‹ Annales des missions franciscaines Volume 1Chapitre 26 sur 67 · DEUXIEME P ARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME P ARTIE

HISTOIRE CONTEMPORAINE

NOUVELLE ZELANDE.

Lettre du Pere Octave Barsanti, Mineur Observantin de la Province de I Ombrie , chef de la Mission Franciscaine partie au mois d Aout 1860 pour la Nouvelle-Zelande, dans laquelle il rend compte au Ministre General de TOrdre, Pere Bernardin de Montefranco, de Texcellent voyage qu il fit et du bon accueil qu il recut a Auckland.

Viuicc 1861.

Nos chers lecteurs se rappelleront sans doute le long article que nous avons public dans le premier numero de ces Annales (1), touchant neuf de nos confreres, partis au mois d Aout de Fannee 1860 pour la Nouvelle-Zelande, afin dV fonder une Mission de notre Ordre et de repandre avec la foi 1 enseignement de 1 Evangile parmi les peuples les plus recules de FOceanie. Nous sommes heureux de pouvoir leur communiquer la belle lettre du chef de ces memes missionnaires qui sont arrives heureusement au but de leur voyage. Us pourront juger facilement par la du bien que Ton peut esperer de la mission apostolique que nos con freres viennent de fonder en ces clirnats. Mais il est necessaire de leur donner (Fabord quelque notions bistoriques et geographiques sur cettc contrec si eloignee.

(1) Page 33, 1 liv.

La Nouvelle-Zelande est ce vaste archipel de 1 Ocean Ausstral qui par differentes de ses iles se trouve directement aux Antipodes de la France ; il est compose de deux grandes iles , separees entr elles par le canal ou detroit de Cook. Celle au Nord, qui est la plus petite, s appelle Ikana-Mawi, ce qui signifie , selon d Urville , Poisson de Maivi , c est le berceau principal de ce peuple ; Tile qui est au Sud , Tava i Pounamou , nom qui se rapporte a un lac d ou les indigenes tirent en grande abondance le Pounamou, c est-a-dire le Malachite vert. Cette derniere, herissee partout d assez hautes montagnes , n offre aux navigateurs aucun port sur ; la pre miere au contraire est parmi les autres iles remarquable par ses magnifiques baies , telles que celles de Chalki , de Dusky , de Tasman , de I Amiraute , de Cloudy , de la Reine Charlotte, d Otage, de Molyneux, de Muno Cao, de Para Nache, de Dangha Uru, d Ududu , de Vangoroa , de Tau Aoa, de Hawke, etc. L atmosphere dans ces iles est salubre, et le sol d une grande ferlilite produit les plantes les plus variees. Cependant les cotes sont souvenl exposees a des vents et a des tempetes. On ne rencontre dans Finterieur aucun quadrupede, excepte une sorte de rats, de chiens et de gros lezard appele Guana. II y a des oiseaux d un plumage magnifique et qui sont ravissants par la douceur de leur chant; le roi de tous est le Pu. Des perroquets, des canards , des coqs d Inde , des oies , des poules et plusieurs autres especes d oiseaux, qui y out etc apportes par d Ur- \ille, Cook, Marion de Frene et d autres, s y trouvent en abondance.

Pour les hommes , ils se divisent en deux races : la pre miere comprend les chefs, la seconde le peuple. Les chefs qui ont jusqu a cinq pieds de haut et meme davantage, ressemblent aux habitants de 1 Algarve (1) ou de Malte ; ils ont les cheveux lisses , noirs ou chatains. Les hommes du peuple sont

(1) L Algarve, ancien Cuneus, est une province du Sud du Portugal, qui a porte le litre de royaume. Sa capitale etait Tavira. (Note du traducteur.)

plus petits , plus trapus ; ils ont la peau rude , le leint mulalre et les cheveux crepus; tous sont vigoureux, fortement muscles et ont les epaules larges. Les trails de leur figure sont si fortement marques et si bien en relief, qu a leur aspect on se rappelle la belle race de ccs Juifs dont on rencontre encore tres-souvent des individus a Constantinople, a Damas et a Bag dad ; a Fexception du tatouage de leurs figures qui est le privi lege exclusif des chefs. La plupart de ceux que nous voyons, dit La Place, ont la figure presque tout enliere ornee de peintures, dessinees avec sy metric; le gout et le fini qu ils y mettent sont dignes d uri peintre. Ce sont des signes dela valeur qu ils ont deployee dans la guerre et dont ils sont fiers , et nous avons remarque qu ils les augmentent a chaque nouvelle victoire qu ils viennent de remporter ; c est pourquoi les hornmes d un age avance en avaient seuls la figure entierement couverte, tandis que les jeunes gens avaient a peine le nez et le menton marques de quelques tatouages.

Quant a leur constitution politique, lout ce que nous pouvons en dire , c est qu ils vivent en tribus , qui sont formees comme de grandes families et gouvernees , de consentement unanime, par un chef, qui est entoure du res pect et de 1 estime des tribus , quoique son aulorite se reduise a fort peu de choses. Neanmoins il s eslime heureux du droit qu il a de ne rien faire, d enlever en nature la dime des provisions de ses sujets et aussi du privilege de se latouer, par lequel on reconnait sa dignite, a laquelle nul autre ne peut aspirer.

Leur plus chere occupation et la plus honorable a leurs yeux est la guerre; ils trouvent toujours un motif ou un pretexte de s y livrer, pour se venger d une injure reelle ou supposec dont ils ont eu a souffrir de la part d un ennemi. L ayant en leur possession (ce sont les plus cruels anthropophages qui se soient peut-etre jamais vus!), ils s elancent sur lui comme des furieux et savourent avec un si vif plaisir ses chairs encore palpitantes, qu a cetle vue on sent le sang sc glacer cThorreur dans ses vcines. Co

ne sont pas seulement leurs ennemis qu ils traitent ainsi; mais le malheureux etranger qu une tempete a jete sur leurs cotes est voue par eux a une mort certaine ; aussi trailres que perfides, ils ne laissent aucun espoir de salut a quiconque tombe entre leurs mains. Ce fut le sort qu ils firent a Tasman en 1642, a d Urville et a Cook en 1769, a Marion en 1772, a Hovel en 1815, au capitaine Thomp son en 1816, et en outre aux equipages de plusieurs baleiniers dont les hommes furent tous devores par ces barbares cannibales.

Mais leurs croyances religieuses sont surtout dignes d attention. D abord ils n adorent pas exclusivemerit des dieux de bois ou de pierre; ils ont peint sur leurs mains, sur les portes de leurs cabanes et de leurs tombeaux eertaines figures allegoriques , mythes des heros qui ont vecu parmi eux, offrant quelques ressemblances avec les Saints des Chretiens. Les dieux principaux de cette nation representent Dieu le Pere, Dieu le Fils, et le Dieu Oiseau ou le $ Esprit; le plus puissant des trois est le premier, qu ils nomment Nui Atua, ce qui signifie Maitre du monde.Chaque indigene adore en meme temps un autre Atua, ou divinite secondaire, qui par analogic correspond a notre Ange Gardien. Ils ont des pretres nommes Arichi / les epouses de ceux-ci sont les pretresses; dans chaque village (pa), il y a une cabane plus grande que les autres , et appelee Vare Atua, ou cabane de Dieu, destinee a recevoir la nourriture sacree (o a caintu) et ou Ton fait des prieres (carachid); ceci imite nos oratoires. II semble aussi qu ils consacrent par des ceremonies religieuses les ages les plus remarquables de la vie ; par exemple , la naissance de 1 enfant , auquel ils conferent une espece de bapteme. An cinquieme jour, la mere, accompagnee de ses parents et de ses amis, depose 1 enfant sur une natle , enlre deux tas de bois ou de sable ; alors toutes les femmes, les unes apres les autres, apres avoir trernpe une branche d arbre dans un vase d eati, en aspergent le front de 1 cnfant, auquel en ce moment ils don-

nent un nom qui est sacre parmi les habitants de la Nouvellc- Zelande , comme une partie d eux-memes.

Pour ce qui regarde Feducation des fils des chefs , ce sont des anciens vencrables par leur sagesse on des pretres, qui y president. A vingt ans , ils sont comptes parmi les guerriers , se construisent une cabane particuliere a cote de celle de leur pere et y amenent leur epouse. C est un usage que les jeunes gens achetent leur femme de ses parents et 1 epousent au moyen d une ceremonie religieuse des Arichi (pretres). Malheur a celle qui est surprise en adultere; mais les jeunes filles sont libres de se donner a tous les hommes qui leur plaisent. A la mort des parents ou des chefs, la douleur est si grande dans toute la Tribu, que pendant plusieurs jours on pratique des ceremonies religieuses, et que Ton sacrifie en Fhonneur du defunt une masse d esclaves, destines a le servir dans 1 autre monde , en supposant qu il y soit eleve a une haute dignite. II est bon d ajouter ici, qu ils professent le respect le plus religieux pour les morts , qu ils embaument les corps morts avec un art connu par eux seuls et qui 1 emporte meme de beaucoup sur celui qui etait en usage chez les Egyptiens pour preparer leurs momies.

Quelle est 1 origine qu il faut assigner aux habitants de ces lies? Selon Cook, les habitants de la Nouvelle-Zelande font deriver leur origine d un Poisson, nomme Eavise, ou, selon d Urville, Ivi, mot qui signifie a la fois os et tribu et a beaucoup de rapports avec le nom d Eve. Mais on entend dire generalement qu ils descendent de deux freres, nommes Mam Mua et Mavi Posechi ; ce dernier fut tue et mange par Tautre; c est ce qui introduisit chez eux 1 usage de manger les corps des ennemis. Quoi qu il en soit, il est cer tain, que ces Insulaires, comme leur langue, appartiennent a la famille Polynesienne, la huitieme des douze dont se compose la race Malaise, bien qu eile n ait pas conserve parmi ces peuplades la douceur et rharmonie musicale qui dislingucnt les idiomes Polynesiens dont ellc fait partie :

ces idiomes sont le Fidgi, le Rotumch , le Tonga, le Taitiano, 1 Hanhon, le Wihu, et 1 Owahii. (1)

Enfin , quant a la decouverte de la Nouvellc-Zelande , on sail que le premier honneur en revient au celebre navigateur hollandais Tasman , qui le premier d entre tous les Europeens 1 apercut le 15 Decembre de 1 aimee 1642 et entra dans le detroit qui fut appele ensuite Detroit de Cook. C est la que , le lendemain de son arrivee , il fut assailli par les indigenes et vit tuer et manger par eux quatrc de ses soldats, qu ils massacrerent traitreusement. Pendant 120 ans, cet archipel demeura dans Foubli , jusqu a ce que Cook , en naviguant par les latitudes des mers australes, la decouvrit de nouveau en Tan 1769, en abordant au cap Young Nicko a Test, et jeta 1 ancre dans la baie de Taone Ron; c est la qu il vit ses premieres relations avec les sauvages signalees par des scenes sanguinaires. En vain imagina-t-il des moyens d effrayer ces etres feroces. Apres Cook , Marion de Frene , Duperrey et d aulres qu il n est pas necessaire de nommer ici, aborderent aussi dans ces lies.

Cependant les Anglais, depuis Tannee 1808, avaient fixe les yeux sur ces contrees, se proposant d en faire des co lonies qui pourraient devenir utiles a leurs comptoirs de commerce de la Nouvelle-Galles du sud. Dans ce but ils y envoyerent plusieurs missionnaires , tous protestants, bien entendu , parmi lesquels se trouvait le celebre Marsden ; mais , a vrai dire , ils n obtinrent pas de grand succes. Neanmoins , au milieu des disputes continuelles des sauvages, qui ne s appliquaient qu aux moyens de s entr egorger et de rotir leurs victimes dans un feroce festin , les Anglais , grace a leurs ruses, parvinrent a exercer sur ces peuplades d utiles influences , qui tournerent plutot au succes el a relablissement solide du commerce de leurs compatriotes , cc

(1) Voyez le Grand Dictionnaire Geographique, imprirne u Venisc par Antonelli, 1855 , le Cours de Geographic univers. de Maronocclii, vol. VI. et 1 Histoirc de 1 Oceanic dc Casimir Enrici.

qui leur importait bien plus que la regeneration spirituelle des sauvages ! Aussi en Tan 1840 un gouverneur anglais prit possession formelle de ces lies au nom de sa Majeste Britannique. Cette prise de possession ne fut ni calme ni pacifique ; car pen apres , les Anglais furent enveloppes dans dans une guerre des plus acharnees avec quelques-unes de ces tribus inhumaines et obliges de demander du renfort pour repousser les assauts de 1 ennemi , qui convoitait moins les champs fertiles de ce pays que les corps de ceux de ses semblables qui seraient tombes en combattant. Cetait la pour eux un mets delicat dans leurs somptueux festins. Au mo ment meme ou nous ecrivons, ils sont encore en lutte ; c est la cause pour laquelle les Anglais vendent aux emi gres les biens et les terres deja eultivees par les naturels Mooritains.

Telle est la description succincte du pays de I extreme Oceanic ou les Missionnaires Franciscains , nos confreres , viennent d arriver. Pour ce qui se rapporte a la ville d Auckland, ou ils s installerent tout d abord, et la situation de Teglise catholique autant dans cette capitale que dans tout Tarchipel du Nord , qui offre un vaste champ a explorer par ces ouvriers evangeliques , que nos lecteurs veulent se reporter au premier article public sur ce sujet dans nos Annales (1); ils y trouveront le mobile qui les a pousses. Aprs ce preambule , voici la lettre que nous avoris recue recemment de nos chers confreres les Missionnaires et que nous annoncions en commencant cet article.

TRES-REVEREND PERE

Atickland, 2 Janvier 18G1.

Apres une navigation de pres de quatre mois, nous voici, grace a Dieu, arrives heureusemcnt a la Nouvelle-Zelande. Oh 1

(1) Page 50 , 1 liv.

rejouissez-vous , tres-Reverend Pere, et soyez dans 1 allegresse avec nous, vos tres-humbles Ills, qui vous ecrivons en ce jour. Quel sort plus heureux pouvait nous etre reserve sur la terre que celui de nous voir appeles dans ces contrees et d y travailler a repandre le saint nom de Jesus-Christ!

Notre entree dans le port d Auckland eut lieu le dimanche 50 Decembre, a cinq heures de 1 apres-midi. le temps etait beau et serein comme aux jours les^plus riants du printemps; Fair etait chaud et le jour se prolongeait comme dans nos journe es d ete.

Bientot nous fumes environnes par plusieurs bailments an glais , qui firent des signaux de rejouissance ; peu de temps apres, notre navire se remplit d une grande foule de peuple et des premiers de la ville , qui nous regarderent avec des yeux pleins de tendresse et d affection, et en nous serrant la main avec beaucoup de recpect, ils nous donnerent le salut de paix.

Mais que dis-je le navire? Toute la ville, etait dans un emoi extraordinaire ; la population accourue au port en forme de pro cession, criait : vive 1 Eveque, vivent les Missionnaires. On nous invitait a prendre terre, on agitait les mouchoirs, on tournait les chapeaux, on battait des mains; jamais je n avais assiste a un spectacle pareil.

En verite , en voyant toute cette joie , toute cette affection , en considerant cet accueil , nous fumes interieurement si emus , que nous ne piimes nous empecher de repandre des larrnes d une ineffable consolation. Aussi, tres-Reverend Pere, il y avait lieu de s etonner; car bien que nous fussions arrives, pour ainsi dire, a 1 improviste , que beaucoup d insulaires fussent occupes dans les campagnes a faire la moisson et a faucher, et qu une plus grande partie fut a la guerre (car precisement en ce jour se donnait la principale attaque des Naturels centre les Anglais , a une distance seulement de 60 lieues de la ville), il y avait au-dela de trois mille individus qui etaient au port pour nous accueillir en nous donnant des marques de toute espece de leur satisfaction , et qui ensuite nous accompagnerent d un pas joyeux et solennel jusqu a la cathedralc, a environ un quart de inillc de distance.

Quand nous arrivames dans 1 eglise, le chceur entonna VEcce Sacerdos magnus, avec quelques strophes anologues a la circonstance. Quand 1 Eveque se fut assis sur son trone, il re^ut les hommages de tout son trotipeau cheri. Le premier qui se presenta fut le Vicaire General , qui lut un discours plein des senti ments les plus delicats et tres-touchant par la filiaie affection dont il y faisait preuve, dans lequel il disait que c etait aux prieres qui avaient etc adressees au Seigneur que Ton devait, avec le prompt retour du bien-aime Pere a son siege, 1 arrivee de plusieurs zeles Missionnaires. Un Anglais de distinction , chef de tous les emigres de la Nouvelle-Zelande, lut egalement un discours. Enfm s approcha un Naturel Mooritain qui dans son langage simple mais plein de chaleur, adressa a Monseigneur quelques paroles dictees par le cosur d un fils felicitant son pere revenu d un long voyage.

A ces discours le Prelat repondit par des paroles bien approprices , et remercia surtout ses chers diocesains des prieres qu ils avaient adressees pour lui au ciel. Enfin Ton chanta en plein choaur le Te Deum, et 1 Eveque donna la benediction solennelle. Oh, jamais mon coeur n eprouva ce qu il sentit alors! Oui, en verite, je croyais defaillir quand j entendis chanter le second verset : Te ceternum Patrem omnis terra veneratur, en pensant me trouver dans la Nouvelle-Zelande! Oh! mon Dieu, la terre, la terre entiere retentit de vos louanges !

La ceremonie ecclesiastique terminee , on se rendit a 1 eveche. Ici mille embrassements , mille mains serrerent les notres , mille expressions de joie , mille souhaits de bonheur nous accueillirent et nous retinrent jusqu au soir; et lorsque vint 1 heure durepos, nous fiimes loges dans les maisons des catholiques, qui tous nous recurent comme des envoyes du Ciel, avec un respect qu il serait difficile d exprimer en paroles.

Je vous prie, tres-Reverend Pere, de communiquer la presente lettre a tous nos chers confreres les Religieux d Ara-Coeli , ainsi qu a nos Peres Provinciaux respectifs , afin qu ils sachent que nous sommes arrives heureusement et que nous jouissons d une parfaitc sante, de la paix du coeur et de la plus grande

satisfaction. Afin que tant dc bons amis, qui nous estiment et qui ont prie pour nous, aient aussi de nos nouvelles , veuillez avoir la bonte d en faire mention dans un journal des Missions.

Nous finissons, tres-Reverend Pere, en vous saluant et vous embrassant en Jesus-Christ, et en vous baisant denotement les mains, nous rendons de nouveau des graces infinies a votre Reverence de tout ce qu elle a fait pour nous. Des que nous serons solidement etablis, nous vous donnerons de plus amples details de notre voyage et de cette vigne mystique du Pere celeste qui nous est donnee a cultiver. Qu il vous suffise de connaitre pour le moment que, pendant une navigation de quatre mois, nous n avons couru aucun danger, ni essuye aucune tempete; nous avons ete veritablement conduits par les Anges du Seigneur.

En attendant, veuillez nous accorder votre benediction, et nous ecrire en nous donnant des nouveiles de notre pays. Nous sommes ,

De votre Reverence,

Les tres-humbles et tres-devoues fils en J.-C.

FR. OCTAVE BARSANTI, Miss. Apost. M. 0.

FR. NIVARDO JOURDAN, idem.

FR. DOMINIQUE GALOSI , idem.

FR. JOSEPH GREGORI , idem.

FR. FRANCOIS DELMONTE, idem.

FR. ETIENNE PASSINETTI, idem.

FR. FRANCOIS MONVOISIN, Frere La ique.

FR. EGIDE BAIARDI, idem.

FR. SANTE RENZONI, idem.

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