ET SES OEUVRES
Ks goaTemementaleB ou le ton agressif des jcumaux affidés, 1 à à;adië sons toutes ses formes, avec tontes ses conséquents, oette grande question romaine qui est et restera la quesfcn eapUale de la politique européenne ; et la solution qui est' ioBsortie de ses instructions pastorales est encore la seule solution admissible. Aussi est-ce pour cela que le Saint-Père lui a adressé le bref suivant qui termine le 3« volume.
: « Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique.
• Noos avons été profondément touché de la lettre pastorale que toqs fin adressée à votre clergé le 29 du mois de janvier dernier, et dont vous tTezbien voulu le 2 du mois courant Nous faire parvenir on exemplaire im- Irimé à Nîmes en y joignant l'expression écrite de vos sentiments, aussi lespcetueux que dévoués.
I >Sans doute, Vénérable Frère, depuis que, dans les âpres conjoncluros où liMu sommes, une guerre implacable, une guerre sacrilège a été déclarée l|ir les ennemis de Dien et des hommes à TEglise catholique, à Notre chaire t^oliqoe, et à Notre personne, vous n'avez jamais cessé de soutenir, irec on courage et une vigueur dignes de votre grande piété, Notre cause, celle de l'Eglise universelle, celle du Saint-Siège;
t Et cependant. Vénérable Frère, il semble que, par cette récente lettre j pastorale, vous avez voulu témoigner d*une façon plus solennelle combien^ lYousaviezà cmorla défense et la sécurité de Notre personne et de Notre
> Par rétade scrupuleuse de Nos actes pontificaux, par les explications ^e TOUS en avez données, vous avez démontré tout ensemble que la vraie àrOisaiion, le vrai progrès, la vraie liberté des sociétés humaines reposent ■liqaement Bur les dogmes salutaires de TEglise catholique, et que les Pmtifes romains n'ont jamais cessé d'être les protecteurs, le& soutiens, au Wsoio les vengeurs de la vérité» de la vertu, de la justice et des arts.
• Noos vous félicitons grandement. Vénérable Frère, de votre zèle pour ks intérêts généraux de la catholicité, de votre amour pour Notre personne et de Notre siège apostolique. Vous serez, Nous en sommes sûr, avec Taide fcDieo, vous serez animé -d'un dévouement toujours plus vif à comkittre le l>on combat. Aussi vouions-nous vous af&rmer en même teps, et Notre reconnaissance pour le précieux hommage que vous KoM 3vez lait et le caractère privilégié de Notre blenveiilance à votre égard.
• Eq gage de cette paternelle a£fectlon, recevez la Bénédiction Apostolique f» Noos donooni du plus intime de Notre cœur, et à vous Vénérable Frère, ^ ao peuple dont vous avez la charge. ^
• Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 26 mars de Tannée 1866, la 20« de
Mre Pontificat.
• Plus PP. ÏX. »
Le i» volume des œuvres de Mgr Plantier se rapporte à des sqetBvariés.
Yoici la table des matières :
iStudes et discipline ecclésiastiques.
« Lettre pastorale. — Sur le but^ les avantagés et Vorgcamation des conférences ecclésiastiques.
3) Lettre pastorale. — Sur les conférences de 1856. 3) Lettre pastorale. — Sur les conférences de 1857. J> Lettre pastorale. — Sur la discipline de V Eglise,
vie religieuse.
D Lettre aux Religieuses du diocèse de Nîmes. — Sur lei avantages généraux de leur sainte vocation.
10 Lettre aux Religieuses de notre diocèse. — Sur robêervation de la sainte Règle, •
D Lettre aux Religieuses de notre diocèse. — Sur /« rapports mutuels de V autorité et de V obéissance.
3> Lettre aux Religieuses de notre diocèse. '^- Sur Vexeràet des emplois.
D Lettre aux Religieuses de notre diocèse. — Sur les saintes délicatesses de la virginité»
lettres de CIRCONSTAftCE.
]> Lettre pastorale. — Sur V Œuvre de la propagation de la fin.
:b Lettre pastorale. '^- Sur la misère des ouvriers atteints par la crise cotonmère,
3 Lettre-circulaire. — Sur la maladie des vers à wie.
3> Lettre-circulaire. — Sur la mort d^Hippclyte Flcmdnfu
3> Lettre pastorali). — Sur la mort du général La Moneière.
3> Lettre pastorale. — Sur le dernier ouragan qui a déroiU la Guadeloupe.
"h Lettre pastorale. — Sur V Algérie désolée par UjUau dei êauterelies,
2> Lettre pastorale. — Sur la naissance du prince imptrùd.
ET SES (BUYRES. 949
7> Lettre circolaire. — Sur la mort du prince Jérôme Jfa-^ poléon.
y> Lettre pastorale prescrivant des prières publiques pour obtenir le retour d*v/n temps serein.
y> Lettre à M. Bouland* — Sur la mesure prise par M. de jPersiffny contre la société de .Smnt'Vincent-'de-Pauh
D Bëponse de M. le ministre.
3> Béponse de l'iévêque de Nîmes.
D Lettre portant communication d'un discours prononcé par révéque de Nimes dans «on église cathédrale le 21 novembre 1861.
'P Lettre à M. Bouliand. — Sur VobligatiQn imposée aux évêques de faire timbrer leurs iiuindeviwnis.
y» Lettre à M. Baroche. — Sur V interdiction dont le gouvernement français a frappé VEncycliqvs et le Syllabus du 8 décembre 1864.
. Tout le monde le remarquera, ces documents sont aussi variés qu'intéressants, leur lecture fait apprécier la flexibilité du talent et la profondeur de la science de Péminent prélat ; les lettres sur les comférences dénotent im homme yersé dans la connaissance de l'Ecriture sainte et le droit canonique, de même que celles adressées aux religieuses de Nîmes. Mais bfttons-nous d'indiquer le rôle de Mgr Plantier lors de la publication du Syllabus.
Aujourd'hui aucun catholique fidèle à ses devoirs n'ose blâmer le Syllabus. Il n'en fat pas de même à spn apparition. La publication de rSncjclique ^ Qwmta owra P exîaspéra le gouvernement français et remplit de tristesae ^t d'effroi tous les libéraux catholiques. Le premier, cédant à son irritation, défendit à tous les évêques françids de publier officiellement ces deux document39 et déféra au Conseil d'Etat NN. S8.de Besançon et de Moulin& qui passèrent outre ; les seconds eherohèrent à atténuer par des commentaires fantaisistes les condamnations magistrales du Syllabus. Presque tous les évêques français protestèrent avec intrépidité contre l'empiétement du gouvernement assez insensé pour fermer la bouche aux pasteurs des âmes.
Bien n^est plus curieux à étudier que les maudements on lettres adressées au ministre à cette occasion ^ ' Chez presque tous on rencontre une noble indignation en même temps qu'une filiale soumission à l'Eglise ; seulement le tempérament de chacun se décèle. Les uns rappellent Ambroise à la porte de sa cathédrale parlant à l'empereur Théodose ; les autres insinuent que l'empereur Napoléon IH a outrepassé ses droits, sans s'en apercevoir; ils vont même jusqu'à adoucir la note du Syllahus afin d'établir s'il se peut un trait d'union entre l'encyclique Quanta cura et le libéralisme. Un œil un peu perspicace pourrait déjà déterminer par le style de ces mandements, quels seront les évêques de la minorité au concile du Vatican. Un seul prélat que nous ne voulons pas nommer ne protesta pas publiquement contre les empiétements du pouvoir, il se contenta de faire une admonestation sévère contre la presse catholique.
Mgr Plantiér ftit des premiers à présenter ses réclamations. Le 6 janvier il adressa de Bome où il se trouvait une lettre au Garde des sceaux.
Cette lettre digne et ferme, quoique parfaitement convenable dans la forme, contient le passage suivant qu'il importe de mettre sous les yeux des lecteurs :
<ï Nulle part elle « l'Encyclique » ne présente une èevle proposition contraire aux principes sur lesquels repose la consti'' tution de V Empire, »
Bemarquons que l'évéque de Poitiers, dans sa lettre au ministre des cultes s'exprime dans les mêmes termes :
<r Votre Excellence, dit le successeur de saint Hilaire, affirme que l'Encyclique et son annexe a contiennent des propositions contraires aux principes sur lesquels repose la constitution de l'Empire. t> Je ne le crois pas, à moins que oe que la constitution du second Empire appelle <t les principes de 89 :f> ne soit la teneur même de la déclaration des droits de V homme et du citoyen : dogmatisme trop décrié, trop contes-
' Voyez le curienx ouvrage intitulé : V « Encyclique et VEpticopat françaii, Parig, Gauguet et Longeois libraires éditeurs, 1865. »
ET SES OEDVRES. 351
table, et dans tous les cas trop spéculatif, pour que des hommes sérieux et pratiques en aient vonlu faire la base d'nn établissement politique. i>
Comme le gouvernement français avait donné des ordres pour empêcher que, à son retour de Eome, l'évêquede Nîmes f&t reconduit processionnellement de la gare à son palais ëpiscopal par ses diocésains, Mgr Plantier écrivit une nouvelle lettre au ministre de l'intérieur où Ton retrouve la même fermeté et la même dignité apostolique.
Un pareil évêque devait avoir un rôle considérable au concile du Vatican. Dès 1869, il écrivait une instruction pastorale pour démontrer a: quels furent dans le passé les bienfaits 2> et les gloires des conciles œcuméniques et quelles espérances » il était permis de rattacher à celui du Vatican. :» Comme ses autres pastorales cette instruction renferme un exposé trèsexact de la doctrine catholique.
Dès l'ouverture de l'assemblée œcuménique, Mgr Plantier était nommé le dixième membre de la commission de la disci" pline. Par ordre de date, c'était le troisième français entrant dans les commissions. Inutile de rappeler son rôle pendant la campagne anti-infaillibiliste. Mgr Plantier était trop versé dans les sciences ecclésiastiques, trop au courant des erreurs contemporaines et des ravages qu'elles ont causés dans les âmes pour hésiter sur l'opportimité de la définition doctrinale proclamée le 18 juillet 1870.
Pendant et après la guerre, le prélat n'est point resté muet, plusieurs fois il a donné à son peuple des consolations et des avertissements, et toujours son regard s'est élevé au dessus de nos mesquines et stériles préoccupations ; il comprenait parfaitement que la cause de nos malheurs doit être recherchée dans le germe de nos vices et de nos erreurs, et non pas dans une fatalité inconsciente qui poussait la victoire à déserter nos drapeaux.
C'est ce qu'on retrouve notamment dans une lettre pastorale de 1871 « sur les enseignements et les consolations attachées par la Providence à nos derniers désastres. »
En résumé : Mgr Plantier aura été pendant ces derniers 20 ans une des figures remarquables de l'Episbopat français.
352 MONSEIGNEUR PLANTIEB ET SES (EUTRES.
Sefi œuvras resteront classiques, le temps qui use tout n'affaiblira nullement leiir valeur , il a su leur donner cette clarté et cette précision élégante qui sont les qualités maîtresses de la langue française.
De plus, tous les sujet» qu'it a traités ont toujours été étudiés de très-haut et examinés au creuset de la théologie qui est la science des sciences. Enfin son amour incomparable pour l'Eglise et son Vicaire l'ont préservé de toute tendance pardculariste, de toute alliance suspecte, de toute conciliation équivoque. Les esprits médiocres qualifient d'emportées et violentes ces grandes âmes; les gouvernements, plus ou moins amis de la Bévolution, les redoutent et les taquipent.
Quant à nous, ainsi que nous le disions dans le Journal de Fl(yrerwe ^, nous n'hésitons pas à proclamer ces défenseurs de l'Eglise les gloires les plus puces du clergé français contemporain.
Vicomte Gabriel de Chaulnes.
* Journal de Florence^ du 2 juin 1875.
HISTOIRE GÉNÉRALR M lA POiSIR. 353
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