‹ Annales des Lagides, ou, Chronologie des rois grecs d'Égypte, successeurs d'Alexandre-le-Grand;Chapitre 29 sur 105 · ANNA.LES DES LAGIDES · texte numérisé non relu

ANNA.LES DES LAGIDES

la reine sa femme , pour épouser une autre Cléopâtre, fille de celle-ci et de Philométor son frère. Il en eut deux fils et trois filles, Triphaene mariée à Antiochus Epiphane ou Grypo , roi de Syrie , Cléopâtre née la seconde, et Sélène née la troisième.

Un autre fils, né d^Irène sa concubine, eut la Gyrénaïque pour apanage.

Le fils aînë de Cléopâtre la jeune seconde femme d'Evergète II , déjà marié à Cléopâtre qui étoit sa scfeur de père et de mère , relégués Tun et l'autre dans l'île de Chypre, y apprit la mort de son père Evergète II. Par son testament, ce roi avoit transmis la couronne à la reine sa veuve , et à celui de ses deux fik qu'elle désigneroit. Elle auroit préféré voir sur le trône son second fils, qui lui étoit plus dévoué ; mais l'ordre de succession ne favorisant pas ses vœux , elle appela de l'île de Chypre le fds aîné que l'usage faisoit l'héritier légitime de la couronne, et lui imposa l'obligation de répudier sa femme Cléopâtre pour s'unir à Sélène, la plus

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jeune de ses sœurs. A ces conditions Ptolémëe , qui prit le surnom de Sôter II j fut inauguré , selon Tùsage du pays , à Memphis. Son jeune frère Alexandre s'établit aussitôt à Chypre , que Cléopâlre , femme répudiée de Sôter II , venoit de quitter en épousant Antiochus Philopator, pu Cysicenus. Mais la haine de la reine mère ne cessa de poursuivre Sôter II, et son ambition lui faisant tout espérer de la condescendance qu'élite supposoit dans son second fils Alexandre^ elle parvint à le placer sur le trône, en soulevant la populace contre Sôter qui se sauva sur un vaisseau après dix années de règne , et se retira à Chypre 3eul, séparé de Sélène sa femme, dont il avoit déjà . deux enfans , et que Cléopâtre donna ensuite en mariage au même An-?

tiochus Epiphane de Syrie, déjà veuf de Tryphaene.

Alexandre couronné trompa les coupables projets de sa mère Cléopâtre. Il se sépara d'elle d'abord pour aller à Chypre , d'où Sôter étoitparti afin de secourir la ville

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de Ptolëmaïs contre le roi des Juifs ; mais rappelé peu après , Alexandre prit , selon les ordres de sa mère , le commandement de ia flotte, et la conduisit en Phénicie, pen^ dant qu^elle-méme attaquoit avec son armée la ville que son fils Sôter étoît venu défendre. Mais ces dissensions, intimement liées à celles qui divisoient la famille royale de Syrie , s'étant calmées par la rentrée de Sôter II à Chypre , Cléopâtre fut toute entière à son ardent désir de régner seule : elle tramoilla mort de son fils Alexandre au mo-' n^ent où celui-ci la pré^dnt en la faisant périr, dix-huit ans environ après Texpulsion^ de SAter.

Mais le peuple , irrité par tant de crimes , tourna naturellement les yeux vers celui qui en avoît été la première victime , et rappela Sôter II au trône de ses pères ; il venoît d'en chasser Alexandre qui périt bientôt après dans un combat naval, laissant un fils retiré alors à Co , et plus tard , connu commeson père, parle surnom d'Alexandre.

Après un nouveau règne <Je sept années et

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demie, Sôter II mourut ne laissant de ses deux femmes qu'un seul enfant , Bérénice, qui lui succéda à Texclusion des deux fils et d^une autre fille , non lég^itimes , qui survécurent aussi au roi.

Mais le jeune Aleocandre ^fUs de Ptoléiiiée j^lexandre, s'étoit jeté entre les bras de , Mithridate roi de Pont , et bientôt après dans ceux de Sylla qui le prit sous sa protection, et à ce titre le conduisit à Rome^ Instruit de la mort de Sôter II , le dictateur voulut placer son ptipille sur le trône des Ptolémées ^ et le fit passer en Egypte entouré d^un cortège royaL Bérénice régnoit seule depuis six mois , lorsque ^ à la satisfaction générale , elle reçiit Jlexandre II pour époux et pour roi. Il paya les généreuses résolutions de la reine pat un crime ; il la fil assassiner 19 )Oùrs après Favoir épousée, et régna setil dès lors quelques années encore. Les fils de Sélène, sœur et seconde femnve de Sôter II , ert par là tante d^ Alexandre II, élevèrent des prétentions au trône de l'Egypte ^ étant comme cet Alexan-

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dre, neveux de Sôler et germains de Bérénice sa fille , héritière de l'empire. En même temps les Alexandrins , irrités contre Alexandre II , et ne pouvant lui pardonner la mort de Bérénice leur reine , se soulevèrent contre lui et le chassèrent du trône.

Il se réfugia à Tyr où il mourut, et disposant d'une couronne qui ne lui appartenoit pas, il la légua, par son testament, au peuple romain.

Les Egyptiens , peu empressés de hâter répoque d'un asservissement qu'ils ne dévoient pas éviter, et que préparoit leur recours trop fréquent à de fallacieuses protections, cherchèrent à prévenir les effets du testament d'Alexandre II. Ils appelèrent donc les deux fils illégitimes de Sôter II , placèrent le premier sur le trône de l'Egypte, et donnèrent Chypre au second.

Le nouveau roi d'Egypte prit le surnom de Néos Dionysos , nouveau Benys ou Bacchus , et Rome n'hésita pas à le reconnoître , refusant la couronne que lui léguoit le testament de Ptolémée Alexandre II ,

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parce qu'elle auroit dû la conquérir par les^ armes , et bl' acceptant que les trésors réunis à Chypre, qu'il ne f ail oit que faire transporter en Italie. MaisSélène, comme seconde femme de Ptolémée Sôter II, et plus encore comme fille d'E vergeté II et petitefille de Philométor , chassée par Tigrane du trône de Syrie où l'avoit placée son mariage avec Antiochus Epiphane , voulut faire reconnoître les droits qu'elle avoit au trône de l'Egypte, et envoya ses deux fils à Rome pour chercher dans le sénat quelques défenseurs. Les tentatives des deux princes syriens furent sans succès ; Ptolémée Denys les prévint en tout point, et resta paisible possesseur de la couronne , oubliant les devoirs de la royauté pour obtenir d^ignobles triomphes dans l'srti: de jouer de la flûte , d'où lui vint le surnom à^Auléiès qu'on lui donna. Avec de l'argent , il sut faire que J. César, devenu consul, ne soutint plus la validité du testament de Ptolé- * *mée Alexandre II , dont J. César édile avoit demandé l'exécution. Effrayé néanmoins

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des hostiles dispositions de ses sujets , excitées par ses constantes exactions, Denys quitta TEgyple , alla s'exposer aux séyères dédains de Caton envoyé comme questeur et préteur à Chypre , et courut à Rome solliciter la pitié publique. Ignorant son départ pourFItalie et le croyant mort, les Alexandrins donnèrent le i^ouvemciûent de TEgypte à rainée des énfatis du roi fugitif , Bérénice , qui appela , pour le placer avec elle sur le trône , Antiochu» de Syrie dont on ignoroit la mort^ et après lui son frère Séleucus 9 tous deux fils de Sélène fille de Ptolémée Evergète II, les mêmes qui avoieni déjà cherché à récupérer le trône de leurs aïeux maternels. Séleucus arriva en Egypte ^ épousa Bérénice qui , impatiente de la sordide avarice du roi , Fé trangla bientôt dspxhs . Elle épousa ensuite Arcbélaus , compagnon . de Gabiniijtô proconsul en Syrie, qui se donna auprès d'elle pour le fils de Mithridate Eupator. Six mois après, Archélaus mourut dans le combat qu'il livra pour défendre sa couronne contre Marc-Antoine

ramenant, sous les ordres de Gabinîns com* mandant en Syrie , Piolémée Denys en Egypte. Ce roi remonta sur le trône après une absence de plus de deux années , pen^* dant lesquelles Bérénice ayoit régné jusqu'au retour de son père ; il la punit de ce succès en la faisant mettre à mort ^ régna trois ans encore et mourut, laissant pour lui succéder quatre enfans , Cléopâtre rai-née de tous et avec laquelle dévoient finir l'empire et la race des Lagides, une autre fille qui porta le nom d'Arsinoé , et deux fils plus jeunes qu'elles. Il désigna pour lui succéder les premiers nés de ses deux fils et de ses deux filles , qui dévoient s'unir ensemble , et dans le testament qui contenoit ses royales volontés, Rome étoit encore appelée à protéger leur exécution.

Cléùpâtre monta sur le trône avec Ptolémée son frère aîné, qu'on croit avoir porté le surnom de Denys; mais leur accord ne fut pas de longue durée. Les secrets conseillers de Piolémée encore mir

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