‹ Annales de philosophie chrétienne (volume 5)Chapitre 24 sur 135 · COURS COMPLET DE PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

COURS COMPLET DE PHILOSOPHIE

MIS C!f RIPPOAT AVEC LE PROGRAMMI UNtVEaSITÀTRE ET RâMENÉ ktX PRIPTCIFES DU

CATnOUCISME.

Par M. UATTIER,

avocat , professeur de philosophie à Técole de Pont-le-Voy '.

11 est bien difficile de faire un ouvrage élémentaire , sur la philosophie , qui soit du goût de tout le monde aujourd'hui ; mais il est surtout difficile de le faire en rapport avec la nécessité du tems. La philosophie, quoi qu*on en dise, n'est point, de nos jours , une science constituée en rapport avec tous les progrès de nos connaissances. Il y a de quoi la faire , nous le croyons , mais elle n'est pas faite, du moins , telle que bien des genâ la comprennent; cela dépend des points de vues divers où l'on se place : ces points de vues, en effet, la rétrécissent ou l'agrandissent , la formulent ou l'anéantissent , suivant leur manière de l'envisager, de la concevoir ou de la définir. Cependant , tout le monde convient qu'un bon ouvrage élémentaire sur la philosophie est une des choses les plus importantes , en fait d'instruction et d'éducation. On ne peut donc qu'accueillir avec reconnaissance tous les efforts dirigés dans ce but. Nous nous hâtons de le dire, le Cours complet de philosophie de M. Rattier, par son excellent esprit , par sa clarté , par son ensemble , mérite un rang distingué à son auteur dans la gratitude de tous ceux qui s'intéressent aux progrès de la jeunesse française dans les saines doctrines.

Deux causes nous semblent avoir dominé l'auteur dans la production de cet ouvrage ; d'une part, la nécessité d'un enseignement phi- Tome 1", 2» et 3«. Paris, Gaume frères, libraires-éditeurs, rue du Poide-Fer-Saint-Suipice, 5. Prix : 8 fr.

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losophique pour préparer Tintelligence da jeuuc élève à répondre aux prescriptions légales dans les épreuves des examens; d'autre part, la nécessité, plus pressante encore, d'un enseignement^qui fortifie les nobles tendances du cœur en illuminant rintelligencc. Cette pensée de l'auteur est généreuse ; mais elle était d'une haute difficulté dans son accomplissement, parce .qu'il fallait, comme l'indique le titre, remplir le programme universitaire en ramenant la philosophie aux principes du Catholicisme ; or, il est permis de mettre en doute la possibilité d'une alliance parfaite entre ces deux choses. Car, qui dit principes dit choses immuables, enchaînement logique et démontrable ; pour qu'un programme puisse être ramené à des principes , il faut donc qu'il soit logiquement enchaîné et démontrable. Le progranune universitaire est-il cela? Il est permis encore un coup d'en douter.

Cette double nécessité , dans laquelle était renfermé l'auteur , a déterminé le plan de son ouvrage , et toute sa conception de l'ensomblc des connaissances humaines. — Dans une introduction substantielle, il détermine l'objet de la philosophie, et en cherche une définition convenable ; pour cela , il passe en revue toutes celles qui ont été données depuis les tems les plus anciens jusqu'à nos jours ; puis il donne la sienne , ainsi conçue : La philosophie est Vexercice régulier de la réflexion^ V emploi méthodique de la raison » appli^ quées à la solution du problème de noire nature , de notre origine et de not re destinée, ainsi quà la recherche des principes qui doivent régler nos rapports^ soit avec Dieu, soit avec les divers êtres qui nous entourent^ soit avec nous-mêmes» Cette définition, excellente sous plus d'un rapport , nous paraît cependant plutôt une définition de la logique simplement que de la philosophie; c'est une définition de la méthode ; or, nous n'admettons pas que la philosophie soit simplement une méthode, mais bien l'ensemble des connaissances divines et humaines , comme Platon, comme Aristote, comme Albert-le-Grand , comme saint Thomas, enfin comme M. Rattier lui-même, qui comprend toutes les sciences dans la philosophie, sauf la théologie , et peut-être à tort La nécessité de remplir le programme imiversitaire l'a peut-être forcé de trop accorder au rationalisme , de trop scinder les diverses parties de la science, et

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