‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 96 sur 122 · Jé«a« e«( eandaU au Calvaire poMr y èire eraeiflé · texte numérisé non relu

Jé«a« e«( eandaU au Calvaire poMr y èire eraeiflé

Suite du 3 avril de Tan 33. — Vers 11 heures et demie.

Les princes des Prêtres, les Pharisiens, les Scribes ont enfin ce qu'ils souhaitaient, lis ont forcé Pilate à rendre un jugement contre Jésus.

Ce jugement, d'après un texte trouvé, dit-on, à Jérusalem, aurait été conçu en ces termes :

<^ Conduisez au lieu ordinaire du supplice Jésus de Naza- » reth, séducteur de sa nation, contempteur de César et faux « Messie, comme cela est prouvé par le témoignage des An- » ciens de sa nation, et appliquez-le à la Croix au milieu de » deux voleurs avec les moqueries d'une majesté royale. — » Va, licteur, prépare les Croix *. »

En le recevant des mains de Pilate, ses lâches ennemis,

' Voir le dernier article au N<> précédent ci-dessus p. 283. ^ Voir le texte dafâS les Annales de philosophie, t. ii, p. 115 (1'^ série). Il y en a un autre beaucoup plus détaillé, et égalcuent apocryphe, t. ^viii,

p. 307 (2« série).

386 TRADITIONS ET SUPERSTITIONS ROMAINES. 785 de Rome.

selon leur infâme coutume^ commencent par le maltraiter.

> Et^ après Tavoir insulté, dit S. Matthieu^ ils le dépouiUè- » rent de son manteau de pourpre, le revêtirent de ses yête- » ments et le conduisirent pour le crucifier ^ »

Ainsi voilà Jésus, Celui qui se disait Roi^ qui se disait Fils de Dieu, qui soulageait toute infirmité, seul, abandonné de tous, et conduit à un supplice infâme. Il y a bien là de quoi déconcerter la foi la plus robuste. Pierre, lui-même, cet intrépide confesseur de la divinité de Jésus, s'est cacbé quelque part pleurant son apostasie. Hais il faut observer que, pour que Jésus fût vraiment Dieu, ce supplice devait avoir lieu. Rn effet plusieurs fois, et il y avait à peine cinq heures, Jésus, en pleine liberté, et pouvant s'éloigner, avait prédit tout ce qui se passe et nommément qu'il serait crucifié. Si donc le supplice n'eût pas eu lieu, Jésus aurait été un imposteur, un faux prophète ; pour être Dieu, il devait être mis à mort.

Ses paroles et sa mort sont unies ensemble, on ne peut les séparer, et autant Tune que l'autre prouvent qu'il était Dieu.

Suivons-le donc avec foi et courage à son supplice.

a Jésus, chargé de sa croix, partit pour le lieu appelé Cal- » vaire, en hébreu Golgotha ^. »

î^ tradition marque que peu après il fit une chute.

« Et comme ils le conduisaient, ils rencontrèrent, rentrant t de sa métairie, un homme de Cyrène, appelé Simon, pèie ï> d'Alexandre et de Rufus, ils le forcèrent à prendre la croix. D et la lui imposèrent à porter derrière Jésus. »

Des héraults, suivant la coutume, précédaient le cortège, s'arrêtant de temps à autre pour annoncer le jugement au son des trompettes ; c'est à un de ces arrêts que la tradition porte que les saintes femmes, dont va parler S. Luc, s'approchèrent de Jésus, qui avait succombé une 2* fois, et que l'une d'elles appelée Véronique ou Bérénice, aurait essuyé son visage, avec un linge, sur lequel auraient été imprimés ses traits^

L Matth. xxvii, 3t ; Marc ; xv, 30.

> Jean, xix, 17.

3 Le nom de Véronique ne se tronve pas daoa le Martyrologe romatn. C'est Marianus Scotus, historien peu sûr, qui au 11« siècle, citeoe fait. Voir les diverses légendes sur Véronique dans le Dict. des apocryphes de Uxgnc, 1. 1, p. 1174 et t. Il, p. 1066.

33 U18 après J.-C PILATE APPELLE JÉSUS BOl DES JUIFS. 387

M. C«Bto0telloB de« P«Bèire« av«e Pllaie «nr le ttlr« de

la Croix. ''

Pilate n'ayait consenti qu'à contre-cœur an supplice de Jésus. Aussi pour contrarier les Pontifes, il écrivit en lettres hébraïques, grecques et latines, sur le titre (ou planche qui devait être placée au-dessus de la tête de Jésus :)

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