II
4U ANNALES DES CAUCHÔlS.
rie , Ogiièr, Oschôr Ou Ofecèï- : les vbifà ffevààt ftotHo^ magus le 14; Us tdëat Févê^uë ' qtii lie tèfat p»È payer une forte contribution; ils brûlent àhe jpartié de la tille ^ ; ils restent deox jours à piÛér léS énWfons non délTendus; ils dévastent Saitit-^nén; datt^ leur frayeur les moîneà emportent le corj^ de lettr patron ^. Wulfhard; libùtebabt dd roi ChâHês^ at-Htiè sbr ce thMtrb ^b déëblatiôh dveë une fôtllé 9è ^ns qui ne sbrtt ptfs tous dtes guerriers ; lé hdnibflé prodtiii quelque peur chez les Normands ^; le 16 ilâ se féihbarquent eminehabt avec eux de jeunes ibàfiliô, dëè enfants^ de^s trésors; ils rament; iïs desjicéndëfat M fleuve avec les cri§ èat-dontc|iiré!à des corâàîres de lôtti tes temps. Qùdqufeis-uns s'aitêlétit à Juitiîê^; ^icSM' piller dans le monastère ^ ; lé lendemain ifk pTTIélUt une ferrite riche qui a conservé lé nom qti'îts lui oîW donné, le Torp, et qui a encore une poàititiïi etfKeûsjè au milieu des boîs. DéHx jours après, îte réiçcrtvéht ttiiè contribution de l'abbdyé dé FtintfehéHè' ^; dèûk joftft après encore, ils lifietteftt lé feu au côdVéW d6 Fé'cîàmj^ ^, dont les religieuses iâvaîént fui. Le 31 ils se i^flient ëh mer ^, gorgés de biitin, se promettant bîèti dëifevètti^. A la suite dé ces désaètrfeis, lé clergé se pfeifeûidtt ^ù'Wi
(1) M. net^ing, t. 1, p. iïé.-^L. Ifrufi6ts/Hiit. \lè LiltéÛi, 1 1, pi sH.
(2 ) Chron. Fonlan., p. 386. (3) Ordéric-Vital , 1. 5. — Pommerayc.
(4) Chion. Font., p. 387. —Soc. des ant. de Norm.^ 1837, t. 8, 9, p. 75. (5} Guill. de jumîèges, l. ï, ch. è.^Neustria Pia. — II. Câ^ figue. (6) Chron. Fontan. —M. dapefigue.
(7) Dupïessis, t. i, p. iô4.
(8) Gesia Ndrm. apud Biichesne. — Ôrdèric-titàl , p. âfe. — 'fiônianij^, Méni. sur Tétat du royaume du temps de Gharles-leChâuve. — L*Art de vérifier les dates. — Ann. de Saint-Bertin. — A, Le Prévost, p. 18, iaoles- — Dupïessis, t. 1, p. 106. — Louis Dubois, p. 7. — L. Thiessé, p. 11.-;' Farin , t. 1, p. 509. — M. Depping, t. 1, p. 116, 117.— M. Dûlaure, t. <, p. 411. — Soc. des ant. de Noroi. 1824, p. 37. — Liquét.— M. ikennecliétt 1. 1, p. 203. — H. Langlois, 1. 1, p. 143. — Sim. de Sismondi.
lui eût rétiré les moyehâ de cobbàttre , et que le roi Chàrlest faé fût paô intet^enu ou n'eût pas envoyé assez promptement; mais le roi s'en moquait^ parce qu'il prétendait que c'était une punition céleste contre le clergé qui avait laissé dégrader l'empereur son père % et cela ne T empêchait pas de demander aux moines^ à titre de subsides, des provisions et des chevaiix. Ce dernier article surtout était exigé de l'abbaye de Fontenelle ^.
Tout ce riche pays était une fourmilière perpétuellement ttaversée. Vingt-cinq jours après a lieu, vers lés sottrcés de là Sëiàe, en Bourgogne, entre Britzas, Favîâ et Soïennat 3, à Fontenai, une affaire bien autrement importante; une bataille décisive, lors de laquelle, suivant une chronique presque contemporaine, des soldats de là France, de l'Aquitaine, de la Bourgogne, de la Bretagne, se sont fait des blessures mutuelles^ ; lorà de laquelle plusieurs dizaines de milliers d'hommes Ont péri ^, où d'un côté étaient Lothaire et Pépin;* de l'autre, pour le moment, Charles II et Louis de Bavière^; lors de laquelle tant de chefs, qui devaiieùt être réservés contre les ennemis du dehors, périssaient : Gaulois contre Gaulois, Franks contre Franks^ Neustriens contre Neustriens, et qui a duré depuis le matin jusqu'au soir.
Lothaire et son neveu étaient vaincus ; le roi de Bavière pouvait encore rallier quelques-uns de ses
(1) Montesquieu , 1. 31, ch. 33. (a) Ann. Fuld. — Cordemoy. (3) Gordemoy, t. a, p. 101. (4) Monachus Floracensis apud Duehesne, p. 39.
(5) L*abbé Lebœuf. —.M. de Chateaubriand, Études hist., t. 3, p. 951. - — M. Thierry. — Toussaint Duplessis. •— Sim. de Sismondi, t. 1, p. 137. — L'Art de vérifier les dates. — Ladvocat. — Uénaull, 1. 1, p. 66.
(6) Deppingy t. l^p. 115.
chefs et de ses soldats ^ mais pour se retirer avec quelque ordre ^ et Charles restait maître de ce triste champ de bataille '• knm Enfin, Charles et Louis de Bavière , exténués, effrayés peut - être par la présence d'une comète *, comprennent qu'il faudrait une union plus intime, c'est-à-dire aussi offensive que défensive. Ils ont une entrevue à Strasbourg; ils célèbrent des jeux militaires où ils montrent leur adresse, et qui sont les premiers exemples de nos tournois ^. Ils signent un serment notable, d'abord parce qu'il terminait la guerre, et forçait Lothaire à fuir vers les Alpes ^; puis, parce qu'il rendait encore une fois le royaume de Neustrie intégral ; môme, parce que le style dans lequel il est rédigé sert à l'histoire de la langue ^ : les Franks de Louis parlaient en langue romane ou latin corrompu ou romane rustique^; les Franks de Charles en une langue tudesque, aux terminaisons latines; or c'est le mélange de ces deux langues, avec les débris des langues celtique et grecque, avec celle des hommes du nord, qui formera la langue française proprement dite 7. Ce serment entraînait des dispositions législatives chez les Nenstrions, comme chez les Bourguignons, sur l'exemp-
(1) L'Art de vérif. les dates. — Robert Wace, Roman de Rou. — Duhcsne, script, rerum franc. — Cordemoy, p. 102.— M. Depping nous paraît placer à tort la bataille de Fontenai avant rinvaslon. — V. Renott de Sainte- Maure. —V. Notes de M. Depping, à la fin du a« vol.
(2) Chron. Font. Ducbesne, p. 390. (3) L'Art de vérifier les dates.- Nithard, l. 3— Isambert, t. 1, p. 70. — Cordemoy, t. 2, p. 113.
(4) L'Art de vérifier les dates. —Cordemoy, t. 2.
(5) Nilhard, l. 2. — Ducbesne. —Baluze, t. 2, p. 39. — Roquefort) Gloss. de la langue romane.— L'Art de vérifier les dates.— Bullet, p. 83. — Sim. de Sismondi, t. 3, p. 69.
(6) M. Raynouard , sur Bou^ indique le mécanisme de ce cbangemeot» p. 2 et suiv. (7) M. Raynouard, p. 10
tion de la guerre pendant quelque temps pour ce qui restait de nobles, et sur l'anoblissement des enfants par la mère^ 11 amenait l'occasion de créer de nouveaux comtes^, de nouveaux ducs, de nouveaux marquis, tant il y en avait eu de moissonnés ! il créait définitivement toute noblesse héréditaire^. En cette année encore, Charles, roi de Neustrie, épouse Hermentrude ^, dont il a eu sept enfants. Que l'on fixe là aussi l'époque à laquelle le peuple , sous les ordres de Charles-le-Chauve , doit porter le nom de nation française, comme le prétendent certains historiens ^, c'est une thèse vraiment indifférente pour nous ; elle n'entre pas dans notre division , et d'ailleurs il n'y a pas eu de changement officiel de constitution; nous portons plus d'attention à ces autres faits : que Charles et Louis consentirent, pour se rendre le clergé plus favorable, ^ 945 à laisser l^es évéques qui étaient dans l'armée, statuer sur le sort de Lothaire^; qu'on ne parla plus de champ de mai 7; que ce fut l'époque à laquelle il y a eu un vicaire du saint-siége pour les Gaulés^, et que Lothaire consentit à Verdun , au mois d'août , à faire un nouveau partage^, lors duquel il fut dit que la Neustrie et l'Aquitaine restaient à Charles-le-Chauve, alors âgé de vingt ans '®; la Germanie restait à Louis; Lothaire, avec l'Italie, avait la Provence, la Franche-
(1) Montesquieu , Esprit des Lois. — Beaumanoir. — Hénault , p. 66.
(9) Sim. de Sismondi , p. 139. (3) Dubos, l. 4, g 9.— Thouret , p. 103, 103. (4) L'Art de vérifier les dates. — Cordemoy, t. 3 , p. 125.
(5) M. Thierry. — M. de Chateaubriand , Éludes hist., t. 3, p. 251. — Biogr. uniT. v» Charles IL (6) Nitbard.
(7) Thouret, p. ICI. (8) Gordenioy.
(9) L'Art de vérifier les dates. — Hénault , t. 1 , p. 68. — Mennechet, t. 1, p. 262. — Montesquieu , t. 7, p. 77. — Sim. de Sismondi, t. 1, p. 137. — Mlllot place le fait en 842 , t. 1, p. 170.
(10) Dict. hist. vo Charles IL
lift ANNALES DES CAUCHOIS.
Comté , le Lyonnais, et ce qui se trouve enclavé entre le Rhône, le Rhin, la Saône, la Meuse et TËscaut. Trois cents commissaires furent chaînés de parcourir tout l'empire, pour bien déterminer les limites d'un partage aussi intéressant pour toutes le9 parties dâ rhéritage de Charlemagne '.
On pensait en Neustrie, et spécialement sur les bords de la Seine, à réparer tant de désastres. Les guerriers blessés, en rentrant dans leurs demeures, voyaient leç ruines amoncelées en un mois, tandis qu'ils avaient été engagés dans une bataille générale ; des enfants avaient été enlevés par ceux des hommes du Nord qui avaient ravagé le Talou pour en faire des marins, c'est-à-dire des pirates * ; il y avait si peu d'ordre fi espérer dans la tenue générale du foyaume, malgré quelques bons principes déposés dans un édit de cinquante-deux titres sur le respect dû. à Dieu, au roi, aux églises ^> que Ton n'avait certes pas la conviction de ne pas voir revenir les hommes terribles. Çharle?» préoccupé d'une insurrection en Bretagne, dirigée par Noménoé^, ou des prétentions de son neveu sur l'Aquitaine ^, ne se doutait point que Hastings l'épiait, revenait sur les côtes de France, et cette fois, avec Bier ou Biœrn surnommé Côte de fer, fils du roi de Danemark^; qu'il abordait sur les côtes du Bessin, détruisait deux monastères 7; c'était pourtant un aver*
(() Sim. de SismoDdi , t. 3. --Ici finit la chronique de Nitbard, Ducbesne. — Cordemoy. (2) MilIot,t. 1, p. 171. — D. Lebceuf , Hiit. d*Ea. (3) Baluze , t. 1. (4) Hénaalt, 1. 1, p. 68. — |.*Art de ^éiîàerles dates. (6) L'Art de vériGer les dates.
(6) Strinholm, Hist. des Scandinaves. — Ordéric-Vital, p. 7.— Mon. Flor apud Duchesne, p. 3i. -Wormius 0|aûs, ant. Uaniçae , iûii,iït4ol
(7) Saxo Graonn. Hist. du Danemark. — Soc. des ant. de Konn. 1^* p. 37. — Depping, p. 131 à li6. —Grosley, Dissert, sur Hastings. '- Ëpbeiuorides, Paris, 1811 , Se imrtie, cb. 8.
AIfIf4LBS DES CAUCHOIS. 449
^S96Iue^t autant pop^ {ci ^Q^ver^ement que pour les r^yeralns (le tpjjs les fleuve§ qpi se r^n^pnt ^ l'Océan. ^s fftpines gn rgç|onsJr]i}isan|; leurs monastères, les (flrtiô^jiept tiiei) un peuj révêqjie Paul, Hijmeradus, Bferlûïpuâ, Quptgarius, envoyés dans le Roumois, le» Talou, la Picardie (Rotmensç , Tell^m ? Apibianense) , ay^ç le tifre 4e ^^^\ S assuraient l^\m qu'on allait pe^^er à pçtt^ urgente défepse \ mais ce}a n'empêchait f^ que pç p^stipgs euvpyât Ii(i^e}}çirim^ pu Régnier ^yep pQOt yipgt barques ^ deux, yqiles et à rames, re- Btpqter ^npore pne fois 1^ ^pine; que cglui-ci s'établit k f^ptl)pmagus ^; qu'il repoussât quelques troupes envoyées coptrp lui , fît quelques prisppniers ^; qu'apfè§ s'^^rp reppsé, il ?illàt yers l'Oise ; réduisît en cpn- ^Tfis l'a^^b^ye dpSaip|;-Queptin et se dirigeât sur Paris ^. ^Iprs on entendit parler de Charles , on apprit qu'il (i\^\l venu camper à Saiqt-Denis; mais on sut aussi que Paris venait d'être abandonné par ses principaux ))^bitî^nts ^; que le 28 noars les horumes du Norfl y e^t^aiiept; que beaucoup des défen^ur^ avaient été poudus); que les ^bbayes ayaiept été pillées, les femmes yîplées, [es monuments ravagés; que les pirates, en ^'eu^Uant, emportaient jusqifes à des poutres ^. Si gm^ épifléipie, produit d'excès et d'orgies eu tout
(1) Baliize,p. 69.
(î) Capefigue. — Ord. -Vital , p. 8. — Liquet , p. 53.— Toust. de Rich., p. 48. — f-épn Tbiessé, p. 15. — peppîng, t. 1, p. 12i, 136. — Grosley, m^rt. — Sciiœninff , His^ de Norwège. — Dudon de Saint-Quentin. —
fnolt de Sainte-Maure. -^ L. Dubois. — La cbron. de Fontenclle. — A. Le Prévost, p. 19.
(3) Cordemoy, t. 2, p. 134. — Ann. de Saint-Bertin.
(4) L'Art de vérifier les dates. — M. Capefigue. — L. Dubois, p. 9. — Depping. (5) Cbron. de Fontenelle. — M. Capefigue. — Sim. de Sismondi, t. 1, p. 141.
(6) Aimoia. — Dudon de Sainl-Quentin , p. 63.
480 ANNALES DBS CAUCHOIS.
genre S que les moines publient comme une punition céleste^ jette quelque frayeur chez les agresseurs^ s'ils remontent sur leurs vaisseaux , ils sont encore là comme dans des citadelles ; c'est là qu'ils acceptent des propositions , c'est-à-dire qu'ils envoient des délégués à Saint-Denis ^ pour faire un traité en règle^ et qu'ils consentent à ce traité qui dit bien qu^ils descendront la Seine y mais aussi que ce sera avec quatrevingt-quatre mille onces d'argent j ou sept mille livres pesant, suivant quelques auteurs^. Il est vrai que le roi a stipulé qu'ils ne reviendraient pas ^; mais il est vrai aussi qu'ils l'ont accordé avec une certaine ironie, sauf à rendre proverbiale la foi normande.
Comment réparer tant de pertes ? c'est ce dont s'est peu occupé Dudon de Saint-Quentin , qui commence ici ses annales. Était-ce en ne statuant que sur le pouvoir des évoques 4? en n'envoyant que des évéques pour missi dominici ^ ?
On a bien recueilli un capitulaire sur les Espagnols réfugiés ^ , un autre sur les ravisseurs d'épouses légitimes j sur le respect dû aux tombeaux 7 ; on a bien fait un règlement général propre à favoriser à leur tour les grands du royaume ^, qui, à Épernay, avaient chassé les évéques de l'assemblée ^; on voit bien deux conciles, un à Paris , un à Toulouse '® ; un capitulaire sur les missi; on ne voit en rien comment on
(1) Capefîgue. (a) L. Dubois, p. 11. — Biogr. univ. v« Ch. II. — Depping, t.. 1, p. 138. — -Monach. Flor. — Ann. Fuld., p. 15.— A. Le Prévost, p. 19. — Millot, 1. 1, p. 171. — Dulaure, t. 1, p. lia. — Sim. de Sismondi , t 3 , p. 85. — Soc. des ant. de Norm. 1835, p. ail.
(3) AiiD. de Saint-Berlin.
(i) Baluze, t. 3, p. 19 et suiv.
(5) L'Art de vérifier les dates. (6) Baluze, t. 8, p. 25.
(7) Id. p. î9. — Isambert , t. 1, p. 72. (8) Millot, t. 1, p. 175.
(9) Cordemoy, t. 2. (10) HénauU,p. 65.
s'occupait de réparer les forces de la Neustrie , et de la garantir d'invasions nouvelles.
Alors les seigneurs neustriens , voisins de la Seine , entendant raconter et les exploits des Normands dans la Bretagne ' , et l'insurrection du duc des Bretons contre l'autorité royale % et l'invasion de Bayeux ^, pensèrent à fortifier leurs châteaux; alors aussi ces redevances, nécessaires pour être défendu par eux, que chaque voisin consentait à payer; alors ces prestations singulières^ dont quelques-unes paraissent ridicules, à la distance où nous sommes, et qui avaient leur explication; alors, en un mot, la féodalité proprement dite ^, uneïois que tous ces droits devenaient héréditaires, sauf une redevance âfrècte mais vaine de supériorité au roi.
L'assemblée de Marsen près Maëstricht à laquelle se rendirent, en février, les trois rois ^, eut plutôt pour but une vue d'égalité entre les frères, qu'un concert pour défendre les royaumes : on disait que les fils de chaque roi hériteraient de leur père , ce qui devait amener nécessairement des subdivisions impolitiques : on autorisait les vassaux de chaque roi à ne suivre celui-ci que dans le cas d'une invasion étrangère; puis chacun pouvait choisir son seigneur ^ ; enfin la jalousie des ecclésiastiques et des seigneurs disputait pas à pas un privilège ; mais pour le salut de l'héri-
(1) Ann. de Saint-Bertin.— Ghron. de Fontenelle. — Gordemoy, p. lU. (9) Hénault, p. 68.
(3) A. Le Prévost , p. 20.
(4) Dict. hist. vo Charles-le-Chauve. — Thouret , p. 104. — Institutionêi de jure Feud. — Th. La vallée.
(5) L'Art de vérifier les dates. — Baluze , t. â , p. 41.— Isamberl , 1. 1, p. 73. — Cordemoy, t. t , p. 46. — Ann. de Saint-Bertin.
(6) Millot, t. 1, p. 175.
t£(ge de Gtiarlemagney on s'en ii^qqiétait ^U3§j peu' que nous avons vu s'occuper peu de réparer \es désa^treg des invasions sur la Seine* Le roi Louis disait bien qq'il signifierait ^ux Danois ou Norpaands que s'ils troublaient leqrs Ëtats , les frèrps se réuniraient; une seule action e&t mieux valvi que petto mein^ solennelle ^. ]L'in)aginatiqn ne peut copapref^dre ^q-r jpurd'hui cpipment un moine s'occupai^ à Font§0Q{|ç, à gratter quelques vieux manuscrits pour éprire Ifi vIq du fondateur de son ordre ^; ou bien comment Perv^ à la suite de visions réitérées, allait cherpher les corps de saint Rignobert pt de saint Zénqp ppur les apppf |er dapp son domaine ^^ quand tout le ps^ys était paejnacé e| à la veille d'être epyabjr
An 848 II n'y aurait qu'une mapièfg d'expliquer l'jncuri? de Cbarles-le-CJ^auve à l'égard ^es Cai}cbfiig et ^es babitants di} Yexin , c'est qu'il aurait voulu» Pprès ^voir pris possession d^I'Âquitaine ^, et s'en être ^^ reconnaîtra le roi ^, aprè^ avoir spgjpi^ |^ {|fetonS| Réparer l^urs m^jb^urç , et indempis^r ces çujets les plqs anciens ; mais ^pu parac^ère n^ mérjte pas pettp opinion. L'archevêque Gombaud, qui avait jou^ un $i ^rand irôle, qui s'était rendu au concile de Paris pour pxamiuer la conduite de l'archevêque de R^pis ?•
An 849 p^ri^ç^i^ (Je trj^tçtsse- Paul qui Iq rppjpl^aç^iti fflftiç ftprps une anpéi^ dfl yaçanfie ? , tapt pp ay^it pri§ ^ cœur ces élections^ dans de telles circonstances, n'avait
(1) Ghron. de Saint-Denis, analysée dans le Bulletin de la Soc. de THist. de Fr. novembre 1842 , p. 33i. (2) T. 7, des Hlst. de Fr. — Depping, 1. 1, p. 144. — Aubert. — Baluze. — Montesquieu , l. 31, p. 86.
(3) Lànglois, p. 158 et suiv. (4) A. Le Prévost , p. 19, SO.
(5) L*Art de vérifier les dates. (6) Id.
(7) l^ommerâye , p. 204. (8) Pommeraye , p. S05.-i-Gill>ert, p. 155. — Ctiron. des arctiev. — Servin , 1*^ vol., p. 15.
4VNALES des; cauchois. 423
qu'à soulager des misères^ ou bien à assister au cpncile de Tours contre le duc de Bretagne % ou à déléguer Vénilon au çynode de Cerisy, pour exafliiiner de^ doctrines sur la prédestination ^. Un hiver affreux ^ et qui^ suivant l'expression d'un auteur contemporain ^, av^it fait de la Seine un pont^ amenait des pauvres autour de la demeure épiscopale. Il est bien vrai que l'abbaye de Juqiièges obtenait pour réparer ses pertes^ au milieu mémq de cet hiver ^ le 23 février, un dipl^pie qui lui donnait trentç-sept seigneuries 4, c'està-dire que c'était le moyen de se procurer un fonds pour fortifier son principal manoir; mais s' occupaiton de cette déf^Dse si iq^portante?
'fandj^ que le^ l^arrasins mQqaçajpnt d'une iqyqi^ioi^^ ad m qpe Ips Slayes §e révoltaient ^, qqe Pépin se re^aisissait de l'Aquitaine ^; tandis qu0 ce roi traitait secrèrt^meQt avec l0 farouche Godefrqy, chef normand ^ avec Roric, et. leur assignait ^es terres ou domaines 7^ qu'il ayait grand soin dp faire entrer son fils Carloman dans le$ ordrf)3 religieqx ^ , on n'entretenait pas l'habitude de |a défend; aussi l'année 851 est-qlle une époque de découragement > même pour celui qui ne fait que retfacer }es dates. En janvier^ que nou- An 854 velle flottille de ces honimes dont on ne savait encore ni ^es ancétr/BS, ni les scalde$, ni |es loisi ni ïûèvà^ la dçmWFf^ e3^3Pte?i §ous Iqs ordres dP Qfi
(1) Pommeraye. (2) Pommeraye. (3) Chron. Fontao.
(4) A. k® Prévost , p. al. — Peshayes, p. 35.
(5) Gordemoy. (6) Thouret , p. 71. — Capefigue , ch. 4.
(7) Ann. y uld. p. ^5. — Dom Bouquet, p. 1§2. — A. Le Prévost , p. 21. — Sif]n[. de Sîsmond), t. 3.— L.Dubois, p. 13. — Capefigue. — Coç^leinoy,^, 9, p. 15?, 154.
(8) L*Art de v^rifi^r l^s dates.
(9) Les scaldes sont les historiens du nprcj.— Soc. des sfnt. de Norm.,
t. 9 , p. XXX.
même Oscher oq Hoscer oq Chérie, qui était venu déjà dans le canal de la Seine ^ qoi avait enlevé des jeunes Neostriens , qui avait incendié une partie de Rothomagus, remonte encore , mais en meilleur ordre y le fleuve ^ avec des batelets de trois cents hommes ' ; il s'établit le long de la Seine pendant neuf mois'; il saccage encore Tabbaye de Jumièges^; il pille la rive droite et la rive gauche, et fait rapporter tout en ordre dans ses embarcations ; il pénètre de nouveau et s'établit dans le couvent de Fontenelle^y dont les moines disparaissent; d'un couvent il fait une espèce de fortification ; en octobre, il descend ; il étair plus près de la rivière chaque soir, et faisait rentrer ses holk ou embarcations à trois rangs de rames, faites d'un arbre creusé, ou en osier et bombés^. Pendant tout le mois de novembre, pendant .tout le mois de décembre , il séjourne dans ce pays de Caux , si différent de son climat natal ; ce qui est incroyable, il y reste sans être attaqué ouvertement ! On s'occupait à Marsen-sur-Meuse de règlements sur la police ^, et ce n'est que le 9 janvier An «53 852 7, qu'il brûle Fontenelle où il avait séjourné, parce que les moines n'avaient pas voulu apporter une contribution qu'il exigeait.
De là Oscher se dirige vers une autre abbaye , celle de Saint-Germer. Il y avait , non pas chez les moines, mais chez les habitants du voisinage^ un peu plus de
(1) Chron. Fontan. — Est. Pasquier, Amst. 1788, p. 33. — Sfm. de Sismondi , t. 3.
(2) Capefiguc, ch. i. (3) G. de Jumièges, apud Duchesne, p. 918.— T. Duplessis. (4) Id. — Cordemoy, t. 2. — \. Le Prévost , notes, p. 22. —M. Dubois, par une erreur évidente, assigne la date de janvier 851.
(5) Schœning, Hist. deNorw^. — Depping, 1. 1, p. 70.
(6) Baluze, t. 2 , p. 45. — Isambert , t. 1, p. 74.
(7) A. Le Prévost, p. 22. — Pepping, 1. 1, p. 151.
défense; il est vaincu. Il fuit^ il revient à la Seine et se rembarque; mais emportant certaines sommes d'argent et des meubles riches ^
Le 9 octobre , un autre homme du nord , Sydroc , entre dans la Seine ^ remonte au-dessus de Rothomagus, fait une descente à Jeu fosse ^ Gueraldi Fossa^; il veut même faire une pointe vers Paris; par la présence de quelques troupes il est réduit à passer le reste de l'hiver à Jeufosse ^ ; mais, pendant ce temps, qu'on juge quelles étaient ses occupations : il continuait ou de gagner ou de détourner les enfants; ses forbans mettaient quelque préférence à enlever des religieuses pour assouvir leur brutalité; ils menaçaient de tuer tout ce qui offrait de la résistance "^ ; Velly dit , en parlant des Normands de la Loire, que les Normands étaient partout les mêmes. Les barques de Sydroc ne regagnaient la mer qu'au mois de juin 853 ^; entrés dans la Loire, débarquant à Nantes, ses compagnons tuaient Tévéque et son clergé; ils allaient piller le tombeau de saint Martin à Tours ^. Ils rava- An m geaient l'abbaye de Marmoutiers 7; ils se portaient vers Orléans, Chably, Auxerre : les seules querelles qu'ils eussent étaient avec quelques-uns de leurs compatriotes déjà ipstallés ^.
Si Charles faisait décider que les délégués royaux
(1) Gesta Norm. apud Duchesne. — Bonamy, t. 15 et ITdesMém. de TAcad. des incript. (9) Bonamy, p. 279. — Capeflgue.
(3) Gesta Norm. ap. Duch. — Strinholm , Hist. des Scandinaves.— A. Le Prévost, notes, p. 22.— L. Dubois, p. 13, 25. — Depping , t. 1, p. 151. — Capefigue. (4) Velly. — L. Dubois, p. U.
(5) Capetigue , ch. 4. (6) L'Art de vérifier les dates. — Ann. Fuld. Mon., p. 15. (7) Hénault , p. 70. — Depping , t. 1 , p. 151 .
(8) Gesta Norm. ap. Ducb. —A. Le Prévost, p. 23, notes. — Pommeraye. — Suhm , Hist. du Danemark , t. 2 , p. 185. — Depping , 1. 1, p. 153. — Ann. de Saint-Bertin.
4Î6 ANNALES DES CAUCHOIâ.
OU mmt feraient le relevé ded pertes faites par lés églises % iraient^ dans le Rotmrasey le Tellao^ le Yitnau 'y après avoir relevé la note des chapelles et dèH abbatiales, foomiraient celles dès dimëâ et antreâ redevances excessives infligées par les évétjdes^ le relevé des besoins do royaume^ le meilleur mode dé conserver les capitolaires; s'il s'occupait d'un s^odé où Paul y Tarchevéque de Rothomagus, se rendait encore^; s'il donnait à Saint-Wandrille, grâce âui prières de Tabbé Louis ^, des terres comme il en àvdii donné à Jumièges ^ , il ne procurait pas les moyénâ de se garantir d'invasions; puis, les Normands qui étaient à Angers et à Poitiers le préoccupaient^. AS ts4 Enfin f on pensa à Tunion de Charles et de Lothaiœ 7. Soit que Ton ait eu ou non des données sur une nouvelle invasion de Sydroc, on s'occupa de fortifier Pitre, Pistœ, au confluent de l'Eure, de l'Andelle et de la Seine, comme si, à l'exemple des Romains, il n'ei\t pas mieux valu forti&er toute la basse Seine. Les travaux étaient à peine commencés qu'une flotte nombi^use, commandée par le même Sydroc , sortant de la Loire, remonte la Seine, vient précisément vers ce lieu nommé Ptstœ , et est rejoiîit aux kalendes d'août par une autre expédition, sous \ëk ordres de Bernon^. Là, un engagement à lieu entre les hommes du nord et les troupes de Charles^.
(1) Depping, 1. 1, p. 156. — Baluze, t. S, p. 49, 53, 57, 63.— ft. de Ch&teaubriand , Études hist, t. 3, p. 861, S76. — tsambert, t. 3, p. 74, 75. (2) A. Le Prévost , Soc. des aut. de Norm., 1. 11, p. 8.
(3) Ducbesne. (4) Langlois. (5) A. Le Prévost, p. 28, notes.
(6) Héiiault , t. 1, p. 70. — L'Art de vérifier les dates. — Ann. Fuld.
(7) Baluze, t. 8, p. 71. — Cordemoy. — Dicl. bist. v° Lotbaire.
(8) Ducbesne , Ûist. fVanc., t. 8. — A. Le Prévost , p. 84. — M. Rêver, i)issert. sur Uggade. — Gbron. Font.
(9) Ann. Fuld. Mon., p. 16.
aSnalès DBS cAuciiois. ii^
Nous tfocivoiis âdJtdiird'HUi y dans lés champs voitifas^ les èsisqtteà et les fers de piqués; M. Depping dit Ifi'xm grand de la cour de Charles!, îbrqaâîtus, àtta* ifià si vivement Sydfob, qae sa défaite fut coni^iètè, et qu'il retourna et) Danemark; il ne cite pas ses autorités. Là bataille fût sanglante ; Sydroc alla chercher iëà renforts dans kà ptâtrie; au surplus , cela n'eui i'autbe féâûttat que celui de faire fiàssér ce i}ai restait §é Ntirîiiahds Àe la rive droite à la rive gauche , et dé [es tlftf^èlBr s^étàbtir sous les ordres de Bernon , lieute- Mtat de Sydrote , à Oissel , à deux lieues de Rothomà- ^É S à y établir un fort, et à jéler les preiti(iers fondements d'un établissement durable.
d'adlreâ pirâtèë Viiirënt encore dans la Seine , et , pé^)r les abattre^ Chartes convoqua une assemblée géb^i^af e à Nèàn&e, près Gisors, alors propriété des archetréqnes dé Rothôinagus ; on tlotiimâ pour délégués vers h basse Seine^ leTellau, leVitnàu, Tàrchevéque Paul, Tévêque Hilmeraldus ^ ; mais cela tfe délivra ihéihd pèii Oi^sèi ni lébfôàse, et he garantissait pas Paris; cela n'6i!npêchail pas les hommes du nord de donner Ae& noms à des villages de la Seiàe, comme Brunent 6q Boulent, qu'ils appellent Welbéè oii Willebœuf^.
En âeptënibre, la fin de Lothâirè, ce roi qui s'était feit moine spôbtâhémebt^ après avoir été le fléau àe
(i) Noos ne feîsoils aucun doute que le Oicelluif mentionné dans les <xitotèilip<n^iifô, è§l diesel'. Y. Vàttësius not. Galltca, t« Okcellus. Ndns en sommes conyaincu, après avoir lu les Dissertations de M. Capefigue: Invasions des Norm. 1823 , in-8, p. lao; de Servin, i^^ vol., p. 80 ; de M. Depping , 1«' vol. p. 169 ; et nous regrettons de ne pouvoir être de Vavis dé M. Le Prévost, quand il place ce Oissel près Paris, notes, p. i5. Lonis Dubois met à tort le fait en 856.
(s) Soc. des ant. de Norm. 1840, p. 8. (3) Notice sur Elbœuf adressée au préfet de la Seine-Inférieure en 18SS, par M. Hayet.— L'Industriel du 5 février 188i.
son époque^ laissait encore des causes de troubles et de craintes. 11 avait trois enfants qui se traitaient de pares ^. La subdivision faite entre eux était un démembrement • ; tout ce qui avait de l'expérience prévoyait des désastres. Vénilon, élu archevêque àRothomagus^y à la place de Paul^ décédé peu après le concile de Verberie, n'avait pas un caractère propre à calmer les inquiétudes. Son rôle à lui était d'écrire^ au nom des évéques de la province , à Louisle-Germanique , et d'assurer que Charles-Martel était damné, et qu'on avait trouvé un gros serpent dans son tombeau ^. C'est là tout ce que cet homme, qui avait tant de pouvoir, opérait.
An 856 Charles-le-Chauve , voyant son Paris menacé, et les habitants s'enfuir ^, paraît prendre une résolution : il fait descendre la Seine par une certaine quantité de barques; Bernon veut bien se retirer à la rame et temporiser^. Une année entière ces pirates restent sur le fleuve, font une vraie demeure à Oissel, veulent faire comme ont fait Godefroy et Roric7; Charles adresse un capitulaire aux Franks et aux Aquitains; mais bientôt les matières ecclésiastiques l'absorbent ^i et puis Sydroc revient avec une véritable flotte; il rejoint Bernon ou Biœm, surnommé Côte-de-Fer, sur la Seine; ils séjournent à Rothomagus^; ils remontent vers Paris le 28 décembre; ils le pillent pour la deuxième fois; les couvents, les châteaux i sont surtout leur résidence de nuit, et leurs bateaux,
(t) Voltaire, Essai sur les M. Kell, p. 536.
(8) Ladvocat. — Cordemoy.— Millol, 1. 1. p. 173.— Hénaulty p. 70, 71
(3) Pommeraye, p. 207. — Gilbert , p. 155. — Serdn , !•' vol. p. 15.
(4) Gaillard, p. 191. (5) Âimoin. (6) Duchesne, Hisl. franc. 8« vol. (7) L'Art de vérifier les dates. (8) Baluze , t. 2 , p. 86 , 87.
(9) L. Dubois, Lisieux , p. 84.
leur demeure de jour. Sainte - Geneviève ^ église décorée de peintures et de mosaïques^ est livrée aux Bammes; Saint -Germain -des -Prés et Tabbaye deAnssT Saint-Denis, ne se rachètent que par de grosses sommes ' j l'abbé de ce dernier monastère est fait prisonnier * ; les Normands redescendent et se répandent sur les rives ; Évreux est ravagé ^. Charles achète encore son repos; les barques des pirates sont pleines de trésors, elles emportent six cent quatre-vingt-cinq livres d'or et trois mille deux cent cinquante livres d'argent; seulement, Charles-le-Chauve , pour payer rimpôt, établira une taxe générale dont, ni les nobles, ni les églises, ne seront exemptés^; mais que de difficultés ne devra-t-il pas éprouver dans l'exécution ^ !
En de telles circonstances, les Neustriens riverains de la Seine avaient , on le comprend , des relations quotidiennes et forcées avec ces marins, qu'ils ne connaissaient que par leurs rapines; mais, peu à peu, le langage dont se servaient les hommes du nord se comprenait en Neustrie, et eux-mêmes entendaient le mauvais latin mêlé de frank et de celte parlé dans les campagnes. Dans ces entretiens, les Normands disaient leur origine, leur pays natal , leur destinée ; ils prétendaient que les peuples du Danemark, de la Norvège , de la Suède , avaient la même religion ^ ; que cette religion venait des Celtes; qu'un usage immémorial était que, -de plusieurs fils d'un iarlj l'un
(1) Toussaint Dupl«ss1s. — M. Gapeflgue, Essai sur les invasions. — Ann. de Saint-Bertin. — Ghron. de Norm. — L*Art de yérifîer les dates. M. A. Le Prévost retarde le fait d'un an.
(5) L'Art de vérifier les dates. (3) Aimoin.
(4) M. Depping , p. 163. (5) Montesquieu , 1. 31 , p. 79.
(6) Suhm, Hist. du Dan.; t. 1, p. SS7. — M. Depping , 1. 1, p. 26.
prraaît las rênes da goarern^smt et les autreSy ayant aossi le titre de roi , passaient leur vie sor la mer on sor les fleaves; qae leurs chefe d'aujourd'hui étaient de ces rois-là % et portaioit le titre de rois de la mer; qu ils étaient Télite de leur nation ; que de là venait leur enthousiasme pour les aventures et même les dangers '. Ils faisaient remarquer à ces N^istriens^ asservis par le clergé , que dans le nord il n'y avait pas de caste sacerdotale qui subjuguât les guerriers; que leurs chants étaient œux des scaldes, les descendants des bardes, tes premiers poètes de la Neustrie^; qu'on ne leur en imposait point par des terreurs religieuses^; que leur peuple n'avait jamais été asservi; que seulement chacun devait son tribut à l'armée; qu'on n^avait pas, comme dans la Gaule, connu des maîtres; que leur langue était toute faite, avait ses poètes, ses historiens ^ ; qu'ils avaient un grand attachement pour leurs chefe ^ ; qu'ils rentraient habituellement pour les fêtes de Joui (Noël); mais que cette fois ils en seraient excusés à cause de leur gloire ; qu'ils aimaient les paysans libres 7; que, si on les voyait enlever l'or, Targent, le vin, la soie, c'est que ces objets manquaient dans leur patrie; qu'ils ne demandaient pas mieux que de faire des échanges avec les produits du nord ; qu'ils ne faisaient pas de mal aut prisonniers, qu'ils les vendaient^; qu'ils avaient ac-
(1) Waestrom, Orig. nat. et bal des exp. do nord.— V. Uappiiig, 1. 1, p. 30, et les autorités quMl cite. (2) H. Depping, p. 33.
(3) Recherches sur la poésie norm. par Lévesque la Reyellière. — Dict. hist. vo Léyesque. (4) Womius , Monmiieiita Danica , in-M. — M. Depping. — Saxo , Hist. Dan.
(5) MuUer, De Timport. de la langue îsland. 1818, in-8. — Barek, dté par M. Depping, 1. 1, p. 37. (6) Saga deflalf, dansBiœmer. — M. Depping, t. 1, p. 41. (7) M. Depping, p. 43.
(8) Schœnfaig, Hist. de Norw., 1. 1, p. SOi. —M. Depping, 1. 1, p. 6*.
ANNÂLBS DES CAUCHOIS. 434
coutume 1^ côtes de l'Océan à les recevoir comme des soldats qu'on logerait.
Ces énumérations devenaient un sujet d'entretien pour les artisans^ pour les laboureurs^ pour les guer-* riers isolés du littoral de la Seine.
Les hommes les plus instruits parmi les Normands^ les cbefs^ faisaient comprendre aussi aux hommes de la Neustrie les plus influents « que ce qui avait toujours perdu ce pays était Téloignement du siège du gouvernement^ soit qu'il fût à Rome^ soit qu'il fàt à Aix-la-Chapelle; que leurs pères avaient été bien aises d'être aidés par d'autres hommes du nord à secouer le joug des Romains; qu'il fallait aussi s'unir aux Normands^ pour changer la tyrannie ecclésiastique et le désordre de la cour de leurs rois; que la bataille de Fontenai avait perdu l'État ^ ; qu'il était temps aussi de faire cesser l'usure qui frappait les agriculteurs ^ ; que des Normands étaient déjà venus «'établir définitivement en Neustrie^ dans certaines parties de l'Océan ^^ dans le Bessin ^ aux environs de Bayeux^; qu'on ne se plaignait point de leur voisinage; qu'à la fin du viu* siècle les Danois n'avaient enlevé des femmes et des enfants sur les bords de l'Océan y que parce que Karl^ leur fameux empereur^ qu'ils appelaient Charlemagne, avait agi de même avec les Saxons^ dont il avait détruit des milliers.
Ces mêmes hommes qui étaient à la tête des corporations ou des établissements en Neustrie ^ ces reli-
(1) Gap^igu6, ch. 8. (S) M. DeppiDg , 1. 1, p. 141.
(B) Delarue, Essai hist. sur la ville de Gaen, 1820, 1. 1.
(4) Baluze, Capit.de Cbarles-le-Chauve. — Lebœuf , Orig. de TOllingia , t. 21 desMém. de TAcad.des inscript. —M. Depping, 1. 1 , p. 85. -^ Gordemoy» t. S.
4n ASSXLMS DIS CAITCIOISl
gievi qv UailaKai arcr ks 3onBaBds rcBecmaBaient aoddi â raecroéââ^aeal de ces lottSes, aa dévdoppemeaAde lev» forces; ils asnraîent porCûlenient qae^ battes en Galice, ayanl e« des haleaax brftlés par Ramire, roi de Léon, Tmgt ans aTaoïl leur dernière ioTaflon dans la Seine, ils araienl cependant amassé et emporté on três-ridie botin de Sérille '• La répotatioo d'Hastîn^, qo*il fftt on non Neosirien, était dans leurs tristes sonvenirs. On était an courant de toutes ses aventures le hmg des côtes d'Espagne et d'Italie; on savait Thistoire de Luna^^ qu'ils avaient prise pour Rama ^.
Si les ducs et les autres nobles voyaioit Charles4e- Cbauve émettre un capitulaire sur les lieux ou Ton doit battre monnaie , et si Rothomagus s'y trouve^, cela ne voulait pas dire autre chose, ils le comprenaient, si ce n'est que les Normands épuisaient le pays d'argent monnoyé, et qu'il fallait mettre m monnaie Tor des églises et des trésors. Si Charles convoquait beaucoup de seigneurs à Neaufles, près Gisors; s'il avait de longues négociations avec eux et les prélats ^ ; s'il donnait quelques comtés à temps^; c'était un embarras qu'il éprouvait , et comme une mesure forcée ; s'il faisait des proclamations, c'étaient des phrases vaines. La pensée de le détrôner, qui vint à son mauvais frère, Louis-le- Germanique 7,
(1) Mariana» Hist. d'Espague» t. 1. (i) Dudon de Saint-Qaentin. — Ducbosnu , p. 63 et suiv.
(3) Muralort, script, rcrum. italic — M. Depping.— L. Dubois.
(4) M(^m. de la Soc. des ant. de Norm. 1835 , p. 168 ; Farin place sans fbndcinonl le Hitt on 835. -^ Le Flambeau astron. de 1740 et M. Périaux, 1838, nMnd{()uent |)aà leurs autor, pour les placer en 834.
(^) Sim. do Stsmondi» t. 3.
(6) AutourH cit<>s par HoAard , préf. des lois angk>HM>nD.
(T) lU^nauU, p« Tl.— Milloi, t. t, p. 176.
ANNALES DBS CAUCHOIS. 433
était presque de position ^ aussi bien que celle des seigneurs neustriens qui se rangeaient de ce côté, et An sss envoyaient à Louis une députation pour qu'il vint défendre rÉtat contre les Normands % aussi bien que la pensée des évéques qui se mettaient en relation directe avec Louis ^, au mois de novembre, el prenaient pour raison que le roi voudrait le bien des églises ; il n'est plus étonnant qu'une assemblée d'évêques (ils s'arrogeaient tant de droits) ait voulu délier les sujets de Charles du serment de fidélité^; qu'une autre assemblée encore, stipulant les intérêts de Rothomagus et de Reims, ait déclaré à Louis-le -Germanique que les évéques n'étaient point des vassaux, et qu'on ait fait reproche aux rois de grever leurs serfs par leurs voyages^. 11 fallait en ces circonstances une victoire, un acte de vigueur, un événement inattendu, pour retremper tant de ressorts qui se détendaient : Charles s'en crut capable; il revint vers Paris; il descendit la Seine; il vint vers Oissel, il se trouvait en face de cet établissement des Normands; il y fut joint par son fils Charles en juin, et en août par Lothaire, son neveu ^. Une partie de ses forces est sur la rivière, dans des barques plus solides que celles des ennemis; l'autre descend à terre et semble certaine, après quelques escarmouches, qu'elle va tenter un assaut; mais, ou bien parce qu'il était appelé vers la Germanie plus menacée, ou parce que Chartres, attaquée par d'autres Normands, et dont l'évêque avait été tué , le réclame ^, ou parce
(1) L*Art deTérifier les dates. — Sim. de Sismondi.
(9) Montesquieu, 1. 31, ch. 23.~Baluze, t. i, p. 101. — Pommeraye.
(3) Baluze, t. 2, p. 99.— Miliot» 1. 1, p. 177. — Sim. de Sismondi.
(4) L'Art de vérifier les dates. — Sim. de Sismondi. (5) Baluze , t. 2 , %}. 101 .—Prud'homme, Tables chron.— Gapefigue. (6) Duchesne, p. 1068.
43i ANNALES DES CAUCHOIS.
qu'il voulait convoquer une assemblée de grands et d'ecclésiastiques', ou enfin , parce qoe^ au moment de payer de sa personne , le cœur lui manquait , an bout de trois mois, Charles abandonne le siège *, et les Normands ont certainement cru que c'était la dernière raison qui l'avait déterminé : alors Oissel devient pour eux un établissement fixe. On pille les environs, mais surtout les propriétés du clergé; on s'empare , dans des embuscades^ de personnages émi* nents, et surtout d'ecclésiastiques que Ton ne rend que pour des rançons ^.
Quant aux seigneurs neustriens, ils n'avaient plus autant d'appréhension des Normands que des projets des abbés et des moines ^. Ils laissaient volontiers les hommes de guerre se livrer à des excès, espérant les avoir un jour pour auxiliaires; ils voyaient, sans inquiétude et peut-être sans remords, des familles nouvelles s'établir autour d'Oissel ^.
aq 859 Une nouvelle division de Normands monte la Seine libre. Dans une de leurs excursions , ils pnt le plaisir de voir se noyer dans l'Eure Tévéque de Chartres, Frotbald, qu'ils poursuivaient^, et le récit de l'événement, en revenant dans les barques, était un sujet de rires digne des Scandinaves. Ils montent plus haut, ils stationnent à Saint-Germain-des-Prés , à Saint-Denis; ils vont vers l'Oise, vers la Loire;
(1) M. Depping, t. 1, p. 178. (2) Hildegar, ViU S. Faronte.— Dam Bouquet, Hist. de Fr.| t. 7, p. 257. — -Gapefigue.
(3) M. Depping, p. 169. — Gordemoy, p. 185. — Gapefigue, p. 126. — Aimoin —De Mirac. St. Germ. — Bouquet, t. 7, p. 349. — Senrin , 1. 1, p. 80, place le fait en 859.
(i) Mennechet. — Gapefigue. — Michelet.
(5) Gordemoy, p. 186. — Uoiiard , p. xvij.
(6) Gesta Nornu. apud Duch. — Gapefigue.
NoyoD est dévasté ^ ; les environs de Beau vais aussi ; on prend les armes entre la Loire et la Seine ; des synodes ^ tenus à Savonnières^ à Metz, sur les excès commis dans le royaume ', inspirent quelques bonnes pensées, mais s'occupent trop de conserver des privilèges ecclésiastiques^ ou de blâmer un évéque que Ton dit traître envers le roi de Neustrie^. Gela ne produit d'autre résultat; si ce n'est que les Normands revieinnent en bon ordre sur la Seine ^^^ sans avoir perdu beaucoup des leurs. Charles-le-Chauve croit faire un acte de politique, en sollicitant Wieland, un autre Normand, qui était vers la Somme , de venir vers la Seine ; il voulait détruire les septentrionaux les uns par }es autres. Wieland lui demande trois mille livres d'argent^ et Charles les promet ; Wieland en demande deux mille autres, et Charles promet encore; mais le Normand, aussi rusé que Charles, ne voulait pas marcher sans tenir son argent , et Charles ne le pouvait obtenir qu'au moyen d'impôts d'un recouvrement difiicile; pendant ce temps les septentrionaux, fortifiés à Oissel, augmentant leur nombre, leurs provisions, leurs forces, faisaient des excursions vers paris ^.
La position de Charles et du royaume était cri- An seo tique; Louis-le-6ermanique voulait aussi s'établir en Neustrie, malgré les efforts glorieux de l'évéque Hincmar qui, sans répandre le sang, excitait à la défense^. On parlait de détrôner le petit-fils de Charlefftagoe ; alors les peuples d'entre la Loire et la Seine
(1) Cordemoy. (2] Baluze, t. 8 , p. lai, 129, 133.— Ponuneraye, £1. de Veidioii. (3) Pomm^raye. (i) Capetigue.
(5) Dom Bouquet » 1 7, p. 351. — Gapefigue.
(6) M. BlichfilQt,p.6«.
86 réveillèrent '. On ne voyait pas qnel avantage il y aurait à changer de monarque; les grands vassaux de Neu strie se mettent en relation avec les Bretons; ils montrent qu*ils peuvent plus que les ecclésiastiques; la paix est faite entre Louis et Charles , en juin 860 j elle est datée de Conflans '• Louis se retire; de nouveaux missi dominici sont envoyés pour l'exécution du traité^; Charles fait observer les capitulaires pour le recouvrement des impôts ; il établit un tarif par lequel il fixe la valeur de l'argent 4; le recouvrement a lieu contre les ecclésiastiques aussi bien que contre les laïques ^ malgré deux conciles auxquels assiste Vénilon^. Wieland, qui a touché une partie des sommes promises^ pour attaquer ses com- An M« patriotes qui étaient à Oissel ^ , se met en mouvement. Biœrn lui-même, croyant qu'il est temps de retourner dans son pays, le promet par un traité signé au château de Verberie 7; il est vrai que sachant ensuite que d'autres brûlent Saint-Vincent à Paris ^, qu'ils ont surpris Saint-Germain, il hésite, ou du moins il voudrait de l'or; mais Wieland descend la Seine, il s'avance avec deux cents bâtiments vers l'île d'Oissel, soixante autres bâtiments du roi se réunissent aux siens ; on donne un assaut. Les soldats de Biœrn ont beau montrer un grand courage, il faut capituler; c'est Biœrn qui paiera à Wieland une somme d'argent,
(1) M. Deppiug , p. 17i. (S) Baluze , t. 2, p. 137.
(3) Baluze, t. a, p. 145.
(i) La livre numéraire répondait au poids légal d*une livre ou de deux marcs ; la livre se taillait en vingt-deux toldi; chacun de ces soldi valait trois livres treize sous six deniers, ou deux francs soixante trois centimes ; le denier était la douzième partie du sou.
(5) Pommeraye. (6) Toustain de Richebourg , p. 58 , place le fait en 87S aussi à Oissel. — Servin , t. 1, p. 82. — Capefigue.
(7) M. Deppiûg , t. 1 , p. 174. (8) Duchesne, t. a, p. 586. .
et qui sortira de la Seine. II paie^ il remet ses barques à flot; ses rameurs sont à leurs bancs; partout les riverains de la droite et de la gauche le voient descendre le fleuve; il ne fait même plus d'escarmouches sur les bords de l'embouchure; il se dirige vers la Frise, et Fon a su qu'il était décédé sans avoir revu son pays natal '.
Charles-le-Qiauve , ou du moins la France, va jouir de quelque repos. Le roi saura-t-il centraliser ses troupes, fortifier ses côtes, conserver l'élan de la noblesse et modérer les pouvoirs ecclésiastiques? aura-ton la pensée de faire quelques lois?
Déjà les Normands de la haute Loire sont forcés de capituler et d'imiter Biœrn ; Wieland abjure le culte d'Odin et devient un vassal du roi de France *. H entend les réclamations de tous ceux qui ont souffert ; puis c'est beaucoup pour lui d'avoir à apaiser le scandale occasionné par sa fille, veuve du roi d'Angleterre, qui s'était fait enlever par le grand forestier de la cour de France, et dont on craignait alors l'affiliation avec quelques Normands^. Le divorce du roi de Lorraine, la justification curieuse de la femme de celui-ci par répreuve de l'eau bouillante, qu'un homme subit pour elle, et la singulière décision d'un concile à cet égard ^ , deviennent des distractions dignes du temps. Le roi donne des fiefs ou des terres à titre héréditaire à plusieurs seigneurs, entre autres il donne à Âdalgise le comté de Bayeux , sauf l'aveu
(1) Capefigue.— On ne voit pas sur quoi Cordemoy a fondé que les vainqueurs s'étaient joints aux Taincus.— Sur Oissel , près Rouen , v. Bonamy, Acad. des incript., t. 1, p. 80.
{«) M. Dulaure.— M. A. Le Prévost.— Duchesne, Hist. fr., t. 8, p. 156. — Capefigue. (3) Hénault , 1. 1, p. 71 . — Miiiot , t. i , p. 179.
(4) Millot , t. 1, p. 180.
direct à la couronne ' ; à partir de là les béoéfices sont plus réels que personnels *.
Ce qui fut vraiment énergique , ce fut la résolution de se rallier aux hommes de guerre, car il en restait encore , malgré la bataille de Fontenai. Charles donne à Robert -le -Fort le gouvernement du duché de France, c'est-à-dire ce qui est situé entre la Seine et la Loire ^; il ordonne la fortification du Pont de l'Arche^, tout en négligeant Tembouchure de la Seine, et en laissant Rothomagus et tout le pays de Caux exposés aux invasions ou à des visites inquiétantes; il rend un édit sur la profession d'avocat, laquelle, à cause des réclamations particulières^ prenait beaucoup d'importance 5,
Mais les Normands n'étaient pas tout à fait découragés. Ce n'est plus Biœrn, mais c'est Hastings qui revient dans la basse Seine avec deux cents barques^, et de nouveau visite et pille, s'il ne dévaste pas Jumiègeset Fécamp7. H stationne aussi à Oissel^; il passe devant Pont de l'Arche et Mantes, et va brûler une partie de Paris ^; il fait prisonniers quelques commerçants, pour obtenir des rançons de leurs familles'^, comme on faisait d'abord des abbés et autres chefs des corporations religieuses.
An 802 Tout le gouvernement va presque se concentrer à Pitres, ce lieu qui, suivant l'expression de deux au-
(I) M. A. Le Prévost, notes, p. 98. (S) UonioBqm&a, U 7, p. 80.
(3) Hénault, 1. 1, p. 71. -^ M. Mennecbet, 1. 1, pTlftO.
(i) Liquet , Hist de Norm. sous les ducs. (5) Baluze, t. 8 , p. 151.
(6) Ghron. Turon.— Benoit Sainte-Maure.
(7) L. Thiessé, p. 15. —T. Duplessis. — Suhm. — Sim. de Sismondi.
(8) Duchesqe.— Sim. de Sismondi. — Goube , on ne sait sur qu^l document , dit que c'est Wieland qui assiège le château d'Oissel.
(9) Dulaure, 1. 1, p. «U. (10) Id. — Duchesne.
teurs^ avait été le siège des Normands, parce que le flux vient jusque-là % parce que c'est là, pour ainsi dire, que se trouvent, et un moyen de mieux surveiller le fleuve sur lequel les Normands veulent s'habituer, et un point de contact avec Paris. On y convoque une assemblée d'évéques, d'abbés, de comtes, de fidèles; on y porte des peines canoniques et civiles contre les malfaiteurs ^. Le roi date plusieurs chartes de cette demeure, et spécialement une qui concerne le pagm rothomagensis, qui énonce les biens de l'Église de Rothomagus, et dans laquelle il parle du paysdeBrai, Braçium^ et de Montreuil (Monontoriolum). On établit des fortifications à Pont de de l'Arche ^, sur la droite et la gauche de la rivière j on met la résidence de Pitres en état de recevoir les assemblées générales des grands et du clergé. Les Normands d'Hastings quittent Oissel et se bornent d'abord, en descendant, à brûler près du monastère de Saint-Wandrille ^, l'église de Notre-Dame-de-Caillouville, à détruire Logium^; mais ils reviennent encore à Saint -Wandrille , détruisent le couvent , et les moines dispersés se retirent à Gand.
Alors Charles, Lothaire et Louis ont une entrevue qui a pour but de [régler le mode d'établir enfin une paix stable ^.
(1) Gordemoy, t. i. ?- Balaze , t. a, p. 15S.
(9) Gordemoy, t. a.— Balaze, t. 2, p. 15i, 15i. — Montesquieu , I. 31, di. 99.
(a) MaMlloii.-<-Dv£hesDe.— Gordemoy. — M. A. Le Prévost, p. 94, 30. — M. Rêver, sur Uggade. — Revue de Rouen. —T. Duplessis. — Langlois, 1. 13, p. 194.
(4) HisL des ducs de Norm. d'après deux mss. de la Bibl. Roy. iu-S, 1S40, de la p. i à la p. 90. — Toussaint Duplessis. — Belley. — Ghron. Kotb. (&) Lajoglois, p. 167.
(6) Baluze, t. 2 , p. 163. — L. Dubois, p. 99. —Gordemoy.
Cest à Pitres que Charles-leChauve conçoit l'espérance du mariage de Lothaire, son neveu , avec Valdrade, lequel va peut-être le faire excommunier, mais aussi lui livrer une partie de la Lorraine ^ Cest là qu'il apprend que Pépin II , roi d'Aquitaine, s'associe aux Normands ' ; que Louis , son propre fils, veut en garder à son service^. Toujours préoccupé par les exigences du clergé, il donne un diplôme en faveur de Tarchevéque de Rothomagus, dans lequel il proclame , c'est-à-dire il avoue, les ravages faits par les Normands , et ordonne que la possession tienne lieu de titre pour les biens dont le clergé justifie avoir joui , à l'époque du premier incendie de cette ville ^. On entend Rothalde, évéque de Soissons, qui avait été déposé dans un concile provincial^; Giarles tâche de s'attirer les grands du pays de Caux et da Yexin, en les accueillant d'une manière distinguée. An 864 C'est à Pitres encore que, le 7 des kalendes de juillet 864, il réunit une assemblée si nombreuse des premiers du royaume, qu'on peut la regarder comme une tenue d'états-généraux, suivant les lumières d'alors^; un discours latin est prononcé par le roi en personne. Il remercie les seigneurs et les ecclésiastiques présents, d'une fidélité semblable à celle que leurs antécesseurs ont eue pour ses antécesseurs à lui ; il parle des secours qu'il faut donner sans relâche , sine lassatione , contre les ennemis communs , les Normands : il propose un édit qu'il se charge , après l'avis et le consentement des fidèles, de faire
(1) Millot, t. 1, p. 180. (2) Sim. deSismondi.
(3) M. Depping ,1. I, p. 183. — L'Art de vérifier les dates.
(4) M. A. Le Prévost, p. 31. (5) Id. p. 30. — Cordemoy, t. 2> (6) Cordemoy, t S.
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exécuter; dans cetédit, qui commence par des dispositions sur la protection due aux orphelins , aux veuves y aux filles ^ aux ecclésiastiques^ aux choses saintes^ sur la nécessité d'obéir aux lois^ parce qu'elles sont faites par le consentement du peuple et la constitur tion du roif il arrête la réintégration des personnes dépouillées par les Normands ; il statue sur les vagabonds , sur les monnaies qui doivent porter d'un côté le nom du roi, et de Tautre le nom de la cité qui bat monnaie^ au milieu une croix; il fixe un délai pour la fonte des anciennes pièces; il parle des poids et mesures uniformes pour toute la France; des bannums ou impôts y du prix de l'argent et de l'or, de la défense de vendre des armes aux Normands ; du cens, de la réception des lois par les comtes et les évéques ou par des délégués ; il charge son chancelier de noter les noms des évéques et des comtes qui ont accepté ces dispositions. Chose notable, enfin, il défend la construction des châteaux et des murailles (haias), sans son ordre, et veut que les murailles déjà élevées soient défaites (disfactas) ou par les possesseurs ou parles comtes'.
C'est à Pitres enfin qu'il fait condamner Pépin à cause de sa trahison. Bernard , fils du duc de Septimanie, ayant quitté l'assemblée avec des desseins perfides, et s' étant caché dans la forêt de Longboël, voisine de l'Eure, est condamné à perdre les honneurs dont il était investi. On accorde une foule de grâces , et spécialement à l'abbaye de Saint-Ouen*; on or-
(1) Baluze , t. 2, de la p. 173 à la p. 196. — Isambert , 1. 1, p. 79 à 82. • — Cordemoy, t. 2. — L'Art de vérifier les dates. — Aon. de Saint-Bertin. < — M. Deppiug, t. 1, p. 179.— M. Capefigue recule le fait d'une année. — ^Vertot , Acad. des inscript., t. 2 , p. 611. (2) Pommeraye.
donne anx monétaires des neuf villes ou l'on battait monnaie de se réunir à Senlis, le 1** juillet, ponr y recevoir de Taisent, afin de le rapporter transformé en numéraire : Rothomagus est la seconde ville nommée '.
On voit que jusqu'au mois de juillet, où le roi a quitté Pitres, ce palais, construit en pierre et en bois', pour aller à Compiègne ^, il y a eu pour le chancelier beaucoup de besogne, et l'on voit par les dispositions relatives aux châteaux forts, quelle attitude curieuse il avait prise vis-à-vis des seigneurs <. Tout est à remarquer dans cet édit, le fonds, le langage, récriture même dont Mabillon a retracé les caractères ^^ et qui participe du grec , du romain et du celtique. An M5 La nécessité avait conseillé à Charles-le^Chau ve une réunion ayant la forme d'une assemblée nationale; mais rien ne faisait pressentir la continuation de ces mesures. Les Normands, qui étaient au courant de la conduite du roi, le sentaient à merveille. Hastings revenait avec quelques centaines d'hommes au-dessous de Pitres (car il n'osait passer à Pont de l'Arche)^. Charles accourt d'Attigny avec précipitation^ il est vrai , et force le Normand à se rembarquer ; il délègue à trois comtes la défense du fleuve jusqu'à l'embouchure 7 ; mais Hastings descendait lentement vers l'endroit où la Seine mérite le nom de fleuve, audessous de Rothomagus, à Duclair, et là sur nue rive,
(1) Périaux. — Baluze. — Hénault, p 65.— Oursd cite dix yfSies et mentioDoe aussi Rouen. (2) Hénault.
(3) A. Le Prévost, p. 3i. (4) Id. p. 31 et suiv. — L. Dubois, p. M. — Sim. de Sismondî, t. 1, p. 169. — Duplessis, t. S.
(5) Mabillon, De re diplomaticà , 1G81 , t« liyre. Amen est Représenté par ces cinq lettres : A )-( H N. (6) Cordemoy, p. 445.— Sim. de Sls^ mondi , t. 3. (7) Cordemoy, t. S. — M. Deppîng, 1. 1 , p. !«•.
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sur l'antre on sur ses bâtiments, il était tranquille. C'est de là que, par terre , des groupes se formaient pour aller piller vers Chartres, vers Paris, vers l'abbaye de Saint-Denis ' ; c'est de là que Hastings aussi partait pour aller à la conquête de Rome *• Nous n'avons dans les auteurs contemporains aucun document plus positif sur les usages, le but et la conduite de ces hommes que dans les Saga , écrites en langue Scandinave ^.
La mort du prince Charles^ presque en état de démence, celle de cet autre enfant qui était dans un couvent^, ne furent des événements douloureux ni pour leur père ni pour l'État; seulement Charles se tint quelque temps dans sa demeure principale , et les seigneurs en profitaient pour entretenir leurs châteaux f ou en construisaient même de nouveaux malgré l'édit ^. Ce que le roi fit négocier de plus heureux fut uti accotnmodement avec Hastings qui , revenant encore vers la Seine , reçut un comté et se fit baptiser^. Ce Normand ne fut pas plus tôt converti, que Pitres était attaqué par cinquante navires, sous les An sce ordres d'un autre Danois (on suppose que Hrolf, fils du iarl Rognwald, et dont nous parlerons bientôt, figurait parmi ses lieu tenants^); que les fortifications de Pitres otit été endommagées^, que Charles était
(I) A. Le Prévost, p. 35. — Cordemoy, p. U5. — Montesquieu, 1. 31, ch. 9S. (2) Strinholm , Hist. des Scandinaves.
(3) Liquet, t. !, p. 46. (4) L'Art de vérifier les dates. — Sim. de Sismondi, t. I, p. 148. (5) Liquet. (6) Hist. des ducsde Norm. publiée ^^après deui mss. de' la Bibl. du roi , par la Soc. de THist. de Fr. 1840. — M. Depjâng, 1. 1, p. 185. — Hoùard, 1. 1, préfece.
(7) Robert Wace, roman de koii, 1U3« vers. V. les observations de ^Ol. Le Prévost et Liquet au bas de la page.— L. Dubois, 1. 1, p. 83.
(8) Cordemoy, p. 230, avance le fait d'une année. — M. Depping le recule du même espace de temps.
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forcé de venir pour les réparer. Les nouveaux Normands allaient par terre jusqu'à Melun^ où ils recevaient une forte contribution ' ; s'ils avaient quelque échec y ils venaient à leur tour dans la basse Seine ; ce ne fut qu'au moment où Charles eut fait construire une estacade à Pitres ^^ qu'ils se renfermèrent dans la partie inférieure du fleuve ^ ; comme ceux qui étaient d^s les parties supérieures de la France éprouvaient des revers , et comme RoberUe-Fort , cette tige des CapetSy leur portait des coups terribles , avant de mourir ^j ceux de la basse Seine voulurent bien se retirer, et laissèrent les Rothomagiens et les Cauchois respirer ^^ aussi bien que leur évéque assister au troisième concile de Soissons ^.
An 867 Quoiqu'il soit vraiment intéressant de suivre ces expéditions maritimes , qui de la Seine se dirigeaient vers la Bretagne 7^ assez rudement pour que le duc de cette province envoyât demander des secours au roi , ou bien qui se portaient vers l'Angleterre ^, où ils faisaient remarquer leur bravoure en même temps que leur intempérance , nous avons assez à nous occuper de ce qui se passe sur le théâtre neustrien. La famine régnait tout le long de la Seine ^^ et cela se conçoit y puisqu'à l'époque des semailles^ comme à celle des récoltes, les cultivateurs et ceux qui les mettaient en œuvre étaient forcés d'abandonner le pays, ou, trop distraits pour soigner la culture^ avaient
(1) Sim. de Sismondi. — A. Le Prévost , notes. — Liquet. — Capefigue.
(2) Sim. de Sismondi. (3) Capefigue.— Sim. de Sismondi.
(4) L'Art de vérifier les dates. — M. Mennechet , t. 2 , p. 871. — Cordemoy, t. 2. (5) Capefigue. — Bouquet , t. 7, p. 93. -^ Ann. de Saint- Bertin. (6) Pommeraye.
(7) M. Dubois, p. 22. — Sim. de Sismondi.— M. A. Le Prévost, notes, p. 37. (8) M. Depping, 1. 1, p. 201. (9) Dulaure.
assez de s'occuper à retrouver leurs fonds, à régler les limites eflfacées (car la mauvaise foi profite de tout désordre), à demander au roi un capitulaire % sur le droit des églises pillées.
Gharles-le-Cbauve qui aimait à conquérir, et neA« savait pas conserver, a tâché un moment de réparer tant de désastres, et Pitres même est devenu pour lui un endroit favori, où il appelait souvent Vénilon*. Après s'être occupé des affaires publiques, il y jouissait de la chasse, son exercice favori. C'est là qu'il déclarait vouloir continuer l'usage de ces assemblées qui , en même temps qu'elles lui faisaient connaître à fond l'état du royaume, lui attachaient les seigneurs et les ecclésiastiques par des rapports plus fréquents. Il préparait là cette convention qu'il devait signer avec Louis ^, sur une alliance plusin* time; il recevait l'archevêque de Reims ^ Hincmar, qui réclamait contre la citation d'un autre évêque, devant un tribunal séculier"^. Il accueillait les ambassadeurs de diverses puissances; il voulait s'occu- . per de l'éducation publique; il préparait le moyen de faire le dénombrement des possessions des évêchés; il faisait fixer, en août, la longueur du pied et des autres mesures ^, d'après les dimensions de son nouveau manoir, comme pour dire, que chacun le pouvait venir vérifier; il tâchait d'avoir quelque influence, par des ambassadeurs, sur l'élection du pape Adrien II ^; il tenait une assemblée générale pour recevoir ses tributs annuels. Il envoyait une couronne d'or au duc de Bretagne, à cause de sa conduite fidèle; il
(1) Baluze , t. a , p. S03. — Isambert, 1. 1, p. 82. (a) Pommeraye, p. 213. (3) Baluze, t. 3, p. 207. (4) M. A. Le Prévost , notes, p. 37. (5) Id. (6) HénauU, 1. 1, p. 71.