HISTOIRE GÉNÉBALE DE LA POÉSIE
i] n'a voulu faire en effet qu'un abrégé de l'histoire de la ()oésie destiné aux élevés et aux professeurs. Pour céux-d le petit livre sera comme le thème de leurs enseignements; ils pourront le suivre page à page et broder^ éfevatit leurs élèves, le canetas de Tauteiir, développant ses aperçus, étendant ses citations oiï les notices sur les poètes célèbres. Pour eeux-là le livre leur remfettraen mémoire tes leçons reçues et l'homme du monde aussi lira avec plaisir ce court volume qui ravivra ses souvenirs d'étude et de lecture : meminissejuvabiL
Une histoire plus étendue de la poésie, sur le môrtie plan, serait très-intéressante et personne mieux que l'auteur, ancien professeur de belles-lettres, ne pourrait récrire. Les loisirs qu'il a maintenant et le talent qu'il nous a montré lui permettraient de nous offrir un beau livre.
Je n'ajouterai qu'un mot. L'auleur donne presque toujours une courte notice sur le poète dont il parle, il apprécie l'influence de son temps sur ses poésies, il les juge et en cite souvent des extraits. Le goût de l'auteur est pur, son jugement est sûr; on voit qu'il ne s'est pas laissé guider exclusivement par la critique des littérateurs, mais qu'il a lui-même sérieusement étudié les poètes dont il nous entretient.
Puisse ce volume être accueilli comme il le mérite et faire le bien qu^en attend ]^. l'abbé Huguenot.
<c Nous nous sommes attachés, dit-il à la fin de sa préface, » à suivre les règles du goût classique, en scrutant tout à la » lumière de la morale chrétienne.
» Nous croyons que c'est le seul moyen de rendre une his- » toire sérieuse et profitable. Forcner les hommes en dévelop- D pant les caractères, tel eist le but sans lequel toutes les études » ne sont que des instruments d'erreui* et de perversion. »
En finissant nous devons signaler une lacune que M. l'abbé Huguenot pourra remplir dans une sejconde édition^ entre les poètes payens et les poètes modernes, il y a un grand intervalle qui doit être rempli par les poésiçs des pères grecs et latins. Lactance, S. Prosper, Prudence^ Clément d'Alexandrie, S. Grégoire, Synésius et d'autres ont confiposé des poésies qui méritent d'être signalées. Les Annales ont donné une ode de Clément, qui est remplie de charmes K L'abbé de Barral.
* Voir Ànnaies t. vin, p. 312 (!'• Série).
2lr(t)éolo0te t)t6torti)ue.
hk GRANDE PYRAMIDE, /
PlaaraoBique de nom, ItumanUalre de Ënki, ses merireilles, ses mystères et ses enseignements, pnr H. Piazai SIH YTH, astiwnome iwyal d'Eeosse et memlire de la Soeiété royale deliondres ^
Notre époque est l'époque des découvertes, ou peut dire des résurreclions. Un monde nouveau ou plutôt Tancien monde semble sortir de son tombeau pour nous raconter sa vie, nous dire son origine, sa^cience, ses croyances : TEgypte et rAssyrie, muettes depuis 2 ou 3,000 ans, se sont remises à parler; la Chine, séquestrée, rompt ses barrières; TAmérique nous révèle ses vieux monuments, TOcéanie même sort de sa sauvagerie et entre en communication avec le monde civilisé. Voici maintenant Tannonce d'une merveille : La grande Pyramide, le monument le plus ancien, le plus colossal du monde, masse immobile, muette, immense amas de pierres inutiles, parle et révèle les secrets de son existence. Elle se pose comme la preuve de la science la plus vaste, la plus sûre^ la plus grandiose de Tbomme primitif. Ce que la science moderne a conquis de connaissances par le travail multiple de toutes les générations, elle nous montre l'avoir possédé dès le commencement. Et cette science lui aurait été révélée de Dieu; c'est la réalisation du mot d'Hippocrate : « f^sarts sont » un présent fait à Thomme par les Dieux -. »
Ouvrage traduit de r anglais, par M. Tabi^é'ifcHgno, fhtniQijbe de Sarnt-» Denis. Iq-12 de 243 pages, à Paris au t>^re^ii du J(wjraal le^ i^ades, J8 rue du Dragon, 1876.
s Lettre au sénat et au peuple d'Àbdêre^ p. 1274, In-fot. 1624. '
VPsÉRiB. TOME IX. -^ N* 53; ^«75.(88« vol.dèta'céU.) 23
Oreette orgueilleuse préleution de la grande Pyramide estelle fondée? C'est là la question.
Le livre que nous annonçons l'affirme et entend le prouver.
Nous ne pouvons pas ici détailler ses preuves. Nous allons seulement exposer les résultats que l'on croit avoir été obtenus et nous ne pouvons mieux faire pour cela que de donner une partie de la Préface mise, par M. Tabbé Moiguo, en tête de sa traduction.
a Ce livre semblera étrange à beaucoup de ceux qui le liront, et il révoltera un grand nombre d'égyptologues habitués à considérer les Pyramides d*un tout autre point de vue, archéologique et païen.
» Mais je me suis rappelé l'adage, le vrai peut, quelquefois, n'être PAS VRAISEMBLABLE, et je n*ai pas hésité un instant à en assumer la responsabilité.
y* J'ai fait beaucoup plus Je l'ai provoqué, et il me tardait grandement qu'il parût.
i> Il est le résumé rapide de quatre ouvrages éminemment consciencieux, fruits d'un travail herculéen. 1° VHéritage que nous a laissé la grande Pyramide; première édition publiée en 1867 ; seconde édition publiée en 1874. 2° Vie et travaux à la yranJe Pyramidfî. Trois forts volumes in-8«, 1865. S"" Antiquité de r homme intellectuel, 1863, un volume in-8°. 4* Proje4:tion homolographique et Plan de terre de la grande Pyramide.
» Son auteur, M. Piazzi Smyth, astronome royal d'Ecosse, fils du célèbre amiral Smyth que son Ceiestial Cycle a rendu immortel, est un homme d'un immense savoir, aux convictions profondes, aux mœurs sévères, profondément religieux, que la fausse science n'a jamais ni sédurt, ni entraîné, qui esi très au courant de ses dangers, et qui lui fait une guerre incessante. Il a, sans doute, son genre d'origjnalité, c'est à plusieurs égards un homme antique, une figure d'un autre âge. mais il sait dompter son imagination, et ne marche qu'appuyc de chiffres positifs, qu'on ne peut ni révoquer en doute, n; récuser.
D C'est à force d'études, comme on n'en fit jamais, que, ht^
BT SES BNSBlGNfiUENTS. 3^9
ritier des convictions encore mal définies de John Taylor, mort en 1864, à Tâge de quatre-vingtcinq ans, le savant astronome est arrivé, peut-être malgré lui, et conduit où il n'aurait pas voulu aller, à affirmer que la grande Pyramide n'est pas une œuvre des Pharaons, ni même, à proprement parler, une œuvre humaine, mais bien une œuvre inspirée, conçue et exécutée dans un but mystérieux et surhumain^ c|ui ne devait se révéler qu'à Tépoque où la science humaine aurait assez fait de progrès pour entrer d'elle-même en possession des données grandioses, inscrites et monumentalisées dans la grande Pyramide, tant de siècles à l'avance, et aussi assez fière de ses conquêtes pour aspirer à s'émanciper de Dieu et de la foi.
» C'est alors seulement et pour l'humilier saintement qu'on devait lui montrer dans la grande Pyramide Gizeh le rapport de la circonférence au diamètre, la rectification et la quadrature du cercle ; la longueur de l'axe de rotation de la terre ; la longueur de l'année et du parcours diurne de la terre sur son orbit^; la distance de la terre au soleil; la densité moyenne de la terre, et son poids approché ; le cycle de la précession des équinoxes, etc., etc.
» Que toutes ces données, quelque merveilleux, quelque incroyable que cela puisse paraître, soient écrites non pas une fois, mais plusieurs fois dans les dimensions de la grande Pyramide et de ses parties essentielles , l'antichambre , la chambre du Roi, la chambre de la Reine, les couloirs souterrains, etc., etc., c'est ce qu'aucun homme sensé et impartial ne saurait essayer de révoquer en doute ; car les chiffres sont là, plus évidents que le jour.
» Tous ceux qui consentiront seulement à refaire les calculs de M. le professeur H. L. Smith, de New-York, sur ies mesures prises au sein de la chambre de la Reine et de la chambre du Roi , ou même ceux qui referont les calculs beaucoup plus simples de M. Simpson , relatifs à l'antichambre , ne pourront pas résister à l'évidence des
faits.
» Le nombre des coïncidences extraordinaires est tellement
grand qu'il ne reste aucune place i)Our le hasard.
'160 L^ GRANDE PYUAMIDB
» On essayera bien de dire qu'on peut grouper Jes nombres de manière à en tirer ce qu'on veut, mais on ne renversem jamais rédiflce complet, bâli sur lefe fonden>ents les plus inébranlables, qwe lés recherches savantes de M. Piazzi Smylh, en suivant les indications premièrement données au monde par feu John Taylor, de Londres, ont élevé.
» Non, mille fois non, ce n'est pas le hasard qui a pu faire et qui a fait que la coudée de la grande Pyramide' égale à la coudée de Moïse, égale à la coudée de Salomon, soit la dixmillionième parlie exacte de l'axe de rotation de la terre ; que le périmèlre de la base de la grande Pyramide nous donne la longueur exacte de l'année et l'excursion diurne de la terre sur son orbite, que sa hauteur nous révèle la distance exacte du soleil à la terre, etc., etc. Par cela même que les mesures de ces grandeurs, prises par les savants, ont approché d'autant plus des chiffres de la grande Pyramide que la science a fait f)lus de progrès, ces chiffres sont nécessairement vrais, intentionnellement et non accidentellement vrais.
» Qu'on le remarque, d'ailleurs, ce n'est pas d'aujourd'hui que la science numérique et géométrique de la grande Pyramide nous est révélée. Hérodote déjà avait formulé dans des termes que, peut-être, il ne comprenait pas, puis(|u'il les avait faussés, mais que sir John Herschell a rectifiés sans peine, l'une des principales lois géométriques qui ont assigné à ce monument unique sa forme d'une simplicité vraiment admirable. Hérodote s'est fait aussi l'écho il y a plus de deux mille ans de ce fait, que le triangle de chaque face de la Pyramide est égal au carré construit sur la hauteur.
» Le père de l'histoire est allé plus loin encore, H nous a presque révélé le caractère inspiré de la grande Pyramide, en constatant la présence auprès, et au milieu des ouvriers, d'un Roi pasteur, d'un descendant de Sem, que l'on croit aujourd'hui avoir été le grand prêtre et roi Melchisédech.
» Ces deux affirmations d'Hérodote suffisent presque seules à rendre possible et probable, tout ce que M. Piazzi Smyth et ceux qui ont marché sur ses traces nous ont révélé des merveilles de la grandePyramide.
» Son astronomie semble certainement dépasser les limHrs
du possible. Mais le fait aussi extraordinaire que palpable de rorienlation exacte de ses quatre faces et de l'axe du couloir d'entrée, orientation qui défie presque les forces de la science du 19* siècle, est en elle-même un fait plus incroyable que les culminations observées der,es étoiles typiques, parfaitement visibles quoiqu'elles ne soient pas de «première grandeur, si admirablement appropriées aux besoins chronologiques de tous les âges de l'homme sur la terre, si mystérieisement significatives. Ce fait, ce grand fait plus éclatant que le jour, nous force à accepter tout le reste.
» J'arrive enfin aux conclusions et aux révélations des couloirs ascendants et descendants. Elles irriteront à la première lecture les trop nombreux adversaires du surnaturel. Mais que répondre à l'jexistence certaine, et que tous peuvent vérifier, de ces lignes de foi tracées sur des parois en calcaire dur, ainsi qu'à la précision et à l'éloquence des nombres ?
i> Retrouver là, mesurée en pouces, cette célèbre date de 2170 que rinclinaison de Taxe du couloir descendant elles dimensions principales nous crient sous tant de formes^ c'est étourdissant, j'en conviens, mais comment faire que ce ne soit pas '^
» Et ce chiffre miraculeux est le ré&ultat de mesures qui ne laissent rien à désirer.
» Je m'arrête, j'ai été convaincu et je n'hésite pas à tenter de faire partager mes convictions à tous. »
Maintenant nous allons choisir quelques considérations principales ou quelques faits positifs, pour donner une idée de ce qui est contenu dans tout ce livre.
a Nous vivons à une époque où les connaissances scienlifiquesse sont développées à un degré jusqu'alors inconnu dans l'histoire de la terre ; mais jamais, dans toute la période chrétienne, on n'avait vu naître, tant parmi les ignorants {]{xe parmi les hommes de science, ce sentiment d'opposition préconçue qui les pousse à rejeter toute partie de la sainte Bible contenant quelque description de faits miraculeux, surnaturels^ ou nécessitant, pour être admis, le concours de la foi à l'inspiration divine. Aussi ne veut-on nullement admettre qu'un fait extraordinaire et sans rapport apparent avec les lois
362 LA GRANDE PyRAMlDB
de la nature ait pu jamais se produire, même au point de vue de la direction morale et religieuse de Thumanité. C'est pourquoi on supprime tout fait miraculeux des saintes Ecri« tures, qu'on réduit à n'être plus qu'un livre décrivant la vie ordinaire d'un peuple ordinaire, et écrit par des hommes qu'on reconnaît comme assez habiles^ sans toutefois être d'un ordre supérieur à la foule des auteurs de nos jours,, aussi bien que de tous les siècles passés.
» Et c'est à un pareil moment, où les chefs de la société se conduisent de cette sorte, et où tout le monde s'empresse sur leurs traces, — croyant bien faire sans doute, — que John Tavlor, de Londres, annonce, ou plutôt" a annoncé, — car il est mort aujourd'hui et ses actes appartiennent à l'histoire,— que la grande Pyramide d'Egypte n'est pas égyptienne, quant à son plan ; qu'elle n'a pas été imaginée par un Egyptien, ni même par un esprit humain, — mais qu'elle a été le résultat de l'inspiration divine de certains hommes choisis, de race abrahamique ou sémitique. Le fait de l'existence de la grande Pyramide,-ainsi préparée dès le commencement du monde dans une intention que l'on commence seulement à connaître, est écrit en pierres comme la Bible l'est en lettres; — en tant, toutefois, que l'on puisse réclamer pour la Bible une origine surhumaine, comme l'auteur continuait à le croire, — et quoique le but de la Pyramide ne soit pas d'enseigner directement la religion (p. 4). »
Voici maintenant quelques considérations sur le constructeur de la Pyramide lesquelles changent tout-à-fait ridée qu'en avait donnée Hérodote, et qui avait été acceptée par tous les historiens.
« La description d'Hérodote, le père de l'histoire, concernant le» principaux et les plus grands traits de la fondation de la première de toutes les pyramides, c'est-à-dire de la giande Pyramide, se trouve être ainsi complètement différente des théories récemment élaborées par le docteur Lepsius et par ses émules pour les pyramides subséquentes. Hérodote, en effet, déclare nettement que la grande Pyramide a été commencée d'emblée, sur un plan bien arrêté, pour en faire un édifice colossal; que la préparation d'une immense chaus*
I séc, pour le transport des pierres disposées dans d'immenses travaux souterrains, a duré dix aris^ avec des relais grandioses et réguliers d'ouvriers, c'est-à-dire cent mille hommes frais tous les trois mois ; que la construction du monument u été poursuivie ensuite avec rapidité^ et, malgré ses dimensions gigantesques, achevée dans l'espace de vingt ans; que le roi a encore vécu longlempsaprès, son règne ayant duré cinquantesix ans ; et flnalement qu'il n*a pas été enseveli dans la grande Pyramide, mais dans une sorte d*île souterraine, entourée par les eaux du Nil. Le niveau de la chambre souterraine de la grande Pyramide est de 40 pieds au-dessus (above) le niveau des eaux du Nil, même dans son inondation.
i> Quand Hérodote ajoute plus loin que les prêtres égyptiens ont attribué un très-mauvais caractère moral à ce roi nommé (Cbéops par les Grecs, Shofo ou Shufu (en anglais}, ou Khoufu par les Egyptiens), surtout, pour avoir fermé les temples et empêché le culte des dieux, il commence ce feu de vertueuse indignation qui ne s est jamais éteint depuis dan&resprit des hommes, ainsi qu'on peut le voir par les nombreux moralistes et rhéteurs, depuis Pline le Jeune jusqu'à Tauteur de <c Friends in Couucil » (rassemblée d'amis) — contre la rapacité, la tyrannie, la rage et autres crimes affreux de ce Shofo, opprimant son peuple par la folie et inutile construction de la grande Pyramide. Les autres rois qui ont construit les grands monuments d'architecture ont reçu des éloges, tandis que Shofo, pour son œuvre bien plus durable, a toujours été blâmé jusqu'au moment où. feu Jobn Taylor ayant démontré, dans son ouvrage sur la grande Pyramide, par qui et pourquoi elle a ^té bâtie, les anciennes récriminations ont été examinées à fond, au grand jour de la morale chrétienne ; on a alors acquis la.preuve, non d'une conduite impie de la part de Shofo, mais du fait qu'U pratiquait une religion opposée à celle des prêtres égyptiens, grand grief aux yeux de ceux-ci.
» liCur religion, s'il faut s*en rap[)0rter à l'histoire de Manéthon, l'un d'entre eux, n'était même, avant l'époque delà construction de la grande Pyramide, qu'une forme grossière, trop bien attestée par des monuments authentiques, de la déification d'animaux. Ainsi « on adorait le bœuf Apis à
% Memphis, le bœuf Mnévis à Héliopolis, et une chèvre dani » la ville de Mendès. »
» Or ce fut à cette forme de religion que s'attaqua Shofo, c'est elle qu'il parvint à arrêter .((uekiue tenrips. Fut-il poui< cela, comme d'autres l'ont dit, un athée, ou ne fut-il pas plu-< tôt un adorateur du vrai Dieu ? Comment un athée eût-il pu êlrc en même temps un roi qui a réussi à construire le plus grand édifice de pierre que le monde ail jamais vu jusqu'à nos jours? — Ceux qui connaissent la nature humaine savent qu'il aurait alors rempli Tédifice d'orgueilleuses inscriptions à sa propre louajige. Or les explorations modernes nons montrent qu'on ne trouve son nom formellement gravé dans aucun des couloirs ni dans aucune jdes chambres de réception sur toute retendue de l'édifice. — Il n'a cependant pas échappé aux recherches modernes, puisque, dans ces derniers temps, ila été retrouvé involontairementcaché (non gravé, nonsculptô. mais écrit en caractères grossiers et informes, au simple crayon) dans la substance d« la maçonnerie intéiicure, sous forme de a marques de la earrière des maçons » sur les côtés intérieurs de quelques pierres, marques qui ne sont venues à lu lumière que dans les temps modernes, par le brisement de la masse solide de l'édiflce. — Hérodote lui-même, sans le vouloir, et par conséquent d'une manière toute exceptionnelle, indi(|ue qu'il y avait alors avec le roi Shofo, un Pasteur patriarche^ de Mésopotamie ou de Palestine, lui donnant ûes conseils et^ lui imposant ses mesures anti-égyptiennes, pendant la construction de la grande Pyramide ; il donne à ce prince* berger le nom de FhUilion * (p. 28). »
Or cette ile souterraine où, au dire d'Hérodote, a été enseveli le fondateur de la Pyramide, vient d'être découverte parle colonel Vyse dans une excavation (fu'il fit faire à grands frais.
» Qu'était-ce donc que le monument qu'il venait de- mettre àjour?
» Ce n'était ni un tombeau construit à la surface du sol. comme tant d'autres sur cette colline, ni une chambre sépulcrale creusée dans le roc (comme celle où ma fenHne et moi avons vécu pendant quatre mois à Jeezeb), ni une chambre
'- Hérodote, L ii, c. 128.
Er SES ENSEIGNEMENTS. 365
souterraine, où l'on parYient par une étroite ouverture en forme de puils, comme presque partout en cet endroit ; mais sur le sol même, un immense puits carrée aux parois nettement et verticalement taillées dans le roc, à une profondeur de 53 pieds ; et là au fond^ sur le sol uni, un petit édifice de pierres bien dressées^ avec une voûte double au-dessus^ pour résister à une forte pression, renferme un sarcophage trèsmassif. En dehors et tout autour de ce puits, se trouve une tranchée carrée, dont les côtés ont 5 pieds de large et 70 pieds de long, et plus bas encore que le sol central, c*est-à-dire à une profondeur de 73 pieds au-dessous du niveau de la surface extérieure, et à 15 fiieds au-dessous du niveau des inondations actuelles du Nil, qui s'infiltrent et |)énètrent à travers ces rochers facilement et abondamment.
» Qu'avons-nous donc ici, si ce n'est précisément une ile souterraine entourée en certaines saisons par 1(!S eaux du Nil ? C'est d'ailleurs la seule que l'on connaisse sur la colline de Jeézeb. Il est vrai que les sarcophages et les inscriptions hiéroglyphiques sont tous de la XVill'' dynastie et non de la IV% et que le tombeau était encombré de ces restes très-modernes de l'Egypte ancienne qui en faisaient, selon la remarque du colonel de Vyse, un vrai columbarium. Mais il n'y eut rien de si commun que de rouvrir les vieux tombeaux, et de s'en servir de nouveau dans les derniers temps de l'Egypte ancienne. Les hommes dégénérés de la XXVI'' dynastie avaient donc pu graver facilement leurs petits hiéroglyphes sur lès surfaces unies de cette gigantesque excavation ; mais il n'aurait pas été aussi, facile à ces Egyptiens de la décadence, si même cela leur eût été possible, de concevoir l'idée et d'exécuter l'œuvre de tailler tout entier dans le vif du roc ces grandes profondeurs carrées.
» Le caractère grandiose et plus que cyelopéen de ce tombeau, au point de vue mécanique^ témoigne autant en faveur des anciens temps, que la masse simple et compacte vies indestructibles pyramides contraste avec l'architecture fragile des temps modernes (p. 36). »
M. Smyth parle ensuite de la découverte de quelques fragments de pierres dures et polies qui formaient le revêtement
366 LA GRANDE PYBAMIDB
de la Pyramide et dont la déclinaison est de la plus grande importance pour connaître les mesures du bâtiment, puis il déplore avec raison le peu de soin qu'en ont les directeurs du Brilish Muséum, et la vénération avec laquelle ils placent les petits animaux, idoles récentes et absurdes des Egyptiens.
Comment, dit-il, ces employés ont-ils dépensé tout Targent qu'ils reçoivent ?
» A favoriser Tidolâtrie, à dégrader les mathématiques et à détourner l'esprit du peuple de ce qui était le vrai mode d'enseignement des débuts de l'histoire humaine. Car toutes les fois qu'ils pouvaient obtenir, soit en don, soit en achat, quelques misérables échantillons des hideuses idoles des temps plus rapprochés, ou du moyen-âge égyptien, idoles à têle de chat, de chien, de singe, de bœuf, ou de tout ce dont l'adoration constitue une honte pour l'humanité, une ignominie vpour les chrétiens qui en font actuellement leurs délices, — ces horribles objets ont été installés au centre de la galerie et placés dans un jour magnifique, sur de splendides piédestaux modernes de granit, de façon à séduire, si c'était possible, tous ceux qui les contemplent. Au contraire, les pierres de revêtement de la grande Pyramide, plus anciennes que toutes ces idoles et, parconséquent, à ce titre seul, plus dignes de figurer à la tête de toute la galerie, — mais parce qu'elles sont pures, simples, exemptes de l'idolâtrie ou de l'immoralité des temples égyptiens postérieurs, et qu'elles n'ont pour titres de' recommandation que l'exactitude mathématique des angles, si riche en vérités symboliques de la science physique, — ces pierres de revêlement de la grande Pyramide ont été 'reléguées sur les tablettes les pins inférieures d'un simple cabinet, dans un couloir, en dehors de la ^plendide galerie égyptienne, en un lieu où il est difficile même de les apercevoir ; où, lorsqu'on peut les voir, c'est avec une telle distorsion de leurs angles que la noble signification qu'ils devraient offrir se trouve entièrement perdue.
En un mot, dans ce grand Musée Britannique et, je le crains, dans bien d'autres encore, on accorde aux idoles et à leur culte odieux tant de préférence sur la science et sur la vérité ; on attache si peu d'importance au fait de l'architecture
ET SES ENSEIGNBIIBMT8. 367
la plus ancieDne, du nioins quand elle ne parle que de pure science acquise et non de fausse religion, qu'il faut aller loin, bien loin des salies brillantes, profanes et anti-religieuses des musées, et s'adresser à une autre série d'employés pour apprendre les faits scientifiques, vrais et exacts qui constituent le langage que la grande Pyramide^ dans l'intention de ses fondateurs^ était destinée à nous parler de nos jours (p. 59). »
Puis décrivant les divers matériaux qui ont servi à la construction de la Pyramide, il conclut.
« Et maintenant» que le lecteur qui m'a bienveillamment suivi jusqu'ici^ me permette de lui poser la question suivante: — « N'avons-nous pa3^ obtenu un très-haut degré d'évidence directe et tangible, du grand fait que, dans le choix des matériaux et aussi dans la façon de les travailler, l'architecte de la grande Pyramide, à une époque où n*existait aucune expé- . rience préalable, a fait toujours exactement, de son choix et de sa volonté, ce qu'il y avait de mieux à faire ; et cela, non par accident, par conjecture, par hasard ou par des etTorts de corrections sur corrections, — mais immédiatement correct dès l'origine, ou dès le commencement, et maintenu avec une foi inébranlable» avec une grande persévérance dans l'exécution de l'ouvrage majestueux eniier (p. 68). »
M. Smyth revient ensuite à déplorer la funeste aberration des savants modernes, qui, ne croyant qu'à la matière, s'obstinent à éloigner de la science (comme des gouvernements) toute intervention directe de Dieu, toute mention du Verbe Christ, et il prouve combien cette intervention et cette mention sont nécessaires.
<£ En eifet, la seule et unique façon d'expliquer le mode possible d'introduction dans l'édifice primitif de la grande Pyramide de tant de faits scientifiques (car, certainement parmi ses pierres, un grand nombre nous révèlent des faits de science infiniment élevés, auxquels les hommes n'ont songé que deux ou trois mille ans après la construction de ce monument, et dont ils n'ont eu une notion bien exacte que depuis à peu près ime demi-douzaine d'années), r- c'est de recourir h une Inspiration divine accordée à l'architecle primitif.
a Voilà, disent les savants de notre ère, ce que la science » moderne ne peut admettre, attendu que les règlements » de toute association scientifique des temps actuels qui so » respecte, proscrivent ri ntervention de toute doctrine reli- » gieuse, ce qui, en effet, n*a jamais eu lieu jusqu'ici. S'il esl p trop vrai que les fausses religions des typesles plus insensés » et les plus idolâtres y sont parfois disculées , seulement » comme d'intéressants sujets des connaisçances humaines. » jamais on n'y a même fait mention de la religion véri- » table. — Et, ajontent-ils, elle n'est pas nécessaire, car pour «édifier une nouvelle- science, dite la science de la religion^ » entièrement humaine et nullement divine, il suffit d'un D simple progrès naturel physique continu, qui explique tous » let' phénomènes observés par les savants pendant les trois » derniers siècles. »
» 11 a bien pu en être ainsi jusqu'ici pour celte enfant puînée derhumanilc, la science moderne; mais il n'est pas sûr qu'il doive toujours en être ainsi. Des miracles, cqrtime aucun savant n'en a vu jusqu'ici, peuvent se produire dans les temps futurs du monde, tout comme la Bible a déclaré qu'il s'en est T^roduil dans les sièeles passés, longtemps avant la naissance de la science, parce que toutes les prophéties ne- sont pas accomplies. Kt voici que dans l'antique grande Pyramide, qu'il nous esl donné, grâce au progrès moderne, d'examiner plus attentivement que ne l'ont fait nos ancêtres, — nous découvrons quelques rapprochements, quelques analogies de plusen plus frappantes avec les premières interventions antéhisloriquesdans l'ordrede lanalure, qui se manifestaient, suivant les saintes Ecritures, toujours pour le bien de l'homme et pour la gloire de Dieu. Car cet antique monument plus vieux (|u'Abraham, grand-père de la science moderne , précisément parce qu'il est composé de tels faits, ne peut nullement s'ex- [iliquer que psir un recours à la révélation divine et au plan pins qu'humain du salut de Thomme pair l'incarnation et le sacrifice du Fils de Dieu.
» Dans ce cas, vous n'introduiriez pas le sujet d<e la grande D Pyramide parmi nous,» reprennent les sociétés scientifi(|ues. Les autres pyramides tant que vous voudrez, et tous les autres
«r SES «NSBIQKBVKNTS. 369
objets d'archéologie ; mais la grande Pyramide, non ! Jamais ! Ja grande Pyramide !I Jamais !
» Et ne is'apercevant pas qu'elles luttent contre la .pierre angulaire de Tordre le iplus éievé, complètement sacré de cet unique édifice, taillé de telle sorte que celui qui tombe sur elle sera brisé, et que celui sur lequel elle tombera serii broyé, — ces associations modernes, riches et opiniâtres., continuent à faire leurs recherches comme auparavant dans un monde idéal qu'elles ont créé tout récemment pour les besoins de la libre pensée, et qui est absolument sans religion. Aussi ne peuvent-elles pas éviter d6 grossir ainsi, de plus en plus chaque année, leur amas de science ratiodaliste, avec beaucoup de connaissances partielles et incomplètes, et aussi beaucoup d'infidélUé absolue (p. 107). »
Nous ne pouvons donner ici les preuves hérissées de chiffres et de i'^lculs nombreux que M. Smyth donàe pour prouver sa thèse, mais nous en donnons un échantillon en reproduisant le chapitre suivant.
« Symbolisme des constellations et orbite solaire,
» Nous voici amenés à étudier le symbolisme ou la significatiou mystiijue des constellations de la grande 'Pyramide; signification beaucoup plus ancienne et beaucoup plus répandue que celles qui leur furent assignées par les Grecs, que la plupart des auteurs classiques et même quelques cgyptologues s'obstinent à considérer comme les inventeurs des Constellations.
» Beaucoup de ces écrivains affirment que les noms, les figures et les faits mis en action dans les constellations du zodiaque, ont principalement leur raison d'être dans les positions qu'en vertu delà précession, elles occupaient relativement aux Tropiques et aux Equinoxes, en Tan 180 av. J.-C Mais la tradition presque sacrée dont Virgile s'est fait l'écho,
Gandidus auratis aperit cam coroibns annam Tauriis {Gtorq. i, Î17),
remonte à une date beaucoup plus rapprochée de 2170 ou
même à une date antérieure ; car elle fait allusion à Tépoque où les Pléiadesj dont le Taureau fait partie, passaient au méridien en même temps que l'Equinoxe du printemps ; ou bieu, comme nous Tavons indiqué, à Tépoque correspondante à la position qu'occupait ce groupe des Pléiades quand a du Dragon se trouvait pour la seconde fois à 3"^ 40' du pôle nord du ciel.
» CeUe tradition virgilienne^ admirablement conservée parmi les anciens Etrusques, transmise par eux aux Romaius, qui l'ont répétée sans la comprendre^ ou même sans s'apercevoir que les circonstances étaient bien changées, nous reporte immédiatement ^ une date beaucoup plus ancienne que toutes celles des écoles d'Athènes ou d'Alexandrie. Elle nous engagerait presque à admettre qu'il y avait beaucoup de vérité dans les théories de xMiss Rolleston, telles qu'elle les a formulées dans son livre intitulé Mazzaroth ou les Constellations, et dont le but est de prouver que le groupement des étoiles en constellations ou figures conventionnelles, représentant certaines actions ou idées a été réalisé par les premiers patriarches de la race de Sem, sous l'influence directe d'une inspiration divine; mais que plus tard ce groupement a été furtivement et sacrilégement approprié par les Grecs à leurs pratiques idolâtres et à la glorification de leurs héros ou demi-dieux.
x> Mlle Rolleston avait été surtout aidée, dans l'établissement de sa thèse, par sa parfaite connaissance de Thébreu et de ce qu'on suppose avoir été l'arabe ancien. Ces langues, en effet, semblaient naturellement appelées à montrer, comme dans le cas des deux ours armés de queues contre nature, jusqu'à quel point les Grecs tombaient dans l'absurdité en se méprenant sur la signification véritable de mots arabes ou orientaux, étymologiquement assez ressemblant, mais de sens complètement différents. Ses connaissances linguistiques conduisirent encore Mlle Rolleston à faire surgir des noms des constellations, et souvent aussi des noms des principales étoiles qui les composent, des idées grandioses, respectables et même prophétiques , s'accordant presque complètement avec les récits inspirés des livres saints.
» Or la grande Pyramide vient, sur beaucoup de points, à Tappui des théories de Mlle RoUeston ; et il en est de même sous certains rapports des conquêtes de la science moderne. Quand, en effet, la savante demoiselle entreprend de développer la signification du nom propre de l'étoile r^ du Taureau^ Alcyon, ou le cenirt de révolulioUf on est invinciblement amené à donner à ce nom pour commentaire la découverte du savant astronome russe Maedler, qu'une étude attentive des mouvements propres de plus de deux mille étoiles^ observés avec les plus excellents instruments de la science moderne, a conduit à cette conséquence inattendue et grandiose, que o du Taureau^ où Alcyon est non-seulement Tétoile centrale, ou la plus brillante du groupe des Pléiades, mais encore le seul grand soleil central autour duquel font leurs révolutions beaucoup d'étoiles très-éloignées et. notre soleil entraînant avec lui les planètes, la terre, Thomme, l'homme forcé ainsi d'avancer, d'avancer toujours, à travers Tespace, avec une vitesse de 48 millions de kilomètres par année, suivant le calcul d'Otto Struvé.
fi La symbolisation, par un monument comme la grande Pyramide, du mouvement de précession des étoiles, même au seul point de vue de la chronologie, n'aurait pas été complète^ sans quelque allusion au mouvement orbitairedu soleil qui est pour nous la principale parmi les étoiles, puisque la détermination de la véritable valeur du chiffre de la précession est encore rendue incertaine, pour l'astronomie moderne, par la dépendance où il est de ce déplacement immense du soleil et de tout le système solaire, découvert seulement depuis peu.
» Et pouvait-on symboliser d'une manière plus nette et plus concise, plus à la hauteur de la science du jour, ce fait si considérable, qu'en donnant une place d'honneur à l'étoile que les progrès de l'astronomie nous montrent comme étant le centre de ce grand mouvement orbitaire du soleil et des étoiles^ qu'en faisant de ce soleil central le point de départ de la chronologie humaine ; au moment même où arrivé à sou point culminant et passant au méridien au-dessus du pôle, il semblait dominer tous les autres astres du firmament.