ET DES UV^ES DES CHINOIS
» pour cela il est appelé Tien-gin , le ciel-homme ou Thômmc céleste. » 5° C'est lui qui doit rétablir l'ordre et la paix dans l'univers en » réconciliant le ciel b,wc la terre, il sera attendu comme l'auteur » d'une loi sainte qui fera le bonheur du monde : cette loi remplira » tout et soumettra tout de l'un à l'autre pôle ; tout ce qui pense, > tout ce qui respire, et tout ce que le soleil éclaire lui sera » obéissant. »
Ce n'est pas seulement la gloire, la majesté , l'empire de ce Saint que l'on voit marqués dans ces anciens livres, on y trouve quelques traits qui ne peuvent regarder que l'idée d'un Messie souffrant : « Il » paraîtra, disent ces livres, dans le monde, lorsque le monde sera » enveloppé des plus épaisses ténèbres de l'ighorance et de la supers- » tilion , lorsque la vertu sera oubliée et que les vices domineront; » il sera parmi les hommes et ils ne le connaîtront pas ; si le Saint ^ ne meurt pas, le grand voleur ne cessera pas; frappez le Saint , » déchirez-le en pièces , et mettez le voleur en liberté ; rompez les » balances, brisez les fouets, tout sera dans l'ordre, et la tranquillité » publique sera rétablie; celui qui se chargera des ordures du » monde, deviendra le seigneur et le maître des sacrifices; le Saint » ne sera point malade , mais il prendra nos maladies sur lui afin de » nous en guérir; celui qui portera les malheurs du monde sera » le maître de l'univers. »
Enfin , c'est ce Saint qui est le point de réunion, c'est à lui en tant que ministre du Chang-ti , dont il exécute les desseins, que se rapportent les Kings; CCS ouvrages mystérieux sont , à parler en général, comme son histoire hiéroglyphique, et ce que nous venons d'en dire n'est qu'un petit échantillon.
Entre les Kings dont les noms ont été rapportés plus haut, VYe tient le premier rang : ils en sont sortis comme les ruisseaux coulent de leurs sources, disent les savans chinois. VYe est un tableau de la nature, car les caractères employés pour exprimer ce mot , signifient changer: or, la base et l'objet ^xiVYe est un double état du monde : le premier de ces états s'appelle Ciel antérieur^ le second Ciel postérieur. Le second succéda au premier parle plus terrible changement qui soit jamais arrivé dans l'univers. Voici ce qu'on trouve dans ce livre sur cet état heureux.
202 bE LA Doctiêiïttk
» Aiérè ié ciel él lâ btr^ avarent chacuii la ^lâcê qui leur cohVè- » hàilt , b tef ne sfoùmisè àti ciel , le ciel protégeant la terré , il y ayàit I» titfé contlUtteile et douce correspondance de Tun à Taûlré. L'année » l^*écôulait sans cette inégalité de saisons que Yàn éprouve aujour- » d^htti ; leur ordre n^était point troublé ; eUés formaient comme im » étemel prihtenis; il n'y avait point de pluies violentes ni de ton- » nerres, ni de vents impétueux; les deux élémensqui composent les » cbbséè matérielles étaient li'une parfaite concorde , toutes les parties » de l^iïhiVers conservaient entre elles un concert inaltérable ; le soleil » e't ia liihë sans ténèbres et sans tache brillaient d^unepureetécla- >» tàhtè tumièrè ; les cibq planètes suivaient leur cours sans écarts. » l'homme habitant un monde si réglé et si magnifique, ne voyait rien » qui né contribuât à contenter ses désirs : uni au dedans à là souTe- « raine raisoh, il exerçait la justice au dehors ; n'ayant rien de faux dans » lè cœur, il y goÀbit une joie toujours pure et tranquille , ses actions » étalent simples, sa conduite sans artifice ; le ciel l'aidait à augmenter » ses Vertus , et là terre, produisant d'elle-même avec abondance, lui » procurait une vie délicieuse ; les êtres vivàns n^avaient pas à &ram<lre » la mort, et les créatures ne se nuisaient pas mutuellement. Lesani- » maux et les hommes étaient dans une espèce d*amliié ; l'homme ne » pensait point à leur nuire, xX ils n^a valent point Ja volonté de lui faire » du mal; il habitait un lieu délicieux; c'était le séjour des immortels'. »
Voici ce qu*il disent du Ciel postérieur : « La nature de l'iiomme » telle qu4i la reçut du ciel était tranquille, en paix, sans guerre intes- » Une ; iin objet l'excita , de là le mouvement et le trouble ; ce qui » est la concupiscence de la nature, robjét agissant; il y eut unecoB- A naissance ti es claû*e, le bien et le mal parurent ; les désirs et les aver- » sions étaient sans règle au dedans , la connaissance grandit au de- » hors , on ne réfiéchissait plus sur soi-même , la raison du Ciel fut » éteinte, et la concupiscence domina partout; les crimes sortirent » de celte funeste source, les faussetés, les mensonges, les révolies, » les impuretés, les violences, puis les maladies incurables , et en un M mot le désordre général de ta nature ; l'âme était une puissance
) Sût m ëial de bbHfiétit- et ri*lnii<)cëncë prtbilttVëi , ^û\i de chhte et U malheur, voir les textes cités et indiqués dans notre t. xyi^ |jpi IS^i ^ ^^ 35 i.
£T DES liVRÊS DES CHINOIS. lOS
» lùminensé , eUe fut obscurcie ; on doit aujourd'hui travailler à lui » rendre sa lumière. C'est en détruisant les faux désirs et Tamour » propre qu'on aperçoit la raison céleste.
» Il est dit ailleurs qu'un esprit superbe se révolta contre le i*if » ou le Seigneur, voulant se faire Ti lui-même; qu'il entraîna dans » sa révolte neuf troupes d'intelligences dont il était le chef; que les » colonnes àa ciel en furent ébranlées , que le ciel s'inclina , d'où » s'en suivit un changement dans le cours du soleil , de la lune et » des astres; que le désastre s'étendit Jusqu'à t'hommé, que la terré » en jfut émue jusque iiians ses fondemens , qu'elle s'écroula, ce qui » produisit une terrible inondation '.
^ » Ces mêmes livres parlent d'un troisième état du monde qui est » un rétablissement de la nature dans le bonheur de sa condition » primitive , mais rétablissement qui s'exécute avec lenteur, parce » qu'il ne se fait pas sans combats. Le Saint par excellence tra- » vaille à ce grand ouvrage; il répare insensiblement les ruines du > monde, il renverse , il détriut peu à peu ce qui s'oppose à sa vie- » toire ; quand elle sera complète , le monde se trouvera dans une » situation fixe et immuable , les biens seront séparés des maux en* » iièrement et pour toujours. ».
De ià naissent trois différentes manières de prononcer le mot
^6 ^ , comme F simple avec un e muet , comme Kè avcti un è ouvert ) et cbmme JTé avec un é fermé , lesquelles désignent le monde avant le changement, le monde changé et le monde rétabli.
Le i^' livre re-king contient les ttiffél^étis thâttgfeinens àrrivëb daiié l*univcrJ5 ; lé 5« lifrè Cku-king contient jiltisieul^ ptédictibiiS sur ce qui doit arriver jusqu'à là fin dii monde ; W 8*^ livre , ou le tihî'king, cotitietit les désifs de la nature gémissante hï du geilrè hiimâiii sôupiràilt après son libérateur; dans ceâ sacrée cantiqtiës; dôht on se Servait pendant les sacrifices, le tœur se porté et â'êlance de toute sa force verà cet tini(|Ue objet de nos vœui.
bâhS îé fchan ^ isiôu m ttoUvfe lés fastfes propliêticjùéé iW royaume où devait naître le Saint. Dans Vro-king qui s'est perdu,
* Voir sur ce chef des rebelles notre t. iti» p« 354.