DIS
PRINCIPAUX DOGiES DE LA RELIGION CHRÉTIENNE.
EXTRAITS DBS AlfCllQCS UTRBS CHINOIS ^
Les d^ux mots Tat-At signifient un Grand-Extrême^ un Grand Terme^ Ibnee ftftis tiftra. On y joint ordinairement ces deux autres mots : li( yn M yàng ; ce qui a induit non -seulement les Européens^ mais aussi les plus bmeux philosophes chinois dans une erreur trës^grave, que j'ai moi*méme partagée assez longtemps par trop de confiance en eux. Ils disent que Tai'ki « est une Intelligence qui surpasse tellement toute B dimension qu'elle ne peut devenir corps (42), et qu'au coui> traire Tn ou Tang est la matière ou le yase qui contient Tin- » telligence (43^. »
C'est ainsi qu'ils s'expriment tous, après Tchu-hi qui s'explique de la sorte en termes clairs^ : « on lit dans VT-kinç » que Fit et Tang sont l'Intelligence; bien plus que, yn-yang > est l'Esprit inscrutabte (44). »
' Voir le dernier article, aa N* de décembre, t yui, p. 447.
(42) J^ M ± i: a: O 3P M T i: «• Tc^u-W, yolr
•Art. I, note 18.
(^3) ± é £ 9 O B; » fi ^./dem.'
(44)- it-» ;2: « a o fil » ;PW Z m
If. Y-hing, 3« partie, Bi-Ue, c. v, n. !M^; trad* Régis, t. ii, p. 447.
iîO TRADITIONS CBRAtIENNIiS EN CHINIS. -^ AKt. II.
II est curieux de voir combien ils se tourmentent pour accommoder ces deux paroles à teor système pliilosophique. Et comme une tradition constante i^eut « que TaUki embrasse l'Unité trine (45)^ » et qu'ils ne peuvent pas le nier, ils ont été forcés de dire que cette Trinité n'est pas autre chose que Tai'ki, yn et yang, qui, étant inséparables, forment quelque cbose d'Un. Mais ils ne font pas attention 1« que si, selon eux, Tai-ki est rintelligeoce, ib doivent dire conséqneroment que bette Intelligence embrasse trois (personnes) ou trois (choses), indépendaniment de ya et yang, ou do tja matière, parce que Tai ki contient trois ^personnes) ou trois (choses) (Iras tel tria) ; 2« que si yn et yang^ à proprement parler, est une seule et une même matière, comme ils l'avouent eux-mêmes ( — ^ ^) . où est donc la Trinité ? Ou rt elle est Trinité, où est r Uni té?
Les Chinois modernes ne nous le diront certainement pas, parce que, tout en retenant la notion d'an Dieu un, ils ont entièrement perdu la tradition d^un Dieu iHne. Rien n'est pourtant plus facile que de la rétablir, et de montrer aux Chinois qu'elle est admirablement. exprimée dans le vrai Tai^kL Car 41s savent déjà qae |^ ou plutôt ^ yn (sans la clef) est désigné par une ligne brisée — et que |y| ou plutôt # ycmgi (sans la clef), est représenté par une ligne entière — . Us savent de plus que la ligne brisée — est composée de deux points •• , ei la ligne — de trois ••• Car si vous leur demandez pourquoi dans le livre T-king les lignes brisées sont marquées par 7^ îou, six, et pourquoi les lignes entières sont marquées par X kieôUf neuf, ils vous répondront que VT-king tout entier se rapporte aux deux signes |£ Arien et i9 iouen (46). Ces deux signes contiennent chacun trois lignes, mais parce que dans touen ces lignes sont brisées =^, et dans iten ces lignes sont entières ^^, à cause de cela jif kouen donne
(*5) dk ft â' jr. :8 -^. Tradition.
(46) Voirie T'king, ehap, 1 et 2.
nu TAI-Kl, ou GRAND TIMIS. 121
six et |g kien donne 'neuf. Donc une seule ligne brisée lient la place de d^ux pohUs, tandis qu'une ligne entière est sensée renfermer (rots points^ ce qu'il faljiit démontrer.
il Yn ou — et ^ Yûng ou — sont à la vérité toutes deux comme une origine qui s'étend très-loin ; mais vous ne pouvez pas avoir j; Tai $i ky^ si vous ne remontez pas jusqu'au principe premier^ d'où — el — procèdent Ce principe premier ne peut pas ôtre autre chose que le point seul, et le point étant une fois posé, on arrive nécessairement à cette figure .v.> qui représente le Triangle équilatéral, mais le Triangle équilatéral A est la représentation grossière de Tai^ki tout entier^ et c'est aussi chez nous le hiéroglyphe de la Très- Sainte Trinité.
11 faut noter avec soin que Tai-ki est la Suprême Intelligence surpassant infiniment loute figure ^matérielle) , ce qui fait que les Chinois prétendent à bon droit qu'elle ne doit pas être peinte, parce qu'elle ne peut pas être peinte. Dans la figure .v, la base est formée de (rots points; la ligne du milieu, qui est entre la base et le sommet, n'en comprend que deux. Or il est évident que, si Ton prend cela matériellement, cela ne peut exister en aucune manière. Donc cette figure :\ doit être regardée comme purement mentale et spirituelle «comme un corps sans corps et une image sans » image (47). »'
Mais quoique Tai-ki soit un être tout à fait sans figure, spirituel, très-simplej et, s'il est permis de parler ainsi, très^ un (48;, il contient en soi trois (personnes).
(*7) H JI5 ij JP O li It Z fk Tchaaang^ee.
(47) Oaos celte figure •**,, on remarque en tète des triangles > ou ^ tchu,
Sdgnenr. Petit-étre est-oe parce que le Père est Seigneur, U Fils Seigneur^ le Saint-Esprit Seignenr. Ce ne sont pas cependant trois Seigneurs, parce que, liien qu'il y ait trois personnes, il n*y a qu'une nature très -simple et Ube essence. SI Ton ôte ces trois points» on aura V ou ,\ et le sem n'en sera que plas délicat. Ce signe /^ se trouve dans les Dictionnaires ehinm, mais ils ne savent en donner l'explication. — (PaKUARs).
(*8) * S ^ H ^ — . Tradition.
i^2t TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. II.
La l'« est ^ vou ^ mtng, tout à fait «ans nom (in Dominabilis) (49), la 2« est ^ yn et la 3« R yâng ; et ces trois sont
un Efre, qui, à défaut de nom, est appelé :JC ^^* M ^**
Cela est fortement confirmé par l'analyse des deux hiéroglyphes ^ yn kit % yâng. Le l*' ^ est composé de deux " parties, à savoir de -^ Wn, maintenant, aujourd'hui {nunc, hodie) et de S ywti, verbe, parole, on parler j rapporter avec la bouche, etc. Le Père parle éternellement son Verbe : Tu es mon filSf moi je t'ai engendré aujourd'hui (50). Et le Fils est ^ kin ^ yun le Verbe, qui n'est pas d'hier, qni n'est pas de demain, (51). mais qui estl'un et l'autre à la fois: & Je suis a et » 0), le principe et la fin, dit le Seigneur Dieu, qui est, qui était, » qui doit venir, le Tout-Puissant (52^ » parce qu'il n'a ni commencement, ni fin , mais il est de toute éternité j et maintenant, et pour Téterpité.
De même que la terre, et la lune, et Teau, et le repos, et la connaissance, etc., ont coutume d'être rapportés à ^ yn; ainsi le ciel, le soleil, le feu, le mouvement, et l'amour
appartiennent à |p yâng. C'est pourquoi le signe |p yang est cpmposé lo de Q yé, le soleil, le feu, symbole de la 3* personne ; 2® de — la ligne entière, qui est sa çarastérique, et 3<» de ^, sur la valeur duquel les analystes sont indécis. Ce qu'il y a de certain, disent-ils tous, c'est que ^ ne désigne pas la lune, comme elle fait dans la lettre # yang:
Voilà ce que j'avais à dire sur la signification vraie et spirituelle de :fe Tai ^ fty, qui exprime clairement la TrèsjSainte Trinité.
Maintenant passons plus loin.
Puisque les choses créées sont autant à*images dans lesquelles le Créateur s'est peint lui-même ;• car il n'avait pas en
(49) Cette appellatfoD ^ ^, tant nom, se trouve dans Tthouong-uee (Préiuri). .Toir ai\; i, o. 65, 67.
(50) Pillas meus es la, ego hodie genal te [Psal. ii, 7).
(51) Jam Chrlstus beri et hodie et In secula (S. Paal ad Bctbreos^ xni, 8).
(52) Ego sam a et u, principium et flnis, dicit Dominas Deas, qai est, et qui Yentaras est, Oihnipoténs (ipoca(yp«e, i, 8).
. . DU TA1-KI, OC GRA1VD TERME. i'i'à
dehors de lui d'exemplaire qu'il pût côosuUer, C'est ce qui fait que dans tout l'univers matériel envisagé dans son ensemble et dans chacun des objets qui le composent, et surtout dans les substances spirituelles et créées, on trouve imparfaitement une certaine Uniti^trinem La chose est évidente pour qui réfléchit un peu. Prenons pour exemple la Matière, qui peut être envisagée sous trois rapports. T En tant qu'elle est le prineipinm quo de toutes les choses matérielles, elle peut être dite d* une certaine manière ^ vou ^ming,mns nom. Elle répond au point ^ et est une image grossière de Dieu le Père, par qui elle a été créée. 2" En tant qu'elle est à la vérité immobile, mais déjà revêtue ou plutôt imprégnée des formes de toutes les choses, on peut la nommer ^ yn, elle répond à deux points^ ^ , et est Je symbole du Fils, qui, comme dit S. Augustin, «t a dans lui-même les idées et les notions de tous » les êtres, de l'univers (53). » 3° En tant qu'elle est mobile, et modifiée en toutes sortes de choses par le mouvement, on peut rappeler % yâtig ; elle répond aux trois points > /% > , et figure grossièrement le Saint-Esprit, qui était porté sur les eaux, selon le mot de la Genèse (54).
Le philosophe Tcheou^tsee, que les Lettrés de la famille Song reconnaissent pour leur maître, ne dit pas seulement
j; Tai ^ ki; mais il dit: ^sans terme, et par la même, grand » terme (55). »
Tehu-hi explique cela, comme si la particule Kff ell étant rejetée, il y avait, sans terme, grand terme.
Mais Vang-chin-tsée l'attaque à bon droit et s'exprime ainsi: «Puisque Tcheou-tsee avant les deux mots, grand terme, ei
> rais les deux autres, sans terme^ et que de plus il a ^outé la
> particule JS M, il indiqué assez clairement que ce Grand » Terme, Taikiy n'exjstait pas d'abord, et n'a existé qu*après.
> Si, comme le ipense Tchu-ki, Tcheou-tsee n'avait pas voulu » par cette unique lettre désigner l'un et l'autre, c'est%-dire,
(&3) S. Augustin. Reram omnium. .. rationet in dlvina mente continentar {Qwut, 46, deidels; Pat. lot,, t. 40. p. 30) (54) Kt Spiritus Del «févebatur super aquas (Gen, \^2),
(S5) Si^ & W dk :& Teheou-4iée.
(Zi TRADinONS GHRBTIKNNBS KN GHINB. ART. II.
9 sims terme et grand termey il n'y aurait point in tencallé cette » particule (56). »
L'opinion de ce lettré Vangchtn Uee, qui vécut sous la famille yc yuen, me sourit à moi et à beaucoup d'autres, parce que par ^ ^ Vou-ki il semble entendre Dieu, etpar :{; :^ ïat'ki le monde. Et ainsi elle nous fournit un argument dont nous nous servons pour prouver que ce Tcheou tsee ne fut pas aibée commele prétendent certains petits savants qui soutien* nent dangereu^enleAt le contraire, et, ce qui est encore plus important, pour nlôntrer aux Cbinois que ce monde visible a eu un commencieiilent, et a été fait par Dieu qui est rintdligence éternelle et illimitée. C'est ce qu'affirme en paroFes éloquentes Tchouang <Me qui, en parlant de cette Intelligence, dit (^qu'elle existait longtemps avant que Tai-ki existât (57;. »
Cependant^ je veux bien l'avouer, il peut n'y avoir \t\ qu'une question de nom; et il ne faut pas tenir au nom, pourvu qu'on possède la vérité. ^ ^ vau^ki (sans terme) peut donc être
appelé :jc ft rat-At (grand terme), Bien plus Dieu seul est véritablement grand.
Hais Tai'ki ne peut pas être dit Vou-ki, sans qu'aussitôt on ne distingue deux Tai-ki: l'un immatériel, incréé, simple, ibfiniment parfait et seul Fou-Art, sans aucun terme ; l'autre itiatériel, créé, composé, fort imparfait et limité, qui tout en pouvant être appelé -j^ ^ Tai-ki ou grand terme à cause de là relation du tout avec ses parties, ne peut pas cependant en soi-même et absolument parlant être dit ff^ ^ Vou^kij sans aucun terme.
(56) mi'±m^±ommm::^^o3L
tSt fn fi ^ it ^ M M IS ^ Jfe Vang-^hif^ueê, commentateur de YT^mg, aouB les Yueu (1280-1368); sonliTre a poar titre J'Tri'€hQ3/ke inséré dans le reooeil Sin-kafir^king'kiait en 80 livres (Pkévake).
(57) jt % i; S :^ ^ Tchwang-tsée.
M TAl-KI, OD GBAHD TRIKME* ^W
Cela posé, chacun jugera bien de quelle manière les lettrés exaltent leur Tai-ki. Yé-cfd dit :
« Le Milieu de Tantique Chaos est appelé le grand Commen- » cernent. De lui est née la triple matière qui est appelée Von- . gine,le principe et l'abîme ou la profondeur, et ces trois • mutuellement accessibles (pervia) à eux-mêmes ne font
» qu'un (58). »
Ces paroles pourraientassurénient recevoir un sens beaucoup
plus sublime si par la lettre K ki on entend non la matière fluide et liquide, mais la substance spirituelle, comme on le fait pour le motfivejxôç chez les Grecs et pour le mot anima chez les Utins. Mais je ne veux pas paraître tourmenter violemment les paroles des Chinois ; j'aime mieux dire que cet auteur a abusé des trois caractères, qui désignent premièrement et directement les trois personnes de l'adorable Trinité tà Chi, le Père, % Tuen, le Fils, 3^ Buen, le Saint-Esprit, et qu^l a attribué par erreur au Tai-ki matériel et créé ce qui appartenait au Tai-ki spirituel et éternel.
Je pense donc qu'on peut facilement ramener tous ces philosophes modernes dans le bon chemin, soit en leur donnant beaucoup de raisons que rien ne me presse de loucher ici, soît surtout en leur montrant qu'ils n'ont pas l'idée véritable du roi-jfci, un et trine, et que ces grandes phrases qu'ils crient à pleine bouche ne peuvent aucunement convenir à leur Tai-fe* înaiériel,muetetsans force. Ecoutons-les un peu.
« Tchu U nous dit : TairU est quelque chose d'Un, qui n'a » pas d'égal (59). » <t Le ciel et la terre, dit à son tour Tchâ». » hmg-tsie, ont lé pouvoir de produire toutes choses, et raf-«. «a le pouvoir de produire le ciel et la terre. Tai-U ne peut » être ni compris, ni nommé par nous ; à défaut de noitt, » nous sommes forcé de l'appeler 3«-«f ma» e* réitlit^.tl il* ê pas de nom (60). »
: (59) * « P> ê «-lî « » ^'J'!rt'^ ^ (60) tli&lllir Mo 3c*«.ottiS3e»^o -
1Î6 TRADITION^ CHRÉTIENNES BN^ GBINB. ART. H.
Le fils de ce philosophe» Tchao peten^ parle encore avec plus de force:
a Tai-Jd était avant le ciel et la terre et cependant il n*a pas » d'avant ; il sera après le ciel et la terre, et cependant il n^a » pas d'après. Il met fin au ciel et à la terre, et lui-même n'a )» pas de fin ; il donne l'existence au ciel et à la terre, et lui- » même n'a pas de commencement (61).
Tchin-M'U, dans un discours élogieux sur les tableaux de Fou'hiy dit ce qui suit :
« Tai-ki est quelque chose d'admirable et de parfait : il n'y » a sous le ciel aucun nom qui puisse le nommer. On l'appelle » Tai'Uy mais forcément et parce qu'on n'a pas de nom véri- » table. Tai'U n'a ni fin ni commencement, ni le dedans ni 9 le deboi^s ne sont sa demeure ; il ne parait point et il n'est » point caché ; il n'est ni carré, ni rond ; sans avoir de figure » il for;Tie toutes les figures qui sont dans l'univers; sans avoir D d'image, ilforme toutes les imagesqui sont dans l'univerâ. Le » saint Homme lui-même ne peut le comprimer pour qu'il dé- » croisse, ou l'étendre pour qu'il augmente, ou le rejeter pour 9 qu'il meure, ou le former pour qu'il existe. Seulement avec » l'esprit il le perçoit tant bien que mal et nous le montre ainsi » d'une certaine manière (62). »
Pour que des idées si magnifiques soient vraies, il faut les
£ ^ pS ^ TchaO'kaiig-Uie^ mort vers Tan 1077.
(61) **s «o^£5^M z 3fe«ro;?;«*
Ifk Hi ^ ^ 1& ^W4& Te/MO-p«, fit de Tehao-kang-Uie.
(62) ± m JiL ^ ^ »mmo§iFfSB^iit
19 ^WoilS«^£(XMSi^ rcMn-ki-it.-
DD TAhKI, OU GRARD TBRHB. IS7
entendre^ comme plus haut, du vrai Dieu en trois personnes, c'est-à-dire de H vau 4S ^^nffj de ||( yn et de |y| ^dn?, qui, à eux trois, constituent Tai-ki, tellement que sans eux Tai-ki ne peut pas exister. Quand les Chinois le comprennent autrement^ il est évident qu'ils perdent la tête. Mais vaut-il mieux les faire délirer sans cause suffisante, que de les con* duire doucement à la vraie sagesse par leurs propres paroles? Qu'ils le disent tous ceux qui ont conna le Christ.
Qaand les Chinois modernes disent qne rftme )Qi tin est le ^{i^ ;^ Taikt, ou ils se trompent honteusement, on ils s'expriment de la sorte parce qae l'esprit de'l*homme à été fait à IMmage de Dieu. Le signe )Qi «m figure eela hearea sèment. 11 nous représente trois ehoseae
1* n est le symbole de Dieu qui est la Traie âme du monde et n*a pas soo pareil, qui Tit, comprend, aime puisqu'il est ^ , ou ||^ ^ vouHming
(sans terme), le principe sans principe et Père. U est ^ > , ou le |^ yn
étemel Fils. Dest ^ ou bien ce qui revient au mdme — ou ^ ^ > ^
yang. Esprit Saint, et ces S personnes ne sont qu'un Dieu, ]^ tin,
2« Il est le symbole du Saint qui est l'ftme du' monde non?ean et mystique de tout le corps des Elus. > désigne sa dlYinité, ^ ^ sa chair Immabur lée, ^ sa très-sainte ftme, et ces trois substances sont un Chrût, ^^ tin.
3« Il est le symbole de Tftme de l'homme. > dénote sa Mémoire, qui est
la source de la connalssaiice et de l'amour; ^ ^ désigne son Intelligence, qui
est comme l'Image par laquelle 11 est donné à Tâme de se voir. ^ désigne
la Volonté ou l'Amour qui en résulte aussitôt. Et ces trois puissances sont un
seulespnt, ){^ tin. Ces choses sont le froit de mes réflexions; il ne
s'ensuit pas qu'elles soient fausses, mais qne le lecteur' peut les admettre oa lesrejeter j9ro a/fccttt «uo (63).
(63]Pottrrexplieation entière du Tai-/», 11 faut lire la dissertation que le P. Prémare composa en 1778, trois ans après celle-ci qui est datée de 1725, et que M.Pauthier a publiée ayee tous les textes, dans les Ànnalet de philotophie t. m, p. 126 et 375 (5* série).
fî8 TRADITION» CflBtelBlfNE» EN QBUfS. -^ ART. II.
êfi P^liit. — Hu jH Vmmy Intdligenc$j Baiwnj Parole.
ObsftrvalloB préllmlBalre de TédilCevr.
Avant de cttet Topinion du P. Prémare sur le Tao, il nous semble utile de faire connaître les diverses acceptions que les Sinologues modernes ont données à ce mot. Le^uns y ont va la Raiion abstraite de Dieu, les antres la Voie matérielle de Fbomme. Nous croyons qu'il est plus exact, plus conforme au texte d'y voir la iradilion de la PotoIb primitive, du Ferfre, par qui, comme dit S. Jean, tfnUes' choses oni été faites (64), notion dont la tradition ne s'est jamais perdue, notion trèspositive et que l'on a eu tort de traduire par la notion abstraite de Raison.
Et d'abord constatons que c'est par la Parole, par son Verhe ^est-à-dire par son Fils unique, la 2« personne de la Trinité que Dieu a créé toutes choses dès le commencement. ■ Et Tt Dieu dit (verba iDin) < que la lumière soit, et la lumière ♦ fut (65;.»
Cette notion primitive de la Parole de Dieu, qui subsiste, qui agit, s'est conservée partout. Nous la trouvons parfaitement exprimée par un auteur, qui existait en Judée environ 300 ans avant le propagateur du Tao chinois, Lao-tseu^
c Far la Parole 12T2 de Jéhovah, les cieux ont été faits, et » par le souffle de sa bouche VD rrroi, toute leur armée... Lui- » même a parlé noK, et tout fut, lui-même a ordonné mXi et » tout subsiste (66). >
Voilà le résultat de l'action de la Parole de Dieu sur les ehoses matérielles. Sur VintelUgesiee son action est encore mieux marquée :
a L'ouverture de tes Paroles fin-n illumine et donne i'intel- » ligence aux enfants (67). >
(64) Jean, i, 3.
(65) Gméu, I, 3.
(66) Psaume ixxu, {Héb. xxxiu), 6-9.
(67) Piaume cxfiit^ 130.
BU TAO^ fXTSLLIGEIIGB KT PiUlOLBn 129
Celte même parole a donné la règle de la vie : « Dieu ajouta la disapline» et leur donna en héritage la Loi > de la i^ie...et leurs oreilleB entendirent l'honneur de>$a » Doûp (68;.
Telles étaient les croyances répandues en Occident dur l'action positive de la Parcde de Dieu.
Que l'on fasse attention que nous ne donnons, pour le moment, ceci que comme théorie philosophique, abstraction faite de la révélation divine.
Maintenant transportons-nous en Chine dans l'extrême Orient, et nous allons y voir par quel mécanisme, par qpels signes et quelles inu^2;es, antérieurs aux signes hébraïques, les mêmes traditions s'étaient conservées.
Nous avons déjà vu que toute la philosophie ou plulôtla croyance religieuse des Chinois repose sur les deux caractères — yang et — yn. Or, dans l'hiéroglyphe ^ yn qui sert à prononcer le 2« caractère, nous trouvons, en le décomposant, le caractère ^ifun, qui signifie, verbe, parok. Sans aucun raisonnement les Chinois voyaient, pouvons^'nous dire, l'idée, la notion, la figure de la Parole dans une des notions fondamentales de toute leur croyance ou science.
Mais cette notion est encore plus expliquée et plus caractérisée dans les hiéroglyphes du tK Tao. Ce mot est formée comme on le voit, de deux signes l'un tf* ^^k, iniélligeneej principe j source; l'autre ^ et son abrégé JL> voie, aller, marcher droite c'est Vintelligence, qui marche, gui ie répand. Or le Tao signifie non-seulement vote, ration, mais parole, et en effet, c'est par la parole que rintelligence se manifeste, marche, se répand (69). On reqa^rquera encore que la seule vue du caractère tS imposait ces idées aux Chinois.
Ces notions sont certaines, fondées sur les Dictionnaires chinois, sur la vue des caractères.
(6ft) Ecclésiastique, xvii, 9-U. Voir plot de détails dans Annales, t. ii» p. 168 (6« série).
(69) Voir le mot Tao dans le Choué-ven, racine 33, et dans le Eulrya.
i30 TRADlïtORS CHBAnSNNItS IN GHINK. 'ABT. II.
Or il existe -en Chine un tiyre des plus hnciens tout eniie|,Q( consacré à enseigner et à explit|uer le Tao^ c'est le TooM^kin^ WL % s (Ihre king du Fâo et du te)y composé par Lao-tséefj contemporain de Confucius, en 567, par conséquent près dsLa 300 ans après Tauteur des Piaumés. Les missionnaires d'atpr bord, puis nos sinologues modernes ont traduit en tout ou ea.ii( partie cet ouvrage. Ils sont d'accord pour traduire r<e par ;ei vertu, mais il y a désaccord complet pour le mot Tao, Lesj^,; missionnaires^ M. Rémusat> M. Pauthier, ont négligé la signifi* ^| cation positive de parole^ et n'ont pris qu'une partie du signe, p celui qui marque VituelUgence et l'ont rendu par le mot abs- ^ trait, Raison. M. Julien ne prenant qu^ la seconde partie Ta , rendu par Voie. Les premiers, imbus de cet enseignement j philosophique^ qui rejette toute mention du Ytrbe on parole, . ont transporté les idéea rationalistes modernes chez les anciens Chinois. ,
Quand vers 1840 M. Julien traduisait ce livre, il venait nous ^ en lire les divers chapitres. Nous nous souvenons que nous : lui faisions remarquer qu'il y avait bien des passages où il , était impossible de traduire Tao par voie et chemin. M. Julien, , imbu de la doctrine de certains missionnaires, que les Chinois sont matérialistes et athées, persistait à dire qu'il ne s'agissait là que d'une voie maiérieUe. Cependant cette signification devenait absurde dftnâ certains passages. Alors qu'a-t-il bit? Toutes les fois que le sens de la phrase pou vai t Vs supporter il a traduit par voi($, et quand cela aurait donné un sens absurde, alors il a traduit par Tao, c*est-à-dire qu'il n*a pas traduit.
Voici le texte et voici les traductions :
ji RT » o # t i£
Traduction Julien :
• La voie qui peut être exposée par la parole n'est pas la voie éternelle ^70). »
On voit tout de suite que M. Julien est forcé de traduire le
(70) te livre de la voie et de la vertu^ composé dans le 6» siècle de Fère chréUeone parle philosophe Lao-tseo^ tradait en français et publié avecie texte chinois, etc., chap. i;in-6o, Paris 1S42.
DU TAO| OU IlITBLLIGEIfCB Wi PAROLE. i3t
:ond signe par parole^ parce qa'il eût été absurde de le traire par voie.
M. AbelRémusat traduit»:
ce La raison (primordiale) peut être soumise à la raison (ou exprimée par des paroles) mais c'est une raison surnaturelle. »
Et en latin : «
Ratio quidem ratiocinativa, insolita vero ratione (71). C'est inintelligible.
M. Pauthier traduit :
a La t;ot> droite qui peut être suivie dans les actions de la vie, n'est pas le Principe éternel, immuable^ de la Maison
suprême. »
£t en latin :
Via (quœ) potesi frequentari , non OBterna-et-immutabilis 'aiionaliS' Via (72).
Ce sont des paraphrases.
Le P. Prémare traduit :
Ratio quœ enarraripotest non est œtema tatio (73).
Nous traduisons plus littéralement :
c La Parole exprimée par la Parole n'est pas la Parole éter- » Belle. »
Oa voit que nous ayons la notion positive de Parole à la place de la notion abstraite de Raison.
C'est qu'en effet dès le commencement jusqu'à nous la Loi écrite^ un Livre, rBnseignement oral ont toujours été la règle, sur laquelle l'intelligence humaine s'est formée, et sur laquelle elle a opéré. Les traducteurs venant à la suite des phi-
(11) Mémoire sur la vie et les opinions^ de Lao-Ueu^ p. 23^ 104^, 1823.
(12) Le Tao-te-klng^ ou le livre révéré de la Raison suprême et de la vertu, Malt en français, et pabiié poar la première fois en Europe avec une version latiQc'et le teite chiDois en regard ; accompagn'é du commentaire complet ^Sie-hœi, d'origine occidentale, et de notes Urées de divers antres comiBentateurs chinois. In-S», Paris Didot, 1838. — Édition très-savante dont il ^'ii para que la 1'* livraison finissant au 9« chapitre.
n^i Voir ci-après ce texte.