COURS DE PHILOSOPHIE
dé n'en pas montrer l'enchafnement logique d'une manière ^ez nélté. If ous accordons comme lui une grande part à la raison ; mais nous croybrts que M elle est créée pour la Vérité , elle est aussi créée pour la foi : quelques mots vont expliquer tiotiie pensée.
L'homme est créé pour un but ; c6 but est Dieu même, sa glorification danà le teiias et dans Fétemité; tout l'univers a été créé pour rbomthë, afin de le tonduire à Dieu. M. Rattier, digne de tout éloge id, admet ces éeux grands principes avec nous ; il admet ehct)t'e tpie rhomme est créé pour connaître et s'éleve^par cette connaissance jusqu'à Dieu. Puisque l'homme a été créé pour un si noble but, il s'ensuit qu'il est dans sa nature d'y atteindre; que, par cottséquent, tout, dans celte nature, doit converger vei-sce but; et, en outre, tout dans l'univers doit l'y conduire; puis tous les êtres créés qui l'entourent ne sont que des circonstances naturelles créées pour faciliter et procurer le développement de la nature humaine vers son but. Par ce pk*emier point donc, le but final de l'homme, toutes les sciences qui n'ont d'autre objet que les choses créées, doivent tendre à l'nnité; Mais, d'autk'e part, l'homme est le liéU du monde et de Dieu; il à dés rapports nécessaires avec son Créateur; il faut donc que les facultés naturelles de sa raison puissent le conduire à la réalisation de ces rapports; comment? par deux Voies qui n'en font qu'une : par le raisonnement et par la foi. Ces deux voies n'en font qu'une en ce sens que la foi et la raison doivent toujours être d'accord, et c'est cei accord de la iiiison avec la foi que nous regardons, pour notre compte, comme le seul vrai critérium , le seul critérium possible de de tonte philosophie. Pal- lui l'unité renaît dans la science ; la raison n'est point opprimée, mais soutenue et guidée; et la certitude est iuébranlable, puisqu'il y a accord entre la raison humaine et l'autorité divine, entre l'œuvré de Dieu et sa parole ; et c'est là ce qui justifie la défiûition de la philosophie, l'ensemble des connaissances divkies et feuînaines. Du restei la pensée de M. Rattier est bien celle que notis exprimons ; mais comme elle n'est pas celle du programme universitaire, et qu'elle ne pourra jamais l'être tant qu'il restera ce qu'il est, M. Rattier a été obligé, malgré lùr, de captiver toute la largeur de sa conception, et de rie la présenter qu'une partie après l'autre^ G'est mt^vé à éëli^ qu'est dû son (^àu «t «a dhisitm de U
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philosophie; Il commence par la psycoic^ie, dans laquelle il coiiiprend avec raison la physiol(^e dans la paitie de$ ^ni^tions, des sens et de leurs organes; c'est là Follet des deux pi^miei's vdumes; le troisième comprend la logique. Nous savons bien qu'ii y a quelques raisons spécieuses à cette marche; mais elle n'est poutant pas logique. La logique, en effet/ n*est autre chose que la marche naturelle à Tesprit humain dans son développement et dans Tacquisition de la science, ce qui, pour lé dire en passant, est la même chose. Or, quels sont les degrés successifs de la manifeâtation de Tei^rit humain dans racqoMtion de la science. Il ne commencé apurement paà par s*étudiélr lui-même : il est principe, il se sent, il agit, et voilà tout, U lui sendt même impossible de s*étudier tout d'abord, il n'en a pas les moyens, il faut qu'il les acquière. La pretnière acquisition de l'inteiligence est éelle du langage, qui amène la manifestation de la pensée. A l'aide du langage, il reçoit les premières notions des choses par pure foi; après cela' vient la comparaison dé ses pensées pour en faire sortir des jtigemeûs : C'est la logique naturelle qui entlaîne l'esprit vers le vrai. Ce n'est qu'alors qu'il peut prétendre à étudier les objets qui l'entounsnt et lui-même. Telle est, nous semble- t-il, la marché naturelle, qui placé les sciences instrumentales à la tête de la philosophie; ces sciences sont indispensables pour arriver à la conmûssance de quoi que ce soit; l'homme tiura beau se faire lui-même l'objtet de son étude, s'il n*à l'instrument nécessaire il h'âvancera à rien. C'est pour cela que nous insistons toujours pour commencer par l'étude de la logique. Ce n'est pas ici le lieu d'etposer le plati que nous proposerions à la place du programme universitaire, et, par tôiisèquent, à là place de celui de M. Rattier. Nous n'avons voulu qu'une chose dans toutes nos critiques» faire les réserves de ce qui nous semble la vérité contre la tendance générale , qui li'est pas particulière à l'estimable auteur du livre actuel, qui même n'est pour lui qu'un accessoire forcé que nous aurions aimé lui voir secouer ; car DODS prisons son livre, nous le croyons propre à suppléer à tout ce qui manque à l'enseignement chrétien, qui ne possède malheureusement lied, sdûs ce rapport, qui puisse permettre à la jeunesse de satisfaire aux examens en ne courant aucun danger pour sa foi. C'est pour cela que nous HOCdffiâlSndo&s le Cours de M. Rattier comme un ouvrage
Sk NOUVELLES ET MÉLANGES.
sûr, bien exposé» et comme ce que iions connaissons de mieux jusqu*à présent C'est un ouvrage riche en matériaux sagement recueillis, clairement analysés et sainement jugés.
F. L. M, MA IJPIE, prêtre, docteur es-sciences.
LILLE. — MuUlalion de V édition de la Géographie de MalU'Brun,faiie par M. HuoL — Nous avons reçu la lettre suivante qui nous signale un fait déplorable, et qui nous prouve un mauvais esprit que nous croyions désormais étranger aux véritables savans.
Lille, 4 janvier 1844.
Monsieur le Directeur,
Les Annales ont déjà protesté contre Taudace avec laquelle des éditeursphilosophes avaient mutilé les ouvrages de Bacon, de Pascal ti diEulery qu'ils trouvaient trop entachés de Christianisme, et dont certains argumens les embarrassaient. Je crois devoir vous signaler aujourd'hui un nouvel exemple de rinfldélitéf pour ne pas me servir d'un mot plus dur, avec laquelle un beau monument scientifique de notre époque vient d'être reproduit par un savant de nos jours. Je veux parler de la Géographie de Malle-Brun, dont on a publié une seconde édition revue par M, Huol et augmentée de nouvelles découvertes. Sous ce dernier rapport, Fouvrage est amélioré, et je me plais à rendre cette justice à Tcditeur ; mais de quel droit retranchc-t-il de la nouvelle édition des passages qui ne touchent point aux progrès de la science et qui se trouvent dans Tancienne? Pour en ci4er un exemple, Malte-Brun, dans le volume de TAraérique, que j'ai sous les yeux, en décrivant le Paraguay, parle (t. v^ p. C26 à 629) des fameuses missions des jc'suileswaf^^t^ Buffon,Montesquieuel Aaynal lui-même ont rendu de magnifiques hommages. Malte-Brun déplore la perte de ces élablissemens ^u^ la religion, Vhisloire et la géographie regrelleront, dit-il, d jamais; il leur consacre trois pages intéressantes. Je croyais les retrouver dans le volume de la nouvelle édition que je viens de lire; croiriez-vous, monsieur le directeur, qu'on n'en a pas conservé une seule ligne? Je vous demande si c'est, là reproduire Malte-Brun. Par ce trait nous pouvons juger du reste. Déjà Ton m'avait signalé plusieurs retranchemens dans les premiers volumes qui indiquaient que l'éditeur n'aime point les passages de son auteur qui viennent à l'appui des traditions bibliques. Je n'ai pas eu le tems de vérifier la chose> mais je me propose de confronter incessamment l'ancienne édition avec tous les volumes de la nouvelle, et je m'empresserai de vous faire part du résultat de ce travail. £n attendant, monsieur, vous pouvez dès ce moment-ci certifier aux acquéreurs du Malte-Brun-Huol qu'ils n'ont qu'un Malle-Bran Ironqué,
J'ai l'hoDueur de vous saluer avec les sentimens, etc.
HixM DB CUGNAG.
ANNALES
DE PHILOSOPHIE GH.RETIE MME
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