‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 95 sur 122 · DE L'ORIGINIQ ET DE LA VALEUR · texte numérisé non relu

DE L'ORIGINIQ ET DE LA VALEUR

La Divinité qui avait dicté des lois aux habitants de Tfden, a passé pour avoir régné Aslvïs Athènes. A côté de Zeus ou Jupiter et de Pandion, rois supposés d'Athènes ; à côté de Posidon, se place Atkéné, qui lui en dispute l'empire et remporte sur lui^

Et, sous ce nom^ qu'on le suppose, avec Platon^ formé des mots ^ 6eou voY) et signifiant V Esprit de Dieu, ou qu'on le croie emprunté à celui d'Atken-Eden et signifiant la Divinité de VEden ou d'Athènes, peu importe; il s'employait incontestablement pour désigner une personnification féminine de la Divinité^ aitisi que le prouve la légende.

C'est en effet comme représentant de l'Esprit de Dieu {a>n*?N rvn) qu Athéné^ passait pour être née de la tête de Jupiter -^ ou de la personne du Père, de même que^ dans les Indes, Vichnou passait pour êtrené des narines de Brahma. Et. comme c'est sur les eaux que l'Esprit divin avait fait sa première apparition, et Spiritus Dei ferebatur super aquas, ainsi disait-on d'Athéné, chez les Grecs, qu'elle était née sur les eaux du lac Triton * ou du dieu Trine, — comme on disait de VichnoUy chez les Indiens, qu'il était né sur les eaux.

Avec cette première donnée s'accordent, d'une part, plusieurs d'entre les qualifications de la déesse^ telles qu'Anémoiis, Akomènes et le nom étrusque Minerve.

Ave{X(OTrc^, d'dvEjAoç^ spiritus, animus^ désigne en effet en elle une personnification du souffle divin ou, mieux encore peut-être^ la personne de l'Esprit divhi.

Akomènes^ et, par réduplication de la première syllabe, Alalcomènes, caractérise Atkéné comme V Esprit du Tout-Puissant, soit d'Héloïm (d'aXxY)^ vis, robur et (acvoç, mens, esprit, manas en sanskrit). El il en est de même pour le qualificalK Sthénias que Ton joignait au nom d'Athéné, AOr,vYi <;6ev(2; ', Spiritus fortis ; Spiritus Héloïm.

1 ApoUod. iii, U, 1.

» Uesiod. Theog. 924.

3 Arnobe, Adv. gerU. iv, 16, p. 145.

4 Diod. sicul. V, 72, 3.

B Paas. iv^ 35, 8.

* Miitin, Far. hist. xii, 57 ; Hom. lU. iv, 8. Strab. ix, 2, 36. 7 Pau8. H, 30, 6 et 32, 5.

DD NOM d'ADAM HOMME-BOUGE. 377

Le nom de Mineroe^ Menerva, si oa l'interprète comme de ;jLEvo(;^ animus et Erua pour Eloa, omnipotens, désignerait encore la Déesse comme YEsprit d'Héloîm ; et la légende confirme ces interprétations.

Je ne parle pas des versions qui faisaient naître Athénéy soit de KronoS'El * (pour Héloïm) — soit d*Obrimos ^ (ôêpi[i.07càTpYi) ou du Puissant, du Fort par excellence, pour Héloïm encore foêpijxoç, fortis); — et qui la qualifiaient ôêpiijujôufxe 3, Spiritus fortis ; — soit : ,

De Posîdon *, en qui nous avons vu plus haut un représentant d'Béloïm, en tant que fécondateur et maître des eaux primitives;

Ou enfin de Triton, soit du dieuTrine ou Triade (TpixoYeveia)^, représentant de Dieu en tant que désigné par le nom pluriel Héloïm qui révélait, en V Unité divine, la pluralité des personnes ; — parce que tous ces détails peuvent également convenir à la première femme créature ou fille de Dieu, sous quelque nom qu'il soit désigné dans la tradition profane et les langues issues de Babel.

Mais il n'en est pas ainsi du trait qui montre A ^Aené donnant Yàme à la forme humaine pétrie par Prométhée^ ; — acte représenté dans les monuments Qgurés où la déesse se voit posant sur la tête de la statuette en formation, et sous la forme d'un papillon, Vâme qui va animer cette terre encore inerte'^, ~ et dont l'original est dans la tradition qui montrait Dieu insufflant Yàme et la vie dans la terre à laquelle il ve- Bait de donner la forme humaine; et inspiravit in faciem ^s spiraculum vitœ^.

Puis, comme c'est sous le double nom Jéhovah-Héloïm ou

^ Aroob. Adv. g. iv, 14, p. 143.

» Hom. Ilù V, 747.

3 Orph. Hymne, xxxi, 2.

• Paus. I, 14, 6; Suidas, v.liCTrsta; Mnascas, Frag, hUt. Grœc, 2, t. m,

^ Orph. Hymne, xxii, 13.

• Hygin, Fàb. 142, p. 211 ; Lucien, ii, 3, p. 6 ; Fulg. Myth. Il, 9, p. 79 ; Myth. Yat. ii, 63, p. 96.

7 Gaigniaut, Relig, pi. 158 fig. 603.

• Gen, II, 7.

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Jéhovàh et Héloïm que Diep se montrait armé contre les premiers Adamites rebelles à ses lois, — la légende mettait en , scène Athéné (pour Héloïm) , venant en aide contre les GéanU révoltés (en grec Tyi^sveç, en hébreu Adamites) au dieu Zeu$ ou Jupiter S (pour Jéhovah).

Ainsi encore, comme c'est sous le double nom Jéhovah-Héloïm que Dieu avait pris pour ministre ou exécuteur de ses ordres le Chérubin à la quadruple forme, entre lesquelles étaient celles de Vaigle et du /ton, — nous voyons le Gryphon, au corps de lion avec la tête et les ailes de l'aigle, et dont le nom n'est qu'une déformation grecque du nom hébreu, (ghrph pour khrb) nous le voyons, dis-je, au service, soit de Z eus 00. Jupiter (pour Jéhovah)^ — so\i de plusieurs personnages divins dont le nom est pour celui i'Bélotm), tels que Hélios ^, Apollon *, Artémis ^ et aussi, mais plus fréquemment encore, Alhéné ou Minerve^.

Et que de choses n'aurais-je pas à vous dire, mon R. Père, sur le Gryphon ou les Gryphons ; sur la qualification de chiens qui leur est donnée par Eschyle ; — sur la croyance qui en faisait des gardiens de trésors aux bords du Gange oq dans le pays des Eyperboréens / mais, de digression en digression, j'allongerais par trop la course à fournir ici. Deux seuls mots donc encore sur Minerve et j'en reviens aux représentants masculins ou féminins d'Adam le rouge.

C'est sous le nom d'Eéloïm que Dieu avait fait alliance avec l'élu Noë^, lequel, suivant la tradition sacrée, marchait avec le Tout' Puissant au moment de F extermination des Adamites (les Géants des Grecs) par le déluge de Jéhovah « ; — et c'est Athéné ou Minerve qui, suivant la légende, aurait amené à

i Apollod. ï, 6, I et 2 ; Eurip. Ion. 1518.

^ iEschyl.' Prom. 803.

3 Nouv. gai. Myth. p. 17, u» 5 ; Jfow. Ceram. t. u, p. 19. ^ Musée Passeriy t. îi, p 67, pi. 70; Mon. ceram. t. ii, p. 18, pi. 5. * Annatt. deU. instit. archeo. t. ii, p. 73. Rech. sur Vallég. 1. 1. p. 97. ^ Paus. 1, 24, 5 ; Ànn. delL instit. arch, t. 11, p. 72 ; et tous les monamenii figurés.

7 Gen, IX, 9.

• Gen. VI, 9 et 18.

DU NOM d'ADAM HOUIIE-ROUGE. 379

Jupiter (pour Jéhovah) le héros auxiliaire qui devait assurer le triomphe des Dieux sur les Géants,héros diversement nommé, soit Héraclès ou l'appelé^ l'élu d'Héra pour Héloa; soit Dio* Nysos ^ ou le divirij le parfait Noé.

G^est sous le nom d*jEFe7oïmque Dieu avait dirigé la construction de Varche soit du plus ancien véhicule flottant dont il soit fait mention dans Thistoire des hommes^, — et c'est à Minerve ou Athéné que les hommes auraient été redevables de la première construction des vaisseaux ^; — c'est elle qui aurait dirigé la construction, — soit du navire d'Argué *( pour Noë) réputé le premier de tous les navires *^, — soit du vaisseau de Danaus ^, le premier encore de tous les véhicules flottants ^ ; . — soit enfin du cheval de bois, Soupioç tivKoç^j -— nommé aussi gapivoxeSa^soit baris OU vaisseau de iVbé', -«- dont le charpentier aurait été le héros Epeus, c'est-à-dire le survivant^ ou Noë encore, seul survivant de la race d'Adam ou d'i/us.

Je m'arrête ; les quelques traits qui précèdent devront suffire, ce me semble^ à bien établir, non-seulement que les noms d' Athéné, en grec, comme de Minerve, en étrusque, s'appliquaient en partie à une Personnalité divine, et que cette Personnalité divine représentait^ dans la tradition profane, l'Esprit d'Héloïm de la tradition sacrée, et bien souvent Héloïm lui-même.

Donnons maintenant un coup d'œil sur les traits de la légende qui se rapportent à la personne humaine.

Et d'abord, n'est-ce pas la Vierge d'Eden qu'il faut reconnaître dans la Pallas-Athéné {Firgo tou Eden) venue au monde tout armée, auv wtXotç ^^, — de même que Eve, à l'instant de sa création, devait être armée en guerre, puisqu'elle avait immé-

1 Apollod. I, 6, 1 ; Pind. Schol Nem. i, 100. j

2 Gen.. ^1, 13, 14 sq. j ' Aristid. ii^ Orat, in Minervam, t. i, p. 19 ; Lipsiœ 1829.

*> ApoUod. 1, 9, 16.

^ Voir Lettre 1'» p. 5, dans Annales, t. viii, p. 29.

^ ApoHod. II, 1,4.

7 Voir Lettre 29 p. 35, dans Annales, t. viii, p. 178.

s Hom. Odyss, viii, 493 ; Ilias parv. p. 583.

* Hésychius ; Quint. Smyr. xii, 154.

10 Apollod. I, 3, 6 ; Lycoph. Schol. 355, p. 64.

,A^lm

380 DE l'origine et DE LA VALEUR

diatement reçu la mission de soumettre tout ce qui habitait Teau, la terre et les airs *?

N^est-ce pas elle encore qui se manifeste dans la Pallas- Athéné surnommée Alcidès^, soit image du Tout-Puissant ou d'Héloïm (4Xx6i8yiç de ocXxrieic fortis et etSoç, imago) qui avait créé à son image le premier couple humain; — et de là le nom du héros Alcidey représentant du premier homme et dont Pallas-Athéné passait pour être la compagne^? Cet Alcide qui avait pour auxiliaire Pallas- Alcidès ou la Vierge image de Dieu, était sans doute V Alcide dit aussi Phœnix: — de sorte que dans la Pallas (pour Adama au sens de rouge) auxiliaire ou compagne A* Alcide- Phœnix (pour Adam au sens de rouge encore) nous aurions tout simplement un représentant d'Eve- Adama image de Dieu^ (Alcidés) compagne d'Adam image de Dieu aussi, soit Alcide. Ce trait, mon R. Père, ne vous semble-t-il pas digne de remarque?

JEve ou Adama^ placée dans l'Eden pour le cultiver ou l'entretenu*, ut operaretur^ se retrouve dans Pallas-Athéné dite aussi Gorgô *, c'est-à-dire agricole (yecopYoç agricola)^ — de même que dans la Gorgone-Méduse la plus belle d'abord de toutes les vierges, et qui est pour Eve chargée de la culture de VEden et reine de l'univers.

Eve venue à l'existence dans toute la fleur de la jeunesse, — s'ofire à son tour à nous dans la Pallas-Coria ^, pour itcpn> puella^ — tout comme dans la Proserpine ou Coré, fille de Jupiter (pour Jéhovah qui avait formé le corps de la première vierge).

Ces deux Coré se confondent en une seule dans la légende qui montrait Pallas {Adama) cueillant avec Proserpine^ (JEve) les fleurs qui amènent l'enlèvement si connu dans la fable, ^•^Jleurs qui sont pour les fruits qu.^ Adama n'avait pu cueillir

1 Gen. I, 28.

s Tit. Liv.xLii, 51, et Ap. LiL Gyrald. p. 351, €. » Paus. vil, 17, 1 ; VI, 19, 12 ; et 25, 2 ; viii, 18, 8. ^ Ole. ad Equités, ap. Lil. Gyrald. p. 354, E. ^ Pausanias, vjii, 21, 4. Gic. De N.-D, m, 23. « Paaa. m, 31, 2.

DU NOM d'aDAM HOMMB-ROUGR. 381

sans se voir aufisitôt exilée, avec son époux, du séjour de la vie sans terme, et pour descendre sur la terre où tout devait" être soumis à l'empire de la mort, — soit dans le séjour des morts.

C'est la même Adama^ vierge encore lorsqu'elle habitait l'Eden, que je reconnais dans la Pallas dite Parihénos * ou la vierge ; — tout comme dans la Vierge placée au septième signe du zodiaque à partir des poissons ou des eaux primitives, en mémoire du septième jour pendant lequel avait été formé le corps de la première femme ^.

-Ei?^, placée dans le jardin S^Eden^ se manifeste doublement sous les noms de Pallas- Capanée^ &oit Adama-jardinière (xaTuavea 8, de xaitoç pour xrjTtoç hortus) ; et de Palla^Aëdon (pour Adama i\ Edeuy Tpfi. Eve d^Eden) comme la sur^ nommaient les Pamphyliens, et dans laquelle l'oubli de cette origine a fait voir dans la suite une Pallas^ossignoly

Gardienne du même Eden considéré comme une enceinte fortifiée, (le Mid-gard des Scandinaves) — Eve pouvait recevoir le titre S^Erysipolis ou garde-Tille^ que l'on donnait à Pallas^-Adamay comme aussi celui d'Aoruptç*, sans doute pour AoTu-oupo^j soit civitatis custos.

Eve qui, grâce aux fruits de la science, devait avoir été douée de la vue divine, aperientur oculi et eritis sicut Diiy se retrouve, avec ce caractère, dans la Pallas que les Grecs qualifiaient soit bÇuSepxYjç ^, acute cemensy soit apôaXfxtTiç^ insignis

Evey chargée de garder l'Eden, si souvent pris pour le séjour de la Divinité ou son temple, vaoç, — se montre assez

I Pans, y, il, 10 et x, 34, 8.

^ Gen, II, 22.

3 Paus. II, 22. 9.

* Hésyehlas, t.Ai)&ov.

» Pharnat. de N, D. 20, p. 187.

* Steph. By«. v. Affruptç.

7 Pau8. Il, 24, 2.

* Paus. ni, 18, 2.

382 DE L^ORIGINB ET DE LA YALEUR

dans la PaUas que Pou adorait à Thèbes sons le nom de icpovaoç * ou portière du temple. »

JSve, qui portait aussi, en oommim avec son époux, le nom d^Adam ou de terrey de limon^ en grec adiç, lirmiSy ocenwra^ — s'offî^e à nous dans la Pallas Asia^ (pour Adama] des ha- 'bitants de Brasies.

JEvey à qui avait été annoncé que d'elle naîtrait le Sauvemr du monde, est représentée à son tour, avec ce caractère, par la Pallas sauveur y (rwTecpa, qui avait un temple près d^Asée^,

JEvey que nous avons déjà vue qualifiée viergey «opôevoç, sous le nom de Pallasy n'en prend pas moins, sous ce même nom, le titre de mère'^ fJ^^TTYip, qui lui appartenait si bien d'après la tradition sacrée saluant en elle la mère de tous les vivants, mater cunctorum viventiurriy ou la mère par excellence.

Il est sans doute superflu de pousser plus loin cette excursion à travers les titres qui appartiennent, soit à la Déesse, soit à la simple mortelle ; la liste en est trop longue. Je ne la quitterai cependant pas sans attirer votre attention, mon B. Père, sitr un dernier détail.

Ei^tre les représentants du premier homme que la légende plaçait, comme rois,' sur le trône de l'Athènes mythologique, il en est un qui figurait sous le nom de Cranausy et que l'on disait autochthone ^, ou né du sol {sumptus e terra).

Or, à ce Cranavs-Adam la légende donnait une fille nommée soit Atihis ^y soit Athéné ^, laquelle aurait donné son nom, soit à l'Attique^, soit à sa capitale^; sous ces deux noms d^Atthis et d^Athénéy fille supposée de Crarums-Adamy il s'agit bien évidemment de la première femme supposée fille de l'homme dont elle était une côte.

1 PauB. IX, 10^ 2.

^ Paus. 111^ 24, 7.

8 Pau8. VIII, 44, 4.

* Paus. V, 3, 2.

^ ApoUod. m, 14, 5.

* Apoliod. 111, 14, 5 ; Paus. i, 2, 6; Strab. ix, 1^ 18, p. 381 7 Tzetz. cMl, V, 19.

B Apoliod. m, 14, 5 ; Paas. i, 2, 6 ; Strab. iz, 1^ 18.

* Uyth. vat. i, 2.

DU NOIf D'ADAM H01im-R06GE. 383

Mois d'autre part lorsque nous voyons cette même femme mise à mort, soit sous le nom de Pollaa ^ (pour Adama ou la rouge), soit sous celui à'Iodama^ (pour Adama encore), par une Aihéné contre qui elle aurait prétendu lutter de puissance ou de force ; — il est tout aussi évident qu'ici le nom ii AtMné àé^gae une personne divine représentant de la Divinité qui avait frappé d'une sentence de mort la première femme, coupable d'avoir voulu s'élever à son niveau : Eritis mut DU.

Et cette remarque n'est pas la seule qui s'ofiîre sur cette légende car, lorsque sous le nom de Palladium, elle nous montre le bois lumineux (<paXoç, de <paœ, splendens) qui avait été confié au premier homme et dont le respect devait être le gage de la perpétuité de son règne dans VEden ; lorsque, dis-je, elle nous le montre donné à l'un de ses représentants aux mêmes conditions et sur la colline HAté ou d^Aten^, qui était aussi le nom d'une fille de Jupiter chassée du ciel *, — il saute aux yeux qu'il s'agit encore ici de VEden placé en Phrygie avec le mont Ida, qui en était mythologiquement une autre forme.

Quant au nom àHodama, ^ que la légende donne parfois à la victime dî!Athénjéj au lieu de celui de Pallas, — je n'hésite pas à y voir une simple forme grecque du nom à^Adama^ écrit avec l'article. A- Adama., mais article que les Grecs ont diversement prononcé, soit A, comme dans le nom A-Na/iéSy argonaute, (pour ô Nwxoç); — soit E, comme dans le nom i^E'Nechoos, pour le même ô Nw^oç ou Noë ; — soit /, comme dans le nom i'Ina^chus (pour ô Nw^oç encore).

Et lorsque la tradition nous montre sous ce même nom d'7-0(ia7na,pour ^-i^^eiama, une prêtresse du temple àiAthéné^y ^- qui aurait été métamorphosée par la Déesse en pierre "^ —

* ÂpoUod. III, 12, 2.

^ Lycoph. Schol, 35&, p. 64. ^ Âpollod. m, 12,3.

*Hom. Ut. XIX, 91.

^ Paa8.ix, 34, 2.

• Pans. a. 34, 2.

' Pans. tb.

384 DE L'ORIGINB KT DB LA VALEUR BU NOH d'aDAM.

je reconnais, sous ce nom, un représentant à!!Aâmna^ cliar- 1 gée du soin ou du service du séjour terrestre de la Divinité {yst custodiret et operaretnr) ou de son temple ; — et qui, après sa chute, avait été condamnée à redevenir terre, in pulverem reverteris^, — soit à être pétrifiée.

- En résumé, mon R. Père, cette dernière étude et la précédente ont dû vous montrer que les deux sens de terre et de rùtiffe inhérents au nom hébreu à! Adam, se reproduisant séparément dans les noms d'un assez grand nombre des représentants du premier homme, c'est donc dans l'hébreu, seule langue où le nom du premier homme ofire ces deux sens, que nous devons chercher et reconnaître la source de cette biiïrcation. Elles ont dû vous convaincre de plus que les Athéniens ayant implanté chez eux toute la tradition antédiluvienne, histoire et topographie, et n'ayant pu le faire sans l'avoir originairement connue dans tous ses détails, il doit en avoir été de même de leurs frères les Aryas; et chacune de mes lettres i^utéra, j'en suis persuadé, aux motifs que j'ai pu faire valoir jusqu'ici et qui finiront par se convertir en irréfragables preuves.

Veuillez agréer, etc.

H. d'ÂNSBLMB,

Ancien Officier supérieur.

-^ Gen, m, 19.

785 de Rome. TRADITIONS 1ST SUPERSTITIONS ROMAINES. 388

5§t0t0tre (ixtt^olupu.

QUELQUES DOCUMENTS HISTORIQUES

SUB I.A RELiaiON DES ROMAINS

ET SUR LA CONNAISSANCE

qu'ils ont pu avoir DBS TRADITIONS BIBLIQUES, PAR LEURS

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