PAR PA^YS DE FOU^SAUG
fieraient trop loifi. Noos nous bornons donc à discuter la fin de cette rdatHMi da Fou^sang.
« Atttrefms , ikt Ilod-chin /la religion de Bouddha n'existait pas » dans ce pays ; mais sous les Song (en 458 de J.-G. , date précisée » ici), cinq Pi^kitou , ou religieux du pays de Ky pin (pays où lé » P. Gaubil voit Samarcande , où M. de Rémusat voit l'antique Go- » phène vers l'Indus), allèrent au Fou^sang , apportèrent avec eux » les livres et les images saintes , le rituel , et instituèrent les habi- » tudes monastiques ; ce qui fit changer les mœurs de ses habitans. »
Aussi , venant en Chine en 499 , c'est-à-dire 48 ans après cette conversion du Fou-sang^ ffoéi-chin, samanéen lui-même, déclaret-il, qu'alors les peuples de cette contrée vénéraient les images des esprits, le matin et le soir, et ne faisaient pas la guerre.
On sait que le prosélytisme est un des devoirs qu'ont à remplir les religieux Bouddhistes; il n'est donc pas étonnant de les voir partir de l'Asie centrale, franchir les mers et les pays les plus dangereux, pour aQer convertir les peuples encore sauvages de l'Amérique, pays déjà bien connu d'eux, et des Arabes et Perses de Samarcande.
C'est ce qu'on ne peut plus révoquer en doute , depuis que M. de Waldeck a dessiné , dans le Yucatah^ un temple ou monastère antique , vaste enceinte carrée , accompagnée de pyramides analogues à celles des Bouddhistes du Pégu , d'Ava , de Siam et de l'archipel iodien, et qu'on peut étudier dans tous leurs détails.
Une multitude de niches , où figure le Dieu célèbre , Bouddha^ assis les jambes croisées , existe à Java, tout autour de l'ancien temple du Bourou Bouddha , et si l'on examine le temple du Yucatan, dont M. de Waldeck a publié les beaux dessins , on y reconnaît ces mêmes niches où est assis le même Dieu Bouddha^ ainsi que d'antres figures d^origine indienne , telles que la tête affreuse de Siva , tête aplatie et déformée , qui surmonte chacune de ces niches.
Nous ne pourrions aflBrmer cependant que ces temples du Yucatan fussent aussi anciens que cette relation du Fou-sang , pays où Ton ne nous montre encore que des cabanes en bois ; mais, persécutés par les Brahmes dans l'Inde et le Sind, les Bouddhistes ont dû , ^ [doâeurs reprises » chercher un asile dans le Fou-sang ou l'Ame-
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riqae, et pei|t-éUre même fair à Bogota et ji»qtt*(Mi Péro«» oàte mœurs ont été trouvées si douces et si analogues k leors mttunL
De la même manière, ils adondsaaieat les peuples eooore sauvages des lies de rarchipei indien , et de» paya oompris eo&e Tlnde et la Chine, et ils y élevaient ces t^nples , ces pyramides qn'on y retrouve en débris , eooame à Java, ou encore deboot et vénérées, comme dans le Pégu et Siam.
La Chine avait reçu leur cuite peu de tems après notre ète , soos Ming-tj-y des H ans; la Corée, dès Tan 372 de Jésus*-Cin*i8t; le Fou'Sang , avons-nous dit , en Tan 458 ; et le Japon , enfin , seulement en 552, le recevant aussi de la Corée et du royaume de P^-ts^, pays situé dans celte même contrée de F Amour et de la Corée , ancien centre de civilisation.
C'était de la Corée, disent les livres chinois , qn'on aHait par mer au pays de Ta-kan , pour de là cingler à Test, et arriver en Amérique, c'est-à-dire au Fou-sang» Dans ce voyage on relâchait au Japon, et sans doute 09 le contournait pour atteindre, au nord, Tile Saghalien , puis se diriger, à Test, vers le Kamtchatka 00 le Ta-HaiK
Mais dans la curieuse Histoire des Chickimè^ues , publiée dans la collection de M. Ternaux , l'auteur, américain d'origine, IxtUUsochitl^ fait venir les Toltéques , par mer, du Japon en Amérique, abordant par les côtes nord-ouest, et dans des pays à terre Ronge , tels que le Rio del gila^ où Voa cite encore un ancien monument, appelle la maison de JVIotecuzumai
Il avait vu, à Mexico, des Japcmnais envoyés à Rome par les nûs^ sionnaires ; et dans ces Japonais modernes , il reconnaissait les traks et le costume des ToUèques dont il parlait ; or, il fixait leur migration au 5*" siècle de notre ère. U se trouve donc parfaitmnent d'accord avec les Relations chinoises sur les divers voyages ea Amérique ; car on passait par le Japon, nous venons de le dire , quand de Corée on allait par mer au pays de Ta-haii, pointe sud du Kamtchatka , latitude élevée où se rencontrent » 00 le sait , les vents d'ouest et du nord-ouest, vents qui poussent tout naturellement vers le Fou-sang ou l'Amérique du nord, contrée située à l'est
Monumens bouddhiques au Yucatan ; histoires conservées par les Toltéques du Japon venus en Amérique ; relations chinoises dn pays
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de Tahan et du vaste pays de Fou-sang, et qui nous sont données par les Bouddhistes, partis de ce pays d'Amérique , et qui par le Japon, venaient en Chine : tout est donc parfaitement d'accord ; ce passage, par le Japon^ expliquant d'ailleurs comment nous avons pu montrer, dès 1835, que les noms de Nombre et beaucoup de Mots de la langue des Muyscas sur le plateau de Bogota se retrouvent encore dans la langue actuelle des Japonnais '.
De même que les Scandinaves avaient pu, à une époque plus récente, descendre de la côte nord-est du Nouveau-Monde, et du Fin-^ land fondé par eux, jusqu'au Brésil dans l'Amérique du sud , où se sont retrouvés de leurs monumens ; de même, mille ans av^nt les Espagnols, mais débarqués sur la côte nord-ouest, les Bouddhistes de rinde, alors persécutés par les Brahmcs , les peuplades du Japon, et celles des rives de l'Amour , pays des anciens Hyperboréens , ont pu pénétrer au Mexique, au Yucatan, au pays de Guatimala et de Palanqné, au royaume de Cundinamarca^ et enfin jusqu'au riche et pacifique royaume du Pérou. Le célèbre M. de Humboldt a très-bien indiqué les^rapports de race et de civilisation , de cycles , mœurs, nsages^ qui unissaient les peuples de ces dernières contrées à ceux de la Tartarie et de l'Asie ; mais* en niant , d'après le P. Gaubil auquel l'Amérique était peu connue, et d'après M. Klaproth , l'identité de l'Amérique et du Fou-sang , il se privait de ses meilleurs argumens, et ne pouvait fixer aucune date précise pour ces migrations.
Nous espérons, s'il lit ce court Mémoire, qu'il rendra plus de justice à la vérité des aperçus du célèbre M. de Guignes , sinologue profond , dans les travaux duquel M. Klaproth avait puisé une grande partie de sa science , et que, pour cela même, celui ci n'aurait pas dû tant décrier II
Nous avons voulu , dans ce succinct extrait de nos vastes travaux SOT l'Amérique , rendre justice à ce docte et modeste auteur de Y Histoire des Huns. Comme lui aussi, de méprisables coteries nots oppriment; mais nous espérons qu'un jom', peut-être, on rendra plus de justice à des recherches qui ont consumé nos plus belles années. Août 1843. Le ch^' de PARAVEY.
' C'est la Dissertation sur les Muyscast insérée dans les Annaies, et citée plus haulr Elle a été aussi publiée à part sous le titre de Mémoire sur C origine japonaise des peuples du plateau de Bogota. Che? TreutteL à Paris.