‹ Annales des missions franciscaines Volume 1Chapitre 23 sur 67 · PAR LE PERE EMMANUEL CASTRUCCI DE VERNAZZA · texte numérisé non relu

PAR LE PERE EMMANUEL CASTRUCCI DE VERNAZZA

Min. Obs. Ref. Miss. Apostolique dans I AmeriqueMerldionale.

(Suite et fin. Voir page 156.)

Le 27, je me vis dans la necessite d oter mes scullers et de les jeter, car ils etaient uses completement. Des lors, commence pour moi un nouveau genre de torture : a chaque pas, des epines se plantaient dans mes pieds et me fai&aienl borriblement souffrir. A trois heures de I apr&s-midi, nous arrivames a une troisieme tribu de Zapari, nominee Pumayacu. Apres y avoir demeure 5 jours, nous nous remimes en route, toujours mis pieds. G etait le 50 juin. La pluie recommenga. A sixheures du soir, nous arrangeames, pour y reposer, un gite tel quel. II y avail encore des tigres dans les environs. La matinee du 31 nous promit un beau temps. Apres une inarche de quelques heures, nous atteignimes une qualrieme peuplade de Zapari; elle s appelait Zamaros. Tout-a coup, dix Indiens armes de lances et le corps latoue se presenterent a nous; ils poussaieut des cris menacants en nous monlrant du doigl. Mes compagnons eurent peur et voulurenl fuir; je les determinai a tenir ferine. Je m adressai aux infideles et leur expliqnai que nous etions des hommes de paix, puisque nous voyagioris sans armes. Ces quelques paroles suffirent pour les calmer; ils nous conduisirent a leurs cabanes ou nous trouvames une bonne et franchc bospitalile. Cependant, sur les sept heures du soir, une vingtainc d individus vinrent avec des torches an lieu ou

je reposais, nTentourerent et me prirent, qui par mon cordon, qui par mes mains, qui par mes pieds, faisant mine de me later le corps pour s assurer que je n etais pas d une autre nature. Je partis d un eclat de rire et m opposai a leurs observations curieuses. Us me laisserent tranquille.

Je goutai done un peu de sommeil. A trois henres du matin, un cri dechirant m eveilla. J appelai mon sacrislain et le priai de s assu rer de ce qui se passait. II vint m apprendre bientol qu il y avail un enfant a la mort. Je pris de Teau et m empressai d aller baptiser le petit malheureux qui mourut vers cinq heures.

Je m arretai quatre jours an milieu de ce peuple, essayant de lui faire comprendre, comme je 1 avais fait aux autres le but de ma mission. Je partis, le 5 juillet, et traversal, pour la derniere fois, le Tigriaco, dans un canoi. Nous rencontrames ensuite les eternels boubriers du pays et, selon notre habitude, nous nous arrelames la nuif. sur une hauteur. Je ne parlerai plus des tigres : c etait du pain quotidien.

La pluie recommenga, le 6 t a cinq heures du matin. Nous nous remimes cependant en route, n ayant pas de temps a perdre. Le soir, nous arrivames a une ancienne residence des Indiens. Une cabane abandonnee nous menagea un abri; elle contenait encore des boucliers, des lances, des sieges en bois.

Le 7, nous continuances notre voyage par un temps des plus favorables et, le 8, a 4 heures du soir, nous etions parvenus a la cinquieine tribu des Zapari, nomme Arcachinapo. Elle est elablie sur une des rives du fleuveNapo. J y demeurai 6 jours, vivanl en assez buns rapports avec les naturels qu on dit pourlant belliqueux et feroces. Apres cetle clerniere halte, nous revinmes sur nos pas, remerciant le Seigneur de nous avoir soutenus dans <le si grandes difficultes el de nous avoir proteges dans une course aussi hasardeuse. J eus encore a souffrir jusqu a mon retour a notre point de depart, Andoas ; raais j elais heureux des esperancesque mon voyage rn avait faitconcevoir. Un assez bon nombre d Indiens des tribus que j avais visitees s etaient attaches a mes pas. Je les fixai a I endro t que j avais fait defricher d avance, je les instruisis et en formai, dans la suite, une peuplade cliretienne. J ai appris d eux que leur tribu proprement

dite ne se composait que d uri millier d individus disperses sur un immense lerritoire el divises en petites peuplades d une centaine de naturels, habiiant de vasles cabanes. Elles sonl independantes les lines des aulres, ayant a leur tele un chef electif, nomme Curuca. Mais I aulorite de ce chef est nuile : on le choisit moins pour lui obeir que pour se conformer a un ancien usage.

Les cabanes sont consiruiles de branches de farrapotaenlrelacees elles sonl couvertes de feuilles el de troncs de palmiers. Elles ont la forme d unc ruche et peuvent abriter de 25 a 50 personnes. Les Ills sont une sorte de filet suspendo; a cole, ils entreiiennenl, loule la nuit, une torche allumee. Les Indiens s abandonnent a la polygamie : chaque homme a trois et me me qualre fcmmes, entre lesquelles, chose eionnanie ! regne une parfaite Concorde.

Toule la ceremonie du mariage consiste a oblenir le consentement de la jeuue fille el de ses parents. L epouse infidele est abandonnee par son mari.

Les percsaiment leurs enfanls avec une vive tendresse. Viennent ils a les perdre par la mort, ils les pleurent avec desespoir et se refusent a toute consolation.

En general, les Indiens sonl fort superstitieux. Cependant ils ne rendent de culle a aucune espece de divinile el n ont pas la moindre idee de rimmorialiie de Tame. Ils mellent toute leur foi dans une certaine herbe nomme Pirripirri. Machee et crachee en I air, elle possede, selon eux, la vertu d arreter la pluie, les venls, les orages.

Ils ont en horreur leshomia^s blancs el ils leur lemoignent une defiance marquee. Gependant ils estimenl el respectent les Missionnaires, non pas qu ils croienl a leur ministere divin, mais parce qu ils sonl persuades que les pretres europeens sont devoues au bien de tout le monde.

Leur veiement consisle en une sorte de tablier fait d ecorce d arbre ou de tocuyo; ils s en couvrenl la moilie du corps. Ils metlent tout leur luxe a se peindre de diverscs couleurs la figure, les mains, les jambes, les pieds. Les femmes s ornent la tete de plumes coloriees, disposees en maniere de couronne. Elles porlent des bracelets egalement en plumes ou de peau de caiman. Des coquillages peches dans lea lacs leur servent a se tailler les cheveux qu elle entretiennent

courts, tandis que Ics hommes les laissent croitre et se font de leur longueur un article de coquetlerie.

J n ni remarque chez cenaines peuplades que j ai visitees et, cntro autres, chez les Zamnros et les naturels d Arcachianapo, un usage singulier. 11s se rasent la tele, ne laissant qu une couronne de cheveux, tonl comme les Franciscains. Aux jours de fete, leurs femmes s habillent de peaux et portent a leur cou des colliers de dents de singe, des sonneltes de bois, etc.

Leurs armes sont des canots en bois, des lances de Chonta ou durable, des boncliers en bois ; ils les echangenl aussi contre des decrees aupres de leurs voisins convertis. Toute leur vie, toute leur intelligence, se consumont a couper du bois, a construire descabanes, a faire des canots, des lances, des boucliers en bois, a coudre des chemises faile d une ecorce d arbre qu ils appellent Uanchamas a a arranger des couronnes de plumes, a chasser, a pecher. La moitie du temps ils s enivrent de Chicha. Les femmes travaillent aux filet?, et preparent la Chicha, netloient les cabanes, vaquent aux affaire domestiques. Ils se nourrissent d Yucas, de bananes, de chair de singes, qifils preferent a toute autre, de crocodiles, d oiseaux, de quadruples, d amphibies, de reptiles. La Chicha est une boisson faile d Yucas et de bananes.

Quand un hornme meurt, on Pentcrre dans la cabane ou il a vecu, avt-c ses lances, un vase de Chicha, des Yucas et des bananes. Quand c est une femme, on IVnierre avec ses plus beaux habits, son collier de dents de singe, des Yucas et des bananes. Dans la fosse des enfants, on ajoute une bouteille de lait tire an sein de sa mere.

Apres avoir termine mon voyage d observation chez les Sauvages Xapares, et en avoir recueilli les avantages que je vous ai signales, je m cmbarquai le 15 mai 1848, au me me port d Andoas pour me rendre, accompagne de hnil Indiens convertis, au milieu des tribus Givares. Mon but etail d arracher, si possible, quelques uns de ces malheureux a la barbaric on leur faisant connaitre la foi de Notre Seigneur Jesus-Christ. Vers cinq heures du soir nous arrivames heureusemenl a la peuplade que j avais formee des Zapares qui m avaient suivi lorsque je revins de leur lerritoire.

Apres avoir dormi au milieu d eux, le matin a huil heures nous

nous mimes en route, pour arriver vers trois heures apres midi a 1 embouchure du Bobanaza, ou nous avons passe la nuit. Lejour suivanl, 17 mai, nous primes notre chemin, malgre la pluie batlanle, en remontant le Pastaza ; mais il se trouva tellement gonfle par les eaux, que nous ne purnes gueres avancer, et que nous fumes contraints de dormir sur la berge, en un lieu nomme Espingoyam, a 1 abri d un bouquet de palmiers.

Le matin du jour suivant, les eaux du fleuve ayant un peu baisse, nous fimes tous nos efforts pour arriver jusqu a une certaine plage appelee Guayam, ou nous primes notre repos. Mais craignant d y etre surpris a Pimproviste par les Givares ou par les ligres, j ordonnai a mes Indiens de fcure la garde, en veillant tour a tour : ce qui leur fit une telle peur qu ils voulaient a tout prix reprendre le chemin d Andoas. J eus besoin de recourir a I efficacite des motifs religieux pour les retenir aupres de moi et les decider a me suivre.

Nous remontames dans notre barque le lendemain, 19, a sept heures, el a quatre heures du soir nous etions arrives au premier port des Givares ou nous passames la nuit sur le sable du rivage. Le 20, nous traversames le Pastaza du cote de Touest, et apres avoir cache noire canot dans un fourre d arbres, nous nous acheminames a pied vers la premiere peuplade de cette nation. Nous eurnes d abord a gravir une mon(agne tellement encombree de racines et d epines que nous eumes toule la peine du monde a nous en depelrer. Je remarquai parmi les vegetaux une grande abondance de Salsepareille. Apres cinq heures de route nous rencontrames une cabane entouree de bananiers, de yucas, de figuiers d Inde, et d un petit champ de Cannes a Sucre. A qualre heures, nous etions au milieu de la peuplade, qui porle le nom de Maxumbara. Tandis que nous nous approchions de la case la plus voisine, il en sorlil tout a coup une foule d indiens, le corps peint de diverses couleurs, brandissant des lances de bois de fer, non pas dans i intention de nous faire du mal, mais plutot par suite de leur habitude de se defier de lout le monde, et de ne jamais sortir de leurs habitations, fut-ce pour trois pas, sans elre armes.

En effel, lorsqu ils eurent appris que j etais religieux, ils m offrirenl pour habilalion leur meilleure cabane, signe d affeclion et de

paix. Puis il m apporterent des figues d Inde, des ananas, des bananes ot unc poule : bienveillance qui nous combla d elonnement de la pan de sauvages aussi guerriers et aussi feroces que les Givares. Aussi nous ne pumes nous empecher de voir en eel accueil 1 action de la divine Providence, a laquelle nous rendrons toujours des actions de graces inspitees par la plus tendre reconnaissance.

Nous fimes une halle de six jours au milieu de ces sauvages, nous efforgant de leur faire connailre le bienfait de la religion chretienne, pour laquelle ils ne monlrerenl pas d avcrsion. Le 26, de bon inalin, nous parlimes pour conlinuer nos explorations, mais vers le milieu du jour nous arrivarnes a un marecage que nous ne pumes traverser qu au prix dYfforts inouis pendant cinq heures. Ayanl enfin trouve le sol affenni, nous elevames un leger abri de feuilles de palmier pour y prendre le repos de la null en usanl des precau tions que j ai deja signalees.

Le 27, en continuant d avancer, nous lombames vers 11 heures dans un autre marais, encaisse entre des beiges lellomeni abruptes que je croyais impossible de les franchir. Parvenus cependanl au sommel, nous primes un pen de nourriture, vers cinq heures ; el le 28, apres avoir francbi quelques mamelons, nous enliamcs dans une plaine qui nous mena- vers quatre heures jusqu a la residence de la seconde peuplade des Givares, nominee IMayamam. Nous n y irouvames qu un petit nombre dlndiens, la majeure partie de la population s elant rendue, a ce qu on nous dil, a une journee de distance pour y celebrer une de leurs grander rejouissances. Nous ne nous arretames done que deux jours en cet endroit. Desireux de penelrer pins avant parmi ces tribus, afin de savoir exactemeni ce qn ou pouvait en esperer pour la religion, nous nous diiigcames le l er Juin vers la troisieme peuplade. Apres trois jours de marchc conlinuelle a Iravers des forets impenctrables, ou nous etions forces tanlot de nous accrocher des pieds ct des mains cornme des quadrupedes, lanlol de ramper comme des reptiles, ou nous fumes pen dant deux nuiis effrayes par la presence des ligres, nous decouvrJmes enfin, le (roisieme jour, celte iroisieme peuplade, appelee Puxuca. Mais la, nous fumes rec.us avec froideur, avec repugnance ; et ce ne fut qu avec la plus grande peinc que nous parvinmes

a nous 1 aire indiqucr une cabane en signc d hospitaliie. Pendant les quatre jours que nous y sommes restes, nous fumes constamment ternoins de scenes violentes, expression do terribles menaces, de sorie que mes guides epouvantes me declarerent qu ils n iraient pas plus loin,et que moi-meme,convaincu de Tinutilite des exhortations par lesquelles j essayais de les atlirer a s enquerir de la foi, je me decidai a rebrousser chemin, ce que nous fimes en efifel le 8 juin, reprcnani la direction d Andoas.

La nation des Givarcs se compose d environ 1600 personnes, chaque peuplade est entierement independante, et gouvernee par un Curaca, elu a la majorile des voix, rnais qui ne jouit d aucune autorile : ce sent de vrais barbares. Ces indiens, de meme que les Zapares, sont rassembles au millieu de grandes vallees ; ils habitent dos cases en forme de ruche, couvertes d un toit en feuilles de pal mier. La longueur de ces cases, qui peuvent contenir de 25 a 30 personnes, est de quarante brasses sur irente de largeur. Chacune de ces agregalions ne depasse gueres 150 individus, et elles se ticnncnt eloignees a une distance de quatre a six jours de marche. Il.s vivent de leurs cultures qui produisent des Yucas, des bananes, des figues dlnde, des Cannes a sucre ; rnais ils n out aucunc especc de culte et pas le moindre idee de rimirurtalile de Tame.

Lcur etat social ne resulte pas d une accord muluel, mais des inoeurs el de la puissance du plus fort. Pour les mariages, il suffit du consentement du pere de la jeune fill*% si elle en a un, et si elle n cr a pas, elle est enlevee par le premier homme qui la desire, sans qif il lui soil poRsible de s y refuser. La polygamie esl admise cliez les Givares, qui ont jusqira six femrnes, et qui sont maitres de les luer d un coup de lance s ils li-s surprennenl en adullere, Quand les femmes leur manquont ils font la guerre pour en ravir, peuplade, contre peuplade, tribu conlre tribu, maison meme centre maison ; etdans ces guerres, on cxlcrmine le plus d hommes possible pour sc partager ensuilc les femmes comine un butin. Celle destruction barbare des hommos, fait que ce peuple ne croii pas comme il le devrait el que son lorritoire resle a pen pres desert.

Les Givares sonl plus grands et plus forts que les Zapares el autros sauvagcs ; ils ont la tele grosse et les membres a proportion,

des veux grands etpleinsde feu, les narines dilatees, la poilrine lar ge el couverte de poll, 1 atlitude fiere et le regard tcllement sinistre qu il epouvanie tons leurs voisins.

Tout leur veiemcnt, pour les deux sexes, se compose d un lablier d ecorce, ils se tatouent le corps de diverses couleurs ; ils sont presque toujours ivres. Les armes en usage parmi eux sont des lances a pointe d acier qu ils achetent chez les sauvages convertis, d autres lances en bois de fer, des arcs, des fleches, des fusils de chasse et un bouclier d osier pour ce defendre. D une audace et d une ferocite sans egale parmi loutes les populations repandues sur les monls May ones ils portent une haine mortelle a tous les blancs, a 1 exention des prelres, qu ils rcspectcnt parce qu ils les regardent comme des hommes doux et sinceres, incapables de leur faire du mal. Leur Industrie s exerce a construire des cabanes, a travailler des arbaletes de bois, des lances de bois-de-fer, des boucliers, des filets, des chaperons de plumes, des colliers de dents de singe el auires bagatelles qui leur servent de parure aux jours de rejouissance et de solennite ; en outre, ils s adonnenl a la pecho, a la chasse, etc. elc.

Dans les jours de fete dont j ai parle, ils se peignent de diverses couleurs le visage, le cou, les mains, les bras, les pieds, et tous la reste du corps, et s enivrent jusqu a perdre la vie. Le premier d entr eux a perdre connaissance par suite des fumees de I ivresse est empoigne par lesautres, qui le portent en triomphe sur leurs epaules, comrne ils feraient d un mort, jusqu a sa cabane, puis lout a Tentour de la bourgade. Ils le posent de temps en temps par terre pour danser a 1 entour, et faire mille genuflexions ridicules, larulis que les femmes pour finir, offrenl la Chicha (boisson spiritueuse) a tout le monde.

Pour dormir, ils ont I habitude de se retirerdans leurs cabanes, qui sont porlees sur quatre pieux et entourees d un tissu de Cannes melees a des branches d arbres. Ils se couvrent d une toile d ecorce appelee Lanchamas, et tienncnl pendant loute la nuit une torche allumee dans uri coin de la case.

Us ont une coutume singuliere d ensevelir les morls. Les parents por tent le cadavre du defunt, couvert sculement d une chemise dans

un endroil un peu eleve au dessus du so), et !a ils le soumettent a une fumigation telK 1 qu il devient tout desseche. Alorsils I arrangent comme une monnie, el le descondent dans une fosse creusee sous sa propre derneure Ils placent a cote de lui ses armes, une calebasse de chicha, quelques bnnanes, et le recon vrcni de lerre. Si ledefunt est un t emme, on met dans la tombe tons ses ornemenls consistant en colliers de dents de singe, une calebassede ch : c-ia, des yucas, des bananes ; si c estun enfant, on 1 enterreavec un vase rempli du lait de sa mere.

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