RELATION DU PAYS DE FOU-SANG
Faite par un prêtre Bouddhioue nommé HoeUchin au 5« siècle de notre ére>
et extraite des grandes Annales de la Chine.
( Arertissement de M. Klaproth).
Le célèbre de Guignes, ayant trouvé dans les livres chinois la description d'un pays situé à une grande distance à l'orient de la Chine, à ce qu'il lui sembla, crut que cette contrée, nommée Fou-sang, pouvait bien être une partie de l'Amérique. Il a exposé cette opinion dans un mémoire lu à l'académie des inscriptions et belles-lettres, et intitulé Recherches sur les navigations des Chinois du côté de l'Amérique^ et sur plusieurs peuples situés à Vextrémité orientale de VAsie '.
Il faut d'abord observer que ce titre est inexact. Il ne s'agit nullement dans Toriginal chinois que de Guignes a eu devant les yeux d'une navigation entreprise par les Chinois au Fou-sang; mais, comme on verra plus bas , il est simplement question d'une notice de ce pays donnée par un religieux qui en était originaire et qui était venu en Chine. Cette notice se trouve dans la partie des grandes Annales de la Chine • intitulée Nan-szu, ou Histoire du midi. Après la destruction de la dynastie de Tsin, en 420 de J.-C, la Chine fut pleine de troubles, dont il résulta l'établissement de deux empires, l'un dans les provinces septentrionales, l'autre dans celles du midi. Cç dernier a été successivement gouverné , de 420 jusqu'en 589, par les quatre dynasties des Soung, des Thsi, des Lian^ et des Tchhin. L'histoire de ces deux empires a été rédigée par Li-yan-tcheou, qui vivait vers le commencement du 7" siècle. Voici ce qu'il dit du Fou-sang 5.
« Dans la première des Années j-oung-j^uan, du règne de Fi-ti
* Voyez Mémoires de t Académie royale des inscriptions el beltes-Utlrts, vol. xx\ni, p. 505 à 525. •
* Ce sont les JSianeul-szuy ou les 22 historiens^ dont 1^ ouvrages forment une collection de plus de 600 volumes chinois, et qu'il ne laut pas confondre avec les Annales intitulées Thoiing-kian-kang-mou , qu^on connaît en Europe par le maigre extrait que le P. Mailla en a donné en 12 volumes in-4*.
' Le célèbre Ma-touan-lin, si estimé par M. Rçmusat, a aussi donné ceUe relation dans son Wen-hien-tong-hao avec de légères variantes, et c'est In que M. De Guignes Ta traduite; elle se trouve également répétée, dans la célèbre encyclopédie chinoise, intitulée YGaenhien-louy-han^^^ymi^ Tavons trouvée à Londres en 1830; et dans le Pian-y-tien , ou géographie des peuples étrangers; et tous ces ouvrages, fort estimés, existent à Paris. * ( Note de M, de Paravey ).