‹ Annales des Lagides, ou, Chronologie des rois grecs d'Égypte, successeurs d'Alexandre-le-Grand;Chapitre 14 sur 105 · I02 ANNALES DES LAGIDES · texte numérisé non relu

I02 ANNALES DES LAGIDES

à son année aucune correction, aucune in tercalation. Cette résistance fait supposer des motifs d'un ordre supérieur , ou beaucoup d'ignorance ; et, sur ce dernier point , il peut ne pas être inutile de rctiiarquer que , longtemps après le siècle d'Alexandre , le 2 1 juin de Fan 1 68 ayant Père vulgaire , dahs la Macédoine même , les Macédonieiis coriibâttirenl avec ftioins d'ardeur coritré lès Romains et furent complètement défaits, remplie d'effroi par une éclipse de lune (jiii eut lieu dans la nuit qui précéda la bataille , éclipse que Sulpicius Gallus, général romain, âvoit d'avance recoiinue , annoncée à ses soldats (i), et que les Macédoniens prirent pour un prodige de sifiistre augure (2). Sans entrer ici dâïis Teiâmen dés causes qui Atent rejeter par lefe Macédoniens lés institutions qui , chez d'autres peuples de la Grèce , tendoiént à établir une plus exacte division du tetops , examen qui demande des recherches d'une trop grande étendue

(1) Frérety Acadl <)es Béllès-Lettres, iCVI. Mém., 217. : (a) nt Lh. Hist., XLIV, 37.

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pour qu'elles trourent ici la place qu'elles peuvent occujler dans uh traité spécial sur cet important siijet , il deVra suffire de rappeler que Deriys Pétâu et Tillustre Fréret n'ont retiré de leilri^ sérietises médita^ tions sur cette matière , que des incertitudes et quelques yàgues coxijectores. Nous a^outerons qu'araût Fréreî^ DodAVel avôit cohsîdére comme vrahembkAh seudeméfit, l'adoplion par les Makédoinems dés cycles qui furent en usage à Atfeénes et à Atgtfs , et qne . Dôdwcl émet cette pensée avec uïie rcsei?ve dont n'avoit pas dortné l'eiefflplc Usséiiu» qui , iioriit-c l'évideiTee , on .peut le dire , aroit fait d'es efforts inouïs pour prouver le très-ancien usa^ d'une atmée sotail^e che2 les Màcédoni^stis; .

Il nous {^ai'oît ffu contfBriré que^ judques à ]at réfDpnkatïon du caléndi^iêr pat Mes- César et au moiàèàt tsh Auguste ïa jRt adopter dans toute la domination romaine , les Macédoniens se servirent d'mie année purement lunaire , de 354 jours divisés en 1 2 mois alternativement caves et pleins , de

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29 et de 3o jours , et sans aucune întercalation. Macrobe a très-bien dit que tous les peuples de la Grèce , si l'on en excepte les Arcadiens et les Acamaniens qui avoient des années d'un petit nombre de mois , employoient une année de 354 jours (i). Mais y sans nous prévaloir de. ce témoignage , et pour réduire la question à ses termes les plus simples, il suffit de s'arrêter à ce qu'en ont dit Denys Pétau, Fréret, Dodwel et Ussérius. Us Font examinée sous tous ses rap-* ports ; leur vaste érudition commande beaucoup de confiance : l'erreur même de ce dernier ne sera pas inutile à la discussion.

UssériusveutquelesMacédoniens se soient servis d une année solaire dans leurs usages civils, long-temps avant Père vulgaire (2).

Dodwel dit que vrmsemblahlement les Macédoniens adoptèrent les cycles en. usage à Athènes et à Argos (3).

(i) Lib. I^ cap. la.

(a) Usserius , de 4'^no solari maced. , ad cs|1cem Anna^ /i«w, i65o,P.

(3) Dodu^ei^ de C/ciis Gr^coram^ pag. 364*

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Le père Pétau soupçonnoit que les mois de Tannée macédonienne étoient lunaires (i),

Fréret enfin étoit convaincu que, des renseignemens existans de son temps, on ne pouvoit tirer que des conjectures sur la nature de Tannée qui avoit été en usage chez les Macédoniens (2).

Tout n'est donc que conjectures dans l'opinion de Fréret, de Pétau et de Dodwel :

Ussérius seul a affirmé quelque chose sur ce sujet.

Mais Fopinion d'Ussérius , qui donne aux Macédoniens une année solaire longtemps ayant Tère chrétienne , est justement décréditée par la manière même dont il la présenta. Pouvoit-il croire l'établir sur de solides fondemens , lorsque , pour prouver l'usage de l'année solaire long-temps avant l'ère chrétienne , il se sert de datés postérieures à la première année de cette ère ,

(1) Peta». ia Epiphan, II, p. 139.

(a) Acad. dcsBelles-Letlres^XYI. Mém., Say.

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prises dans des temps et dans des lieux ou Tannée solaire étoit généralement adoptée ?

C'est là le seul genre de preuves matérielles quHl a)Oute à ses conjectures , et comme il les veut étayer les unes par les autre* , elles ont aussi un sort commun , celui de ne pouvoir soutenir le plus léger examen . Frét*et a pris lui-même le soin de le démontrcr(i) ; nous nous abstiendrons dé le faite^ ici de nouveau. Considérant toutefois les asâ^t-^ tions d'Ussérius par rapport mtx épôtpies de rhistoire d'Alexandre , nous profitehoilts de Taveu qu'il fait que , jusqti'^ la xAbrt de Philippe son pèfe , Tannée màcédoAieïltte fut lunaire (2), et l)od\lrel n'Iié^te pâfs d'adopter ce sentiment , qui lui paroit bien fnadé (3). Il s'ensuit que ce qui est démdtttté par Ussérius est tout juste le contraire de

(1) Fréret, Acad. des BèlIes-LcUres, XVI. Meta., 3oS et 3io, où il cite ropioion de J^H^a, Jiicck)/i'ti Noris ^ qui est conforme à la sienne.

(a) Usserius^ de Anno solari tnaced.^ ad calcem Annal* cap. I, p. 94.

(3) Dùd0ei,dê Cycl\s'Gfmconm\ pag. 377.

ce qu'il avoit ehtrcpris de prouver ; car il affirme que jusqu'à la mort de Philippe , père d'Alexandre , l'année cÎTlle des Macédoniens fht lunairfe. Or ses dires îsor Fadoptîon de l'année solaire dès la mort de Philippe, sont demies de toute espèce de témoignage , et on n'a pu f cussir à faire xoir qu'il se soit opéré, à cet égard , un fchangement dans eéltè itistitutîon , ni qu'aptes la mort de l4iilippè l'àttnée lunaii-è dfes Macédoniens soit dèvenîie une année solaire :

il résulte donc des efforts d'tJs^éi'îus même, qué^ pout* les temfiS ailtérieui^ et postérîeiirs à Philippe , rannéé des Macédoniens étoît une alinée hinaire.

Dbdwel tië cbrltt^ëdit pas ce résultat en disant qu'il présume qtiie les Macédoniens âvoifetit adopté teé cytles d'Athènes et d' Argos ; car il en èSt dèè cycles éomttie de toutes le$ JM^Hédei ètàtrêtfiômîitJUës qiiî; inventées pal: tes àéti!t>iiOitiès ^our râmertet- te3 âttnées lun^iiËs aUk àânéfes solaires, ittipôi^toiëW ^tit^tti usage» cîAdb dtes peuples ayant une annéfe dont ils ne coîlttoissoicntqiie iésjo^rs,

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les mois et la révolution, le commencement et la fin , sans s^occuper de ses rapports avec l'état et les réyolutipns du ciel ; car Vannée civilement en usage , marche indépendante des cycles dans lesquels la science peut théoriquement Tenfermer , tandis qu'au contraire le cycle lui-même , quel qu'il soit , reste soumis à la règle que l'année en usage lui impose infailliblement. Par là, quoique les Macédoniens eussent adopté les cycles connus dans l' Attique et dans l'Argolide y . leur année civile n'en auroit pas été moins indépendante. Si donc elle étoit lunaire avant Philippe, ce que présume Dodwel fùt-il vrai, l'année seroit restée lunaire en-, core après. Ainsi , le résultat négatif des recherches faites dans l'intention de prouver le contraire, laisse subsister tout entier le fait antérieurement reconnu , que l'année macédonienne étoit purement lunaire.

Xi'examen des opinions d'Ussérius et de Dodwel nous conduit à cette conclu;$ioii. .

Enfin Denys Pétau dit ppsitivenient qu'il n'est pas éloigné de croire que les. inpis.

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macédoniens ëtoîent lunaires ; c'est Félément naturel d'une année qui le seroit aussi; le sentiment de Pétau concourt donc à appuyer la conclusion qu'on vient d'énoncer, et celui de Frérct , le plus sage et le plus fondé , ne la contrarie ni directement , ni indirectement. ^^

Ainsi notre précédente assertion, qiie l'année macédonienne étoit lunaire , reste dans toute son intégrité. Le cardinal Noris s'en est expliqué clairement et dans les mêmes termes (i) , quoiqu'il eût été embarrassé de prouver son opinion. Nous allons la justifier par des considérations <{ui sont le fondement de la nôtre.

I**. Tous ceux qui ont entrepris de reconnoître les rapports du calendrier macédonien avec celui d'Athènes et de l'Egypte, dans le but d'expliquer les dates selon ces calendriers comparés qui se trouvent dans

(i) Noris, Annus et tpochm Syro-Maced,, pag. 3 et 7. Initia ^ mpud çuasçue matiogus anmi erant lunares . ex puris

measi'âus lanariùus coUecti NuUus duHto çuin i/fsi

fiun/iie Maceione* mnnos juxta lunet motus collegerînt.

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les auteurs et les monumens , l'otit entrepris sans succès ; cependant toutes les sup*positions , toutes les explications , toutes le$ espèces d'années , excepté Tannée lunaire , toutes les intercalations ont été essayées ^ mais vainement.

2*". Ces essais^ multipliés sans résultat^ prouvent qu'aucune des années et des intercalations qui ont été éprouvées, ne peut rendre raison ^os rapports du calendrier macédonien avec celui d'Athènes ou de l'Egypte , et les dates connues sont ainsi sans explication satisfaisante*

3*". |1 reste à tenter encore si l'on peut apprendre quelque cfaiose de plus en sùp^.

posant l'^née m^cédoniemie purernent lunaire , pi^isqn^ toutes les autres mé-* thodes n'ont conduit à aucune certitude ; et, comme cette supposition étoit , de tontes celles qui p^ois^ent pOaglbl^ y la seule qui n'avoit pas été faite ^ ne pouvoit-on pas espérer d'arriver au but indiqué, par ce chemin, le seul de tous ceux qui pouvoient y conduire , qu'il restoit à parcourir ?

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4". C'est avec le degré de confiance que ce raisonnement inspiroit tout naturellement , que nous avons cherché à reconnoître le calendrier macédonien et ses rapports avec ceux des autres nations de la Grèce ou avec celui de l'Egypte , et notre espoir n'a pas été déçu. Nous devions réussir, précisément parce que Ton avoit échoué jusquelà , la différence des méthodes étant la clef véritable d^ cette énigme chronologique.

Nous avons donc retrouvé le calendrier macédonien composé ainsi qu'il suit (i) :

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