PAR AI. MARET
n qu'il nous communique de son infinie perfection. Nous avons, en » effet, si je puis parler ainsi, cette équation : Dieu, perfection in- » finie. Si nous méditons le second membre, n'arrivons-nous pas n immédiatement à cette conséquence? Il faut affirmer de Dieu toute » perfection; donc aussi , il faut l'exclure de tout ce qui est incomn patible avec l'idée de la perfection infinie, c'est-à-dire tout défaut, » tonte borne. Or, ce principe ne nous portc-t-il pas à prononcer » avec une invincible assurance qu'il n'est pas un composé , un ag- 9 grégat de plusieurs êtres ? Dès lors on ne peut pas l'identifier avec la » matière, lui attribuer ime forme, la succession, le tems, une man nière d'être finie. Donc enfin. Dieu li'est pas l'ensemble de-l'uni- » vers et la vie universelle; car il est évident que la perfection sou- » veraiue et infinie n'a jamais existé, n'existera jamais, s'il n'y en a » pas d'autre que celle de la vie et de l'harmonie universelles. Prenez, » en effet, le monde à tel moment de sa durée que vous voudrez, » dans le passé ou dans l'avenir, quel que soil le point où vous vous » arrêtiez , vous avez toujours l'infini en avant , Kinfini en arrière , » par conséquent vous ne saisissez jamais qu'une existence incomn plète et tronquée. £h bien ! cette existence bornée ne peut être la » perfection souveraine ; ce n'est pas l'infini véritable dont la vie est j> pleine et complète à tous ses momens ; ce n'est point là la manière » d'être du Dieu que nous cherchons '. »
Quel est-il donc? Le principe que nous avons posé nous l'apprend encore : il possède toutes les perfections à un degré infini; il est celui qui est. Dans son ^ire, pour aider notre faiblesse , nous distinguons divers attributs : l'asséité, la simplicité, l'éternité, l'immensité. Leur réunion constitue son essence. Cette essence n'est pas une simple puissance à' être ; elle ne se développe pas ; elle est : c'est un acte pur, un acte immanent.
Mais ce n'est pas assez de méditer l'essence de Dieu seule et en elle-même ; il faut aussi considérer sa vie , son action. M. Maret passe donc à l'ctude des dogmes de la Trinité et de la création qui nous révèlent l'une et l'autre. Nous donnerons, dans le prochain cahier, une analyse de ces belles et savantes leçons.
L'abbé V. D. CAUVIGNY.
» 7%^o.cAr.,p.207.
îW ^ÉBIB. TOME U. '- N* 51. 1844. 15
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