AUGUSTE EU EGYPTE
court exposé des principaux événement qui amenèrent cette conqnéfie, peut rendre plus facile et plus sûre Finditation du temps ou elle St^opérd.
Les' triumvirs qui se dispotoîent k droit de gouverner la r^ublique romaine, ou plutôt celui de l'asservir, firent, rde plu^ sieurs de ses provinces , le théâtre ou leur ambition commit au hasard des combat» ses plus chères espérances. Lépide leur préféra bientôt Tobscur repos de la vie domestique.
Antoine^ miutre deFEgypte par ses intimes rapports avec la reine Cléopâtre , ne crai- ^it point de se mesurer à Actium avec son compétiteur Octave qui le battit sans le vaincre. Cléopâtre , que les passions de Tamour plutôt que les froids calculs de la politique avoi^it associée aux entreprises d'Antoine , parut un moment le seconder et vouloir le faire triompher dans ce combat naval ; mais incertaine du succès , elle prépara par sa fuite la défaite d'Antoine (i),
(i) Le a septembre de Tan 3o avant Fère vulgaire V Octave III et Messala étant consuls.
l8o ANNÀLUS DES LAGIDES.
et déguisant cette catastrophe, ramena sa flotte dans le pori d'Alexandrie. Bientôt après Antoine fut auprès d'elle : d'un commun accord, ils appelèrent pour les soutenir des rois que la prévoyance d'Octave savoît détacher de leur alliance. Cléopâtre ellemême , par des menées secrètes , sacrifioilf Antoine à sa sûreté personnelle ; tout sembloit accroître pour lui les périls que la défaite d'Actium venoit de faire naître.
Octave vainqueur avoit repassé l'hiver d'après en Italie (i); il la quitta presque aussitôt, se rendit à Rhodes, aborda en Syrie , reçut à Ptôlémaïs les servilés hommages ef les utiles secours d'Hérode , prit Péluse ; vint sous les murs d'Alexandrie demander compte à Antoine de ses dédains pour Octavie (2), et, dans tout l'appareil de la guerre , venger l'insulte faite à uiie
soeur en faisant mourir son mari. Ainsi les
(i) Dans rhiver de Tan àg avant l'ère Yulgaire, Oc-* tave IV et M. Crassus étant consuls. Mio Çass,^ XLI> pag. 445.
(3} Sue/on, ia Auguste*
AUGUSTE EN EGYPTE. l8l
armées de la république, ^es alliés, son argent, ses vaisseaux étoient employés à réparer des affronts domestiques ; Qes prétextes dju moins couvroient en apparence les vœux de la plus ardente rivalité. ^
Ce fut en vain qu'Antoine vaincu sur terre voulut chercher un refuge dans la flotte ; Cléopâtre en avoit autrement disposé , mais sa trahison fut pour elle sans fruit. S' étant retirée dans un tombeau avec toutes ses richesses , la nouvelle de sa mort fiit à dessein répandue , et causa celle d'Antoine qui se perça de son épée ; luttant ensuite de perfidie avec Octave , elle espéra quelques jours triompher de son vainqueur.
Octave , maître d'Alexandrie , entouroit encore la reine de tous les prestiges de la suprême puissance ; il en paroit la victime qu'il vouloit attacher à son char. Elle le connut , et n'hésita pas d'échapper à la honte par la mort. Ainsi finit la race de Lagus , qui dut son élévation à l'ambition d'Alexandre , sa chute à celle d'Auguste , et
iSn ANMAL&S DES LA&IDES.
VËgypte , descendue au rang de province romaine, fut mise dès lors ans: ordres d'un prpfet(i), •
Le .précis de ces graaids ëvenemens ne saAu^it fmffire au but que Ton s^est ici proposé ; il s'agit d'en connoître exactement les époi|iies, après en avoir indiqué les prindpales particularités : de nombreuses autorités peuvent noMois les diainer sans difficultes comme sans ei£cNrts,
Bion Cassius , qm a écrit avec beaucoup de s<xln sur les circonstaoïces de la gnearve dont la conqu^t^ àe i'Egypt^ par Augusfte fut le résultat , indique le jour de la bataille d'ActiiJim au 4 ^^ noues de septembre.
Octave III et Messala étant consuls (2) , c'est-à-dire le <$ du mois de septembre de l'an 3q ^v^t Vhve chrétiasme (3),
(i) piû Cass.f lîb. M, Haitovhcj 1606, f«.
(a) JQwi Otss. , tl , pag. 44^.
(3) Çofviai, Fasé. ^//., IV^ 198. — Le frii^Uent ^*uti calendrier antique^ trouvé k Aquilée «t rapporté par MuF^torî, confirme llndication de Dion Cassius. {Mor4^^ A'tff, 7»<?j, f^sçripl,^ pag. CL , tafe. a ).
Aei^USTl fil9 EGYPTE. ^83
Dion ajoute que , Thiver suivant , Auguste pdmlaiit son quatrième consulat, M. Cras^ sm étant son collègue, alla en Italk et repussa auÀ^ôi après en Asie (i); et par ces consuls, ces événemens appartiennent à Tantice suivante , au commencenient de la 29"" avant la même ère.
Plusieurs mois se passèrent en négociations entre Octave , Antoine et Cléopâtre.
Le premier se décida ensuite à poursuivi*e son entreprise, parvînt en Egypte, d^t Antoine , vit mourir Clcopltre , et fut le maître de ce royaume.
Jj'année suivante , Octave V et Sex. Apulée étant consuls , on consacra par là iolennité du serment , les actes du sénat qui déeemoient à Octave les honneurs de plusieurs triomphes (a) ; et ceci arriva le i* janvier 4e la 28^ année avant l'ère vulgaire.
Un de ces actfss du sénat portoit que le jour de la prise d'Alexandrie seroit consacré
par une fête : un calendrier romain marque
(i) Dio Casj.f LI,]pag. 446.
(a) Dio C0SS, , pag. 457. <«- Ctnsorin,^ cap. 2a.
l84 ANNALES DES LAGIDES.
cette fête au premier du mob de sextilis ( i) ; un sénatus-consulte et un plébiscite posterieurs de deux années ordonnèrent aussi que ce mois de sextilis , pendant lequel l'Egypte avoit été réunie à FEmpire romain, porteroit désormais le nom de Augustus (2).
Ainsi , le 2 septembre de Fan 3o avant Fère vulgaire , la bataille d'Actium fut livrée ; le I*' août de l'année suivante, la 29* avant la même ère , la ville d'Alexandrie fut prise par Auguste , et ce fut dans le courant du même mois que la mort de Cléopâtre mit fin au règne des Lagides , que FEgypte dès lors fut asservie à la puissance romaine.
Ce résultat , fondé sur plusieurs témoignages très-précis , peut être soumis à une vérification qui en prouvera Fexactitude , et c'est encore Ptolémée qui nous en fournira les moyens.
(i) B/ancÂiniy Kal. rom. j tab. i, 4^i (2) Macrçih Sat /, pag. 174,
AUÔUSTE ïiN EGYPTE. l85
Il cite dans le troisième livre de TAlmag^te, Féquinoxe d^automne qu'il dit avoirv observé lui-même avec beaucoup de soin , le 7® jour du mois égyptien athyr de la 1 7* ai^née du règne d'Hadrien , qui est la 880* de Nabonassar (i). Les tables de concordance du calendrier égyptien de TAlmageste et du calendrier julien , font voir que ce jour répondoit au 25 septembre de Fan i33 de l'ère clirétienne. Ptolémée ajoute que , depuis le commencement du règne d'Auguste en Egypte jusqu'au jour de l'observation , il s'était écoulé 161 années égyptiennes et 66 jours entiers, plus deux heures depuis midi du 67®. Ces 161 années de 3&5. jours et les 66 jours de l'année suivante font ensemble 58,83 1 jours complets. Ainsi au 25 septembre de l'an i33 de l'ère vulgaire, il s'étoit écoulé ce même nombre de jours depuis le commencement du règne d'Auguste en Egypte , époque a%Tc laquelle coïncide la fin du règne des Lagides.
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. (1) Almageste , liv* III , chap* 6, t^m, I, pag, 304,
l86 ANIIAX.ES I>£8 &AGIOXS.
Si Ton remonte pendant Tintervalle de temps néce«aaire pour que ce nombre d^ jours soit ab9oii>é par des mois et des années du calendrier juUen y on trouve que , depuis le 25 septembre i33 de Tère chn^ tienne jusqu^au 3o août de ia og"" année qui la précéda, ce nombre de 58,83 1 jours est absorbé tout juste, le premier compris et non le dernier comme étant celui de Tobs^r* vation. Il en résulta que Téquinoxe observé par Ptolémée et ses calculs , indiquent le 3o aoèt de Fan 29 avant Fère chrétienne , comme le premier jour de la première année c<miptée depuis rasservissement de F£gypte par les Romaîns. Ce mime jour » 3o aoAt de Fan 29 , est le premier de da 7 tg^ année de Nabooassar ; Fanaée précédente , la 7 18*, avQÎt absorbé les 29 premiers jours du même mois d'août de Fan 29 ; ainsi Fon est ramené par Fobservation de Ptolémée au résultat d^ obtenu par le rapport des historiens , c'est-à-dire , à savoir que la prise d'Alexandrie et la fin du règne des Lagides par la mort de Cléopâtrç, sont des 2.9 preimers
AD^ITSVS 'EH BGYFTfi. 187
jours Au moU d^aoât de la, 2g^ année arant rère Ghrétàeiufte , ce qui comprend Fintervalle du 7 mesori au 5* épagomene de la 718^ .année de Nabonassar.
Aussi le Canon des Roi6 place en tète de TAimageate ^ donne , selon la méthode d^apràs laquelle il est dressé, toute Tannée 718 à Cléopâtre , fait commencer Tépoque d^ Auguste arec la 719* , et par cet arrangement le résultat 4é)a énoncé se trouve cioiifirtii.<e.
U Test aussi parle rapport de Théon d\\kxandrie^d^aprèsiequel Tannée alexandrine ou fixe égyptienne commença lorsque le l'^tliotlide Y^née vague se rencontra avec le 2g ao4t , ajoutant qae cela arriva la S"" année d'Auguste (i) ; et comme les tables de concordacBce de ces deux années font voir que ce ftit Tan 25 avant T-ère chrétienne que le i^'thoth vague commença de répondre au ag d^août, cette 25*aîinée étant la 5* d'Auguste
(i) IhâOf in Canones erped. ; ad calctm Disr, Cjpr^ Â^ttd.^ pag, lia— ii3. Oxon. 1684 « 8*.
l8ft ANNALES DES LAGIDES.
la première de ce prince sera bien la ^29*, comme on Ta déjà dit , et comme Théon sert aussi à le prouver.
Un témoignage non moins positif vient ajoij^er à ces certitudes ; c'est celui de Censorin dont le précieux ouvrage a fourni tant de moyens pour bien connoître Tordre des temps de l'antiquité. Il dit lui-même qu'il écrit son livre sous le consulat de Ulpius et Pontianus(i), et les Fastes apprennent que M. Ulpius Crinitus et Proculus Pontianus furent consuls l'an 238 de l'ère chrétienne.
D'après l'indication de Censorin , cette 238* année étoit la 267" de l'ère d'Auguste selon les Egyptiens , et la 986* de Nabonassar (2). Si, de ces deux dernières dates selon l'ère de Nabonassar et selon l'ère vulgaire , on déduit le nombre 267 qui est celui des années depuis la conquête de l'Egypte par les Romains d'Auguste , on trouve que la 29*
année qui précéda l'ère vulgaire et la 718®
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(1) Censorin.^ de Die natali , XX ï, pag. ii3, Lugd, Bat. 1744 , 8<».
(3) Censorin, ^ pag. ii4et. i|5.