‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 22 sur 135 · RAPPORT SUR L* ANTHROPOLOGIE · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR L* ANTHROPOLOGIE

M. Serres fait alors rassortir l'îïnportaflde du procédé lûis en oeuvre par M. Dumcmtîer, et dit que plus ou étudie sa colledtion, |ftds on est couftitoé dans l*opinion de Si. Dumo^t-dllnUïe , que h "race noire a donné aux îles de TOcéanie ses habîtans priïnilifs.

« A la\érfté , on petft dire, ajoute-^t-il , que la diffictflté n'i^st que rcctdée, pùfsqu'îl reste ^ établir d*où pro'vîerinent eux-mêmes ces preilrîers hafêtans. Au fond , néanmoins , cette dernière quôstioli n*cst que secondafre. La question principale consiste à déterminer d*abord quelle est la souche-mère sur laquelle sont venus se greffer, par la maitbe dû teïtts et des ^vénemens, les Hindous, les Moïigob, les Chinois €t lès Arabes.

>) Or, ttous le n^ons, cette souche nous paraît être la Vaceïiohre , ainsi que Fa établi M. Onmont-d^Urville. Et nous répétons 'eûcore que, ^'aptt^ les lois physiologiques du croisement des races, les peu- ^es de rooéanie portent Tempreinte de ces mélanges et de ces combinaisons. . . .

» La fusion s'opère ici d'une manière graduefte et successive. Ce sont les Hindous qui agissent d*abord sur les Mélanésiens, et préparent, pour ainsi dire, ces peuples à recevoir les Arabes, comme, à leur tour, les Arabes les om préparés à la civilisation européenne, si supérieure à la leur.

Cette marche concomitante des caractères physiques et mortux des pèùphîs de TOcéanîe est d*atftaiit plus intéressante pour la philosophie, qu'elle semble dégagée en partie des causes qui la masquent chez les peuples de h race caucasique ; qtioicfue chez cette race , et principalement dans les ràfmeaùx pélagique et celtique dont nous faisons partie , le mouvement hitellectnel paraisse soumis depuis trois miBe ans à la même loi physiologique. » -

tJu buste anormal de la collection , bus^e moulé à Samarang (île Java) , et que «H. Serres caractérise en disant que le défaut d'harmonie qu'il présente résulte d'un crâne caucasique implanté sur une face iiiottgole, lui suggère les réftexionii suivantes :

« Ce défaut d'harmonie, dit-il, est celui que présente constamment l'honme ca^utasique dans une des périodes de son développement.... Les individtrs de cette race ne parviennent pas d'un seul jet aux formes qui tt taractériseiit ; dans sa marche , pour revêtir ces formes , elle

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en traverse^d'autres qui sont moins parfaites ; et ces formes moins avancées qui , chez elle , ne sont que transitoires , constituent l'état permanent des races mongoliques et éthiopiques ; de sorte qu'on peut r^arder ces dernières races coBune un tems d'arrêt de la race caucasique.

Après avoir entretenu TAcadémie des bustes rapportés par M. Du- . moutier, M. Serres dit que les crânes recueillis pendant le voyage de VAstrolaha et de la Zélée Offrent d'autant plus d'intérêt, qu'ils pro^ viennent en partie des races que les bustes représentent, et permettent de suivre, d'après une double comparaison , la série graduelle des perfectionnemens, tant sur la race noire que sur la race cuivrée. Ils confirment ainsi les conclusions auxquelles l'examen des bustes nous avait conduits.

En terminant cette analyse, nous n'essaierons pas de montrer, après M. Serres , quels avantages l'anthropologie doit retirer des travaux exécatés sur un plan semblable ; mais que Ton nous permette uûe réflexion. Chaque jour, dessavans, indifférens à nos croyances, s'en vont, poussés uniquement par l'amour de la science, parcourir le monde, et rapportent, sans y songer, souvent même sans lé vouloir, des argumens en faveur d'un livre bafoué au siècle dernier. Ne vous scmble-t-il pas, comme à tnoi, que ce fait vaut, à lui seul, une longoe dissertation , et que le doigt de Z>/<?£< pourrait bien être là?

D. GÂUVIGNY.

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