III. ufEnon où saint Jean baptisait
Malgré les travaux si nombreux et si savants qui ont été faits, de nos jours, sur la géographie biblique, il y a encore bien des lieux dont ridenlification est matière à discussion, tel est jEnon. Reland, Barbie du Bocage, dom Galmel^ suivant Ëusèbe et saint Jérôme, le mettent avec Salim un peu au sud de Bethsan et près du Jourdain. Le lieutenant Conder, après avoir visité les lieux, a adopté l'opinion de Robinson qui place Mnon assez loin de là, auprès de la Salim située à deux lieues à Test de Naplouse. Quoique l'argument par lequel il repousf^r^ le site traditionnel de S. Jérôme ne soit pas très-concluant, son sentiment paraît assez probable pour les autres motirs. Voici comment il l'expose, en espérant résoudre la question : a Trois sites ont été proposés pour ifCnon, et la grande distance qui existe entre eux montre combien sont faibles les indications littérales de sa position.
» Le premier, c'est le site traditionnel de S. Jérôme, à environ huit milles au sud deScythopolis ou Beisan, et non loin de Succoth. L'existence d'un TellSalim a été présentée comme autorisant celte manière de voir; mais ce nom, que nous avons recueilli avec beaucoup de soin de plusieurs individus, est Tell'Sarem et non Salim. Ainsi la seule conflrmation de la tradition devient fondée sur une méprise.
» Le second site, qui a trouvé faveur chez plusieurs auteurs, est aux sources du Wadi Farah, Tune des tètes du grand Wadi Kelt (le traditionnel torrent de Carith), où il y a communément une bonne provision d'eau. Le même nom de Salim a été cherché dans le voisinage, et on a supposé qu*il se rapportait soit à Jérusalem, soit à un Wadi Salim dont cependant le nom exact se trouve être Suleim...
s 11 est dit que S. Jean baptisait « dans (m) jEnon^ près de Salim^ parce qu'il y avait là beaucoup d'eau^ » Rien ne prouve
>S. Jean, Ev, n;, ^3.
jgiON ou BAFTISAIT SAINT JEAN BAVTIBTI. 53
que cette place était sur les bords, ou même auprès du Jourdain^ car dans ce cas celte expression paiticulière aurait peu ou point de signification ; il semblerait préférable de la rapporter à une partie de la Palestine qui d'ailleurs n'était pas bien fournie d'eau. Les termes c Celui qui était avec toi au delà du Jourdain ^ » paraissent aussi indiquer que le lieu du baptême en question n'était pas à l'est du fleuve. On pourrait très-bien penser qu'^Enon est un nom de district à cause de la particule (i^) dont le grec se sert.
» Maintenant, juste à l'est de Naplouse^ se trouve le village de Salim, une Salem mentionnée plus d'une fois dans TÂncien Testament, et même regardée par quelques-uns comme la ville de Melcbisédecb, et au nord de celle-ci, comme Robinson l'a marqué, il y a d'abondantes sources dans une large vallée ouverte. Chose assez curieuse, cette vallée porte aussi, comme le site de Jérusalem, le nom de Farahy quoique épelé un peu différemment en arabe. La plus satisfaisante confirmation de notre théorie se trouve dans la conservation du nom i'jEnon dans levillage moderne d'Aynùn, qui est placé sur la carte de Vandevelde à une distance, au nord des sources (3 ou 4 milles), à peu près égale à celle de Salim au sud. On répond ainsi aux exigences des deux noms et d'une abondante provision d'eau, quoique l'existence d'Aynûn semble avoir échappé jusqu'ici aux observations.
V Le caractère du terrain est un point de grande conséquence quand on examine la probabilité relative des sites qui sont auprès de Jérusalem et auprès de Naplouse. Le premier, Wadi Farah, est un ravin escarpé au milieu d'une contrée pierreuse, et à l'écart de^ toute ligne importante de communication. Il serait pratiquement impossible de réunir une foule considérable dans un tel lieu. D'un autre côté, le site de Naplouse semble se présenter naturellement lui-même pour ce sujet : une vallée ouverte, une copieuse provision d'eau, sur l'une des principales routes qui traversent le pays de Jérusalem à Nazareth. Il a été insinué que le voyage de Notre Seigneur par la
' s. Jeaa, £v., m, 36.
Vh SÉRIE. TOME IX. — NM9; 187». (88" voL d$ la colL) 4
84 likcOtjVBRtBS EN ^ALÉ^INB.
Samarie avait pourKiit de visiter S. Jean-^Baptiste^ et dans ce cas a il fallait ^ » quMl passât par Sicbem afin d'arriver au^ sources du Wadi Farah.
» La posiliori d'^Enon, ou plutôt des sources fréquentées par S. Jean-Bapliste, peut donc être rapportée avec un certain de^ré de certitude, à la source supérieure du ruisseau du Wadi Faraii située, comme il a été indiqtré, entre Saliwi et Âynûn. »