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Suite du Jeudi, t avril, vers 11 heures du soir.
Jésus annonce de nouveau à ses disciples les persécutions qui les attendent, et prononce cette terrible parole, qui doit vraiment faire trembler ceux qui allèguent toujours leur Conscience, pour justifier leurs actions et leurs croyances.
^ sine me nihil potestis facere (Jean, xv, &]. « Jeaa.xv, 9, 15.
100 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS ROMAINES.* 785 de Rome.
<i Voici venir Theure où tout homme, qui vous mettra à » mort, croira rendre service à Dieu ^
D Us VOUS traiteront ainsi parce qu'ils n*ont connu ni mon 1» Père ni Moi. Mais je vous le dis^ afin que, lorsque sera » venue leur heure, vous vous souveniez que je vous ai » avertis. »
Et il continue à leur prédire tout ce que doit faire le Saint- Esprit pour parachever sa propre mission et prendre part à l'œuvre de la régénération du monde.
< J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne » pouvez les porter à présent. Lorsque l'Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité. Il ne parlera pas de D lui-même, mais il dira tout ce qu'il a appris, et il vous an- » noncera tout ce qui doit arriver. Il me glorifiera, parce » qu'il recevra de Moi ce qu^il vous annoncera. Tout ce qu'a x) le Père est à Moi : c'est pour cela que j*ai dit : Il recevra de » Moi, et il vous l'annoncera *. »
Puis Jésus ajoute, en leur prédisant de nouveau leur trahison :
oc Je suis sorti du Père et venu dans le monde. Je laisse 1» maintenant le monde et je retourne au Pèrei Les disciples B lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et ne dis plus » de paraboles. Nous savons maintenant que tu sais tout, et » qu'il n'est pas besoin que quelqu'un t'interroge. En cda » nous croyons que tu es sorti de Dieu.
» Jésus répondit : Le croyez-vous maintenant ?
» Voici que vient l'heure, et elle est arrivée» où vous serez lù dispersés, chacun de votre côté, et où vous me laisserez » seul ; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi ^ »
* Sed venit Jiora, ot omiiû qui interficit vos arbitretnr obsequiam se prestare Oeo (Jean, zvr^ 2).
* Jean, XVI, 12, 15.
s Jean, svi, 28, 32.
'^^'J ans après J.-C. PRiiRE DE JÉSUS A SON PARE. iOi
là ' l4.'Prlère de jréaiiM h son Père pour ses dlsf lple« et pear
les ffatara ehréllen*. --.■«« ▼!• éternelle e'e«t««le eonnatlre
^^ le lirai Dieu, et le Christ «n'ii • eiiTOyé.
Sniiedu Jeudi 2 avril, vers les II heures da soir.
Jésus approchait du mont des Oliviers, alors il finit toutes les instructions [lar une admirable prière à son Père, en laveur da ses apôtres, et aussi en faveur des futurs croyants. On remarquera aussi qu'il s'identifie à son Père, et par sa 1 nature humaine s'identifie à Ceux qui croient en lui. Jamais union plus admirable n'avait été imaginée sur la terre. On remarquera encore que Jésus ne prie pas pour le monde. Ceux qui ont lu attentivement ses paroles, connaissent quel était ce monde pour lequel Jésus ne prie pas. U ne s'agissait pas de prier pour sa conservation, il s'agissait de le détruire et d'en faire un nouveau, et c'est ce que va faire Jésus.
Voici quelques extraits de cette admirable prière, donnant un monde nouveau.
« Père, l'heure est venue, glorifiez votre Fils» afin que votre ' Fils vous glorifie ; puisque vous lui avez donné puissance D sur toute chair, pour qu'il donne la vie éternelle à tout ce » que vous lui avez donné. Or, la vie éternelle, la voici : Vous » coonaitre, vous, seul vrai Dieu, et Jésus, le Christ, que vous » avez envoyé. Je vous ai glorifié sur la terre, j'ai achevé » Tœuvre que vous m'avez donné à accomplir.
» Maintenant glorifiez-moi, vous le Père^ en vous-même^ » de cette gloire que j'ai possédée en vous, avant la création » du monde.
I > J'ai manifesté votre Nom aux hommes que vous m*avez » donnés du milieu du monde. Ils étaient à vous, vous me les » avez donnés, et ils ont gardé votre parole. Ils ont compris, à » cette heure, que tout ce que vous m'avez donné vient de » vous, car les paroles que vous m'avez données, je les leur ai » données ; ils les ont reçues et ils ont reconnu que je suis > sorti de vous, et ils ont cru que vous m'avez envoyé. Je »/Vous prie pour eux ; je ne vous prie pas pour le monde » ms^is bien pour ceux que vous m'avez donnés, parce qu'ils Vl« SÉRIE. TOME IX. — N* 50; 1875. (88« vol de la coll.) 7
102 TRADITIONS ET SDPEBSTITIONS ROMAINES. 785 de Rome.
» sont à vous. Tout ce qui est à moi est à vous, et tout ce qui D est à vous est à moi, et je suis glorifié ^ eux ^ » ^ Etcomme si Jésus se repentait de cette parole a je ne prie j> pas pour le monde » il ajoute aussitôt :
« Mais je ne prie pas pour eux seulement, je prie aussi pour p ceu]i[ qui croiront en moi par leur parole, afin que tous » soient un, comme vous. Père, êtes en moi, et moi en vous, » afin qu'ils soient aussi un en nous, et que le monde croie » que vous m'avez envoyé ^. »
On a beau réfléchir, on ne peut concevoir ce grand, cet immense honneur que Jésus est venu donner à Thomme. Un avec DieUy un avec lui? Voilà un miracle plus grand, plus inconcevable que tous ceux qu'il a jamais opérés. C'est on peut dire du Panthéisme tout pur. Mais non, ce n'est pas le moins du monde du Panthéisme, car il a uni la nature humaine à la sienne, puis nous donnant cette nature humaine à manger et à boire, il nous fait formellement un av^c lui» avec Dieu.
Et quand on pense qu'aucun des professeurs de systèmes, de théories, d'inventions philosophiques, ne daigne pas même parler de ce Panthéisme nouveau et véridique !
INaturellement les hommes étant un avec Jésus, doivent un jour être là où il est; c'est ce qu'il leur dit à la fin delà prière à^son Père, dans laquelle il affirme son existence avant la création du monde.
a Père, ceux que vous m*avez donnés, je veux qu'ils soient » avec Moi où je suis, pour qu'ils voient la gloire que vous » m'avez donnée, parce que vous m'avez aimé avant la créa- » tion du monde. Père juste, le monde ne vous a pas connu, D Moi je vous ai connu, et ceux-ci ont connu que vous m'aviez » envoyé. Jeteur ai fait connaître votre Nom, et je le leur ferai » connaître davantage, afin que l'amour dont vous m'avez ai- » mé soit en eux, et que je sois aussi moi-même en eux^. »
1 Jeao, xvfi, 1 10.
* Jeau, XVIV20, 21.
s Jean, xvii, 24-30.
33 ans après J.-C. AGONIB DK JÂSUS. 103
3ft. Jéaaa Ta de ■■l-mênie à la mort. ^ «on agonie h
Celhoéotanl.
Fin du jeudi, 2 avril, de H heures du soir à 2 heures du matin.
Après ce dernier discours, Jésus connaissait parfaitement, Goinme on Ta ^u, ce qui allait lui arriver. Il était encore libre, il pouvait se retirer en Galilée, ou dans les états de Philippe, où il avait de nombreux partisans. Et cependant il ne le fait pas. C'est une preuve de la parole qu'il avait prononcée : «r/est moi qui dépose mon âme et personne ne pourrait (a » prendre si je ne la déposais pas ^ »
Aussi il a rudement traité Pierre, qui voulait l'en em{;êcber.
«Retire-toi de moi, Satan, lui a-t-il dit, parce q.ue tu n'as » pas le sens de ce qui est de Dieu, mais de ce qui est des born- » mes ^. o
tt Lorsque Jésus eut achevé ces discours, dit 8. Jean, dans }» le chemin assez long qui conduisait au mont des Oliviers, ses d disciples le suivirent et il arriva avec eux à une métairie ap- » pelée Gethsémani, où il y avait un jardin dans lequel il > entra avec ses disciples ^.
Jésus leur dit: a Tenez -vous ici tandis que je veux aller tt prier plus haut. Priez vous-mêmes aQn que vous n'entriez » pas en tentation. Et il prit avec lui, Pierre, Jacques et Jean. » Et il commença à éprouver la frayeur, la tristesse, et Tafflic- » lion. Alors il dit à ses disciples : Mon âme est triste jusqu'à » la mort, attendez ici et veillez avec moi *. »
Ici commence Tagoniede Jésus. 11 fallait qu'il prouvât qu'il était homme, vrai Fils de Tbomme, comme il s'appelait, et « il » fallait, comme dit S. Paul, qu'il fût éprouvé par toutes cho- » ses, pour entière ressemblance, excepté par le péché*^. » A ce
' Jeau, X, 17, 18.
^ Marc, vni, 33.
^ Jean, xviii, 1 ; Marc, xiv, 32.
* Luc, x\ii, 39 ; Malth., xxvi, 36.
^ Teutatus per omnîa, pro similitudiiie, absque peccato (Pau£, aux Hébreux
Jv, IS).
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prix était la réalisation de la libération, et de la divinisation de riiomme. Pour que celui-ci pût boire son sang, il fallait que ce sang fût répandu.
tt Aussi s'étant un peu avancé, de la distance d'un jet de B pierre environ, il tomba à genoux la face icontre terre, et il X» priait disant : Abba, mon Père, si cela est possible, et tout » vous est possible, si vous le voulez, éloignez de moi ceca- D lice; cependanlque votre volonté^ et non la mienne, s'accom- » plisrse. »
Par ces paroles^ Jésus fait deux choses : il détruit Tempire cruel de l'inexorable Destin, admis, comme nous l'avons vu, par tous les philosophes^ et il donnera l'homme qu'il vient de diviniser, l'exemple de la soumission à Dieu.
« Alors trois fois il vint à ses disciples, et trois fois, il les » trouva endormis.
» (1 les laissa, et une troisième fois il fit la même prière. Et » alorsun Ange lui apparut, venu du ciel pour le fortifier, et, x> tombé en agonie, il prolongeait sa prière, et une sueur sortit D de son corps, en forme de gouttes de sang, coulant jusqu'à » terre. »
Alors il comprit que la volonté de son Père était qu'il bût le calice.
a Venant à ses disciples, dormez toujours et reposez-vous ; » c'est assez. Voilà qu'approche l'heure où le Fils de Thomme 3> sera livré entre les mains des pécheurs. Levez-vous et allons. » Voilà que celui qui me livre est tout près ^ 3>
Et en effet, Judas était là avec les émissaires des Prêtres et des Pharisiens.
A. BONNETTT.
1 Luc, xvii, 39-44; Mallh. xxvi, 36-45 ; Marc, xiv, 32-i2; Jean, xviii, 1,2.
BE l'origine et DE LA VALEUR 108
De l*orlgiiie et de la TAleur
DU NOM DE DIEU