai précéder ma citation d*une remarque qui en fera mieux saisir le sens. Le nom Yoseph, ûdV {Joseph) ^ n'est qu'une contraction du nom, écrit en plein, Yehoseph^ âDin\ tel que nous le lisons en effet au Psaume Lxxxi verset 6.
« Viens et considère , dit le Zohar : parceque Joseph a gardé la tt pureté de cette alliance (de la circoncision ), et ne lui a pas mante que par le péché , non seulement il est devenu illustre dans ce « monde, et dans le monde à venir, mais aussi le Très-Saint , béni « soit-il, Ta décoré de son propre nom. Car il est écrit, ps. LXXXI. 6 : 9 II Va mis comme un témoignage en Yehoseph, »
IV. S'il est incontestable pour tous les critiques judicieux que le xeho des noms prq)res d'hommes en hébreu , est véritablement le Tétragrammaton Yehova^ tout le monde convient également que ces noms d'hommes se lisent tels qu'ils sont écrits. Quant aux juifs , jamais il ne leur est venu à la pensée qu'on pût lire autrement Nous venons de voir que les Septante prononçaient de même yehotzedek^ puisqu'ils ont transcrit ce nom en lettres grecques ?u)(ïc- Ssx. Or,, ceux qui veulent qu'on lise Adonal au lieu de Yehova^ ne devraient pas, pour être conséquens à eux-mêmes, prononcer selon l'usage reçu les /eïragrom/iiafajpAor<?5; Yehohhanan (Joannes)» Yehonatan {içmsà\dLXï\y. Yehotzédek (Josedec), etc., mais bien: j^dohhanan , Adonatan^ Adotzédek ^ etc.. Mais ils savent bien que cette ridicule manière de lire serait démentie par la lecture de tous les tems, et par les versions de la bible dans toutes les langues.
V! Il n'est pas vrai que les voyelles, dont le Tétragrammaton se trouve ponctué, soient celles du mot Adondi; car, dans ce cas, il y aitfait » souft le yod du nouk iaeSable,. i^ un e très bref ^scksviif , maisL un a très bref {hha^ph-patahh). Et q»'on ne dise pas que à cet a n'a pas été placé sous le j^od, c'est que, d'après les règles de ïa
' Partie n, fol. 6, col. 21.
gi'Minsire ^ C6tt6 felire ii*^est psis suso&ptftie d*on6 des ToycUes très brèv» cottip osé» piilur^ïp*) ? car, réptmdrais-ie , dans nirr' ^ 3^.
quel les Massorètès ont Téritabrement prêté les voyelles da nom di- TÎn Elohim\ on n^a pas fait difficulté de donner au^cx/nae voyelle très brève composée (le hhateph'Ségoï)^ quoique , de sa nature , il n'en soit pas susceptible.
Louis Cappel, tm des chefs de Vadonisme, répond à cet argument paruneobservationtout-à-faît mal fondée. Le Tétra^rammaton, ponctué avec les voyelles du X^nmeElohim, cKt-3 , se pré s entant fort rarement , on ne s^est pas donné la peine d'opérer le changement de voyelfes que demanderait la gramman-e. Le savant ministre protestant , qui ne voulait recoflnartre d'autre autorité que la Bible , fait voir, en cette circonstance, qu'il n'était pas excessivement familiarisé avec fe texte du volume sacré ; et, si vous voulez , Monsieur , me
. passer une expression triviale, je dirai qu'i/ a compté sans son hôte. Le Tétragrammaton, ponctué avec les voyelles empruntées deElohim^ est si peu rare dans la Bible hébraïque, que le seul livre d'Ézéchiel en offre deux- cent-onze exemples.
Je suis persuadé que, tout au contraire, les voyelles du nom ytdonnt, •»;j-]j^s que les juiÊ substituent au Tétragrammaton dans renonciation, «ont celles du nom ineffable ; car Jdonaïest ponctué irrégulièrement par a long (kamefz)^ tandis que la grammaire y demanderait, pour troisième voyelle, un a bref (patahh) ; mais si ce sont lesvoyelles de fekoi^a, tout s'explique parfaitement. Va long {kametz} est la troisième voyelle du Tétragrammaton, et !e scheva an yod a dû né-
• cessaîrement sô changer en hhateph patahh sous la lettre gutturale
VI. Comme la synagogue, par suite de la défense de prononcer habituellement le Tétragrammaton tel qu'il est écrit, avait adopté à sa place, dans la lecture, le nom Âdonat, les Massorètès, lorsqu'ils ajoutèrent {adpirtrerttnt) à h Bible des signes pour les voyelles , ont dû donner atix lettres serWIes ::, t 5, ^, D préfixer du Tétragrammaton, les voyelles par lesquelles on les prononce devant son suppléant Ado* na^ ; à savoir, ba, vu^ ca^ la^ mê; ^ \ '^ \ ^.
' Voy. De ikarmMc ete« p. 3&d,
^8 PRONONCIATION DU TÉTRAGRAMMATON
Mais devant les noms propres d*homines tétragrammatophores, où le nom vénérable a conservé dans Tusage sa prononciation naturelle» ces mêtnes lettres servîtes reprennent aussi la voyelle qu*il convient de leur donner devant la lettre ^od marquée d'un scheva mobile ; c'està-dire, elles reprennent le hhirik long i, qui absorbe ce scheva : bi^ vi;kîyli,mi; ^2 '»1 "«D ^) '•D
Par la même raison, les Massorètes ont dû marquer du daghesch kal les lettres 3,:,n,D,s, rifP^ lesquelles commence le mot qui suit le Tétragrammaton. Car, d'après la granunaire, ces lettres, lorsqu'elles sont initiales d'un mot, doivent être marquées de ce point daghesch à la suite d'une quiescente sensible^ tel qu'est le yod à la fin du mot Adonaï\ mais pas à la suite d'une quiescente muette^ telle qu'est le he à la fin du terme yehova.
En résumé, la vraie lecture du Tétragrammaton est telle que ce mot est ponctué : Yehova.
Nous avons vu que cette lecture résulte clairement, non seulement des noms propres d'hommes qui en ont été formés, mais aussi de l'antique et constante tradition de la syos^ogue, dont aucun homme de bonne foi ne songera à contester l'autorité dans une question qui , comme la nôtre, ne touche en rien aux dogmes qui partagent l'église et la synagogue mfidèle.
Quelques protestans rejettent avec mépris la XecXxkxt yehova^ parce que cette épellation, à ce qu'ils prétendent , est une invention nou^ velle due à un moine de 16' siècle, Petrus Galatinus ', et qu'avant lui elle était totalement ignorée.
On peut leur conseiller d'abord de ne pas tant faire fi des moines. L'auteur de la prétendue réforme qu'ils ont embrassée avec son esprit contentieux, avait longtems porté le froc. Et plût à Dieu qu'il ne leur eût légué que la prononciation, assez indifférente en elle-même, d'un mot hébreu. Quoi qu'en dise Drusius, le salut de l'âme n'est nullement intéressé à la manière d'énoncer le Tétragrammaton , question purement grammaticale \ Mais l'assertion concernanfPetrus Galatinus
'. Voyez une notice sur ce savant religieux dans mon Harmonie, tome i, p. 190, note a.
' Leusden est non-seulement Jéhovisle, mais uUrà-Jéhioviste. Il va jusqu'à
est gratuite et décèle une grande ignorance de là littérature hébraïque. La lecture yehova a été donnée avant Petrus Galatinus par Ficino , avant celui-ci par Denys-le-Chartreux, avant celui-ci par Porcheiii^ avant celui-ci par Fauteur d'un commentaire latin sur les psaumes , commentaire si ancien que plusieurs l*.ont attribué à saint Jér^e. Avant ce dernier les juifs s*en étaient transmis la tradition d'âge en âge ; et Rachel fut la première qui donna à son fils aîné un nom iéiragrammaiophorcy en expliquant dairement son intention. Le texte dit: « Et eue appela son nom Yoseph (autant que Veho-seph, Joseph), disant : Que Yékova m*y ajoute un autre fils *. »
Ce qui précède me parait satisfaire pleinement aux diverses difficul* tés qu'on a élevées contre la lecture Yehova^ qui est, dans ma persuasion, la véritable énonciation du Tétragrammaton. Les plus spécieuses trouvent leur réponse dans les explications en quelque sorte historiques, que je viens de donner relativement à la question qui nous occupe en ce moment. Les autres sont si futiles que ce n'est pas la peine de les réfuter.
Dans un autre article je parlerai du Tato des Grecs.
Le chev. DRACH, bibliothécaire honoraire de la Propagande de Rome.
proDoncer iWM7t;{. Voici comment il répond à la présente objection : iQuo Galatinus ait été inoin<?, cela ne fait rien à la philologie. Luther aussi avait été moine avant sa conversion (lisez perversion). Faut-ii pour cela, rejeter sa réforme? Si donc Galatinus est le premier qui ait la Yehova, il faut dire qu'il a rappelé et introduit de nouveau Tancienne et vraie manière de lire. > Voyez le texte lalin dans mon Harmonie^ p. 483.
^ Genèse, xxx, 24.
5Q COURS DE PHILOl^OQV ET p' ARCHÉOLOGIE.
DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE
<X)UR6 raiLOLOGlQUE ET HISTORIQUE
d'antiquités C;[yiL£S et l^CCljt$lASWfiMB %
DOMINICALES (lettres). Ces lettres qui sont les sept premières Ae l'alphabet , furent introduites dans le calendrier par les premiers ebrétiens, à la place des lettres nundinales du calendrier romain ; elles servent ù marquer vie jour du dimanche tout le long de Tannée , ^ dfi ^ vient leur nom : dominicus dies , dimanche ou jojir du Seigneur. Si, par exemple, Tannée commence par un mardi, ce JQur est désigné par A , durant toute Tannée; mercredi Test par B, et ainsi de suite jusqu'au dimanche , qui est désigné par F. Cette dernière lettre qu'on nomme dommieaU, change donc chaque année, et rétrograde d'un rang , parceque Tannée a un jour de plus que 52 semaines. On voit , en outre , que les années ]^is§e^til^s ont deux lettres .dMninicales. *
DONATION. Nous avons vu au mot charte tous le^ (c^ffér^up noms que f on donnait aux pèçes sur les^ijpK^le^ on 9SSjp*|(H 9 xpiel-r qu'un une donation. }) p'^s{ j^ fpr§ de voir ce xloîi , doniâm , comme on l'appelait quelquefois, porter £B titre le nom de chawie et dans le texte celui à'épitre, ou appelé tour à tour épitre et charte. Il est très difficile de décider lesquelles sont les plus ordinaires des épitres ou des chartes de donation dans la plus haute antiquité » On distingua autrefois , mais très rarement ^ la donation , de la cession ;
* Voir le dernier article au n® précédent, t. viii, p. 435. ' Baluze, t. ii, col. 399.
V^^V/., coi. 426,571.