TRADITIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. — ART. III
"» gDe; on y voit des arbres admirables 'et des sources mer- » veilleuses. On l'appelle le jardin fermé et caché, le jardin » suspendu, un ombrage de fleurs (18). o Hoai-nan-vang, déjà cité, dit de la même monta$;çne : a Le jardin suspendu^ rafraîchi par des ven4s caressants, et planté des arbres les plus précieux (long), est situé au » milieu de la montagne Kousn-lun, auprès de la porte fer- » mée dli ciel. On l'appelle le jardin brillant {ntlidus) ; les n eaux dont il est arrosé sont la source jaune (lan-ehouijy la 9 'plus élevée et la plus riche de toutes; elle s'appelle la fon- » taine d'immortalité', celui qui en boit ne meurt pas.
» L'eau jaune (ho-choiii) sort du jardin entre le nord et l'o- » rient ; l'eau rouge (tchi-choui] , entre l'orient et le midi; » l'eau faible ou morte (jo-choui), entre le midi et Toccidenl ; » enfin Peau de Vagnêau iyangchoui), entre Toccident et le » nord. Ces eaux forment quatre fleuves, tous, fontaines spi- » rituelles du Seigneur-Esprit {Ty-chm), qui s'en sert pour * composer toutes les espèces de remèdes, et arroser toutes » les choses qui existent (19). »
(18) jifc ^nm m wow^^^ow i
J^^o|i;t 3ËSIi9IËM- Ckang-haiAiing.
■ (19) um\tM.^mo:^fs^^^ vi t ^ o M m mm o mm i. m om t. Mjiio
A ^* Uoad-nanf'Vang.
TRADITIOHB Sim l'ATAT D'iNHOCSNCB. 31?
. Qu'estrce que la Geni$e dit de plus? "toiii cela est mis sous » les yeux par la ftgure que nous mettons ici.
NOKII.
MlDI.
EOXTEN-LUN OU PARADIS TEBBESTRB.
Ce qu'il y a de merveilleux c'est que cette figure n'est pas autre chose que Tancienne lettre j^ tan. Ainsi au milieu est ^ tan H^ chouiy la fontaine d'immortalité et le earré où elle est enfermée est le bassin , d'où sortent les quatre fleuTes. Le 1*' est flf ho ou le fleuve jaune ; le second est "^ tchi Teau rouge ; le 3* est jg ;o, Teau débile ou morte; le 4« est ^ yâng ou le fleuve de Yagneau. La tradition étant perdue, ils prennent la lettre # tan pour signifier, je ne sais quel sable rouge^ dont doivent se servir ceux qui
31^ TRApmONS GHBBMNNIS rai €H1KE. •*- ABT. III.
chercheDt la pjlerre philosophai pour obtenir IMramoctalité. Mais sans aucun doule, cette vaine espérance d'immortalité Tient de la tradition altérée de celte félicité, dont Tbomme jouissait dans l'Ëden, quand il était immortel^non par une prérogative naturelle, mais au moyen deVarbre de vie (20).
Ajoutez ici ce vieux proverbe qui^ au témoignage de Lo pi. ef^ encore dans la bouche du peuple : « Le fleuve (d'immorta- D Uti) sort du paradis terrestre (21) ; » on ne dit pas : a Sort de toum-iim, mais de it H ^ tang^ mot dont se servent les chinois ctirétiens pour désigner le paradis de délices, ou paradis terrestre.
Le même livre Chan-hai-king dit : « Au nord de kai-ming est » l'arbre de rïmmorto/tté (22); c'est-à-dire suivant la glose, l'arbre de la vie étemelle. Boai nan tsee place l'arbre de vie à Toccident (23). Unissez les deux traductions et vous aurez un an^e entre l'occident et le nord, du côté de Veau de l'agneau.
Le mont Pou ^cAeoti^qui est l'image du paradis céleste, comme on le verra par ce que nous dirons, doit être placé du même côté ; car le même Boai nan tsee dit« que la porte du » nord est ouverte pour recevoir le vent qui souffle du mont » Pou tcheou (24). i>C'est pourquoi le mont Kouen-lun doit être par rapport au Pou tcheou dans un angle placé entre l'orient et le midi, comme nous l'avons placé dans la figure.
Fong-mong-long , dans les notes qu'il a ajoutées aux poèmes appelés TsoU'tsee, s'exprime ainsi.
« Le mont Kouen-lun est situé entre l'occident et le nord. » C'est de là qu'est sortie la vie. Son sommet est appelé jordm » suspendu et c'est la voie du ciel (25). »
(20) Lignum etiam vits in medio paradisi iGen, ii, 9).
(21) m i. m M m 1Êt'Un>i.
(22) 61 f^ «: W- ^ ^m 0...1S s & A-ckM^
hai-king, 1. xi, p. 3.
{23) yf: Jlà m t^ n W. Cto»*.
'-' (24) ^jnmyiim^ nz m- no^u-^tœ.
(25) «« m^n^ojcKJSffio t,m
^JSBo^ J: ft:S^^ 4L- Fong-mong-Umg.
TRADITIONS SUR L ETAT D UflfOCENCB. 319
Adam et Eve sont les premiers parents du genre humain; c'est d^eux que tous ont reçu la vie. Quand ils eurent été chassés du paradis , il ajoute avec raison : 5C K £( tti (feu de là qu'est sortie la vie ; et comme ils devaient de là monter au ciel, il dit avec autant de raison Jl % jl^ ^ c'est la vùie du Ciel.
Hoai-nan-vang dît aussi dans le même sens. « Si la hauteur » est doublée ce sera le Ciel suprême : c^est là que montent B les Esprits; et on rappelle la maison du grand Sei- > gneur (26). 9 La glose avertit que ce grand Seigneur est le maître du ciel (27). De là vient que le (7Aan*Aat-îin</ appelle kouenlun le palais inférieur du Seigneur <28) ; et qu'estce^ je vous prie, que le Palais inférieur du Seigneur, sinon le Paradis terrestre ?
Le même livre dit a qu'à la porte est un animal nommé » Kai-ming, qui garde rentrée ^29). « La glose rappelle anitnal cOeste (30); Pao-pourtsee rappelle animal spirituel (31).
Rien n'est plus ordinaire aux Prophètes que de représenter les anges par des animaux, et les Pères grecs appellent les mêmes anges (wa Xoyexa des animaux raisonnables. Le nom de Eai ming parait faire allusion au Cherub que le Sei«^ gneur plaça pour garder le chemin qui conduisait à Tarbre de vie (32). Cherub {2ro) signifle^ en un sens, docteur, prédit cateur , et H kay f^ ming signifie ouvrir^mtoZ/M/enci!; ce qui
(26) ± iB i. o ji m ± Jio^ t. Ji m o
s M jk ^ I^ ۥ Boai-nan^ong.
(27) * * « O ^ ij? 4fc. LaGloit.
(28) m ^ t&oKK^Ii^ Z y «. Cfc«n.fcaiW.
KVi, n. 47, p.lh
(29) f^ ^ m m m^^ Z^ C/ian.ha.-.Wn^.
(30) ^ Vt. Laglose.
(31) it JK' Pao-pou'tsée,
(32) EJeeitque (Oomlnas) Adam, et collocavit ante , paradisum voluptatis Gherubim et flammeom gladidm atque versatUem ad custodiendam viam ligni vits (Gen. ui^ 24). >