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gieux dans nos temps modernes une dcole toujours fe conde d ouvriers evange liques. Le principe qui les forme, c est la solidite de la discipline.
II est prouve par 1 histoire de tous les instituts, civils ou religieux, que la force qui les met a meme de re aliser de grandes choses a toujours e te 1 ordonnance precise, et rigoureusement observee des reglements interieurs qui forment leur esprit, et de la discipline exterieure qui preside a leur developpement. Les Statuts, c est a dire 1 esprit et la forme d une institution ou d une association quelconque, lorsqu ils sont observes a la lettre et avec une Constance inebranlable, voila pour toute institution le principe de sa vie et la mesure de son activite.
En effet, 1 action de la foi interieure qui produit et ranime constamment dans les ames 1 energie et la ferveur, et la rigoureuse conservation de la forme ou de la regie de vie ex terieure qui mainlient dans sa purete primitive la vocation religieuse et la perfectionne par les oeuvres ; tels sont les deux principes dont la reunion influe avec tant de puissance sur 1 esprit, le coeur, les habitudes et les faculte s d un homme, qu il n a plus desormais qu une pense e et qu un desir, celui d accomplir des oeuvres saintes et glorieuses jusqu au sacrifice.
C est de la que procedaient dans les siecles de foi cette ad mirable e nergie, ce zele ardent, ces vertus e clatantes et cette saintete de la vie qui brillaient au milieu des peuples civilises comme au milieu des nations barbares. Le clergd tout entier recueilli dans les cloitres ou dans les auste ritds du desert, dans les exercices reguliers du chceur ou de Findependance du ministere, le clerge tout entier forme a la rigueur des sacre s canons etait une veritable et vaillante milice de Jesus-Christ. Plus tard le clerge regulier concentra plus vivement encore, au milieu de 1 Eglise, le feu sacre que Notre Sauveur etait venu allumer sur la terre, afin d attirer toutes les ames a sa divine lumiere.
La discipline est la garde et 1 appui de 1 esprit religieux ;
elle inspire et fortifie les affections saintes et ge ne reuses ; elle dirige vers un but unique, la vertu et la gloire des grandes oeuvresdefoi toutes les facultes de la science, toutes les ferveurs de la pie te, toutes les ressources de la prudence, toute 1 admirable fecondite de la vie religieuse e levee par la foi, e lectrise e par 1 esperance, et incarne e dans la charite.
Les plus grands missionnaires que 1 e glise ait vu naitre dans tous les rangs de la tribu sacerdotale, au te moignage de i histoire qui nous rapporte en meme temps que leurs e clalantes ceuvres la discipline de leur vie, tous ces grands missionnaires out e te des saints : saints par la forme et les devouements particuliers a 1 ordre dont ils sorlaient. Tout bon rnissionnaire, fut il seulement mediocre, par cela seul qu il remplit les obligations sacre es de sa vocation, meme dans le cercle borne d une action restreinte, meme en des lieux oil son ministere s exerce avec quelque se curite, porte en lui le principe, les tendances, le caractere special d une vie simple, pleine d abnegation, he roique jusqu au martyre. Or, ces vertus ne peuvent se rencontrer et rie se rencontrent jamais que chez des homines recueillis dans 1 observation rigoureuse des devoirs propres a leur e tat, et dans la communication incessante de 1 esprit religieux de leur ordre qui soutient et dirige les labeurs de leur penible ministere.
C est Dieu qui les conduit, au dedans par la vertu d un meme Esprit, au dehors sous des formes variees, ces heros du clirislianisme, ces grands travailleurs de la vigne du Seigneur, charge s de garder a travers les siecles dans tout 1 eclat de sa gloire 1 apostolat du Christ, et de re aliser d une maniere solennelle la parole prophetique, annoncent que la voix de Dieu serait entendue a toutes les extremite s de la terre. Et Dieu veut que tout en ne faisant qu un meme in strument de salut anime dans toutes ses parties du meme esprit de foi, ils se diversiiient dans les formes exte rieures de leur vie pour se sanctifier et sanctifier les nations. Ainsi le monde apprend sans peine qu il n y a qu une eglise comme il n y a qu un bapteme et qu un Dieu, mais que cette e glise,
une dans sa foi, est paree des splendeurs d une saintete varie e a I infini: circumdata varietate. Dans cette grande arme e de Jesus-Christ, chaque bataillon veut paraitre sous son uniforme pour combattre les combats du Seigneur, et chaque soldat se montre d autant plus brave que, suivant de presla banniere qui le distingue des combattants voisins, il se montre digne e mule du Capitaine, dont la voix est pour lui 1 organe des ordres et de 1 approbation du Dieu des armees. Tout religieux qui ne ressemble pas a son Patriarche, au fondateur de son ordre, pretendra vainement etre anime de son esprit ; et ne lui ressemblant pas, c est en vain qu il s efforcera de recueillir comme lui dans le champ mystique de 1 eglise les gerbes bien remplies, qu il travaillera plutot a dissiper.
L insigne caracte ristique du Franciscain, c est la pauvrete: s il est pauvre au milieu des pauvres, s il est tout a fait oublieux de lui-meme s il meprise toutes les aises et tout le confortable de la vie au milieu des grands, des riches, des puissants de la terre ; s il est humble et petit au milieu des orgueilleux et des magnifiques ; s il porte dans son corps, comme le patriarcbe d Assise, les stigmates vivants de Jesus crucitle, par sa mortification, par sa penitence, par la pau vrete de sa vie, par sa soumission a tous, par sa parole humble et sans prevention aucune, par sa vie cache e en Je sus-Christ son seul maitre, pour qui seul il vit, il travaille, il se consume ; ah, sachez le bien ! Au milieu des barbares il marchera en securite, au milieu des ennemis du nom chretien il trouvera grace et tolerance, au milieu des philosophes il sera cite avec admiration comme un modele de douceur et de simplicite, au milieu de 1 heresieet du schisme il aura le courage de proclamer les verites du Seigneur, et, chez quelque nation que la providence le conduise, il aura par les oeuvres d un devouement pur et sans defaillance le renom d un homme ami de 1 homme, d un serviteur de Dieu, d un apotre de paix, d un dispensateur des saints conseils de la ve rite et du bien ; et jamais il ne se verra prive du
pain qui doit soutenir sa vie ni du pouvoir d annoncer les magnificences de Dieu, ne fut-ce qu en vertu de sa puissante humilit^ et de la dignite de son abjection volontaire. Le monde ne prend pas ombrage de ces caracteres parce qu ils ne lui inspirent ni crainte ni soupcon, et entretemps la parole de Dieu, qui est un glaive a deux tranchants penetre insensiblement dans les coeurs etles convertitalaverite*. Le besoin qu ont les Missions de la discipline religieuse pour edifler et porter des fruits de salut en un lieu quelconque de la terre et chez un peuple quelconque barbare et idolatre, ou simplement en proie a fheresie et au schisme, cette intime connexion des missions avec la discipline religieuse nous amene a signaler un autre genre d utilite qui en resulte, et qui est loin d etre sans portee dans les temps actuels. Les missions conservent dans les temps difficiles la racine meme des instituts religieux et 1 empechent d etre totalement extirpee par les fureurs des passions humaines, lorsque la persecution s acharne a les aneantir au milieu des nations. II est evident que devant la violence des opinions nouvelles contraires aux ordres religieux qui sont actuellement repandues dans le monde, il n y a de salut possible pour ces in stitutions qu au prix d une concentration solitaire qui les derobe pour ainsi dire aux yeux du siecle, qu a condition que chacune d elle, reprenantsa discipline primitive paraisse avec les dehors de sa premiere et modeste manifestation dans un esprit de mortification et d humilite profonde, dans une atti tude pleine de simplicity dans un eloignement des aises et du bien etre de la terre, dans un ddtachement complet des cupidites humaines : toutes choses que leur ont concilie lors de leur premiere apparition dansle monde 1 estime et la vene ration universelle. II faut persuader au monde et lui dormer la conviction certaine que nous n ambitionnons aucun bien de la terre, hors la liberte d aimer Dieu, et de lui sacrifier toutes nos affections dans la solitude du cloitre: bien plus, de nous y tenir prets a voler au premier signal au soulagement de toutes les miseres de I liumanite.
Le Docteur se raphique S. Bonaventure a dictd peu apres les temps de S. Francois d Assise, et un de ses emules en pie te et en sagesse a re dige en code les regies qui doivent concourir k former le parfait religieux. En conformant sa vie a ces regies, 1 homme consacre a Dieu se met a meme de professer dignement les obligations de son institut, quel qu il soit, et se trouve a 1 abri des perils et des vexations du monde. Ces regies etablies par des Franciscains doctes et pieux pour 1 avantage spirituel de leurs freres, se sont trouvees egalement utiles a tout ordre religieux en ce qui concerne 1 esprit interieur etla maniere dese comporteraudehors. En effet, elles prescrivent au religieux la maniere de re gler sa vie d apresle type fixe par une discipline immuable, egalepour tous, dans le cloitre comme au dehors, dans le soin de son propre salut comme dans le soin du salut des autres. Elles lui suggerent les moyens les plus aptes et les plus efficaces a garder dans son ame et a nourrir de plus en plus la flamme de 1 esprit divin, de facon que le siecle le ger et pervers ne s apercoive pas meme qu il existe au monde, s il s en apercoit, qu il s en rejouisse, et s il n y trouve en lui un sujet d edificatlon, qu il lui epargne au moins sa haine.
C est pre cise ment cerecueil des regies salutairesdela dis cipline religieuse que P. Antoine Marie de Rignano vient de publier a Genes en latin et en italien. Cette nouvelle edition, enrichie de notes tres-utiles, redige es a Rome, continue la Seriedes opuscules dits deS. Bonaventure que le P. da Rigna no s efforce de ramener a une correction scrupuleuse et a la lee. on du texte original. Le but qu il poursuit par ce travail est 1 utilite veritable et serieuse de tous les ordres re guliers de 1 Eglise, auxquels il a dedie ces etudes religieuses. II espere que tous s e-mpresseront d en profiter s ils ont a coeur 1 education spirituelle de leur jeunesse, afin de depouiller le vieil homme, non seulement 1 esprit du siecle, avec lequel nous ne devons avoir absolument rien de commun en fait d interets humains, mais encore des pretentious monastiques qui doivent enticement disparaitre, suppose qu elles existent.
C est ainsi que nous revetirons le caractere antique de notre institution primitive, pelerins sur la terre, et citoyens de 1 eternelle patrie.
Reprenons notre ancien esprit; revetons nous de la forme qui nous est propre, celle de serviteurs humbles et dedaigne s du Seigneur : et nous verrons les ordres religieux retrouver comme par enchantement 1 estime et la bienveillance du monde lui meme. Nous serons d autant plus agre e s du monde, nous lui serons d autant plus utiles, il sentira d au tant plus vivement le besoinqu ilade notre secours, que nous serons plus eloigne s de ses moeurs, plus detache de ses interets, plus separes de sa fre quentation, en un mot plus profondement enfonces dans le mystere de la perfection et les sacrifices de la solitude.
Departs cle Mlissionnaires*
Janvier et Fevrier 1861.
Pour la Terre-Sainte : les Peres Bernardin de Verone, de la province de Venise, Joseph Vecchi de la province de Bologne, Eugene de Racanati de la province de la Marche, Louis Liberat Ginis de la Custode reforme e d Avignon, Carmelo d Agira de la prov. reformee de Val di Noto en Sicile ; et les freres lais Jean de Santa Maria Nuova de la province de la Marche, Nazareno de Pistoie de la province romaine de Tobservance.
Pour I Albanie : des Peres Illumine de Turin et Bonaventure de Palma, de la province reforme e de Principaute dans le royaume de Naples, et Louis de Savello de la province reformee de Bascilicate.
A ces departs il faut ajouter ceux qui out eu lieu pendant
les derniers mois de 1 annee 1860 et qui n orit pas encore e te mentionne s dans eette chronique.
Pour New-Yorck : les Peres Leon de Sarasena de la pro vince reforme e de Galabre Giterieure, et Joachim de Montefegatese dela province romaine de la reforme.
Pour la Republique Argentine : le P. Cherubin de Plaisance, de la province reTormee de Bologne.
Pour Cincinnati : le P. Andre de Prato de la province reformee du Tyrol italien.
Pour la Haute-Egypte : le P. Seraphin de Naples, de la province reformee de Naples.
Pour Constantinople : le P. Augustin de Sezza de la pro vince reforme e de Bologne.
Pour la Chine : les Peres Joachim de Biano de la province reTormee de Calabre Ulterieure, Ezechias de S Apronien, de la province reforme e de Toscane, et Pascal de Naples de la province re" forme" e de Naples.
Oiiatriemc partie.