PAR M. SERRES
» Oii arrive awsi graduellement aux naturels des iles Mariannes, à ceux de File Hc^len dans Tarchipel des Garolines , jusqu'au buste qui reproduit un naturel de Manille , dans les iles Philippines, et dont le type est si parfait»
n .... Dans ces degrés de perfectionnemeiu de la race cuivrée, on retrouve facilement les caractères qui ont servi de base à la distinction des races polynésienne et micronésicnne de M. d'Urville, caroli-^ nienne et océanienne de 51. Lesson , que H. Bory-Sunt-Yincent comprend dans son espèce neptunienne.
» Ces distinctions 9 si difficiles à saisir dans les description^, ressortent avec évidence de Texamen des bustes. — Les hybrides n^romalais , moulés aux iles Yiti, servent d'intermédiaire à la race noire et cuivrée. Ils offrent en outre un autre intérêt.
» On sait qu'à l'exemple de Forster et de M. de C&amisso, notre savant navigateur, M. le contre-amiral Dumont-d'Uryille ne voit que deux races distinctes dans les peuples de l'Océanie , la race mélané" sienne, qui n'est qu'une branche de la race éihiopique d'Afrique, et la race polynésienne basanée ou cuivrée, qui, elle-même, n'est qu'un rameau de la race ]auney originaire d'Asie.
» Dans cette opinion, la race malaise se trouve effacée du nombre des races primitives.
» Or, si la race malaise est secondaire, on conçoit, d'après ce qui a été dit , que la loi du croisement des races humaines devra sulnr à son égard une modification importante.
» Car, dans le mélange du Malais et du Nègre, le Malais étant supérieur, le métis devrait reproduire en plus ses propres caractères , si la race était primitive; tandis , au contraire, que , si elle n'est que secondaire , son mélange avec une race pure devra la ramener vers cette dernière. Or, c'est ce qui est et ce que montrent les métis né* gro-malais moulés aux iles Yiti , sur lesquels prédominent les caractères de la race noire.
» Si ce fait se confirme , on sent toute sa valeur, d'une part , pour la question malaisienne, si embarrassante pour l'anthropdogie, et, de l'autre , pour la transmission des caractères humains dans le mélange des races et de leurs rameaux. L'histoire du rameau araméen, si errant dans ses croisemens , en recevra sutout de notables éciaircissemens. »