PAR PAYS DE FOU-SANG
» de la dynastie de Thsi^ un cha-men (on prêtre bouddhique), » nommé Hoeï^chîn^ arriva du pays de Fou-sang à King-tcheou • ; » il raconte ce qui suit :
» Le Fou'sang est à 20,000 li à Test du pays de Ta-han^ et éga- » lement à Torient de la Chine. Dans celte contrée, il croît beaucoup » d'arbres appelés Fou-sang*^ dont les feuilles ressemblent à celles » da Thoung {Bignoma tomentosà), elles premiers rejetons i ceux » du bambou. Les gens du pays. les mangent. Le fruit est rouge et a » la forme d'une poire. On prépare l'écorce de cet arbre comme du » chanvre, et on en fait des toiles et des habits. On en fabrique » aussi des étoffes à fleurs. Les planches du bois servent à la cous- » traction des maisons, car dans ce pays il n*y a ni villes» ni habi- « talions murées. Les habitans ont une écriture et fabriquent du » papier avec Técorce. du Fou-sang, Ils n*ont ni armes ni troupes, » et ne font pas la guerre. D'après les lois du royaume, il y a une » prison méridionale et une septentrionale. Ceux qui ont commis des » fautes peu graves sont envoyés dans la méridionale, mais les » grands criminels sont relégués dans la septentrionale. Ceux qui » peuvent recevoir leur grâce sont envoyés à la première , ceux au « contraire auxquels ou ne veut pas l'accorder sont détenus dans la » prison du nord ^ Les hommes et lés femmes qui se trouvent dans » celle-ci peuvent se marier ensemble. Les enfans mâles qui naissent » de ces réunions sout vendus comme esclaves à Tâge de 8 ans , les » filles à l'âge de 9 ans. Jamais les criminels qui y sont enfermés » n'en sortent vivans. Quand un homme d'un rang supérieur com- » met un crime, le peuple se rassemble eu grand nombre, s'assied
' King-tcheoa est une ville du premier ordre, située sur la gauche du grand Kiau^ dans la prorince actuelle ae towpe. Celte daie répond d'aUleurs à Tan
' Fou-sangj en chinois et selon la prononcialion japonaise^ FouU-sôky cs( l'arbrisseau que nous nommons Hisbiscut rosa chinensis, — Voir ces Carac-
fères dans la Dissert, de M. de Paravoy, ci-dessus^ p. 102. M. de Paravcy, à leur égard, y fait observer encore, que le P. Goncahés^ dans son Dicl. porfuyais-chinois, fort estimé > traduit ce nom Fou-san^^zx Papoula comuday ou aussi ^rgémone du Mexique. Ce savant missionnaire y voyait donc une plante ou un arbuste d'Amérique ; et celle seule observation pourrait prouver que le Fou-sang propre répondait à quelque partie du Mexique,
* De Guignes a. assez mal rendu ce passage de cette manière: «Les plus coupables sont mis dans la prison du nord , et transférés ensuite dans ceUc du midi, s'ils obtiennent leur grâce; autrement ils sont condamnés à rester pondant toute leur vie dans la première. •
m* SÊRIJS. TOMfi IX* — ^ 50. 1844. 8
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» ¥i»-âMri» du crkiiioel placé dasm une fosse , se régale d'un banquet, » et prend congé de Itû comme d*un mourant'. Puis on Tentoure » de cendres. Pour un délit peu gra^e, le criminel est puni seul; » mais f pour un grand crime , le coupable , ses fils et lés petits-fils » sont puni» ; enfin* pour ks plus grands méfaits , ses desc^idans, » jusqu'à la 7« génération , sont enyelq>pés dans son châtiment ^
» Le nom du roi du pays est F-khi (ou Yii^khi Y\ les grands de » la première classe sont aiq;)elés Toui-lou , ceux de la seconde les
• petits Toui-lou , et ceux de la tro^ème Naku^cka. Quand le roi » sort, il est accompagné de tambours et de cor& Il change la couleur » de ses habits à différentes époques ; dans les années du cycle kia % et>^^, ils sont Meus; dans les années ping et tin^ S rouges; dans » les années ou et ki^^ jaunes ; dans les années keng et sim^ blancs;
• en&i dans ceUes qui ont les caractères /m tlkouei % ils sont noirs». • Les bœufs ont cte longues cornes, sur lesquelles on charge des
» iardeaux qui pèsent jusqu'à 30 ho (à 120 livres chinmes). On se » sert dans ce pays de chars attelés de bœufs, de cheraiix et de cerfe'^ » On y nourrit ks cerfs comme on élève les bœufs en Chine; on fait » du fromage avec le lait des femelles". On y trouve une es^)èce de » poire ronge qui se conserve pendant toute Tannée. H y a aussi beau- » coup de vignes'*; k fer manque, mais on y rencontre du cuivre;
* De Guignes traduit ces derniers mots par « on le juge ensuite. »
* Ces low pénales sont celles que Ton a suivies.de tout tems en Chine et dans les pays de FAsie qui ont dépenau de la Chine. {De Paravey)*
^ De Guignes a mal lu f-chi,
^ Les années 1» 11, 21,3h4t et51 du cycle de 60 ans portent le cancière kia; les années 2, 12, ^2, 32, 42 et 62 ont le caractère v. > Ping, 3, 13, 23, 33, 43 et 53; Un?» 4, 14, 24, 34, 44 et 54. 6 Ou, 5, 15, 25, 35, 45 et 55; ki, 6/l6, 26, 36, 46 et 56. ' Kens, 7, 17 . 27, 37, 47 et 57 ; sm, 8, 18, 28, 38, 48 et 58.
* «/m, 9, 19, 29, 39, 49 et Ô9; kouei, 10, 20, 30, 40, 50 et 60.
^ M. Rlaproth reconnaît donc ici l'existence au Fou-sang, du cycle de fiO ans des Chinois : mais le recueil du F,ô'ouciet montre qu'il existe aussi aux Indes ; et dans le Journal asialiqae ùe Paris, M. de Parayer a montré qu'il commençait dans Tlnde et en Chine précisément en la même année. Les Bouddhistes de l'Inde oujdu nord de F Ane-Centrale ayaient donc pu le porter dès lors au pays de fou-sang, en Amérique et au Mexique. (De Partwey)
■« De Guignes traduit : « Les habitans élèvent des biches comme en Chine, et Us en tirent du beurre. ■
•• Dans rinde, on le sait, ce sont surtout les bttufs qu^on attelle aux diars, et» au Kamchatka, ce sont les lennes, espèce de cerfs , qui tirent 1^ traîneaux»
) [De ParatHfff.
» U y a dans Toiiginal To^PÀm-thao. De Guigiies ayant décomposé le mot
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» Tor et Fargent ne sont pas estimés. Le commerce est lilNre et l'on » ne marchande pas.
» Voici ce qui se {nratique aux mariages. Gelai qui désire épouser B une fille établit sa cabane devant la porte de celle-ci ; il y arrose et » nettoie la terre tous les matins et tous les soirs. Quand il a pratiqué » cetle formalité pendant un an, si la fille ne donne pas son consen- » tement, il la quitte; mais si elle est d'accord avec lui, il réponse. » Les cérémonies de mariage sont presque les mêmes qu'en Chine. » A la mort du père ou de la mère , on s'abstient de manger pen- » dant sept jours. A celle du grand-père ou de la grand'mère, on se » prive de nourriture pendant cinq jours, et seulement pendant » trois à la mort des frères, sœurs , oncles , tantes et autres parens, » Les images des esprits sont placées sur une espèce de piédestal » '> et on leur adresse des prières le matin et le soir '. On ne porte pas » d'habits de deuil.
» Le roi ne s'occupe pas des affaires du gouvernement pendant les » trois années qui suivent son avènement au* trône *.
> Autrefois, la religion de Bouddha n'existait pas dans cette contrée. » Ce fut dans la &• des années Ta-ming^ du règne de Hiao-wou-ti
Phou'lhao , traduit: « On y trouve une grande quantité de glayeuls et de pêches. > Cependant le mot Phou seul ne signifie jamais glaycul, c'est le nom des joncs et autres espèces de roseaux de marais^ dont on se sert pour fieiire des nattes. Thao est en effet le nom de la pèche, mais le mot composé Phoulao signifie en chinois là vigne. A présent il s*écrit avec d'autres caractères, mais ceux employés ici sont l'ancienne orthographe du tems des ^an^qui a prévalu jusqu'au 10« siècle de notre ère.
La vigiie n'est pas une plante originaire de la Chine, les grains en ont été importés par le célèbre général Tckang-kian , envoyé en 126 avant notre èru dans les pays occidentaux. II parcourut TAfghanistan de nos ieurs et la partie nord- ouest de l'Inde, et revint en Chine après 13 ans d*absence. Le terme Phou- thao n'est pas originaire de la Chine, de même que l'objet qu'il désigne^ il n'est vraisemblablement que la transcription imparfaite du mot grec poTpu;. Les Japons^is le prononcent Bou dô; ils donnent ordinairement a la vigne le nom de Yehi-kaatoura^ composé de yebi, écrevisse de mer^ et de kadzoura , nom général des plantes grimpantes qui s'attachent aux arbres voisins.— Dans le texte, M. Klaproth, malgré tout ce qu'il dit dans cette note , dexait traduire , comme nous l'avons fait dans notre mémoire , les mots Pou'tao, qu'il prononce Phou-lhao, par raisins, et non jpas par le mot vignes, qui chez nous , entraîne l'idée de culture. Les bois de l'Amérique du nord et du nord-ouest abondent en raisins sauvages, comme le dit le Samanéen ; mais on n'a pas trouvé en Amérique des vignes cultivées^ et ce texte, en effet, n'en parle pas. ' . {De Pamvey).
' De Guignes traduit : « Pendant leurs prières ils exposent l'imaffe du défunt. • Le texte parle du chin ou génies, et non pas des âmes des démnts.
» C'éUit aussi l'antique usage en Chine et dans l'Indo-Chine. {De Paravey,)