‹ Annales des Lagides, ou, Chronologie des rois grecs d'Égypte, successeurs d'Alexandre-le-Grand;Chapitre 16 sur 105 · CXI.) CXIL. J · texte numérisé non relu

CXI.) CXIL. J

Idem,

Idem.

là 8

CXUL

Commune.

L*ann. entière.

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Idem,

Idem,

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Embolismîque.

Idem.

Commune. • '

Du i" Héca-j tombseon au 6 Thargélion.

Total. . . .

3oi

MORT d'alexandee. l33

Le n ombre certain des jours écoulés entre ces deux époques , est donc , selon le calendrier athénien, tel que le font connoître lés rapports les plus positifs > de 11,629.

Si la restitution du calendrier macédonien, selon que nous l'avons proposé, et sa concordance avec le calendrier athénien , reposent sur de bpns fondemens et sont exactes d^ns tous leurs points , nous devons trouver le même nombre de jours entre les deux dates macédoniennes qui correspondent aux dates athéniennes de la naissance et de la mort d'Alexandre ; et cependant leur énoncé numérique n'est pas le même, puisque la mort est du 6* jour du mois athénien et du 28*" du mois macédonien. Ce sont des nombres fixés d'avance qui ne pourroient s'expliquer si la règle qu'on propose pour y parvenir, n'étoit pas douée de toute la précision qui lui est nécessaire : celle que nous avons indiquée ne ya rien laisser à désirer sous ce rapport.

Plutarque, n'ayant pas indiqué le jour du

l34 A^KAIflS DES liAGIDES.

mois macédonien lous , qui répondoit au 6 hecatamb^^on athénien, laisse par4à une incertitude de plusieurs jours ; mais comme ici les incertitudes doivent être écartées, nous procéder<ms dans un ordre inverse de celui qui nous a donné en jours Vintervalle des dates athéniennes.

Si uous remontons en effet, à comp** tw du aB da^sius macédonien , à un nombre de jours égal à ceux que contient llnteryaUe des dates athéniennes , c- est-àdirc 11,6^9, nous trouvons pour le premier de ce nombre le 23*^ du mois lous , et ce mois est tout juste le mois que Plutarque indique comme celui de la naissance d'Alexandre. Si la restitution du calendrier macédonien et sa concordance avec le calendrier d* Athènes n'étoient pas euctes, pourroit4l arriver que le hasard {burnît celle que nous trouvons ici , lorsqu'un jour de plus ou de moins dans la Ion* gueur d'une année, suffit à déranger , sûu<vent pour plusieurs siècles , la concordance de deux calendriers , et que ce dérangement

M^ftT D' ALEXANDRE. l35

sera d'autant plus sensible , que le nombre de jours ajoutés ou retranches sera lui* même plus grand.

Or, Tannée qui règle le calendrier macédonien est lunaire , de 354 jours , c'està-dire la plus courte de toutes. L'année athénienne , au contraire , quoique lunaire , devient solaire par les intercalations ; et il y a cette différence entre Tune et l'autre , qae le nombre de jours supputés donne, selon les Athéniens, 3i années et lomois justes ; selon les Macédoniens, 32 années, 9 mois et 6 jours, et toutes deux 3i années juliennes, lo mois 6 jours et un quart.

Pourroit-il arriver qu'avec ces élémens fractionnaires inégaux , la concordance proposée convînt à des dates écrites depuis dix-huit siècles , si cette concordance ne reposoit sur des bases certaines ? Il s'agit ici de nombres, et tout y est de rigueur. La restitution du calendrier macédonien et sa concordance avec celui d'Athènes , sont donc justifiées par les résultats que nous venons d'énoncer, et nous pouvons dès lors pré-

j36 annales des lagides;

senter ia supputation directe , selon les Ma-^ i^e'doniens , de l'intervalle cherché :

pu a3 lous (dixième mois) qui est de trente

jours» à la fin 8 jours.

Les deux derniers mois qui le suirent Sg

3i années de 354 jours i^>974

I année pour les la mois absorbés par les

la intercalations athéniennes 354

Du i'' dius de Tannée suivante au a8 dxsius. a34

Total 1 1,629 jours.

Et ce nombre est égal à celui qu^a donné rintervalle des dates athéniennes.

Ce résultat confirme tout à la fois le rapport de Démétrius de Magnésie , de Satyriis dans Athénée, de Denys d'Halicarnasse , de Plutarque , d' Arrien , d^Ëlien etdesEphémérides. Il justifie la restitution proposée du calendrier macédonien et sa

concordance avec le calendrier d'Athènes ; il peut servir à toutes les époques de l'histoire d'Alexandre, à reconnoître les dates grecques qui s'y rapportent , même à remplir les lacunes qui se trouvent à cet égard dans les historiens (i) ; il donnera l'année et

(1) Particulièrement dans le passage d*Arrien, relatif au

le jour y selon le calendrier julien , qui furent ceux de sa mort. Cet ensemble remarquable , ce concours si positif dMlémens, disparates entre eux, pour déterminer , sans incertitude , cette grande ëpoque historique, sufifiroient, on le croit, pour mettre hors de doute et faire considérer comme rigoureusement prouvé, le résultat qui vient d'être énoncé. Nous pourrions donc nous abstenir d'examiner, même sommairement , les opinions anciennes ou, modernes qui peuvent s'en écarter ; car le premier effet du résultat obtenu doit être de les faire considérer comme suspectes d'erreur.

Mais la gravité du sujet , son importance , la nouveauté , on pomroit dir^ la singula-

départ de la flotte pour les Indes, départ dont l'époque est indiquée au ao boëdromîon attîque, mais dont I^ concor'* dance macédonienne, qui étoil primitivement dans Arrien , manque dans son texte sur leqiiel la sagacité des critiques a*est seuyent exercée. Notre concordance des deux calendriers rétablira facilement ce texte. Amafi,pladie», cap. ai*«- Saimie^mix^ Hist. d'Alex., 629.

l38 ANMALES DES I«AGID£5.

rite des faite dont non» venom d'acquérir li connoissance , nous imposent peut-être le deyoir de revenir ua instant aux émvain»

qui offrent ou paroissent offrir des énoncés de temps peu conformes aux résultats déjà obtenus, et parmi eux se trouve Arrien^ qui réunit à un très^haut degré les qualités les plus propt^s , dans un historien , à inspirer une grande confiance.

Nous avons dit, à son snjet, que Tin-exactitude de se^ indications repose sur le sens qn*il a donné aux paroles d'Arisr* tobule qui fait vivre Alexandre 32 an* nées et 8 mois de la 33^ , pendant laquelle il seroit mort. Mais le calcul athénien et le calcul macédonien des dates comparées de sa naissance et de sa mort, (conservées par les historiens , ne le font vivre que 3i années juliennes, lo mois et quelques jours. Eusèbe (i) et la Chronique d'Alexandrie (2) rapportent en effet

(i) Busebii ChroHUom, , pag. i3S.

(a) Chronicon PaschaUy pag. 171 •

MO&T ]>'ALXX4KDR£i 1^9

qu*AIexandre mourut dans la ^if" année de son âge, et Eusebe ni i'auteur de la dhronique ne ' pouvoient ignorer les pa« rolés d^ Arrien , et la durée qu'il donnoit à la vie d'Alexandre. L'auteur du premier livre des Maciiabées (i), et Josephe (2), u'ignoroient pas davantage les supputations d'Aristobule , qui font donner aii règne d'Alexandre 12 ans et 8 mois de du-»

rée , et cependant ils ne lui accordent que 12 années, ce qui fixe sa mort à cette 12® année ^ ]a 32* de son âge, et revient au compte que donnent les dates athéniennes et macédoniennes comparées^ On peut donc conclure de toutes ces différences, que Josephe, Fauteur du premier livre des Machabées , celui de la Chronique d'Alexandrie et Ëusèbe, ont exprimé exactement le sens du passage d'Aristobule, en rie donnant aux 32 années et 8 mois qu'il indique selon le calendrier

(1) 141». I9 cap* I , ^. 8.

(a) j^bHç. Ittd, XIU cap. a, p. 58S» X. l^ Am&t9l4ed.j P.

l4o ANNALES DES LAGIDES.

lunaire macédonien , que la valeur qu'il de- Yoit avoir dans le calendrier solaire dont ils se servoient eux-mêmes.

Aristobule, en effet, associé aux expéditions d'Alexandre (i), et Tun des premiers personnages de sa cour, pouvoit-il employer une autre manière de compter le temps , un autre calendrier que celui que la volonté du prince avoit légalement autorisé , qu'il imposoit à tous les peuples soumis par ses , armes (2) , que ses successeurs , assis sur les trônes de Syrie et d'Egypte , conservèrent avec soin (3) ; celui , enfin ^ dont se servirent

(i) Arrian.^ Exp, Alj Prof,

(2) Vojrez dans XHémérologe les calendriers des Macédoniens d'Egypte, des Tyriens, des Syriens, des Sidoniens y des Lydens , des Ephësiens , de Gaza , d^Ascalon, de Sëleude, etc. Mon Mémoire sur XHémérologe et sa complète restitution , fait partie de mes Recherches sur les calendriers àt,% peuples anciens ; il a été lu à l'Ins~ titut. Voyez TExposé des travaux de la classe d*hîstoîre et de littérature ancienne, pour 18149 f^ ^* Daunou, pag. 65-67.

(3) Voyez les monumens de Tempire des Séleucides , et pour les Lagides^ la belle inscription de Rosette où se trouve une date macédonienne.

MORT D'ALEXANDRE. tLl

Diodote d'Erythres , Ëumène de Cardie , rédacteurs des Ephémérides d'Alexandre (i), et attachés comme Aristobule à sa fortune , à sa personne , ne le quittant jamais , et chaqfue jour écrivant les principaux actes de sa vie publique et privée ? Comme eux aussi , Aristobule et Ptolémée , qu' Arrien déclare avoir pris pour guides, durent se servir du calendrier macédonien. De plus, écrivant l'histoire d'Alexandre après sa mort, où pouvoient-ils trouver les dates des faits les plus éclatans qui quelquefois intéressoient leur propre gloire , si ce n'est dans les Ephémérides qu'on avoit rendues publiques, et dont Strattis, selon Suidas (2), donna long-temps après un abrégé ? Enfin , si les journaux de Néarque et d'Onésicrite nous étoient par-

(i) Plutarque et Arrien. rapportent un fragment de ces Ephémérides, où toutes les circonstances de la maladie d'Alexandre sont notées jonr pour jour , depuis le lydaesius {usqu'aiLaSy qui fut celui de sa mort. Blien , qui n*indi«{ue point la source où il a puisé (III^ a3'), donne des détails qui datent du 5 du mois ^ont le nom n'existe plus dans son texte.

(à) In verbo Zt^mç.

l44 ANNALES DES LAGIDES.

ce 8* mois entier* à la vie d^ Alexandre* Ainsi Arrien, adoptant les mots d'Anstobule j les a appliqués à Tépoque première de la vie d'Alexandre ou à celle de son élévation au trône , et ajoutant les nombres d'Aristobule à Tarchontat d'Ëlpi* nés sous lequel naquit Alexandre, ou à celui de Pythodème qui vit moutir Philippe et commencer, le règne de son fils^ il a été contraint d'en fixer la mort sous Hégésias , à la i** année de la cxiv* olympiade , et il en résulteroit que la vie d'Alexandre, ainsi prolongée, auroit eu une durée qui ne se rattacheroit à aucune date connue et certaine. On le conçoit aisément si l'on fait attention , d'une part que , sous l'archontat d'H^gésias , le mois de thargér lion , mois athénien de la mort d' Alexaur dre , étoit postérieur de trois cents jours au moins à la célébration des jeuX' olympiques , et de l'autre que la mort d'Alexandre ne peut pas être éloignée de l'époque de ces jeux, puisqu'elle arriva à Babylone en même temps qu'à Corinthe celle de Denys qui se

MORT D'ALEXANDRE. t.|S

rendoit à Athènes pour y assister. Or, les trois cents jours dont Arrién accroît évidemment là durée de la vie d'Alexandre , font un intervalle de dix mois. Si Ton retranche ces dix mois des trente-deux années et huit mois d'Aristobule , on' revient exactement aux trente-une années et dix mois que le calcul athénien , le calcul macédonien et le calcul julien s'accordent à donner à la vie d'Alexandre. Faudroit-il hésiter encore entre la vague interprétation donnée par Arrien aux nombres d'AristoJiule , et les r&ultats régulièrement obtenus d'une exacte discussion, de nombreuses autorités, de témoignages positifs et de supputations qui suffiroient seules, par leur accord, pour faire naître la plus entière conviction ? La saine critique s'oppose également à ce qu'un seul rapport obtienne la préférence sur un très- grand nombre d'autres non moins positifs et non moins concluans. La date de la mort d'Alexandre restera donc fixée au 6 thargélion, de la 4*^ année de la cxiii* olympiade , sous l'archontat d' An-

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