‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 68 sur 122 · CHRISTNA ET LE CHRIST · texte numérisé non relu

CHRISTNA ET LE CHRIST

PAR

lé. JTACOlililOT 1.

Dans les Annales de philosophie de 1869, nous avons rendu compte d'un livre du même auteur, intitulé : La Bible dans Unde,-^ Vie de lezeus-Christna ^. Nous y avons, par les aveux les plus authentiques, donné les preuves que les Brabraes ont toujours inventé leurs légendes, qu'en transcrivant leurs anciens livres ils y ont ajouté, et ils y ajoutent encore des suppléments nouveaux qu'ils font entrer dans les textes anciens, et que c'est de cette supercherie que proviennent la plupart des similitudes qui existent dans ces livres avec le culte et les croyances* Chrétiennes; qu'en outre beaucoup de Ms Bibliques, non-seulement s'y trouvent, mais doivent s'y {trouver, parce que les premiers habitants de l'Inde sont, eomme les autres peuples, les fils ou les descendants de Noé, pe second Adam de la société humaine.

£a outre, dans ces articles, nous avons extrait du livre in-

» Vol.in-4«. Paris, 187*.

» Voir innotef, t. xix, p. 13» et p. 210 (6« série).

Yl« SÉRIE, TOME IX. — N« 52; 1875. (88« vol. de la coll.) 16

jj

Aien le Soûrdgyô Shiddanto {le Surya-Siddanta), traduit et commenté par un missionnaire, M. Yabhé Guérin, dont le livre a été imprimé aux frais chi gouvernement sur la demande de M. Arago *.

Pour détruire toutesles assertions imaginées par M. Jacolliot, nous lui opposions la date chronologique et astronomique donnée par l'auteur indien des lots de Manou, et qui ne font remonter la composition de cet ouvrage qu'à Tan 345 de notre ère.

Ces preuves sont concluantes, et aussi on ne leur a rien opposé.

n faut le dire, le livre de M. Guérina. été rejeté dans Tombre et nous connaissons des indianistes qui donnent des extraits du Surya-Siddanta, comme trouvés et traduits pour la première fois par eux, et qu'ils ont trouvés dans Touvrage de M. TabbéGuérin.

M. Jacolliot ne connaît pas ou supprime toutes ces découvertes et ces preuves ; aussi, dans son nouvel ouvrage il s'en va, on peut dire étourdiment^ parlant des croyances antiques et nouvelles des Hindous, sans ordre, sans science et sans retenue.

En face de la science véritable qui a commencé à connaître et à traduire la véritable histoire des Hindous, il s'obstine à vouloir faire de Jésus, le Christ, la même personne que le Christna hindou.

Nous lui dirons que cela est très-possible, parce que son Christna n'est qu'une copie mal faite et mal exécutée de quelques notions sur notre Christ, que les Hindous ont reçues dès les premiers temps du Christianisme. La preuve en est dans cette ère du Salivahana, c'est-à-dire du porté sur la Croix, que H. Guérin a si bien précisée et éclairée, et que M. Jacolliot ne daigne pas même mentionner'^.

Mais aussi les vrais indianistes, ceux qui connaissent l'fnde,

1 Voir les détails ihid. p. 154 ; de pliu les Annales ont publié la pré fou de ce livre (t. xvii, p. 23 3» série) et tout le chapitre iz, Chronologie imaginaire et Chronologie véritable des Hindous (t. xviii, p. 293 (3* série).

s Voir sur cette ère M. Guérin dans les Annales^ t. xviii, p. 293 (9« série).

DU GH1I18TNA ET LE CHRIST. 2i7

non pas en touristes effleurant les surfaces, mais dans le fond même de leur langue et de leurs livres les plus authentiques, se mettent à montrer toutes les ignorances et les erreurs de M. JacoUiot.

C/est ce que vient de fairepourlasecondefoisM. Foucaux,le traducteur de faltduga, d'une partie du ilfaAatora^Aa, Rgatcher yol pa, d«tns un article publié par la Revue bibliographique de philologie et d'hisloire^^ de M. Ernest Leroux. M. Leroux a bien voulu nous permettre de lui emprunter cet article, qui convient parfaitement aux Annales, comme preuve de la grande ignorance de ces inventeurs d'un Christ d'origine indienne. Ceci est un complément de la réfutation de Topinion indianiste du P. Brucker des Etudes religieuses des PP. Jésuites français, qui, d'accord avec tous les indianistes anti-chrétiens, prétendent que notre mot chrétien Dieu, vient du Z)tu, éclat, soleil matériel, des Hindous. M. d'Anselme a combattu avec raison une pareille origine païenne-indienne et continue à la combattre.

Pour réfuter directement le nouveau négateur de notre Christ historique, voici les remarques de M. Foucaux :

ChriAtna et le CKrist par jH. Et, JTJLCOIililOT.

oc Examinons d'abord le nom de iirW(î/ma que M. JacoUiot écrit Chrislna. Je lui ferai observer 1» que Yh est de trop, parce que ce mot sanskrit ne contient pas d'aspiration ; 2** que ce nom est d'origine douteuse et qu'il ne peut venir delà racine Khris qui n'existe pas en sanskrit; que d'ailleurs, même en admettant l'existence de cette racine, l'insertion du t serait inexpUcable ; 3^ que ce même mot au féminin, la Krichnâ^ rivière de l'Inde, se trouve correctement écrit, p. 35.

» J'engage M. J. à soigner l'orthographe des mots sanskrits, car il y a, dans ce nouvel ouvrage, presque autant de fautes que de mots, ce qui peut fjiire douter de son habitude à lir

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les textes sacrés des Hindous. Ces fautes viennent, probablement; de ce qu'il s'est servi des textes tamouls qui ne reproduisent pas Torthographe sanskrite avec la fidélité désirable.

» Pour relever toutes les inexactitudes que contient ce volume^ il faudrait beaucoup plus de place qu'il ne m'en est accordé ici. Je m'occuperai donc seulement de celles qui ont le plus d'importance au point de vue historique et religieux.

» H. J. dit en commençant, p. 7 : « La Judée s'est évidem- » ment inspirée de l'Inde.

» Si la légende du Christna indou est authentique^ la lé- » gende du Christ juif ne peut être qu'apocryphe. »

D Nous voilà fixés sur le but poursuivi dans le livre ; voyons maintenant les détails à l'appui.

« Les deux religions les plus anciennes (dit H. J., p. 5) le » Brahmanisme et son rameau le Bouddhisme^ sont basées sur » le mythe de Vincarnation périodique de la divinité. »

i> Pour le Brahmanisme cela est vrai, mais non pour le Bouddhisme^ car ce dernier ne parlant jamais d'un Dieu unique créateur du monde, qu'il ne semble pas reconnaître, il s'ensuit qu'un Bouddha n'est qu'un être quelconque, homme ou animal, devenu saint, puis Dieu^ à l'aide de mérites acquis dans des existences successives, et qui redescend ensuite sur la terre pour sauver les autres créatures^ sans exception. Je dis sauver et non racAet^, par la raison quelesHindousconsidérant les âmes comme éternelles et sans commencement^ je ne Yois guère où placer le péché originel. M. J., qui n'a pas prévu eetle objection, parle encpre, dans ce volume, de l'histoire de la chute d'Adima et d'Ëva (Adam et Eve), qu'il a découverte dans une légende de Ceylan, avec cette variante pleine de galanterie, que là, c'est Adam qui induit Eve au péché.

» Le système hindou des incarnations périodiques et sans fin, comparé au Christianisme, en diffère considérablement; puisque celui-ci n'admet que la seule et unique incarnation du Christ, qui ne sera suivie d'aucune autre.

D II y a aussi entre le Brahmanisme et le Bouddhisme cette différence, que le premier, quoi qu'en dise M. J., p. 303, admet Vincarnation immédiate de Yichnou, dans un animal : poisson, tortue et sanglier, et que la prochaine doit avoir lieu

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