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du coiiseii. L'opposiliou a été rejetée , et Taffaire reveûait aiqourd'bui devant le tribunal pour statuer sur ropposition des époui Bournier.
» M"" Duvergier, avocat des demandeurs, se borne à demander ptt ses conclusions que l'interdiction des époux Bournier soit immédiatement prononcée, sans s'arrêter à leur opposition.
» M*" Blot-Lequesne, avocat de M. et M'"'' Emile Bournier, s'exprime ainsi :
« On vous demande , Messieurs , l'interdiction de deux jeunes époux qui auraient été frappés subitement et simultanément d'alié-^ nation mentale. Avant d'établir ce qu'il y a de chimérique dans «ne pareille demande, permettez-moi de vous démontrer que les faits imputés à mes cliens , fussent-ils vrais , ne pourraient servir de base i une demande en interdiction.
» M. Faguer tient à Paris une maison de parfumerie très impor-* tante. £n 1839, il maria sa fille à M. Emile Bournier , dont il fit son associé. La plus parfaite union n'avait cessé de régner entre lesépouf et la famille , quand , en 184S , un incendie éclata dans la maison où se trouvait le commerce de M. Faguer. M. Emile Bournier se jeta au milieu des flammes pour sauver la fortune de son beau-père; il eut les mains et les bras brûlés , et il dut garder le lit pendant près d'un mois. 01"'^ Faguer lui prodiguait les soins les plus empresséSj lorsqu'elle découvrit qu^il portait sur sa poitrine une petite crm suspendue par un ruban rose. Quel était ce signe mystérieux? Âus^tdt elle fait part à son mari de cette découverte singulière. On inteitoge M*"^ Emile Bournier , qui répond qu'elle porte la même médiiUe que son mari , et que ces symboles ^^qui excitent rétonneraent et la curiosité, sont les insignes de l'Ofut^re de la Miséricorde. On se demande ce que c'est que VVEui^re de la Miséricorde, et si Ce n'est point, pour M. et M""*" Bournier, une conception de leur imagination en délire. Aux questions qui leur furent adressées pour savoir ce qoc c'était que VOEuvre de la Miséricorde , M. et M"' Emile BOOTHier répondirent que c'était une association d'âmes pieuses qui ^'unissaient d'intention pour travailler à la régénération du monde par leurt prières et leurs exemples.
» On parlait alors d'un paysan normand fort iUettrè, naamé Fkm-
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JMicbel Vintr«g, qui , pendant des nuits extatiques « faisait des réféia* lions étranges : il annonçait le règne d'un grand monarque^ et il par* lait de la rénovation du monde. M. et M""® Bournier, auxquels on demandait s'ils ajoutaient foi à de pareilles extraTagsmces, dirent qu'ils n'étaient pas assez bons théologiens pour décider ces grares ques« tiims, mais qu'ils n'étaient pas no^ plus assez philosophes pour être tout4hfait incrédules.
» Dès ce moment» on considéra M. et M'"'' Emile Bournier comme atteints de démence, et on entreprit contre eux uneTéritablearoisilde domestique. Ils persistèrent dans leurs croyances, malgré tous les efforts tentés pour les leur faire abjurer. On réussit cependant, à force d'exigences, à leur faire quitter la maison de commerce dont ils sont les associés, et que M. Faguer dirige seul aujourd'hui
» Depuis lors, M. et M'"'' Emile Bournier ont fait un voyage à Bmelles : là ils <Hit vu le Polonais André Towianski ; ils ont ensuite visité le champ de Waterloo et prié pour Napoléon, et ils sont revenus h Paris , où ib vivent dans une modeste retraite de l'île Saint-Louis. » Voilà les faits de ce procès. Sur quoi repose la demande d'inter* diction ? sur de prétendus faits de démence résultant de la manifestation de nouvelles opinions religieuses. Je soutiens que des opinions rdigieuses, quelles qu'elle^ soient , ne peuvent jamais s^rir de base à une demande en interdiction.
» A l'appoi de sa discussion, l'avocat invoque l'opinion de Touiller * ^t de Merlin % et un arrêt de la Cour d'Angers du 10 prairial an xilL U soutient ensuite que toutes les allégations des adversaires n'mM; trait qu'à des opinicfns métaphysiques ou religieuses, et qu'il y a nécessité de rejeter la demande , puisqu'elle se fonde sur dss îtàts qm ne sont ni pertinens ni admissibles.
» Ces opinions religieuses et métaphysiques , dit l'avocat, sont-^Ues donc si extravagantes? Est-ce que les esprits supérieurs, les intelli* gences d'élite , ne croient pas aujourd'hui à quelque nouvelle manifestation de la vérité, à quelque grande rénovation de la terre? » Le poète polonais, Adam Mickiewicz^ le Byron du Nord, ne
« Tométff,p. 44Ô.
» V. intéfdéetim.
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prof lame- t-il pas toos les jours cette croyance dn haut de sa chaire au Collège de France? £t une femme célèbre , Georges Sand, dans son dernier ouvrage , la Comtesse de Rudolstadt , i)e manifestent elle pas des opinions religieuses et philosophiques qu'on pourrait croire empreintes de folie ? M. le comte Joseph de Maistre n*a-t-il pas proclamé sa croyance à la rénovation du monde dans une de ses pages les plus éloquentes? « Attendez, a-t-il écrit, attendez que l'affinité » naturelle de la religicm et de la science les réunisse dans la tête d'un )» homme de génie. L'apparition de cet homme ne saurait être éloi- » gnée, et peut-être existe-t-il déjà. Celui-là sera fameux et mettra » fm au IS'' siècle qui dure toujours, car les siècles intellectuels ne » se règlent pas sur le calendrier comme les siècles proprement dits. » Alors , des opinions, qui nous paraissent aujourd'hui ou bizarres » ou insensées, seront des axiomes dont il ne sera pas permis de dou- » ter, et l'on parlera de notre stupidité actuelle comme nous paflons » de la superstition du moyen-âge '. »
» Certes, Messieurs, on ne contestera pas la haute intelligence à! Adam Miekiewicz et du comte de Maistre , et assurément on ne saurait dire qu'on est en démence parce qu'on professe les opinions de ces hommes célèbres.
» En résumé, il s'agit de savoir si un chef de famille pourra interdire à ses enfans la liberté de conscience. Il s'agit de savoir si un père de famille pourra forcer ses enfans à renoncer à telle ou telle croyance , à telle ou telle opinion , sous peine de se voir privés de l'adminisuration de leurs personnes et de leurs biens , et d'être réduits à la condition de parias dans notre pays de civilisation. Vous ne consacrerez pas une pareille doctrine, et vous repousserez la demande d'interdiction formée contre M. et M'""" Emile Boumier par M. Faguer, et vous lui apprendrez qu'il est quelquefois dangereux de sortir de sa
• Soines de Sainl-Pétersbourg ^ t. ti, p. 278.— Nous n'avons pas besoin de dire que cette opinion de M. de Maistre n*a aucun rapport avec les Messies nouveaux. M. de Maistre parie d'un homme qui, comme Charlemagne, comme Grégoire V\\, comme Napoléon^ représentera les idées de son époque, c*e8t-àdire unira la véritable foi ii la véritable science et en fera rapplication. 11 y a loin de là à un Messie recevant une révélation directe et surnaturelle de Dieu.
DE L'OëOTRE D£ la MISÉRICORDE. ^$i
sphère, et qu'il y a de la Yérité dans ce précepte latin : Ne sutor ulirà erepidam. ».
» Le tribunal, après avoir entendu les conclusions de M. Tavocat du roi Temaux , a prononcé un jugement par lequel, attendu qu'en matière d'interdiction la loi a institué une procédure spéciale en chambre du conseil , dans l'intérêt de la famille, de sa considération et de son honneur ; et attendu que l'opposition n'est plus rece?able , et que les défendeurs n'ont pas satisfait à la loi, le tribunal à ordonné que les époux Boumier seraient tenus de se présenter, dans le délai de huitaine, en chambre du conseil, pour y subir un interrogatoire, sauf à statuer en leur absence après ce délai. »
( Gazette des tribunaux du 23 mars.)
Nous espérons bien que le tribunal repoussera la demande d'interdiction contre M. et M™"" Boumier : il verra que ce serait ouvrir la porte à bien d'autres demandes. Ces pauvres époux n'ont besoin que d'être instruits, éclairés, désabusés. Aussi, s'ils ont encore un peu de foi catholique, espérons-nous qu'ils seront plus persuadés par l'autorité des paroles suivantes que par un arrêt quelconque du tribunal.
A noire vénérable frère Louis-François^ évoque de Bayeux^
GRÉGOIRE XYI, PAPE.
a Vénérable Frère , salut et bénédiction apostolique. Dès que vous nous avez annoncé qu'une nouvelle association d'hommes impies s'était formée dans votre diocèse, et que Vous nous avez envoyé diverses pièces tant manuscrites qu'imprimées, concernant cette société, nous avons conçu un vif désir de vous adresser ces lettres. Mais à cause de nos sollicitudes continuelles et des graves et importantes occupations dont nous sommes surchargés , nous n'avons pu , aussitôt que nous le désirions, lire et examiner ces écrits, et nous mettre ainsi à même de connaître le caractère de cette secte perverse.
» C'est avec un sentiment profond de douleur que nous avons reconnuy d'après ces écrits pestilentiels , que les membres criminels de cette société; sous le masque de la piété et une forme de langage très captieuse, introduisent dans le bercail de Jésus-Christ des sectes de perdition. En effet , par une audacieuse et sacrilège témérité , se
%K MICHEL VINTBAS RÉYÊLATBCR
transformant tn a|4tres de Jésos^Christ, i!sa*tf*ro8em unemMon nouTelle qu'ils aaraient reçue de Dieu , et annoneent imd ttorre mensongère de la miséricorde qu'ils ont invoitée pour que UEgiise de Jlésus^Ghrist soit en quelque sorte r^^érée par leors soins. De' plus ^ ils osent répandre des communications secrètes qu'ils auraient reçues des anges , des saints et de Jésus-Gbrist lui-même , publier des visions , des miracles , s'attribuer un apostolat purement laïque, et annoncer un troisième règne dans l'Eglise de Jésus-Christ , qu'ils ne craignent pas d'appeler le règne du Saint-Esprit , et cela, pour qae les vérités contenues dans TÉvangUe, et qui, selon leur langage blasphématoire, ne sont , pas encofe expliquées clairement par PÉglise , brillent de tout leur éclat , pour que de nouveaux dogmes sûiept proclsimés « et que TÉglise sorte enfin de son état de dépravation* I4ÇS fictions et les extrayagance3 impiea de cettç ^étéfiOQt tout-à-fait conformer aux idées de ce fils dç perdition qui usurpe le titre de duc de Normandie , çt qui> déserteur de TégUse catholique» marche, au mépris de l'autorité du Siège apostolique , dana sçs voj^ abominables , publie deç doctrines perverses , professe » quoique aoiii» une forme et avec des couleurs différentes, les mêmes erreurs, les mêmes sentimens, les mêmes intentions que cette damnaUe société, tend au troupeau de Jésus-Christ les mêmes embûches ténébreuses, et veut rinfecter de la même contagion, péjà nous connaiasiQns et avionsi apprécié tout ce que cet apostat avait écrit ou publié, car le
tout était parvenu jusqu'à nous depuis lopgtems '.
' I^e Dm de NQrtmndie ^\, ççt horlpger allexaaud du nom d^ Ne^doi^» (juia (juelque teiwsséJQurné à Paris, çù, en $e faisant passer ^qiaxLows XFII, il est. parvenu à se procurer d'assez grandes sommes d'argent. Quand il a va que ce moyen était usé , il s'est posé comme un Messie nouveau « ayant des communications avec Dieu , avec l'archange Michel , qui lui a déclaré que FEglise était corrompue 1 et qu^îl était chargé de la renouveler. La police s'empara de cet étranger et le fit transporter en Angleterre , où quelques-uns de se» partisans l'ont suivi. N'ayant pu satisfaire à certains engagemens d'argent» aeâ créanciers Font fait jeter en prison. Pendant notre sé^r à Londres^ e^ octobre dernier^ notre ami« lie docteur Yau^;, curé de la cbapeUe catholique aUemaude, allant faire sa visite dies prisons > nous proposa de Taccompagnar. Nous trouvâmes ce malheureux à Horsemonger lancés prison , dans nn