PAK M. SERRES
Icfr science»» la iillératiire ei les arti, soit daiis leurs liabitôdes et leurs iiHBnrs , tandis qu'une étude partieUe ne les présente qne sous un demi-jour. Âiosî» considérez séparémoit leajBdivkios de la nicecan-^ casi<pie^ ces rapports fdns paraitroat peu sensibles, modifiés qu'ils sont par la civilisation et Téducation.
Si l'étude des rapports du physique et du moral dans les races immatnes répand une vive lumière sur leur histoire , elle n*est pas moins utile à quiconque veut suivi*e leur filiation et leur mélange. En effet , ce qui constitue ce mélange , ce n*est pas seulement la combinaison des caractères physiques des deux races qui se croisent , mais encore la combinaison de leurs aptitudes morales.... Autôi a-t-on compris, de nos jours, que la physiologie et la phiiosoplûe de Thistoire doivent marcher de front, s*allier, se soutenir, s'éclairer Tune et rantre.
Quant à la linguistique , il est évident que la connaissance de ces rap{)orts l'intéresse au plus haut point ; car, dans le genre humain , la voix, la parole et la prononciation, voilà les élémens du langage ; d'où il suit qu'une connexion intime doit exister entre ces élémens et les variations que l'appareil vocal présente d'une race à l'autre.
« Or , si une langue n'est que la coordination du langage humain appliquée à l'expression des idées, on conçoit que l'examen comparatif de l'appareil vocal dans les races humaines, doit être pris en considération dans l'étude des langues primitives,... Si, tn effet, les idiomes des langues peuvent se classer d'après le groupement des familles humaines; si , pour nous borner à l'Océanie, d'après la belle théorie de M. Guillaume de Humbold *, les idiomes des Océaniens peuvent se ranger en cinq grands rameaux correspondant à autant de variétés de races ; si les travaux récens de M. d'UrvilIe semblent confirmer l'opinion émise par Forster, que tous ces idiomes dérivent d'une langue primitive aujourd'hui perdue, qui ne volt la connexité que ces faits semblent établir entre les variations des idiomes et celles de l'appareil vocal des races?
» Ces vues sont particulièrement applicables à l'étude des races
* Noas rendrons compte du savant ouvrage de M. de Humboldt sur la
/angue Isawi,
tt BÂPPORT SUR L*ANTHlC^OtOGIE
primîtiTes; mai» comioe, en aothi^opologie , nom oj^nm plus son* ^^i 9ar leiwrs raineaia , les eSete résidtani; de lewrs H>ftiPgef doUott QCCMper une place (Ustioete dans ces recherche^ antbvopologîf oes* «
]^]^ Serres observe ensuite que » dans le croisement de deu^ raoes« la supérieure empreint coDstamment ses Garactères sur le produit qui en résuite d*une manière beaucoup plus profonde que la race inférieure^ Aussi, le métis n*est pas une résultante moyenne des deux producteurs, mais une résultante iuégale dans laquelle les caractères de la race supérieure prédominent toujours. ... Il conclut que, si Ton veut hâter les progrès de Fanthropologie, il importe beaucoup de rassemble! les types des peuples et des races dans un même lieu et sur un même ppint; car, alors seulement , le philosophe , l'historien et le physiolo* giste trouveront des élémens indispensables à leurs travaux, et pourront aborder avec succès Tétude physique et morale de l'homme. Au reste, les obstacles insi^rmoritables qui, jusqu'à ce jour, ont empêché les anthropologistes de réunir ainsi les familles humaines, commencent enfin à disparaître. Ce sont ces difficultés vaincues en partie , c'est la possibilité d'arriver à la solution de ce problême, qui donnent un cachet particulier au voyage de V Astrolabe et de la Zélée,
« L'essm d*un musée anthropologique ne pouvait être tenté sur un sujet plus intéressant que celui des peuples de TOcéanie. Là, en effet , les diverses races humaines sont en présence Tune de l'autre. Toutes sont probablement aborigènes ou venues d'ailleurs. Chacune à son tour est venue i»'endre possession des archipels qui la composent. La nature de ces archipels, séparés les uns des autres par l'Océan, formait, pour ainsi dire, des corps d'état distincts, permettant aux possesseurs de jouir et de défendre leur indépendance, permettant aux facultés physiques et morales de chaque race de se déployer sans oppression.
» Chaque race a donc pu montrer ce qu'elle sait , et ce qu'elle peut lorsqu'elle est livrée à elle-même , abandonnée à ses propres moyens de conservation , de défense et d'oi^anisation sociale.
» En outre , la prise de possession des terres de FOcéanie n'a pas été faite au hasard ; l'apparition successive des races a suivi cet ordre régulier que l'on remarque toujouna dai^s les petits comme daps les grands actes de la nature.
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» U'atoHsd, e'«»l la race b pkM inférieure <{iii 8e iBoatre ; sur eeUe^ di'ioqpbato ii«e racepbu avancée, qui, àgont tour, sert de grefie et €^ Ift pb(Ge kh mce ditiomiiftes <{ai dopuoe toutes tes autres par b supériorité 4e ses cavu^etèreft {^ysiqueset moraux *.
» Le failde Vlâstoire générale des peuples et des ualioas étaut en- ON^ en pleine aelirité dans TOcéanie, donne un intérêt tout pa;rticur Uar à Vétude de ces peuples et des rac^ qui les composât. »
On conçoit dès4ors qu'une grande importance se rattache à la re-? pcoduction exacte des types océaniens ; or, le procédé employé pw M. Dumontier ne hme rien à déârer sous ce rapport Une idée aussi sîBiiile que féoonde Ta porté k raser la lêle des Océaniens qu'il n!Oulait, à Les peindre de leurs couleurs naturelles , et à y joindre des échan-: tilkms de la chevelure propre k chacun d'eux. Les figures , quoique toutes obtenues par empreinte, ont conservé les caractères d*expres^ sion qui leur étaient particuliers., et sont telles que les réclament les besoins de Ifanthropotogîe, safis déguisement et sans art. D'un autre coté^ cette coUectioa complète les descriptions données par les précé-; djea^ voyageurs, Dorénavant, ainsi que le remarque, le rapporteur, ait lieu d'aller à la recherche des peuples , ce seront les peuples qui , k cer^us ^iïda, viendront d'eux-mêmes à la rencontre de Tobservateuir» du philosophe, de rbistorieu et de i'aothropologiste.
Le uosaère des huiles exécutés par M. i>umoutier s'élève h 51, et ils oui éii> pris aux divei^es stations dn VAitroiulm et de h Zélée,
Sur ce n<»nbre , 26. appartiennent k la race cuivrée ; 26 appartienk la race noire oumélanésifione. — Les iniMvidus de la race cuivrée on% été moulés aux Mes Gambf^- ou de Maugareva , aux îles des Navî-^ galeurs, k Bàboa, aux îles Salomon et Hogolen, aux PhiMpfùiies et k la Nouvelle-Zél;uKl& -^ Les Mélanésiens ont été moulés aux îles Yiti , au détrcHt de Torrès, k k terre de YaiirlMémen , à TlLe-Bourbon, etc. Parmi ces derniers , les uns venaient de la cote de Mozambique , les autres étaient nés k Madagascar.
Au premier apeiiçude cette coUei^k» , Te^rit est frappé des dil-
< M. Serres semble croire ici que Ips peuples ont été créés ou se sont produits sur les lieux mêmes. Ce n^est point là ce que pensait M. d'Urville. La science ne peut se contenter de cette hypothèse d'ailleurs toute gratuHe; elle embrouille tout, et la phrase même du rapporteur en est emhanrafisée.
{IV oie du Directe wu)
64 RAPPORT SUR t'AÎITHROPOLOGlE
férences qvA la composent. Ces différences ne sont pas seulement des nuances ckins la coloration delà peau , dans la disposition des cheveux , dans la forme du nez « des lèvres et des orbites; elles portent sur tout l'ensemble du crâne, de la face, du collet de la stature.
» On conçoit, dès^lors , que les voy^ure qui ont |»is çà et là ces individus dans des localités diverses, avec des coslames variés, aient émis ridée de la fduralité d'espèces d'hommes chez les peuples de rocéanie. En zoologie, si un groupe d'animaux se présentait avecles mêmes conditimis, ce ne sont pas des espèces que l'on se bornerait à établir, mais bien des genres , et peut-être même des familles.
» Cependant , quand on compare ces individus les mis aux autres, quand on rapproche et que l'on analyse un U un chacun de ces caractères, on voit des analogies ressortir de ces différences ; de sorte que, tandis que nous sommes portés à diviser dans notre pensée, od troare que la nature réunit dans son action.
» La source de cette réunion parait résider dans l'abaissement ou l'élévation du pédicule oculo-nasal de l'os coronal, qui, dans toutes les races , forme le caractère anthropologique le plus constant et le moins variable dans ses résultats.
» On sait que, par la position qu'il occupe, ce pédicule forme, d'une part , la paroi interne et supérieure de Torbite, et que, d'autre part, il sert d'arc-boutant aux os et à l'apophyse montante de l'os maxillaire supérieur ; d'où il suit que, de la position qu'il affecte, résulte celle des yeux , du nez , des lèvres et des parties latérales de la face. Or, personne n'ignore que ces parties de la face et des dispositions que présentent les yeux , le nez et la bouche , se déduisent présentement les caractères les plus significatifs, non-^ulement des races humaines, mais ceux aussi de leurs principales variétés.
» Dans les bustes de la collection rapportée par Y Astrolabe et la Zéiée^ on suit le redressement de ce pédicule et les évolutions qu'il produit dans les dispositions de la tête , d<;puis les nègres de la terre de Yan-Diémen jusqu'aux Hindous de l'intérieur et de la côte Coromandel.
» On les suit mieux encore sur les bustes de la race cuivrée des naturels des tles Salomon, des Iles Sandwidi, des îles de la Nouvelle-Zélande , jusqu'à ceux des lies Gambier et de l'archipel des Navigateurs.