T8TÉ1IK DE COMPOT ET ÈRE DE L^EXODE
partir du jour de l'avènement de ce même monarque.
La Bible ne connaît que le second mode.
Bien des savants se sont trompés sur la position de la ques* tion^ et ont voulu admettre deux chronologies, qu'ils se sont efforcés de concilier. Mais on ne saurait concilier deux séries de ;faits, en apparence contradictoires, si l'on ne se rend pas compte de la façon dont elles se sont produites. Quelle est l'origine de ces discordances imaginaires^des deux données dont Tune attribue à tel roi une certaine longueur de règne, et dont l'autre le fait mourir, avant ou après que ce laps de temps soit accompli 1
U existe une réponse mathématique, pour résoudre ce problème. ^
Il a existé, dans toute la période royale de Juda et d'Israël, une ère, d'après laquelle les chroniques de Salomon, les chroniques des Rois de Juda et les chroniques des Rois d'Israël ont été chronologiquement rédigées.
Le point de départ de cette ire n'est autre que l'époque de la sortie des Juifs d'Egypte, l'Exode. C'est à ce grand lait historique, constituant la nationalité judaïque, auquel convergent tous les souvenirs historiques, auquel se . rattachent tous les préceptes, toutes les coutumes, toutes les lois, c'est à Moïse que se relie également la mesure des temps.
Admettons même que la date réelle ait été inexactement transmise, qu'elle ait été fixée après coup par les cbronologistes royaux. Elle a existé dans l'esprit du peuple, elle a dû forcément durer ; et encore la supposition du caractère apocryphe de cette date ne serait qu'une fiction que rien n'au« toriserait. Car, pourquoi ne pas connaître la date d'un événement d'une si haute importance, n'appartenant pas à des temps anté-historiques, mais se trouvant à moitié chemin entre les pyramides et nous-mêmes?
Du temps de Salomon on connaissait cette ère. Un texte précis, très-célèbre, la cite :
« Et ce fut dans la quatre cent quatre-vifigliêm^ année après » la sortie d'Egypte des fils d'Israël, dans la quatrième année, » dans le mois de Zio qui est le second mois de l'année^ du
«es
SALOMON KT SES SUGCESMU&ftv
» règae de Salomon sur Israël, qu'il commença à bâtir le » temple de Dieu. (If RoiSy yi, i) ^ »
Nous ne savons pas si ce chiffre est exact> mais nous n^ayoi encore moins la droit de le suspecter, a»^ vrr^" trou^ dans le nombre de 480 un chiffre cycliq douze tois quarante. Cette raison ne no république romaine au bsista pendant 4 J.-C), Tempiredes Parthes eut la naêrae d à 225 de notre ère). Rien n'est cyclique dates. Bien d'autres hazards se trouvent c toire. Les trois souverains de la Prusse, Frédéric I et Frédéric-Gnillaume I, régnèren (1640 1740); leurs trois successeurs imméd Frédénc-GuillauniG. 11 et Frédéric-Guillaume ce même laps de temps (1740-1840), et à B cerlain^emenlai mythe ni cycle. Mille ans juste ^^ du règne de Charlemagne de celle de l'empire ^Bilapoléon (814-1814), (1 on pourrait multiplier la citation ^■pareilles curiosités. La présence du chiffre 480 seul n'est d^t aucime, preuve, contre l'authenticité de cette annotation bi
Un argument plus grave serait la preuve du fournie par la chronolc^ie égyptienne. Il y a des sava appuyés sur les texteshiéroglyphiques^mettentrExcdeen 1314; j,mais, avouons^le, cieni n'est noiLns démontré que cettijdateà laquelle tous les égyptologues n'adhèrent pas, et rien n'est plus iocertain, à L'heure qu'il est, que la chronologie des Pharaons. Même quanta la base îles calculs astronomiques par lesquels on a essayé d'étayer cette computation temporaire, rien n'est fixe, riea n'est précis. Et, chose très-curieuse, on arriverait, en admettant ladatede 1314, pour l'Exode, à établir, jusqu'à L'édificatioia du temple, rintervalle de juste trois cents ans : autre chiffre rond.
Nous^ ne discutons pas, nous le répétons, la dak de l'Exode. Il y a néanmoins un fait important qu'on a négligé et qui prouve en Eaveur de la comf^utatîoa exacte de: l'ère de TExodtf. 1^ commencement de l'œuvre du temple a'est
^ Les Septante portent 440 en déduisant probabtement le» 40 ans daoi le désert.
SYSTÈME DE GcmPUT ET ÊRÉ M l'EIODE. 2<%
pas la seule donnée ctironologique se rattachant à Vh\^ toire âe Sa)omoii^S| Roi finit le temple, dans sa onzième année, au mois^Hsiil, le 8"« mois ; il commence alors là construction dâ^V palaift et des dstensiles sacrés, pendant treize ans^^^R*inauguration solennelle du temple dttns ^a^^l^^^^ffime année. Si l'on voHilait a arrangt^r » tfn ^^^^Pl^^pport à TExode^ il était bien plus naturel et btàn ^i^conforrae à l'esprit de Tépoque, de rattacher ce fait à rachèvement de l'œuvre et non pas à son début. Cette circonstance, unie àl'existencedesdaies qui accusent une chronologie des plus précises, montre qu'on agit en dépit de toute saine critique, en voulant dépouiller la donnée des livres des Rois de son caractère histori((ue.
L'ère de l'Exode a donc existé. Qu'on ne nous objecte pas que les Livres des Rois ne comptent pas d'aprèselle : carcela ne constituerait pas une réserve sérieuse. Les Egyptiens, les Hindous, les Assyriens ont eu des ères sans lesquelles la cotnpulation du temps serait impossible. On ne saurait pas, sans un point de départ fixe, se rendre compte des intervalles de 1635 ans qu'Asurbanhobal, roi d'Assyrie, cite comme ayant existé entre la prise de Babylone par les Susiens et le sac de Suse par les Assyriens. Les Athéniens avaient aussi leur chronologie, et ils n'avaient que des éponymes, comme les Assyriens. Les autres nations, dans le calcul populaire, comptaient par aipnées de règne. L'emploi d'une ère est très-moderne et ne date guère que de l'époque d'Alexandre ; l'ère la plus anciennement employée est celle des 8éleucides, et ce n'est que depuis cette époque que se sont muttipUés ces points chronologiques fixes dont on partait pour désigner les années par un numérotement^ sans y introduire nn élément pefdonnei et incertain. L'amour^propre se mit de la partie, et ainsi les Parthes, les villes autonomes de l'Asie eurent leur ère. Rome compléta le changement en ajoutant aux Castes consnhtirw la désignation de l'année de la fondation de Rome, et c'est ainsi que s'est intt<oduit dans l'usage populaire' l'emploi généPitl d'an chiffre excluant toute autre considérafrovi personnelle.
Mais l'ère, en tant que computation du temps, qui partit
i^B SALOMON KT SES SUGCESMUhft.
» règne dâ Salomon sur Israël, qu'il commença à bâtir V » temple de Dieu. (If Roi%y ti, i) ^ »
Nous ne savons pas si ce chiffre est exact> mais nous n^ayons encore moins la droit d<e le suspecter. Ou a voulu trouver dans le nombre de 480 un chiffre cyclique, parce que 480 est douze tels quâranle. Cette raison ne nous touche guères. La république romaine aubsista ))endaat 480 ans (de 510 à 30 av. J.-C), Tempiredes Tarthes eut la même durée (de 256 av. J.-C. à 225 de notre ère). Rien n'est cyclique ou arrangé (ians ces dates. Bien d'autres hazards se trouvent consignés dans l'his- i loire. Les trois souverains de la Prusse, le Graud-Elecleoi, Frédéric 1 et Frédéric-Gnillaum* 1, régnèrent ensemble 100 ans (1640 1740); leurs trois successeurs immédiats, Frédéric 11, Frédéric-Guillaume. II et Frédéric-Guillaume III, occupèrent ce même laps de temps (1740-1840), et à Berlin il n'existe certainement si mythe ni cycle. Mille ans juste séparent la fin du règne de Charlemagne de ceire de l'empire de Napoléon (814-1814), (t on pourrait multiplier la citation de pareilles curiosités. La présence du chiffre 480 seul n'est donc aucune preuve, contre rauthenticité de cette annotation biblique.
Un argument plus grave sérail la preuve du contraire, fournie par la chronologie égyptienne. Il y a des savants qui, appuyés sur les texte&hiéroglyphiques, mettent l'Exc de en 1314; ;mais, avouons^le, ciem n'est noiLns démontré que cetUjdatcà laquelle tous les égyptologues n'adhèrent pas, et rien n'est plus incertain t à l'heure qu'il est, que la chronologie des Pharaons. Même quanta la base îles calculs astronomiques par lesquels on a essayé d'étayer cette computation temporaire, rien n'est fixe, rieo n'est précis. Et, chose très-curieuse, on arriverait, en adnM^ttant la date de 1314, pour l'Exode, à établir, jusqu'à L'édification du temple, Tintervallâ de juste trois cents ans : autre chiffre rond.
Nous ne discutons pas, nous le répétons, la dak de l'Exode. Il y a néanmoins un fait important qu'on a négligé et qui prouve en Eaveur de la com{>utatîon exacte de: l'ère de TExodij. I^ commencement de l'œuvre du temple n'est
1 Les Septante portent 440 on déduisant probablement le» 40 ans dam le désert.
SYSTÈME DE GcmPCT ET ÈRE M l'EIODE. 2Cr9
pas la seule donnée ctironologique se rattachant à This^ toire cl>e Salomon. Le Roi finit le temple, dans sa onzième année, au mois de Biil, le 8"'<' mois ; il commence alors là construction de son palaift et des dstenslles sacrés, pendant treize ans , il fait IMnauguration solennelle du temple dans fdt >1ngt-quatrième année. Si Ton vo'iîlait «arranger» tin chiffre par rapport à TExode^ il était bien plus naturel et bl^n plus conforme à l'esprit de l'époque, de rattacher ce fait à rachèvement de l'œuvre et non pas à son début. Cette circonstance, unie àl'existence des dates qui accusent une chronologie des plus précises, montre qu'on agit en dépit de toute saine critique, en voulant dépouiller la donnée des livres des Rois de son caractère histori({ue.
L'ère de l'Exode a donc existé. Qu'on ne nous objecte pas que les Li vresdes Rois ne comptent pas d'aprèselle : carcela ne constituerait pas une réserve sérieuse. Les Egyptiens, les Hindous, les Assyriens ont eu des ères sans lesquelles la cotnpulation du temps serait impossible. On ne saurait pas, sans un point de départ fixe, se rendre compte des intervalles de 1635 ans qu'Asurbanhobal, roi d'Assyrie, cite comme ayant existé entre la prise de Babylone par les Susiens et le sac de Suse par les Assyrien.^. Les Athéniens avaient aussi leur chronologie, et ils n'avaient que des éponymes, comme les Assyriens. Les autres nations, dans le calcul populaire, comptaient par afpnées de règne. L'emploi d'une ère est très-moderne et ne date guère que de l'époque d'Alexandre ; l'ère la plus anciennement employée est celle des 8éleucides, et ce n'est que depuis cette époque que se sont multipliés ces points chronologiques fixes dont on partait pour désigner les années par un numérolement^ sans y introduire nn élément pefdonneiet incertain. L'amour^propre se mit de la partie, et ainsi les Parthes, les villes autonomes de l'Asie eurent leilr ère. Rome compléla le changement en ajoutant aux flast^.s consnhtirw la désignation de l'année de lu fondation de Rome, et c'est ainsi que s'est intk^duit dans l'usage populaire l'emploi général d'an chiffre excluant toute autre constdérafimi personnelle.
Hais rère, en tant que computation du temps, qui partit
d'un point fixe, a toujours été en usage pour ceux qui ont composé des annales ou des chroniques: sans cet élément, tout calcul chronologique aurait été impossible.
des considérations a priori sont encore confirmées par la computation des années dans les synchronismes, et conséquemment dans toutes les autres dates. La suite de notre démonstration prouvera mathématiquement que dans les textes bibliques les années ne se comptent pas, comme dans le canon de Plolémée, et d'autres œuvres de cette nature.
Dans ces ouvrages savants, les années partent toujours d'un point certain^ du premier mois. La première année d'un roi est généralement celle dans laquelle le roi est monté sur le trône. Tous les mois antérieurs à l'avènement du monarque sont enlevés à son prédécesseur, et comptent comme faisant partie du règne du roi nouveau.
Tel est aussi le principe de Tère chrétienne ; selon l'auteur de cette chronologie, Jésus-Christ est né pendant la première année de l'ère.
iMais dans l'antiquilci asiatique, les années du roi, d'après laquelle on comptait les actes publics, partent du four de Vavénement, et elles finissent avec le jour de la mort. 11 n'en était pas possible autrement : si l'on datait à Babylone un document du 13 iyar (2^ mois) la 17"** année de Nabonid, on ne pouvait pas prévoir que le 14 adar, par exemple, devrait déjà appartenir à la 1'* année de Cyrus. Cela avait, il est vrai^ un inconvénient; pour le prévenir, les Assyriens dénommèrent les années par les éponymes, et toute Tannée appartenait alors à un même personnage, sans avoir, comme a Rome, un consul suffectus, en cas de décès. La mort d'un archonte d'Athènes pendant son éponymie, ne changeait rien à l'appellation de l'année définitivement acquise à l'histoire.
On évitait, d'autre part, l'inconvénient d'une incertitude, si la date de Tavénement n'était pas bien établie, ou s'il y avait discussion sur le point de départ. Il se présente, ^our l'Assyrie, un fait inouï dans Thistoire de l'antiquité tout entière ; BOUS possédons deux documents privés, datés d'un même jour, le 13 marchesvan de l'année de Mannu-ki-Asur-Uh. Eh bien, jchose curieuse, les deux documents, dont l'un est au Louvre,
STSTÉMS DE GOVPUT ET ÈRE DE L'EXOOE. t7l
Tautre au musée britannique^ne sont pasd'accord sur Tanaée du roi ; l'un met le même jour dans la 12«% Tautre dans la 13"* année de Sargon. Utile enseignement pour ceux qui veulent rectifier à tout prix la Bible rien que sur les textes cunéiformes !
Les livres des Rois ont admis le système de Tanuée déterminée par l'avènement du roi; ils ne comptent pas par années commençant à des époques fixées par le calendrier. Supposer la dernière alternative constituerait une grave erreur. Les années des Rois de la Bible s'énoncent comme les années des pontificats des^Papes. Le 16 juin 1874 a fini la 28^^* année du règne de Pie IX, le 17 juin 1874 a commencé la 29"«. Voilà également la façon de compter les années des rois de Juda et d'Israël : tout le secret de la chronologie sacrée repose sur ce fait, que les considérations mathématiques, que nous présenterons, feront ressortir d'une façon indéniable.
Et ce fait résuite tout naturellement de la confection même des sources auxquelles puisaient les auteurs du livre des Rois. Ils avaient, devant eux, pour les excerpter, les Chroniques perdues dont nous avons parlé, et qu'ils citent souvent. Ces annales s'appellent en hébreu, « le livre des événements des » jours », pnyn n:2i hdd. Cette désignation démontre qu'ils étaient tenus au jour le jour , et l'avènement des rois et les anniversaires de ces dates y étaient consignés; ils servaient à la nation pour les constatations nécessaires dans.les usagée de la vie civile.
C'est cette coutume des chroniques originales, plus précises, plus détaillées, qui a été adoptée par le Livre des Rois. Quelle est la conséquence forcée de cette habitude, conforme aux renseignements documentaires des nations asiatiques, où existait le calcul des mois lunaires, raccordés à l'année tropique par des combinaisons plus ou moins justes? bu temps de Moïse, les Juifs comptaient par années et par mois, et dans l'histoire de Salomon nous trouvons déjà trois dates énoncées de cette façon. On ne pouvait néanuioinss'occuper des mois sans compter les années, ne fût-ce que pour calculer celles d'un seul roi. Mais si l'on compte laduréed'un règne,on devra se mettre au courant sur ceux de plusieurs rois: ainsi Asa fut, pendant
son règne^ contemporaia de sept rois d'Israël. On devait douo a^oir un système comprenant tous les règnes, justement à cause des syncbronismes nmluels énoncés dans les livres des Rots. Par conséquence^ on les rattachait à un événement fixe, on avait une ère.
Et celte ère se trouve mentioi^née dans TËxode même r^l\e se reliait directement au précepte de Moïse (Exv xit^ 2).
a Ce mois- ci vous sera le commencement des mois, il vous » sera le premier des mois de Tannée. »
La première phrase du verset n'est pas seulement l'amplificatiou de la seconde qui d'ailleurs n'instituait aucune innovation, car le mois d'Abib ou de Nissan éïmi, déjà avant Molse^ le premier mois de Tannée. Le verset indique clairement, ce nous semble, que le a commencement des naois », principium mensium^ devait former le point de départ d'an calcul, tout nouveau, auquel se rattacherait la compuiatiou des mois des années lunaires.
Dans la suite de nos développements, nous démontrerons que, dans la pensée des chronologistes judaïques, l'époque dlB cette ère, était :
La néoménie du jeudi, 17 avril julien, 4 avril grégorien, de Tannée 1493 avant Tére cbréttenne, 1492,* selon notre manière de computer, en augmentant les années de Tèrâ chrétienne de 10,000 ans, 8,508.
L^Ëxode eut lieu quatorze jours plus tard, le jeudi 2 mai julien, 19 avril grégorien de cette même année.
U y a donc, pour conclure, deuoi points prouvés à maintenir :
1^ JJes faits cKrcmotogiques de la Bible se rattachent à %£nê ^, celle du Temple^ qui se relie à V époque de ÛÈaode ;
2° Les années des roisy cités dans les Livres saintSy se oomp" terU à partir du jour de leur avénemeut au trône,
JULBS Op'PBRf .
DE L'OBIGINE et DE LA VALEUR. t73
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