‹ Annales des missions franciscainesChapitre 16 sur 81 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

Nouvelles diverses concernant les Missions franciscaines.

EGYPTE

Nous trouvons dans le Rosier de Marie , du 22 février 1862, la relation suivante d'une cérémonie religieuse qui s'est accomplie à l'isthme de Suez.

« Le Père Roger, de l'Ordre de St François, membre de la famille de Terre-Sainte, a accompagné M. Ferdinand Lesseps dans sa dernière excursion de Tell-el-Kebir à El-Guisr, à Porto-Saïd, et à Damiette. Dans la première de ces localités, le Révérend Père a inauguré, le 2 janvier, la chapelle de Sainte Marie, érigée au lieu où, suivant que le rapporte la tradition, s'est arrêtée la Sainte Famille, lorsque, fuyant la persécution d'IIérode, elle chercha un asile dans le Chanaan d'Egypte.

« Le cinq du même mois, il a béni à Porto-Saïd, une autre chapelle dédiée à Ste Eugénie, patronne de S. M. l'impératrice des Français; et dans chacune de ces deux cérémonies il a prononcé un discours grave et pathétique , qui a excité les plus vifs sentiments religieux chez tous les ouvriers dont il était entouré. Eu vérité nous regrettons que la longueur de ce morceau

ne nous permette pas de le reproduire intégralement dans notre Journal, et que nous puissions à peine en citer quelques passages , pour en donner une idee.

» Le pieux orateur Franciscain avait pris pour texte de ses paroles le verset suivant des divines Ecritures : Dominabitur a mari us que ad mare , et a fiumine îisque ad terminas orbis terrant m {il dominera de la mer jusqu'à la mer, et du fleuve jusqu'aux ex trènù tes dit globe terrestre).

n Ces paroles, dit-il, sont du Prophète lloyal : elles nous enseignent que l'étendue du royaume de Jésus- Christ doit être celle du monde, et c'est parce que j'en découvre l'accomplissement final dans l'œuvre immense que vous exécutez, que je les prends pour texte de l'instruction que je me félicite de vous adresser.

« Oui, maintenant plus que jamais, il se vérifiera à la lettre que le Sauveur régnera d'une mer à l'autre, et que son influence s'étendra, sans plus d'obstacles, du moindre des fleuves jusqu'aux derniers confins de l'univers./» Pénétrant ensuite plus avant dans son sujet, le sage missionnaire se met à considérer la grandeur merveilleuse de l'entreprise qui s'occupe du percement de l'isthme de Suez.

// C'est là, dit-il, une œuvre par elle-même gigantesque, et l'on prend toutes les mesures pour en rendre la durée éternelle. En effet, il ne s'agit de rien moins que de scinder en deux un continent et de couper le globe terrestre sur un espace de plus de trente lieues , dans un désert , où l'on ne trouve pas la moindre assistance, pas d'habitants, pas de traces de villes ou de villages, mais rien que le désert !

« Mais voilà qu'aujourd'hui nous voyons s'y élever comme par enchantement plus de cinq villages arabes , bâtis par les Fellahs qui les habitent et qui sont venus vous servir; ajoutez-y autant de petites villes, ou, comme vous le dites, de cantonnements d'Européens, avec des maisons solidement construites, de jolies chaumières venues de Erance et des églises catholiques, pour y célébrer le culte divin, et des hôpitaux parfaitement montés, et vingt magasins pourvus de pain, de vin, de vêtements, de toutes les bonnes choses fournies par la Providence; sans parler du commerce, qui commence à s'y développer, et d'un canal qui vous rapporte de l'eau douce, où que vous soyez. « Tel est le récit du Rosier de Marie.

Maintenant nous avons le bonheur de pouvoir ajouter que nous avons dernièrement reçu du même Père Roger, par l'intermédiaire de notre commun confrère, le P. Pierre de Taggia, en Ligurie, Observantin de la Province de Gènes, missionnaire apostolique en Terre-Sainte, d'où il est venu il y a quelques jours à Rome, la copie manuscrite d'un discours qu'il a prononcé sur cette entreprise du percement de l'isthme de Suez, et que nous avions déjà lu dans le journal français des villes et des campagnes; peut-être, le traduirons-nous dans notre langue italienne, et le publieronsnous tout entier dans les livraisons suivantes de notre chronique.

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