LA GRANDE PYRAMIDE ET SES ENSEIGNEMENTS
» Mais quelle est celle des étoiles qu'Alcyon semblait surtout dominer ? Celle évidemment que Ton voyait condamnée à rester perpétuellement an -dessous du pôle pendant les longs jours pyramidaux, celle qui atteignait son passage inférieur au méridien, quand Alcyon atteignait son passage supérieur, a ou l'étoile prépondérante de la constellation du Dragon. Le Dragon ! nom merveilleusement prophétique^ qui fut donné à cette constellation dès Torigine; le Dragon non pas cet animal fabuleux avec un corps éjiorme, quatre pieds et deux ailes fantaisistes des romanciers du moyen âge, mais un serpent aux longs 'f>lis et replis tortueuœ, rampant sur son ventre et enveloppant la moitié des constellations du ciel dans ses circonvolutions ; souvenir et ïvcidi^Q Asx serpent antique^ qui trompa et perdit Vhomme et Vhumanité. Ce rapprociiement sera beaucoup plus frappant encore, si nous ramenons la forme fantastique A' Hercule, ou de héros, donnée par les Grecs à la constellation de ce nom, à la simple figure A*homme qui la représentait dans les temps primitifs; car alors nous voyons dans toutes les caries des étoiles, Téloile principale du Dragon ou Serpent ,très-p7ès du pied de la forme humaine quHl voulait mordre et qui devait lui araser la tête (p. 167). »
El maintenant si quelqu'un de nos lecteurs nous demande quelle est notre opinion sur l'ensemble de ce travail nous lui dirons : «c Lisez ce curieux ouvrage, il n*est pas long et ne » coûte pas cher. » — C'est là notre opinion.
A. BONNETTY.
DE l'origine et DB LA VALEUR DU NOM D'aDAM. 373
^xaWxom cùta^atits.
LETTRES lAU REVEREND PERE BRUCKER
DE LA
€OxnPA«MIE Bi: JESUS
Cinquième Lettre (Suite) K
Adam. — Homme- Roiige.
Ces quelques exemples de noms Adam et Adama traduits^ au sens de rougfe, dans les légendes de Phœniœ^ de Phaëthon, de PériphaSy de Porphîrion, ou de Pallas, bomme ou femme, de Paies, de Phaëthuse^ de Pyrrha^ de Rhodé..., doivent sans doute vous disposer, mon R. Père, à penser, si nous avons encore à déSniUvemeni admettre, que le texte hébreu de la Genèse est la source première et toujours subsistante de ces mêmes légendes, aussi anciennes pourtant elles-mêmes que la langue grecque et que les autres idiomes de la famille indoeuropéenne, y compris le sanskrit. Cette nouvelle étude a dû de plus vous montrer, par ce qui précède, combien je suis fondé à soutenir que tous les peuples de notre famille de langues ont originairement connu, ainsi que tous les autres, non-seulement les noms hébreux de la Divinité, mais le récit traditionnel dans lequel ces noms apparaissent, soit séparément soit ensemble, et la place précise où ils y apparaissent ; d'où il suit qu'ils n'ont originairement rien eu à créer pour satisfaire aux besoins de leur foi, pas plus pour les noms que pour les attributs divins. Et je pense pouvoir vous en fournir
* Voir le dernier article au N<» précédent ci-dcssns, p. 273.
Vl« SÉRIE. TOME IX. — N" 53; 1875. (88« to/. de la coll.) 24
374 DE l'origine ET DE LA VALEUR
unenouYelle preuve dans la légende de Pallas-Athéné^ dont je veux maintenant aborder avec vous l'étude détaillée.
Sous le double nom et dans la légende de Pallas-Atkéné se manifestent bienévidenament deux personnalités, Tune divine, l'autre purement humaine.
Faire ici le complet partage de tous les traits qui appartiennent soit à l'une, soit à l'autre, nous mènerait trop loin. L'œuvre en serait en outre d'une exécution d'autant plus délicate, selon l'expression favorite de M. Renan, que bien souvent un même détail convient à Tune et à l'autre. Je me bornerai donc à une simple et rapide esquisse , suffisante . cependant, je l'espère, mais qui demande à êlre précédée de quelques mois sur l'histoire primitive ou fabuleuse d'Athènes.
Comme toutes les plus anciennes villes, celle d'Athènes faisait remonter son histoire aux premiers jours du monde. Elle existait avant le Déluge ; et, des nombreux habitants qui la peuplaient avant le dernier cataclysme, un bien petit nombre aurait survécu au fléau ^
Vous ne croyez sans doute pas, mon R. Père, à des A thiniens descendants d'habitants de leur ville antérieurs au Déluge. Si donc la tradition d'Athènes admettait l'existence, dans les murs de cette ville, d'une population antédiluvienne, c'est par emprunt à la tradition sacrée ou, pour mieux dire, c'est par l'implantion de cette tradition qui, communeà tous les peuples, les a suivis dans toutes leurs migrations et s'est partout établie chez eux comme histoire locale.
Les Athéniens antédiluviens ne sont donc pas autres que les générations idam/tes antérieures au cataclysme. Et ce n'est pas tout encore. Avec ces générations primitives les Athéniens ont transplanté sur leur territoire le théâtre où elles avaient figuré, c'est-à-dire l'Eden, avec sa source centrale, ses quatre fieuves, ses deux arbres sacrés, son serpent démon et le nom même de ce lieu de délices, transformé d'Eden en Athen par une modification presque insignifiante.
C'est ainsi que le point culminant de la ville ou l'Acropole pouvait montrer, comme l'Eden, une source sortie de terre
^ Platon, Criticts.
DU NOUD'ADAII HOHIIE-BOUGE. 375
par l'effet d'un pouYoir divin ^ ; deux arbres sacrés qui étaient un olivier * et un figuier 3; quatre fleuves (Strabon n'en retrouvait que deux *) que Platon cherchait à reconnaître sous les noms de Vllissus, du Pnicé, du Lycabetus et de VEridan ^; le même Eridan sans doute aux pures délices duquel (yavoç, delieiœ^ eden) se désaltéraient, suivant Galliniaque, les jeunes Vierges d'Aihénes ®.
Et comme la disposition topographique donnée de Dieu à VEden offrait quatre versants, la ville d'Athènes passait pour se composer de quatre quartiers ''i et TAttique, pour avoir été divisée par Pandion (pour Jéhovah'Heloïm)en quatre cantons®.
Si quelques détails traditionnels ne semblaient pas justifiés par la réalité actuelle des choses, c'est, disait-on, que Y Athènes primitive ayant jadis été submergée par le Déluge, cette terrible catastrophe avait nécessairement dû apporter bien des changements dans la température, la bonté, la conformation même de son territoire «.
C'est donc à VEden que la ville d'Athènes avait emprunté son nom même aussi bien que la plu[>art des détails de sa topographie mythologique. Et c'est ce même nom d'Athènes qui se reproduit dans le suvnom\d' Athiné appliqué à Pallas comme Vierge ou comme Divinité d'Athènes, c'est-à-dire de VEden. Car, je vous l'ai fait remarquer déjà, avec Thistoire des faits antédiluviens, les Athéniens avaient donné droit de cité dans leur ville aux dix premiers patriarches de la Genèse, en faisant d'eux les dix premiers monarques du pa^fs, depuis le premier homme diversement désigné sous les noms de Porphyrion, de CéripaSj de Cécrops et autres jusqu'à Noë qui se montre à son tour sous le nom du dixième roi, V Argonaute Thésée.
1 Plat. Critias, edUt. Serranus, p. 112. Voir ÂpoUod. m, 14, 1.
a ApoUod. %b. S. Ang. De civit, Dei, zviii, 9.
« Athen. lii, p. 174, D.; Plut. Qucut. conv. Yii, 4, 4, p. 857.
4 Strab. iz, 2, 24, p. 343.
^ Plat. Crit. t. m, p. 112, A.
« Strab. iz,i, 19, p. 341.
7 Pestas, Y. QiicLdrurht»
«Strab. IX, 1,6, p. 337.
» Plat. Crit. t. iii, p. 108, E. ; pois p. 111 et 112.