‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 77 sur 122 · LETTRES AU REVEREND PERE BRUCKER · texte numérisé non relu

LETTRES AU REVEREND PERE BRUCKER

DE LA

€0!fIPA«IVlK HK WAUS

Cinquième Xiettre.

Mon R. Père,

Nos précédentes excursions dans le champ des légendes anciennes ont pu nous convaincre que les noms génériques ou collectifs, tels que homo, x^ioç, ip)Y8vioç, Xotoç, i^po^ç.... et les noms propres Pelée , Ilus, £*r<)5,£ar(Ia?na...et autres s'étaient formés de celui du premier homn^e de la Genèse pris ai; sens de terre ip^^ homo^ de "???, terra). Elles oousontaussi moatréque plusieurs d'entre leé noms génériques, tels que PàôSy Anthrôpos... s'étaient formés, d'autre part, de ce même nom d'Adam pris au sens de rouge (°?î, homo^ Q^, rubrum esse) et il en est de même pour plusieurs représentants du premier bomme qui apparaissent, dans la tradition grecque, sous les noms de Phœnix, d'Erythras, de Porphyrxon^ de PhlégyaSy de PhaMthwiy de Périphas et autres.

Pour commencer noire vérification par le nom de Phœnix, choisissons celui d*entre les personnages mythologiqqes ainsi appelés, qui passait, bien à tort sans doute, mais peu importe ici, pour avoir donné son nom à la Phénici.e ^.

On le disait fils d'Agénor^ petit-fils de Pondon ou de Nep^

i Voir la 4e lettre au N« de Février ci-dessus p. 22. ^ Apollod. jir, 1, 1.

274 DE l'origine ET DE LA VALEUR

tune et grand-père de Minos^ dernier personnage en qui je vous ai déjà fait reconnaître un représentant de Noë.

D'après cette donnée nous aurions ici toute une série de personnages antédiluviens. Tel n'est sans doute pas Tavis des savants en titre ou indépendants^ comme ils s'intitulent. Mais laissons-les dans leur voie et suivons la nôtre.

Si nous traçons le tableau de la généalogie de Phœnix à partir de Poiidon ou Neptune, il nous offre :

Poséidon

Belus et

Agenxyr

Cadmus et

Phœnix

Sémélé et

Europe

DiO'Nyaos et

Afinoa,

Dès le premier coup d'œil nous reconnaissons qu'il se compose de deux suites de noms, les uns hébreux ou phéniciens: Bel, Cadmm, Sémélé, Dio-Nysos ; les autres grecs : Poiidon, A génor, Phœnix , Europe. . .

Un savant allemand, H. Hovers^ a signalé dans le nom A*Agénor, signifiant conducteur ou chef dès fmnmeê (d'otyi» et avTjp), une traduction du sémitique J?ej qui signifie Seigneur (^ dominus). Mais il ne donne pas suite à sa remarque, et M. l^normant qui le cite ne va pas non plus au delà.

Il est, cependant plus que vraisemblable qu'il en doit être de même du nom de Phmnix par rapport à celui de Cadmus, et de celui d'Europe par rapport à Sémélé. Pour voir ce qui en est reprenons Tétude de chaque génération à ce point de vue.

En regard de Posîdon il manque sans doute un nom hébreu> mais qui ne nous sera pas difficile à découvrir si nous remarquons qu'il nous reporte au-dessus de Bel soit de Zeus, puisque, d'après Hésycbius, Bel était le nom que prenait ZetAs en tant que né de Posîdon ; Bv^Xoç... Zcuç noast&ovoç &to« '.

Or^ au-dessus du nom de Zeus, et par conséquent de Jékovah, dont il était une forme grecque, nous ne trouvons en hébreu que le nom d'Bélotm. Et si nous remarquons que Posîdon était^ chez les Grecs, le dieu des eaux, le fécondateur

Hésychias, y. By)Xoç.

DU NOM ABAM-HOIIHB-EOIIGB. 275

de rbumidité primitive, ainsi que le dit son nom, (icootiduv, iMnçyfnarituê, et scScov, by^^humidum ^), de même qn*Hélotm^ par son Esprit, avait été le fécondateur des eaux primitives et Spiritus HtUnm incubabat iuper aquas^, il devient évident qu'J7e7oim est le nom hébreu dont PoMon est un équivalent grec, tout comme Aginor est un équivalent grec de Bd ou de Jéhavah. Et je conclus qu'il en doit être de même de PhiBnix par rapport à Cndmu$.

Fils supposé de BW, ou de JéAovaA^ qui avait formé le premier homme ', ce personnage ne peut être que le premier homme lui-même^ dont le nom Adam se montre, traduit en grec, au sens de rouge^ par le mot Phœnix (oiK, ruber^ <po(vcxo<). Mais c'est donc aussi Thébreu Adam qui se cache sous le nom de Cadmus; Adam, qui se voit toujours précédé deTarticIe, dans les deux premiers chapitres du récit sacré, cnien A-Adam^ qui, et prononcé avec une aspiration plus ou moins accentuée, devient tout naturellement Ha- Adam, Ha-Adm ou Kadm, et Kadm-os.

Simple forme, à peine altérée du nomd'iidam, et qui certifie la traduction grecque Phcmix, le nom de Cadmus ne doit donc pas êlre reporté, comme il Ta été jusqu'ici, à l'hébreu kedem (cnp, orienialiê), avec lequel il n'a qu'un rapport de forme tout fortuit.

Que si de Cadmus^ soit H- Adam^Phignix, nous voyons naître une fille également désignée par deux noms, l'un hébreu, iSéin^/e , Tautre grec, fiirope S nous devons supposer que le dernier est, soit une traduction, soit un équivalent du premier, et que le personnage lui-même est un représentant de la première femme, si souvent regardée comme la fille de celui des flancs de qui elle avait été tirée.

Séméli est évidemment |M)ur l'hébreu Semd (bç^-tnia^o ou V^ Semel'El, imago Heloïui, imago Deij, il désigne la première femme en tant que créée de Dieu à son image ^

* Hésychiafl, ▼. eiStôv.

* Gen.y I, î.

* Gen. II, 7.

^ Âpollod, m, 4, 9 et ut, 1.1.

^ Gen. 1, 27.

276 DE L'omQinB AJ Off lA VALEUR

§i j^pjyis rç^pprochom de iÇe nam les varianles grecque)» Er(^e, jiSrope, Surape^ Alçpe, Almpe, qui désignent toutes des représentants de U première femme, elles apporaiss joi tputesauissi como^eforméesdefl, ou Er, fiour El^ieus, eiàe (nçïi, pour Q>^iQ:, vuHt4^ fuckStCe qui dotane^ncore le mèmeseus d'image de Dieuet offreun exact équivalent de l'hébreu Sémâé.

EfAïïj sous Tua et Tautre nom^ cette prétendue fille de PhœniX'Adam se dit redevable de sa maternité à Zeus ^ pour Jékovmh et, dax)9 les deui; poms, tous deux hébreux ceUe fois, que Von donne à son enfant divin {DùhNysos et Jlfûioâ) se mputrent, no^js l'avons vu, les deux formes du nom de JHoe, (2Ha) Ny%ç9^ pour (le }i\9ti^ Jfaask} Minos pour Manoash.

Eu résumé donc la généalogie de Phcenix-Adam s'offre à qoua en deux langues; l'unq^ le phénicien ou Tbébreu, l'9tUtr<^> le gf&e^et formant ainsi deux séries correspondantes :

ai^rh»

midim

noffe(5(i)v,

rwrr^

Bel ou Jéhovah

A^pivcop,

CDTKn

Cadmuê'Adam

^tvtÇ,

Sémélé

EupCOTCT],

aboutissant toutes «teqx à Noé, sous le douiblé nom Nyios et

Il resterait sans doute^ mon R. Père^ à démontrer, par rétude comparée dss légendes, ce qrn ressort ici de la filiation et de l'étude des noms. Mais comme cette digression nous Bsènerait tiHDp lioin, il suffira de faire observer que Mino$j simple dédoublement de Dio-Nyios^ était contemporain de Thésée l'Arge^naute, e'est-à-^dire de Noë dans l'arche. Et la légende, lorsque nous l'aborderons, se montrera complètement en harmonie avec ce premier fait.

• Le dédoublement du premier komme en deux personnalités caractérisées par des nonns dool l'un signifie terre et l'autre signifie rouge, se reproduit dans plusieurs autres légendes. (1 en est ainsi, par exemple, pour celle du héros ^gée et de son prétendu frère Pallas.

Le premier de ces noms, yEgée, s'est formé de «ta, terra

^ Apoilod. ni, 4, 3 et m, 1, l.

DU NOM D'ADAX-HOIIMB-ROUGE. ^77

et de fouûy nascor. Il désigne Adam en tant que né ou supposé né de la terre ; sumpttM e terra»

Cet u^gée-Adam est dit fils de Pandion^^ autre personnage, dont le noin signifiant Tout-Dieu, est pour celui de Jéhovah- Héloïm, créateur ou père du premier homme, mais qui était aussi le souverain monarque de VEden, "et dont la légende a fait en conséquence, sous cô nom de Pandion, un roi d'Athènes^ (rj.^A6n-antédiiu vienne; comme aussi un roi de Crète ou d'Athènes encore^ sous les noms de Zeus ou de Jupiter^; un roi de Colchide, sous le nom d'^Eétês^; un roi d'Egypte, sous le nom de i?é{u«^ ; un empereur de Chine, sous le nom à'Taô^.

Sous les deux noms de l'épouse d'jEgie^ yEthra Tun, Médée Tautre^ on reconnaît également l'épouse du premier homme.

yElhra ou yEthéréej la Cé/e«(e, rappelle Eve élevée, par Tusage du fruit réservé, au niveau de la Divinité, soit au ciel; eritissicut DU,

Comme Eve se disant redevable à Dieu de sa maternité^ elle se dit redevable à un dieu aussi» à Posldon (pour iTé/oïm), de son fils Thésée qui, en tant qu'Argonaute, est un représentant de Noi.

Médée à son tour, ou la surveillante (de (Air)3o(4.oct, curàm gero) était gardienne d'un mouton d'or ((atiXov) pendant d'un arbre des bords du Phase (le Phison de VEden), comme Eve était gardienne du fruit ((4.yiXov) qui pendait, aux bords du Phison^ des rameaux de l'arbre réservé. Et si l'on a donné à ce fruit ou mouton la couleur de Tor, c'est à raison du lumineux éclat du fruit qui ouvrait les yeux ou donnait la vue.

Quant à l'époux à' jEthra-Médée ou de la céleste gardienne

^ Apoilod. m, 15, 5.

^ Diod. sicul. Jii, . 61, 1. S. Téoph. ad Autolic. i, p. 177 ; Jal. Firmicus, p. 13, 33.

3 Gic. de N.-D. m, 21; Bocat. gen, v, 18, p. 145. ^ ÂpoUod. 1, 1, 2.

^ Âpollod. II, 1, 4.

• C^tt-kin^, 1. 1, c. 1.

Yl« SÉRIE. TOMK IX. — N" 52 ; 1»75. (88« vol. de la coll.) 18

2;8 DE^L'ORfCrlNÈ «T Vi IX tAlkCR

on en a fait un roi d'AlHen^ poxit YFdeti où le premier homme avait été établi roi de la création. Et si l'on ajoute qu'il aurait trouvé la mort à la suite d'une expédition de son fils Thésée sur les eaux, — c'est qu'en lui se personnifiait la race d^Adam exterminée lors de l'embarquement de Noë dans son arche.

Mais si le nom d*^gée signifie né de la terre, celui de son prétendu frère Pallas (formé, comme (pwç, homo, de <paco briller^ (paXoç, brillant), traduit le nom du premier homme ou d'Adam au sens de rouge ou couleur de feu. Aussi est-ce Adam qu'il représente dans la légende^ — soit comme fils du Titan ITrios (xptoç aries) ou du M*>r symbole nominal d'iTeloim créateur de Thomme, et d'une Eurybie * (vie sans terme) qui s'offre ici comme une personnification féminine^ ainsi que la Diane et la Junon des Latins^ de l'^'^ernet ou dejéhovah , — soit comme fils de Pandion ^, dont le nom, nous venons de le voir, est ici pour celui de Jéhomh'Héiotm.

C'est pour le premier homme encore que Pallas est père d'une fille du mémo nom que lui^ (e^ vocavit nomen eorum Adam) *, et qui est pour la première femme si souvent supposée fiU^ du premier homme dont elle était une portion.

Lorsque la légende ajoute qu'il aurait été mis à mort par cette même fille défendant contre lui sa pudeur en danger, — elle nous reporte par là aux divers passages de la tradition sacrée où il est dit qu'Adam (ou leroti^e, Pallas) avait connu la femme issue de lui ^ ou sa fille; —que celle-ci se voyant nue à ses yeux s'était enfuie et cachée* ; — abscondit $e... uxor ejus ; — et qu'elle avait voué ce même époux à la mort en lui donnant à manger le fruit défendu auquel on ne pouvait toucher sans être frappé de mort; morte moriemini^.

C'est pour Adam toujours qu'il est père des PartaneMw ou AdamiteSf que l'on voit exterminés par Thésée ou Noë.

Parmi les Géants, les Adamites de la tradition sacrée^ vous

' Apoilod. 1, 3, 2.

' ApoUod. m, 15, 6.

> Ole. deJV.-D. III, 23.

* Gen. V, 2.

» Gen. 17, 1.

< Gen, m, S.

7 Gen. 111, 4.

DU NOM d'ADAM-HOMIHE-ROUGE. 279

trouvez encore, mon R. Père, un JEgœon (soit m'î de la terre) Adam au sens de terre; — et un Por^%riow, soit le même Adam pris au sens de rouge (icopcpuptoç, ruber, cnK) et veuillez remarquer qu6 le personnage ainsi désigné aurait été, soit l'un des Géants primitifs S en grec Tyi^svcç, en hébreu Àdami^ tes ; — soit le premier roi iVAlhen ^ (pour Eden) — comme je rai déjà noté pour plusieurs rois antédiluviens uu fabuleux de l'Attique.

La légende le chargeait de plusieurs crimes.

Le premier aurait été d'avoir osé porter une main sacrilège sur les bœufs (ou fruits) cnù, fructus y boves) d* Hélios^ {pour Héloim) — ainsi que Tavait fait Adam ouïe roug^e sur les fruits (ou bœufs) d'Héldim.

Il se serait en outre révolté contre Zeu$ ou Jupiter et les Dieux à qui il aurait disputé Tempire du monde*; — comme on le savait du premier homme cherchant^ au mépris de la loi divine, à s'ern parer des fruits qui devaient le rendre l'égal A'Hélotm. ; et eriiis mut Béhïm.

On l'accusait encore d'avoir attenté à la pudeur d'Héra ^, dont le nom est ici pour celui d'A dama- jÈve, en grec ^ epa^ laquelle se voyant nue aux yeux d'Adam le rouge, s'était aussitôt cachée comme pour échapper à ses tentatives supposées.

Zeuê au Jupiter Taurait alors frap|)é de la foudre ^ — comme Jéhovah s'était armé contre le premier honmie^ et pour le chasser du séjour de la vie^ de Tépée de feu du Chérubin.

Percé ensuite de flèches par Héraclès'^ ou l'élu de Dieu — le géant Porphyrion résume en sa personne toute la race d'Adam ou du rouge contre laquelle on a si souvent cru que Noë, l'élu de Dieu, s'était servi de Varc doimé par la Divinité en signe

I ApoUod. 1, 6, i.

« Paui. r, 14, 7.

3 Apollod. 1,6, 1.

* Apollod. ib.

^ Apollod, 1, 6, 2.

* ApoUod. I, 6, 2.

7 Apollod. I, 6, se

^80 DE L'OfiIGIN£ ET DE LA VALEUR

d'alliance, on comme à un allié, au momenl du déluge qui exterminait la race primitive d'Adam^

Et quant à la version qui montrait le géant Porphyrion vaincu par Aphrodite?^ — il n'y a qu'à la rapprocher du Irait de Pallas mis à mort par sa flUe, pour voir qu'il s'agit encore ici du premier homme recevant la mort des mains de la première femme.

Ce Porphyrioriy soit Adam le rouge, se confond d'ailleurs avec le Cécrops en qui nous avons précédemment^ reconnu le premier homme, non-seulement par le fait d'avoir été le premier roi A'Athen (pour Eden), mais aussi comme ayant des serpents pour jambes, c'est-à-dire comme étant monté sur des serpents ainsi qu'on l'aditde tous les fi^aa^s * (ou Adamites.)

Du reste le nom du représentant du premier homme changeant selon le centre où se conservait la légende, une autre version donnait au premier roi d'Athen ^pour J^d^n) celui de Périphas ^ ou lumineux.

Né de la terre, conrne Adam^ ce Périphas bu rouge^ aurait attiré à lui le culte el les honneurs dus au seul Jupiter^ — trait qui vous rappellera, sans doute assez> mon R. Père, celui du premier bomrae s'égalant à Jéhovah; — et ecce Adam qva^iunusex nobis^.

Le Dieu irrité allait frapper de mort le coupable, si Apollon fouv Héloïm] n'était intervenu en sa faveur.

Mais ici, confondant le premier homme, gardien du séjour terrestre de la Divinité, ut custodiret, avec le Chérub qui avait ensuite eu la mission d'en défendra l'approche et dont une des formes était celle de VAigle^ — la légende nous montre Périphas transformé en Aigle par Jupiter qui l'aurait fait roi des oiseaux et l'aurait établi auprès de son trône (l'fden; en l'armant de la foudre"^ (l'épée de feu).

' Gen. IX, 12, sq.

'^ Aristoph. Schol. v. 1252.

3 Voir première lettre, t. viii, p. 39.

« V. Gaigniaat, Jiel. de Vant. t. xix flg. 353 .

Paus. 1,2, 6; Anton. Lil)er. fa. G.

« Gen. lii, 22.

7 Anton. Lit>eralis, f«'i.6.

DU HOU d'aDAM HOMMK-ROCGE. 281

là Tiennent naturellement prendre place le célèbre Phaéiàon et 5a sœur Phaethme.

Tons deax ils sont enfants d'Bélios (pour Héloîm) créateur (!a premier couple humain.

El tons deux ils sont les gardiens des troupeaux (firiXa) de leur père^ — comme Adam et Adama étaient les gardiens des fhtîîs {ut,Xb) réservés de leur Créateur.

Septième et dernier fils d'Hélioê, suivant une yersîun^, — Pkaëihtm est pour Adam formée quant au corps^ au sixième fjQT de la création .

\ous avons déjà donné uiï coup d'œil à sa légende où se r^rodaît l'histoire du premier homme^ de ses prétentions à carcber r^;al d'Héloim [eritis sicui Hehim)*^ et de sa chute K»s répée de feu du ChéruM.

Phaêihon et Phaëthuse nous offrent donc encore dans leurs Wjms deux équiyalents grecs de Tliébreu Adam et Adama fns au sens de rouge.

Un autre représentant d'Adama-Ève s*offre à nous dans la xj'npbe Bhodi (^o^, rosa) que Ton disait aussi fille, soit €Hélûa^ (pour Héloîm) — ce qui en faisait une sœur de Phaéêm et an dédoublement nominal de Phaëlhme ; — soit de tMî<nây sous le nom de qui nous avocs si bien reconnu plus bat un représentant d*HéUnm en tant que résidant par son Is^t sur les eaux. £t si Ton ajoute que Rhodé-Adama aurait âe redevable de sa maternité au Dieu Hdios', qui était son îi^re, — c'est en souvenir des paroles d*Ève se disant^ en effets itdeiable de sa maternité au même Dieu qui était son Créal&ur.

Au nom de Rhodé vient encore se joindre celui de Pyrrha "^^A^ ruber, oik ). désignant un personnage féminin en qui

Oégst. xsi, 132; Nonnoi, Dionys, xxviu.

fr. 107, p. 59; ap. Pmd. SckoL 01, vu, 135.

• T. 2« lettre dam Annales^ t. vui, p. 190.

' Afdep. fr. ap Pind. Schol. Olymp. ni, 25.

I, 4, 6; Diod. âcal. v, &S, 4; Pind. Olymp. tu, 25. 1, 4, 6: Hellanie. fr. 107, p. 59; ap. Piod. SehoL Oitfmp. vu. &; DliiL âcoL V, 56, 3.

282 Bi l'origine et de la valeur du nom d'adam.

son union^ soit avec le dieu Promélhée ^ (pour Hélo%m\ soii avec Jupiter'^ (pour Jébovah), dénonce assez formellement une copie de la première femme se disant redevable à Dieu de sa maternité.

Cette identité ne se manifeste pas moins dans le trait qui la montre issue soit d'Epiméthé^ qui est le premier homme des flancs de qui avait été tiré AdamaÈve ; — soit de Créon\ personnage qui figure pour le Créateur et roi de toutes choseSy ainsi que l'exprime son nom dérivé de xpaivco de xpeu^ regno, creo).

Et n'oublions pas que ce nom de Pyrrha désignait aussi la célèbre Tkitis, épouse de P^/ée-Adam*.

Guérin du Rocher, dans le peu qui nous reste de ses étuJes mythologiques, explique comment cette PyrrhorEve figure, dans la légende, comme épouse de Devealion-Noë. C'est, selon lui, le résultat d'une mésinterprétation du passage de la tradition sacrée où le patriarche est qualifié agriculteur, so\i, littéralement, vir terrœ, acm-niir^, virAdama, etdans lequel on a cru voir que le patriarche était designé comme ré(>ouX| {vir) d'Adama ou de Pyrrha.

Enfin au même A^^ama traduit au sens de rouge^ ^VV^^' tient, comme Phaèlhon et comme Pallas^ le nom de la prétendue divinité Palès^ dont on avait fait une déesse des trou-^ peaux^ par suite de la méprise qui a si souvent fait voir dei troupeaux ([i.y\k(x^oves, pecora), dans les fruits ([f-rika poma) dont Ève-Adama avait eu la garde dans l'Ëlden. Un exemple ââ cette transformation des fruits en moutons se montre nous dans le passage où Diodore de Sicile parle des écrivaia qui, par caprice, ou par toute autre cause, changeaient en bit bis à toison d'or les pommes d'or du Jardin des Hespérides'.

'Aksslme.

^ Héaiod. fr. 21, ap. Apollon. SchoL ni, 1086. ^HellaDic. fr, iv, t. i, p. 47.

3 Apollod. I, 7, 2.

« Paus. IX, 10, 3.

^ Hésychlus, T. ft\i^p9Liy[»

6 Gttértn du Rocher, t. i, p. 174, éd. Oauttiler» l^rU, 1824.

7 Diod. sicul. lY, 20, 2.

785 de Ronw. TIUDITION& ET 8UPSAST1T20KS ROMAINBâ. 283

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QUELQUES DOCUMENTS HISTORIQUES

SUB LA RELiaiON DES ROBIAIHB

ET SUR LA CGiNNAISSANCfi

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RAPPORTS AlCâc J(JB8 JUIFS;

FORMANT UN SUPPltMENT A TOUTES LES HISTOIRES ROMAINES '.

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