‹ Annales de philosophie chrétienneChapitre 97 sur 122 · JESUS DE NAZARETH ROI DES JUIFS · texte numérisé non relu

JESUS DE NAZARETH ROI DES JUIFS

» Beaucoup de juifs lurent cette inscription... Les Pontifes » disaient à Pilate : N'écrivez pas Jlot des Juifs, mais qu'il a dit D lui-même : Je suis Roi des Juifs. Pilate répondit : Ce que j'ai » écrit y je rai écrit ^ n

Dans cette action et dans la réponse de Pilate on voit encore percer les doutes qu*il avait déjà manifestés sur la personne et la mission de Jésus. Voici le titre retrouvé par Ste Hélène mère de Constantin et conservé à Rome \

En ce moment où on a supprimé, pour les affaires puhliques, le titre et le pouvoir de Roi donné à Jésus, la conservation de ce titre a quelque chose de providentiel. En dépit des juifs modernes, qui lui contestent ce titre^ il subsiste, et place

*Jean xix, 19-22.

' Voir an faosimile de ce titre et une dissertaUon qui y e été jointe par H. Draeh, dans Annales^ t. xviii, p. 291, 341 (S* série) et une autre plus complète de M. Bonnetty, dans le 3* vol. de VEsquUsse de Romelchrétienne de Mgr Gerbet.

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les gouvernements et les nombreux catholiques qui les soutiennent dans la catégorie de ces citoyens révoltés qui disaient: a Nous né voulons pas que Celui-là règne sur nous ^ » et de ces Pontifes qui hurlaient devant Pilate : a Nous n'avons point de roi si ce n'est César-Tibère^» Tibère, qui^en ce momentmême, dans l'Ile de Caprée, dans (jies orgies incroyables^ souillait la nature, et visait à détruire la création. C'était Satan qui détruisait Tœuvre de Dieu, mais son règne touchait à sa fin.

SI. Jéaa* me monire mea^ daB«'«a marehe an C*lv*lre, es préeUanl de noavean les elreonstaiiDea da alége de Jéraealem*

a Une foule immense de peuple suivait ainsi qu'une » troupe de femmes qui pleuraient et se lamentaient. Jésus, so » tournant vers elles, leur dit :

« Filles d6 Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez n sur vous et sur vos enfants, parce que voici venir des jours » dans lesquels on dira : a Heureuses les stériles et les eotrail- » les qui n'ont point enfanté, et les mamelles qui n'ont point » allaité! » Alors on commencera à dire aux montagnes; a Tombez sur nous, et aux collines, couvrez-nous, parce que, » si l'on fait ces choses sur le bois vert, que fera-l-oa sur le » bois sec ^ ? »

C'est 30 ans après que ces paroles prophétiques furent complètement réalisées. Mais en ce moment elles étaient improbables et on les méprisa certainement.

ft2. Jé«a«, arrivé an eeniniel dn Golgoilia, e«i erneldé eatre

denz Telears.

Suite 4a 8 avril. — Vers midi.

Aucune humiliation et aucune ignominie ne devaient être

/ ' Glyes autemejuBoderuDteum... dicentes : Ndumus huno regnare supvr nos (Luc, XIX, 14).

2 Non habemus regem, niai CsBsarem (Jean, xix, 15).

3 Lue, xxiii, 27-31.

33 ans après J.-C. jÉ8US CRUCIFIÉ ENTRE DEUX VOLEURS. 389

épargnées à Jésus. Il devait boire le calice jusqu'à la dernière lie. Etre crucifié seul eût été une distinction ; ou lui adjoint deux voleurs.

« Avec lui les soldats conduisaient deux malfaiteurs qu'on D allait mettre à mort. Lorsqu'ils furent arrivés sur le lieu » appelé Golgotha ou Calvaire^ ils lui donnèrent du vin mêlé > de fiel et de myrrhe, et lorsqu'il en eut goûté, il n'en voulut » pas boire. ^

» C'était la 3'°'' heure (vers midi), et ils le crucifièrent et avec » lui deux voleurs l'un à sa droite, l'autre à sa gauche, et ainsi B fut accomplie l'Ecriture qui dit ^: « Et il a été mis au nom- » bre des pervers *. t

Ainsi voilà Jésus crucifié, comme le voulaient les Prêtres de l'ancienne loi. I^s soldats romains, ces vainqueurs de l'univers, ont remporté cette victoire, plus célèbre, sans qu'ils s'en doutent, que toutes les autres. Aussi, selon la coutume de leurs guerres, ils se hâtent de partager la dépouille du vaincu :

tt Les soldats, après l'avoir crucifié, prirent ses vêlements et s en firent quatre parts^ à chaque soldat une part. Or la tuni- D que était sans couture, tissée d'une seule pièce depuis le haut D jusqu'en bas. Ils dirent donc les uns aux autres : Ne la divi- D sons pas, mais tirons-la au sort pour savoir à qui elleappar- B tiendra, afin que fût accomplie l'Ecriture qui dit : a Ils se j> sont partagé mes vêtements et ont tiré ma robe au sort ^. d

On voit comment dans les moindres choses Jésus a lié le nouveau Testament à l'ancien, pour n'en faire qu*un seul, comme dit S. Paul*.

a Puis (après ce grand exploit) les soldats s'assirent pour le » garder *. »>

1 Isaïe, LUI, 12.

' Lac. zxiii, 32 ; Matth. xxTii, 33 ; Marc, zv, 25 ; Jean, ziz, 18.

3 Psaume, xxi, 19 ; Jeao, xix, 2â.

^ Fecit utraqae unam (S. Paul, Ephes/n, 14).

» Matth. xxvii, 36.

Vf sÉiuE. TOME IX, N« 53; 1875. (88« vol. de la coii.) 25

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