EXPEDITION
DE PERDICCÀS CONTRE LA BASSE-ÉGYPTE , d'après DIODORE DE SICILE.
La partie de la Basse-Egypte qui fut occupée par l'armée de Perdiccas est^ malheureusement pour l'intelligence du texte de Diodore ^ celle qui a subi lés plus, grands changemens dans son aspect et dans sa constitution physique.
La branche pélusiaque du Nil ^ j adis la seconde au moins pour la masse des eaux , est aujour-i d^ui une.des plus pauvres : à peine peut-on la reconnoltre au milieu Aes nombreux canaux qui en dérivent et qui l'ont considérablement diminuée.
. Le lac Manzàléh , autrefois moins considérable y a empiété sur les terres cultivées ^ envahi I. ^
4o3 àmtâJéPt i»s hâja»iLt.
le sol où existoient plusieurs villes ou vîUagesv et intercepté le cours de la branche Pélusiaijue qui a presse totalement disparu depuis la rive orientale du lac Mansaléh j^usqu'à Péluse sur la Méditerranéè.^
Uabseneê des eatf t m fiaii q;ue le désert a en- Tahî aussi les terres cultivées, et il couvre main* tenant des plaines jadta fertiles et popoleuses. Enfin la formation présente récente du lac de Ballah, qut n'éit qi/iite po4«ée du lac Man* saléli » a étendu ces ebanigemens sur une super» ficie plus considérable. Il en résulte que la partie arabique de la Basse-Egypte a été en- UéreaMnt bouleversée^ qu'elle ressemble fort peu à ce qu'elle éU^ii outtefois p et qu'il es) pcesqae impossible de la reconikOtlre d'après les faidicationa des géofvajJies et 4el biatoriens ie l'antiquité».
Pour l'espéditton de Pevdiccas , il Saut se reporter i cet état auCérieu^ de la Baase-Egjpte , an rétablissant sur une emke modome l'ancien cours de la brMKbe Péluaiaque à travers le lac 40 BalJah qui n'existoit pas alors , en réduisant celui de M anzaléh à ses anciennes limites ^ et eu rétablissant à son lieu L'^nboucbuse de la Péluaîaqu^ daiu liuMéditexraiàée.
Le texte de Diodore ne permettra pat toutefois d'j tracer avec ,une rigoureuse précision la marche des troupes de Perdiccas, le récit de cette expédition étant Q^p abrégé 5 mais on peut du moins arriver à quelques résultats qui ne seront pas inutiles à TînteUigep^ pjiw Ç9in^ plète de ce récit.
Pei*diecas arrivant du côté de la Syrie deyoit, comme le rapporte Diodore , s'approcher du Hil aux environs de la ville de Péluse près de laquelle <7 campa , et la position de cette ville est aujourd'hui j^ien connue*
JJ ancien canal y que Perdiccas fit creusier;^ dicvoil avoir été dérivé du Nil et se jet^ dans k Méditerranée à l'est de Péluse. Gp canal, ainni. tracé, avoit été autrefois une défensepourls: ville qu'il couvroit au sud-est. Perdiccas campant devant Péluse aura voulu faire •recreuser l9^rti^4^ (}e canal qui pasiioit entre la ville et son camp, pour lequel elle devenoit aussi une défense : mais l'invasion du Nil dans l'ancien lit du canal recreusé inonda, le camp de Perdiccas, et cette irruption des eaux devott être inévitahle, ce canal étant comblé de.puis long -temps j[jijîfV7ft nvoc ir«>c(cày), le lit du Nil ayant dû l'exhausser dlems l'intervalle,
4o4 ANNAX.ES DES LAGIDES.
et son nireauJse trouver supérieur à celui ds c*nal.
Après cette mésByentare y Fexdicca^ dé- CBDipe de nuit, et suivant le cours. du Nit (U Pélusiaque), il arrive, à l'aurore, devant ■%aiaim rCxoç , fort axKz considérable. £n évaluant In marche nocturne de Perdiccas à oinq OU' six Itenes, comme une marche forcée, si l'on mesure cette distance à partir de Péluse et en remontant la i>ranche Pélnsia^ue, on trouve aujourd'hui lé point opposé danslelae MoTizaléh, vers le commencement du lac ■£allah ' (fxti ' était aiitrefqis une terre découverte,' et ilcnrésitlte que le fort appelé Ka^iiljM Mî^wï par Perdiccas ou Drodora, est aujourd'hui sou* les eauiE. Oii ne trouve en effet dans l'Etat arabe des villes,' bourgs et villages de l'Egypte , aucun nom ktahe <jui «it qnehpie rapport avec celui de^ KajtiSluv «îxac, fe mur def chameaux. . - .
Les écrits des Coptes font mention d'an liert dp l'Egypte appelé p-hoI-As SHAMOUL ; le Mur du- Chameau , traduction exacte de Kafinicm ttt^»t; mais' ce bourg étoit situé dans la Hante- Egypte, et il n'a- dé *oàM»un que le nom avec >e fort que Perd i ce as ne put 'emporter. D'après
ÀPPEKDIX. 4^5
<ces conjectures^ il est probable que k«^)i>uir Ttï^oç existe à six lieues environ au sud-ouest de Péluse, entre cette dernière ville et DaphnaCy aujourd'hui Tel-^Dafaïnéh ^ sur la rive oi'ientale de la Pélusiaque. C'est sur ce point que Perdiccas plaça, son second camp.; et après Féchec qu'il y essuya , le récit de la suite d<e son expédition devient encore plus obscur.
Perdiccas, en eflfet, ayant décampé sur Ir soir, profita de la nuit pour se diriger, en cachant sa marche , vers un Heu à Vopposite de Memphis , «cç tov aTrcyavréov twtov nÇç "iHi^ffttùç f OÙ le Nil se divisant en deux branches formoi t une île. Ici se présente une série de questions assez difficiles à résoudre :
I® La marche cachée de Perdiccas fut-elle de plusieurs journées ?
Rien ne l'indique dans Diodore de Sicile.
On ne sait si l'armée ne fit qu'une marche de Buit, comme elle venoit de le faire de Péluseà KûLiun^w»' TtïxoÇ'', Qu bien si^ se jetant sur la lisière du désert, elle marcha plusieurs jours de suite et déboucha inopinément dans le territoire de Memphis.
?** Qliefaut-'il entendre rigourçusem^nt par
4o6 ÀNKÂIAS SIS IiAGIBES.
mttmttkw iiicmî Est-ce Heu à Fopposite, Ueu situé vis-^^vis de ou bien du coté de Memphis ?
3* JCile oil se retira Perdiccas^ ètoît-elle formée par le Nil lui-même, par le partage da Nil en deux branches diyei^ntes jusqu'à la mer« ou par le partage d'une des brancbes du Nil en deux branches soit divergentes iusqu'à la mer soit se réunissant plus bas à une distance plus ou moins considérable?
Au milieu de toutes ces incertitudes, on peut adopter l'un des deux systèmes snivanS) <pii lèyent la plus, grande partie des diflkmltés.
i*' système. Si Perdiûcas n'a fait qu'une marche d'une nuit, il a pu se jeter dans une tle formée alors entièrement par la branche Pélusiaque seule, ou bien par cette branche et la branche Tanitique , ce qui produit une tle immense et capable de recevoir trente armées comme celle de Perdiccas. Mais dans ce cas les mots ritm» mrtfm^lw t^ UifUfib^ ^e trouvent aucune application plausible.
2* système. En prenant à la lettre le passage de Diodore : xac iaerhwfi9ef sic rw àirtHoniw tMrev tnç
ARPBVBIX. ^OJ
éottcv vnviv, les regards se fixent nnUtreUcmeiit sur rtle fomuée par le JVW lorsqu'il si; divise en deux brandiea (Ift Péliwa<i«e et La Caito-» pique), au sommet du Delta* L'tle esttrîaBgulaîre, son troisième c6té étant limité par le canal de Ménouf, Cette fle peut contenir une nombreuse armée ; enfin elle se trouve placée sur un point à F opposite de Memphis ^îds^à-vis de Memphis et du coté de Memphis , jtiç to¥ âircMtyrIoy ximw tnç lH|ifttiç«
Dans ce système , la marche de Perdiccas auroit été de trois jours au plus. En passant dans le désert, il déroboit certainement sa marche aux partisans de Ptolémëe, et débouchant ensuite dans le territoire d*jàtfiribis ou dans celui d* Héliopolis , il arrivof t devant nie du sommet ctû Delta ^ situé au^dessçus, vis-'à-vis et du coté de Memphis. Cette explication semblera donc, et elle est en effet préférable à la première.
Si l'on vouloit chercher une lie formée par le Nil seul et située devant ou très près de Memphis, on auroit à choisir sur trois, mais qui toutes sont ti*op peu étendues pour contenir une armée, et les difficultés que pré-
4o8 AKNÂLE8 DES LAÛIDES:
fente le pas^ge de Diodore en derién-' drolent pour ainsi dire plus insolubles. :Naus croyons donc que le second système l'expliquera d'une manière plus complète et plus satisfaisante.
APPÊNDU. 4<>9
(Tome I, chapitre IV, page 356; tome II, chapitre VII « page82(etnotea}9etpaged7; chapitre VIII, page lia.)