tome XY, p. 60« des ^nnali de Mgr de Luca
{Note du Dirtcteur),
142 DC STftTftME DES ANGUCANÇa
tions. Mais elle ne saurait vivre longtems au sein d'une atmosphère pestilentielle : Dieu lui a prescrit de revenir toujours au grand air, à Tair pur ; c'est-à-dire à la ¥€rité. Tel est bien» après tout, le terme de chacune de ses excursions , quelque hardie qu'elle ait pu être. Plus que toute autre , l'idée protestante mène à ces considérations. Trempée en partie au feu des passions et de Terreur, et en partie aux rayons de la vérité , on l'aurait crue capable de résister plus longtems à l'action corrosive de ses conséquences. Or , il y a maintenant trois siècles révolus qu'elle s'incarna , pour ainsi dire, en des faits monstrueux ; depuis , des produits du même ordre sont sortis par intervalles. Mais aujouid'hui elle se meurt , ou est déjà morte en certains pays. Le pays où elle devrait être naturellement plus virace , parce qu'elle y était plus comprimée , l'Angleterre est comme toute frappée de son impuissance et de sa stérilité. Elle mesure avec effroi le vide qu'on s'était figuré si parfaitement rempK. De là des besoins inconnus jusqu'alors, des besoins qu*out imprimés des mouvemens divers, parfois étranges, et dont Fobservatenr attend encore le résultat et les suites. C'est donc là prindpaleraent qu'il est imposant et instructif de suivre la transformation des idées de l'homme. ' Vile âes Saints va-t-elle reprendre son noble titre î on bien s'éloignera-t-elle encore davantage de la source de tonte sainteté ? Une impulsion vaste et forte s'est raanisfestée vers le catholicisme, vers l'église de Rome. Mais quelle est la vraie signification de ce fait? On a beaucoup espéré des pusèystes; quelles sont, dans le sens des espérances catholiques , la valeur et la portée de ce système? On peut douter que celte école soit aperçue , en France , sous tm point de vue net et clair : on se flatte quelquefois en r^ar* dmit tmnme d'une éventualité facile ce qti'on brûle de voir réa&é. Mais les aspirations à la doctrine catholique pourraient bien se borner à produire un simple rapprocbemeat vers nos dogmes et nos institntions, et à tromper par des alimens factices un besoin réel ; pour sentir qu'il n'est pas encore tems d'immoler, au foyer du père de famille, veau engraissé , en signe de la joie du retour, il suffit d'une réflexion le bien naturelle. Quand on a sucé l'erreur à la mamelle , on se l'est assimilée comme la vie ; elle fait partie de nous-même : communion terrible \ c'est la robe trempée dans le sang du Centaure ; elle inocule
m yenin qu'on ne peut extraire qu^à grand'peine; si i*on s'en dépouille, elle déchire en lambeaux ce qu'on a de plus cher. Voilà rerreor. N*éUit-il pas tout simple , après cela, que les angHeans , sentaot comme maigre eux o^ qa*i\ y a da défectueux dans Fidée protestante, et qu'elle ne fait pas taire toutes les exigences de l'âme, aient imaginé nn état mitoyen dans lequel ils donnent encore tine main à leur marâtre, pomr saisir de l'antre ce que son sein stérite n'a point porté? Oui , cela est bien dans la sature : la nature ne fait rien par saut , disait linnée; la parde est yraie , vraie surtout dn retour à la vérité* Un seul bond précipite au fend de rerretnr; mais quand on essaie de regagner la vérité , il fant péniblement gravir. Quelques degrés sont déjà franchis; mais il en reste encore. Cest pour mettre à même de jng«r de l'espace parcouru et de l'espace â parcourir, qn'on a traduit, et qu'on publie les pi^es suivantes et quelques antres qui paraîtront après. Elles sont d'un témoin sôr , d^im observateur qui sait juger, d'un chrétien qui ne s'abose pas, d'an prêtre qui voudrait v6ir tous les hommes dans les bras de lenr mère la sainte Églisa Dans un premier travail , pnbfié en \SU2 , Monseigneur BaggM a exposé le système et la méthode des tbéologieRs d'Oxford : il en a aussi apprécié la valeur. Une seconde dissertation , datée de cette même année 18Zi3 , contient quelques considérations sur Vêtat actuel de Véglise anglicane. On y verra les modifications qne le Pnséysme a subies ; mais on y venra surtout que l'Angleterre, on dn numis l'élite de l'Angleterre » a besoin de quelque chose , et que eè quelque chose elle ne le trouvera que dans le catholicisme universel. Que l'Angleterre y songe donc ! la vieille foi romaine est revenue , Comme naguère une grande infortune , s* asseoir au foyer du peuple hritnnnrque : poîsse-t-elle être mieux traitée que le héros trahi par la tictoire î Elle ne demande rhospitalitê que parce que la paix de l'âme et la félicité sont ses sœurs; l'hospitalité lui sera-t-elle refusée? G. -M. A
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