‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 36 sur 122 · Séuum lATe les pleda à aea dlaelplefl. — RéalatABoe de · texte numérisé non relu

Séuum lATe les pleda à aea dlaelplefl. — RéalatABoe de

Pierre.

Le Jeudi 2 avril, à 8 heures du soir.

« Après la Gène, lorsque déjà le Diable'avait jeté au cœur de » Judas^ fils de Simon de Kariotb, la résolution de le trahir, » Jésus, qui savait bien que le Père a remis toutes choses en sa » puissance, qu'il est sorti de Dieu^et qu'il retourne à Dieu, » se lève de table, dépose sa robe, prend un linge dont il D ceiut ses reins, verse de l'eau dans un bassin, et se met à D laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge » dont il est entouré K y>

Remarquons cette parole : Le Père a remis toutes choses en la puissance de Jésus. Nos chrétiens dégénérés, au moyen des vérités naturelles, lui ont à peu près tout ôté !

Mais ici se révèle la nature ardente et profondément humble de Pierre.

a Jésus va d'abord à Pierre, Pierre lui dit: Maître, est-ce D que tu vas me laver les pieds ?.. Non, tu ne me les laveras pas » à jamais. Jésus lui dit : Si je ne te lave pas, tu n'auras pas » part avec moi. Â cela Pierre répond : Maître, pas seulement » les pieds, mais les mains et la tête. Jésus lui dit: Celui qui est » purifié n'a plus besoin que de laver ses pieds, et il est enliè- » rement pur^»

£t pour avertir ses disciples de ce qui allait arriver, et faire entrer dans Judas un dernier repentir Jésus ajoute :

a Vous êtes purs^ mais non pas tous...; puis, après s'être » remis à table et les avoir exhortés à l'imiter, dans l'exemple » d'humilité qu'il venait de leur donner^ il ajoute :

x> Je sais ceux que j'ai choisis, mais il faut que l'Ecriture s'ac- » complisse : ^ Celui qui mange le pain avec moi, lèvera coa- > tre moi le talon ^; » et ayant dit ces choses^ Jésus futtroublé » en son esprit^ et dit avec force : En vérité, en vérité je vojis D le dis : un de vous va me trahir*. >

Et comme les disciples se demandaient qui était celui d'en-

Uean. XIII, 2-5.

s Jean, ib, 6-10.

* Psaume, il, 10.

^Jeao, xui, 18-26.

33 ans après J.-C JÉSUS DONNE L'INFAILLIBILITÉ A PIBRRE. 91

tre eux; Jésus dit d'abord à Jean, qui repesait sur son sein : c C'est celui à qui je vais tendre du pain trempé, et il en

» donna un morceau à Judas ^ Celui-ci, avec audace, dit alors:

« Est-ce que c'est moi. Maître ? — Jésus lui répond : Tu l'as

• dit'.»

Et pour lui prouver qu'il savait ce qu'il méditait, et en

mémo temps qu'il ne faisait rieb que ce qu'il lui permettait de

faire, il ajoute : a Ce que tu fais, fais le vite ^ . » Rien ne put arrêter Judas, car déjà « après avoir reçu le

1 morceauvde pain, Satan était entré en lui, et il sortit aussi-

> tôt. Il était nuit *.»

38. Jé««« ABB««ee à Pierre ^«e ■» ffel me fellllra Jemmla, et em mémo temps ^«e eette Bvlt mémo 11 le

trahira.

Suite da jeudi 2 ayril, vers 9 heures du soir.

Jésus avait nommé Pierre le premier entre les apôtres, le chef de son Eglise future. Mais il lui manquait une chose, c'était la certitude que ce Premier, ce Clief ne faillirait jamais dans son enseignement, et que les fidèles de ce Pasteur conserveraient toujours la vraie foi. Cette assurance était nécessaire.

Aussi Jésus déclare Pierre infaillible par une de ces paroles incroyables, mais qui devaient avoir leur efficacité, comme lorsqu*au commencement il commande à la terre de toujours produire, et au pain de se changer en chair, et à sa chair de se changer en pain. Ecoutons :

Après la pénible scène de la désignation et de la sortie de Judas, et étant encore dans la salie du festin, vers les 9 heures du soir, Jésus console ses disciples par des paroles de Père:

< Mes chers enfants, je suis encore pour peu de temps avec

> vous, vous me cherchere?, et comme je l'ai dit aux juifs, où » je vais vous ne pouvez venir, je vous donne un commande- » ment nouveau : C'est de vous aimer les uns les autres; comme

> je vous ai aimés ; il faut que vous vous aimiez mutuelle-

* Jean, z]i], 18, 26.

* Matth., xxvf, 36.

'JeaD,xin> 27.

* Jeao, xifi, 30.

92 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS ROMAINES. 785 de Romô.

i> ment^ et tous connaîtront en cela que vous êtes mes disci- 9 pies, si vous vous aimez les uns les autres*. »

C'était en eflfet un commandement nouveau que l'amour fraternel j mais Pierre fit peu d'attention à cela, il ne remarqua que cette parole: «Où je vais vous ne pouvez venir», et dans son impétuosité naturelle il dit à Jésus :

a Maître, où vas-tu ? Jésus lui dit : où je vais tu ne peux ea JD ce moment me suivre, mais tu me suivras dans la suite. — » Et Pierre : pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent^? D Jésus lui répond '.Simon, Simon, voici que Satan a demandé D à te cribler comme du froment. »

Jésus, qui va lui annoncer son reniement, ne lui dit pas quil le préservera de cette attaque de Satan. U promet mieux que cela :

« J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas, et toi, un » jour converti, confirme tes frèj-es ^. »

Voilà la grande promesse faite, promesse infaillible, constante, et qui durera toujours, comme tout ce qu'a dit et fait Jésus. Mais Pierre revient à son idée, et réplique :

<c Maître, je suis prêt à aller en prison, et à mourir avec toi.» Jésus continue à rabattre cette présomption en disant :

ce Tous, cette nuit même, vous serez scandalisés à cause de )> moi. Car il est écrit : a Je frapperai le Pasteur, et les brebis d du troupeau seront dispersées ^. Après que je serai ressus- » cité, je vous précéderai en Galilée. »

Pierre obstiné donne un démenti à Jésus en lui disant avec assurance :

a Maître, quand tous les autres seraient scandalisés, à cause

d de toi, moi, jamais je ne serai scandalisé, je donnerai mon » âme pour toi. >

a Jésus répond : Tu dis que tu donneras ton âme pour moi ? » En vérité je te le dis, aujourd'hui, cette nuit même, avant » que le coq chante deux fois^ tu m'auras renié trois fois. »

1 Jean, rjii, 33.

> Jean, xui, 36, 37.

s Luc, xxir, 31, 32.

^ Zaoharie, ziu, 7.

33 ans après J.-€. JÉSUS EST LA TOIB. LA TERITÉ BT LA VIB. 93

Pierre réplique encore :

V Quand même je devrais mourir avectoi^ je ne te renierai

> point. — Et tous lés disciples dirent de même ^ »

Hélas ! quelques heures après, tous vont l'abandonner, et Pierre, le résolu, va en effet le renier trois fois.

Jésus alors en prévision de la persécution qu'ils allaient subir, de leur dispersion dans le monde, de leur droit de se défendre jusqu'à un certain point, et de plus pour accomplir une prophétie leur dit :

c Quand je vous ai envoyés sai^ssac, sans bourse et sans D souliers, quelque chose vous a-t-il manqué ? — Eux répon- » dirent: Rien. — Il continua : Mais maintenant, que celui Y qui a un sac, ou un bourse la prenne; et que celui qui n'en

> a point vende sa tunique et achète une épée. Car je vous

> le dis, il faut encore que ceci, qui est écrit, s'accomplisse en •» moi : Il a été rangé et au nombre des malfaiteurs ^. Car » ce qui a été écrit de moi touche à sa fin '. » Ils lui dirent : « Maître, voici deux épées ici. — Il leur dit : C'est assez *• »

Nous verrons bientôt que c'est l'intrépide Pierre qui, par précaution, était armé d'une de ces épées.

29. Jéa«0 anmoBce de neaTeav %ue le Père, et loi, ae ffeaC ^■'IJb, 4«^II es* la Tole, laTérlfé e« la vie, e« %ne e'eat ea ■en Mena ^ii'll tmut demAnder ^iiel^oe eho^e * «es Père.

Suite du jeudi 2 ayril, vers 9 heures du soir.

Après que tout eut été réglé pour le départ, Jésus veut encore faire de nouvelles révélations à ses apôtres. Il les console, en leur promettant une place dans le ciel et leur apprend avec plus d'intensité, qn'U ne fait qu'Un avec son Père, qu'il est la Voie, la Vérité et la Vie, et que ce n'est que par lui que l'on arrive au Père, et par lui quMl faut demander quelque chose à Dieu.

^ Matth. xxYi, 31 ; Marc, xi?, 27 ; Loc, xxii, 33 ; iean, xiii, 38. * laaw, un, 12.

' Lue, XXII, 35, 38.

94 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS ROMAINES. ^85 de Rome.

a Que YOtre cœur ne se trouble pas; vous croyez en Dieu, T> croyez aussi en Moi. Dans la maison de mon Père, il y a » plusieurs demeures; si cela n'était pas, je vous Faurais dit, » car je vais vous préparer une place. Quand je m'en serai » allé, et TOUS aurai, préparé une place, je reviendrai vous Tt prendre avec moi, aûn que là où je serai vous soyez aussi. » Vous savez où je vais, et vous en connaissez le chemin ^ i

Mais malgré ses instructions réitérées les apôtres n'avaient guère compris ce qu'il leur avait dit :

« Thomas lui dit alors : Maître, nous ne savons pas où ta » vas. Gomment pouvons-nous connaître le chemin ? y>

Jésus leur dit : cle suis la Voie, et la Vérité^ et la Vie. Nul ne » vient à mon Père, si ce n'est par Moi. Si vous me connaissez » vous connaissez aussi mon Père; désormais vous le con- » naîtrez, vous l'avez vu. » Philippe lui dit : « Montre-nous » le Père, et cela nous sufût. » — Jésus lui.dit : a Je suis avec D vous depuis si longtemps, et tu ne me connais pas encore? » Phihppe, qui me voit voit aussi mon Père. Comment donc s dis- tu : Montrez-nous le Père? Ne croyez-vous pas que je > suis dans le Père et que le Père est en moi? Les paroles » que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même. Le » Père qui est en Moi fait lui-même mes œuvres *. »

Les Apôtres vont oublier^ pour un moment, ces paroles de Jésus. Mais ce sont surtout les Chrétiens de^ nos jours qui ont complètement oublié que Jésus est la t?ote, la mérité et la vie. Chacun va directement à Dieu, comme de compagnon à compagnon, les Rationalistes^ les Ontologistes, les récents Scolastiques de toute sorte vont à Dieu par leurs voies prétendues naturelles. En vain leur Eglise finit toutes ses demandes et toutes ses prières en disant : a Par Notre-Seigneur Jésus-Christ (Per d^minvm no$trum Jeium Càristum}jj> eux trou vent Dieu, gouvernent le monde, sans aucune mention de Jésus. Voyez renseignement officiel de leur sagesse : dans tous les cours de philosophie le Christ^ Jésus est positivement exclu. On communique avec Dieu par la Raison personnelle prétendue na-

1 Jean, xir, 1, 4.

* Jean, xit, 6, 10.

33 ao8 après J.-C- JÉSUS ANNONCE l'iNTOI DU 8AINT-88PR1T. 95

lurelle^ par les voies naturelles, par le vrai, le bon et le beau^ Baturels. Naiure est mis là pour exclure Jésus. Ce n'est pas qu'on ne lui emprunte ses enseignements, car que seraient les yérités humaines sans celles du Christ? Mais on en a supprimé le Nom : ce Nom est presque honteux à prononcer ; ils le tiennent caché dans les sacristies. Ces chrétiens politiques disent comme les juifs, <c Nous ne voulons pas que » Celui-là règne sur nous ^ » Et quand l'Eglise leur parle et leur donne une règle de philosophie^ ils disent bien, comme nous Tavons remarqué plusieurs fois ^ : « La raison précéda la 1» foi et y conduit l'homme^ mais ils en retranchent : à l'aide de i> la révélation et de la grâce. Les traditionalistes seuls enseignent comment on va au Père^par le Fils, qui est laseule voie, la seule vérité et la vie.

En vain Jésus a dit encore :

« En vérité, en vérité, je vous le dis : Celui qui croit en i> Moi fait les (çuvres que je fais, et il en fera de plus grandes; > parce que je vais à mon Père^ et alors tout ce que vous de- » manderez à mon Père, en mon Nom^ je le ferai, afin que le i> Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque » chose en mon Nom, je le ferai ®. «

Les sages et le^ puissants ne demandent rien en son Nom^ et Ton voit aussi en quel état se trouve en ce moment^ le moDde, gouverné par eux.

3t. sèwmm aanemee à se* diaeiplea %mm lemr esTorra le

SalBt-Baprit.

Suite do jeadi 3 avril, Ten 9 hearei do soir.

Jésus savait que tout ce qu'il avait fait, tout ce qu'il avait dit n'avait prodait presque aucune impression sur l'esprit de ses disciples, qu'ils allaient tous l'abandonner, que, même stprès sa résurrection, bien loin de prêcher la Bonne Nouvelle,

^ MolumuB hoDo regiiar» taper dos (Lue, zix, 14).

* Voir ÂnnaUt, t. IT, p. 385 (6- aërie).

• Jean, xiv, 12-14.

96 TBADITIC!<{S ET SUPERSTITIONS ROMAINES. 785 de Rome.

ils retourneraient à leurs filets. Aussi voici qu'il leur annonce Tentoi d'un Esprit, qui fera ce que lui-même n'a pa fais, c'est Celui qui les instruira, les fortifiera et leur donnera cette science et cette force qui doivent instruire et convertir le monde. On n'a pas assez fait attention à ce complément que Jésus ajoute à sa mission.

Gomme Jésus, en sa qualité d'homme^ était au dessous du Saint-Esprit, on dirait qu'il veut lui laisser tout l'honneur de la conversion du monde. C'est en effet après la Pentecôte que les apôtres, que Jésus n'avait, ni convertis ni éclairés, sont tout à coup d'autres hommes, des héros, des conquérants, comme jamais il n'en avait paru.

Mais en même temps Jésus affirme fortement sa parfaite unité avec le Père et avec l'Esprit, et, chose étonnante, avec ses disciples, en disant :« Je suis en mon Père, et Vous êtes en » moi, et Moi en vous ^ i> Jamais paroles semblables n'étaient apparues sur la bouche et dans l'intelligence des hommes : Jésus nous ouvre le ciel et en montre les mystères.

Mais parmi les mille méthodes philosophiques que la Philosophie expose sur la connaissance de la vérité, celle-ci est complètement passée sous silence. — Ecoutons les étonnantes et admirables paroles de Jésus : c*est son testament de mort. Remarquons surtout cette promesse que l'Esprit qui sera donné à son Eglise, demeurera toujours avec elle, et que lui aussi, le Verbe-Jésus, sera aussi toujours avec elle. G*est la preuve la plus évidente de son infaillibilité.

« Si vous m'aimez, gardez mes commandements, et je D prierai le Père, et il vous donnera un autre Paradet-Conso- » lateur afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit » de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le » voit ni ne le connaît. Vous, vous le connaîtrez, parce qu'il » demeurera près de vous, et qu'il sera en vous. Je ne vous lais- » serai point orphelins, je viendrai à vous. Encore un peu de » temps, et le monde ne me verra plus; mais vous me verrez, » parce que je vis et que vous vivrez. En ce jour-là, vous con-

' Ego 8iim in Pâtre meo, et tos in me, et ego in vobis (Jean xi?, 20).

33 ans après J.^C. j^gus LAISSE LA PAIX AU MONDB* 97

9 naîtrez que je suis en mon Père. Vous êtes en Moi et je suis ï en Vous *. »

Jésus reprédit ensuite tout ce que fera le Saint-Esprit, quand il arrivera.

c Je vous ai dit ces choses pendant que je suis près devons; » mais le Paraclet, l'Esprit-Saint, que mon Père enverra, en

> mon Nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappel- » lera tout ce que je vous ai dit ^. »

Et puis Jésus annonce, au milieu de ce monde troublé alors si profondément, quand les âmes étaient en révolte et en guerre ouverte, contre Dieu et contre elles-^mèmes, l'émission d'une chose tout à fait nouvelle, la Paix de Tesprit par une religion vraie et connue avec certitude, la Paix de Tâme par la connaissance de la vraie morale, la Paix avec tout le monde par l'amour du prochain, et par conséquent cessation de toute guerre spirituelle, morale, sociale.

€ Je vous laisse la Paix, je vous donne ma Paix ; je ne vous D la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne » se trouble point et ne craigne point. Vous avez entendu que s je vous ai dit : Je m'en vais, puis je reviens à vous. Si vous D m'aimiez, vous vous réjouiriez certainement, parce que je » m'en vais au Père, et que le Père est plus grand que moi.

> Je vous le dis avant l'événemeift, afin que^ lorsque la chose B arrivera, vous croyiez ^. »

C'est, en effet, l'histoire de tout ce qui va suivre.

Jésus finit ce discours en annonçant de nouveau la mort qu*il va subir, et qu'il ne subit que pour obéir, en tant qu*homme, à la volonté de son Père.

t Je ne vous parlerai plus beaucoup maintenant, car le 9 Prince de ce monde vient, bien qu'il n'ait aucun droit sur 1 moi. l^is c'est afin que le monde connaisse que j'aime le » Père, et que j^accomplis les ordres qu'il m'a donnés.

» Levez-vous, sortons d'ici *. »

^ Jean, i\y, 15, 20.

s Jean, 25, 26.

' Jean, xiv, 27, 29.

* Jean, xiv, 30, 31 .

98 TRADITIONS BT SUPERSTITIONS ROMAINES. 785 de Rome.

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