PAR PAYS DE FOU-SANG
Or, c'est ce qui arrivera, en effet, cl ce qui confirme, à la fois, les conjectures de Buffon, et les assertions, appuyées de cartes encore pen exactes , qu'avait émises M. de Guignes ; car on parviendra ainsi au nord des Bouches de la Golombia , et non loin de la Californie.
Ce savant ne pouvait alors, parvenir ii la même précision que nous ; puisque, nous le répétons, les positions exactes des côtes nord-ouest de l'Amérique vers les îles Âléoutes, et même celles du pays du Kamtchatka, n'étaient pas encore bien rigoureusement établies; mais il n*en a eu que plus de mérite à reconnaître le premier, la valeur des //^pour cette époque, et à retrouver ainsi, dans les Géographies trop peu consultées de la Chine, des pays aussi nouveaux pour nous, que Tétaient alors le Kamtchatka et ce vaste continent d'Amérique , connu de toat tems par les peuples explorateurs de l'Asie Centrale, mais qui ne nous a été révélé que bien tard par le génie admirable et persévérant d'un illustre génois.
A l'aide de ces mêmes livres conservés en Chine, et qu'il est honteux pour les Européens, de ne pas avoir traduits encore, depuis plus d'un siècle qu'ils les possèdent, nous pourrions montrer que la Méropide d'Elien ' n'était elle-même aussi, que V Amérique du Nord; car l'invasion chez les Hyperboréens^ dont parle cet auteur, ne peut avoir eu lieu, que du nord de l'Amérique, au Kamtchatka et aux rives du grand fleuve Amour, contrées où les anciens livres de la Chine font vivre une foule de peuples, dont les noms, en Europe, sont à peine connus en ce jour, bien que très curieux et tous significatifs.
Dès les tems les plus reculés, ayant reçusans doute, des C(rfonies de la Grèce et de la Syrie, ces heureux Hyperboréens, envoyaient au temple d'Apollon, à Délos, des gerbes du blé récolté par eux.
Hérodote et Pausanias nous nomment les peuples qui, de main eo main, faisaient parvenir ces offrandes en Grèce ; et, quand ou combine ce qu'ils en disent, avec les notions sur ces mêmes peuples, qu'oiïreut les livres chinois , on acquiert facilement la conviction que le véritable pays des Hjperboreens, c'est-à-dire, des peuples du nord-est, n pouvait être situé ailleurs que sur le fleuve Amour et vers la Corée, contrées à alphabet, très anciennement civilisées ou colonisées.
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108 l'amébique désignée
Par ces Hypcrboréens, en rapport avec les nations féroces de l'Amérique du nord, nations que décrit £Uen sous le nom de Machimos ou de guerriers, les Grecs des tems anciens, qui avaient porté la culture des céréales sur les rives de TAmour, devaient donc avoir des notions sur ce Fou-sang ou monde oriental, vaste continent, qui, du côté de Touest , exploré par les Phéniciens de FÉgypte, et ensuite , par les Carthaginois, avait reçu le nom à! Atlantide.
L'imagination fleurie des Asiatiques avait pu broder bien des fables sur ces relations d*un monde si éloigné, et où Ton n'abordait pas sans courir de très grands dangers; mais les monumens si curieux de Palenqué dans le Guatimala, et ceux non moins importants qu*a dessinés M. deWaldeck, dans le Yucatan, démontrent positivement ces rapports antiques de TAsie Centrale, des Indes et de l'Egypte à TAmérique ou à la Méropide^ véritable pays de Fou-sang,
Le Chan-hai-king, antique géographie mythologique de la Chine, le Li-sao et d'autres livres chinois débitent aussi des fables sur la vallée de Tang-kou ou des Eaux chaudes, d'où le soleil parait sortir, se levant ensuite dans le pays de Fou-sang, où croissent des mûriers d'une hauteur prodigieuse ; ils disent que les peuples du Foi/sang mangent les fruits de ces inuriers pour devenir immortels et pouvoir voler dans les airs, et que les vers à soie de ces arbres, énormes aussi, se renferment dans des cocons monstrueux de grosseur.
Toutes ces fables sont féndées sur le nom Sang 5^ du mûrier qui entre dans le nom chinois de l'Amérique ou du Fou-sang ; et on se les explique quand on examine les monumens Mylhriaques , sculptures de l'Asie occidentale , où l'on remarque toujours , sur la droite, le soleil se levant derrière un arbre, tel qu'un mûrier; ce qui n'est que la peinture même du caractère hiéroglyphique conservé en chinois , pour exprimer V Orient y caractère qui se prononce Tong
^^ et qui se forme en dessinant le symbole du soleil ^ï g/, derrière celui de V arbre ^C wo, le soleil à son lever, montrant en effet son disque derrière les arbres.
Tacite, dans sa Germanie, débite aussi des fables sur les pays où le soleil se couche , en faisant entendre^ dit il , des pétillemens loi^que ses feux pénètrent dans l'Océan , et cet admirable* ouvrage n'en