ET DES LIVRES DES CHINOIS
un esquif; enfin Te \^^ dans l'usage vulgaire , signifie vertu; mais le symbole qui le désigne est composé de quatre caractères qui signifient la Croix\ VOEU, une Règle , et le Cœur y comme si on disait que la vraie vertu a toujours la mort ou la crucifixion des passions deyant les yeux comme la règle du cœur '; il faut remarquer que le sigi^ de la Croix était un très ancien symbole parmi les Égyptiens % qu'on le trouve sur les obélisques , les camées , les gravures ' et les médailles antiques.
Ces cinq exemples suffisent pour donner une idée générale des caractères chinois ; les habitans du pays n'entendent plus que le sens liltériil, superficiel, et nullement le sens original , profond et primitif de ces symboles.
C'est de cette traduction des hiéroglyphes en style vulgaire et lettrés alphabétiques que sont venues toutes les fables des paycns. Les égyptiens appliquèrent ce qui fut dit des grandes révolutions de l'univers , du plan admirable de la Providence et des difFérens états du monde aux petits évènemens imaginaires qu'ils croyaient être arrivés dans leur pays. Les noms mystérieux de la divinité , du libérateur et de ses attributs, devinrent les noms d'une multitude de héros qui avaient fait des exploits chimériques ; de là son venues toutes les différentes mythologies de l'occident et du nord ^; elles passèrent successivement des
parlent le plus aux yeux; nous les prenons dans le Lou-chou-long ou intelligeuce des six sortes de caractères que nous possédons. Sur les écritures antiques et leur âge, voir M. Pauthier, dans Touvrage cité ci-dessus, p. 24.
' Voir une analyse ptiilosophiquc de ce caractère dans la traduction du Téi'hfoj p. 102 de M. Pauthier, qui croit y trouver Texpression du principe immatériel dans rhomme chez les Chinois.
* Voir la dissertation sur la Croix, insérée dans notre tome m, p. 191, 3' série et celle de M. de Paravey, sur le Ta-////» ou pays de la Croix, tome xii, p. 255, 256.
' Ici le traducteur a hésité sur le mot Camées , qu'il avait écrit Canus en mettant en marge le mot italien Camei; et quant aux gravures , il a laissé dans son texte le mol enlagllos, ce qui semble prouver que la dissertation a été écrite primitivement en italien.
* Nous croyons cc]^a très exact, d'autant plus que Ton trouve chez les Chinois «les Cyclopes , les Mirmidons , les Harpies, les Amazones, les Centaures et tous les peuples mythologiques des Grecs.
8ie m u v«^mwi.
Çpptieu? wij Grecs ^ ^ Grecj auiç ](\omam8 , 4?? R«ï(\a^as m 9V^' ]ojis çt aux BrçtçkQs; chaque iiiatiqn dégui^ ^ ^gT^^? Cf^ dél»i^ de Taoçienoe tr^ditioo se^on ^n goût et sa fa^taylf i^ » i^j|;i g^i^ ^i seç passiojps dominautes. Les Chinois firent à p^^ près ^a ^lopie cbqsie ; tç^ 5mcieas moDuo^çns et les caractères sacrés çppî^ d*aprè^ lç3 çoloa* nés, les métaux ou les p^rres siir lesquelles les premiers hçiopie^ \^ îjyai^nt gravés furent portés 4a^sl cette partiç çrienlale de l'Asie q^'-ffl^ appelle la Chine , par quelque colonie qui s'y établi pe\i (|e texi^^ après le ^élu^e. Les ai^ciçnnes traditions et le sens priqû^f de3 s;|nboles ayaiiit ^té pçr^us par les guerres , les r^Tokitions et ^ çb^ngçmens auxquels la nature li\unainç est sujettf ,, les Chiopi^ s'ima^àrent que ces monumens n'étaient que les annales de leur nation, ^ appliquèrent ainsi ce q^i regarde runiyerç e^^ général et les grands dessins de la Providence , à leur patrie et au petit co^ de la terre, qu'ils habitent; c'est ainsi que les différent noips du Saint devinrent différens Empereurs de la Chine, et opi en composa iiï\e suite de dy-. pasties aussi chimériques que celle des Egyptiens: pour donner vm idée de cette illusion, il faut parcourir les ^iff^en^ noms duJSoi'nt contenus dans les monumens chinois.
Heou'tcie est le premier héros dont on change la merveiUeyse. naissance ; on dit que sa mère Kiang^yuen le conçut çaos commerça
d'homme; le sens propre du mot Heoa /^ tcie *^ signifie le /?rmce des semences , qui préside aux grains et aux végétaux , et qui donne la fécondité à toute la nature : (es interprètes, suivant l'ancienne tradition, donnent up époux }k Kianq-^uen qu'ils nojçament Ti- ç9,, qui est le même que le Chang-ti ou Iç souverain seigneur u
Il est fait mention dans les mêmes monumens d'un personnage bé* roKque nommé ïao., que les Chinois ont fait le fondateur de kur Empire; te livre Chu-king, en parlant à'Fao , dit que s(m empire embrasse tout ee qui est sous le ciel, tous les pays qui sont entre les quatre mers, tous les peuples du monde lui i^ont soumis, son empire
■ Voir les citations de tous les textes concernant ^^ai2t//idaii& notre t. xtt. p. 43, où il y a aussi Fanalyse et rex^ptiçation des caçactère^ de. f^iang^-yoe»,
— M. de Paravey pçnsQ au contraiça que ig^fH^-<4« e$t*5m VwvwlHilT » t. xYï>p. 123,
=TΫ%ïtn^mÇ«flWIS. 2il
est appelé Tempire du milieu et le jardin du milieu. On dit que sous lai virait un homme nommé Quen (Kouen) qui fut le premier Gis de Chang'ti , ou du souverain seigneur : cet homme par sa désobéissance perdit sa race; alor» arriva un déluge universel ^ les eaux s'élevèrent jusqu'à la cime des plus hautes montagnes ; Fao ordonna à Quen de les faire écouler, il ne put en venir à bout : le Chang^ti lui ôta la qualité de^n pren^ier-né, et 1^ condamna à qjiourir. Le fils du coupable se nommait Fu, il prit la place de son père, et délivra l'univers; c^l Fuj $vi\y9j^\ les traditions , naquit par miracle ; sa mère le mit au monde après avoir avalé une perle divine '.
Les Chu-king, et Chi-king parlent encore d'un troisième personnage fTen-wang, comme qui dirait Roi de la sagesse : on appelle ce héros le Ciel même, on dit que soit qu'il descende , soit qu'il monte , il est toujours aux côtés de Chang-tî.
C'est ainsi que tous les noms , attributs et actions du Saint , furent attribués h des empereurs ii;naginaires qu à des héros chimériques par les noythçlogistes et lç$ historiens fabuleux de la Chine \ Ce qui arriva eq occident arriva de mâme en orient ; les Chinois attribuèrent tout ce qu'on trouve dans les monumens antiques à leur propre nation , ils s'approprièrent tout , et peu à peu on convertit les vérités les plus sublimes enftbles monstrueuses. Mais en négligeant les écrivains, les commen- • tateurs, les historiens et les fabulistes postérieurs , en remontant k ces anciens monumens çuiç-mêmes qu'on appelle Kings , on trouve des merveilleuses vérités au milieu des ténèbres qui les enveloppent , on voit échapper de tems en tems des rayons de lumière qui pourront servira faire taire l'incrédulité, à développer les mythologies anciennes , et à nous montrer la véritable origine des différentes fausses religions , fondées sur la corruption de la seule véritable. A.
\ Voir sw toul cela les U^f ohap. du Ckoa-hing^ et la dissertation de M. de Paravey : Les patriarches aniérieuts à Naç retrouvés en Chine, dam notre (. XVI9 p. 1 15j e^ f ur^u,( V^^M5^ WM.^l^ Id^ité 4» dfluge éPYao eide la Bible, t. XV, p. 380.
• Il faut noter pourtant que la plupart de nos patriarches de la Bible sont des Ggures, des types du Messie à venir et sont çepe^daqt des êtres réels, ni mythologiques ni febuleuxj il en pourrait être démême^ de ceux des Chinois.
212 THÉObiGÊE CHaÊTIENNE
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