‹ Annales des missions franciscaines Volume 2Chapitre 18 sur 99 · JOSEPH GUILLAUME · texte numérisé non relu

JOSEPH GUILLAUME

de V Or Are de S*> Francois, Eveqne d Uranopoli. On ne saurait dire combien la reception de ces pieces rejouit 1 ame du P. Van Loo; il se hata de retourner immediatemcnt en ilgiquc et de les communiquer a son Ministre Provincial. Les membres du ^chapitre , entierement convaincus que la volonte de eu 6tait quails ouvrissent une maison dans ce pays, resolurcnt decrire au Eeverendissime Pere Louis de Lorette, Ministre ge neral et a Son Eminence le Cardinal Lambruschini, protecteur Jrdre, pour qu ils leur obtinssent du Siege apostolique les pouvoirs necessaires 1 . Mais quoi! la Providence divine voulait

r ) Documents des archives do la Procure generale des Uccoilets a Ste-Morie d /hr CwU a Rome.

montrer que la restauration des Franciscains dans ces contrees devait venir non des combinaisons de F Industrie humaine, mais seulement des admirables conseils de sa sagesse, pour verifier de nouveau dans ce cas ce qu a dit le Psalmiste : Nisi Dominus adificaverit domum, in vanum labor averunt qui fedijicant cam. En effet, de nouvelles causes, auxquelles il est inutile que nous nous arretions ici, apporterent de nouveaux obstacles au projct, de sorte que ce fut seulement en 1857, que la sainte ceuvre put s accomplir. A cette epoque Mgr Vaughan , Eveque de Plymouth , informe du desir que les Eranciscains Beiges avaient de relever leur Ordre dans la Grande-Bretagne , s empressa d ecrire au Pere Provincial , pour le prier de procurer d abord a son diocese cette source de benedictions , en y fondant le premier convent de la Province renaissante ; et a cette fin il lui offrit une chapelle avec maison et jardin a Sclender, a quelques milles de Ply mouth, dans les possessions de la noble famille Trelawny , qui a donne son nom a ce district. A vrai dire, le lieu ne paraissait pas le plus convenable pour Foeuvre tentee , en ce qu il etait trop prive de relations exterieures , et qui pis est, presque exclusivement peuple de Protestants. Neanmoins la Province Beige accueillit cette offre du digne Prelat avec une vive reconnais sance, et sollicita du Saint Siege d obtenir 1 autorisation d envoyer a Sclender des religieux qui s y fixeraient, en restant soumis a la juridiction de TOrdre et en jouissant de tons ses privileges. Ces demandes lui ayant ete accord ees par decret du 30 mai 1858, le E. P. Emmanuel Kenners , accompagne d un autre pretre et d un frere la ique , fut charge du nouvel etablissement , tandis que d autres se preparaient a les suivre.

Arrives a leur destination, leur premiere pensee fut d^y batir un petit convent, pour y vivre dans la parfaite observance de la Regie; et bien que le nombre des catholiques y fut petit, en rnoins de deux ans le batiment fut termine. Preuve eclatante de cette admirable Providence de Dieu, a laquelle malhcureusement on parait croire si peu de nos jours! Jamais elle ne manque de subvenir aux besoins des fils de St-Erancois, poarvu seulement que, se confiant pleinement en elle, ils tachent de vivre en vrais Franciscains, en travaillant a leur propre sanctification et a celle d autrui. // Or voila, dit le P. Bernard Van Loo, comment se sont trouvees verifiees ces consolantes paroles que le Patriarche seraphique adressait au cardinal Ugolin, quand celui-ci Taccusait de durete et presque de temerite, parce qu^il envoyait ses fils, rien qu^avec le secours du ciel, dans les par ties les plus reculees et les plus inconnues du globe. Monseig-

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neur, lui disait-il, vous pensez que Dieu n a suscite cet or- // dre que pour nos contrees; mais je vous dis en verite qu il Ta n etabli pour le bien du monde entier, pour le saint de toutes // les nations, sans exclure de ce bienfait les infideles, sur le // territoire desquels penetreront les religieux de cet institut; // car pourvu quails conforment leur vie aux regies de 1 Evann gile et de leur profession, Dieu pourvoira largement a leurs / besoms, meme an milieu des ennemis de son saint nom 1 . // Douce predication, continue le meme pieux pere, que nous voyons se realiser depnis plus de six siecles parmi les heretiques et les paiens! Qu on ne vienne done plus nous dire qu il est impossible d } observer la regie de SP-Erancois parmi les infideles et les heretiques ! Ce n est la qu un de ces vains pretextes, une de ces miserables illusions que le demon emploie pour detourner les Pranciscains de la vie parfaite quails ont embrassee et pour empecher le grand bien que leurs exempted produisent au profit des ames ! Car non-seulement la vie evangelique assure a ceux qui la pratiquent une certaine providence speciale quant aux biens corporels, mais, ce qui est infiniment precieux, elle les comble avec surabondance des biens spirituels, elle feconde leurs travaux apostoliques, elle les rend de dignes instruments de la main de Dieu pour la conquete d une foule innombrable d^ames quails menent au ciel! // Yoila precisement ce que nous permet de constater depuis trois ans le petit convent de Trelawny. Ainsi, sans parler de la piete que ces religieux ont rallumee par leurs predications et leurs exemples dans le cceur des catlioliques , nous dirons settlement quails se sont tellement attire Testime des protestants eux-memes, qu ils ont desarme leur fanatisme, et qu ils en ont meme ramene plusieurs dans le sein de notre mere la Sainte Eglise. Aussi avons-nous la ferme confiance que de pareilles conversions sont Theureux presage d une moisson plus abondante, par laquelle le Seigneur daignera couronner leurs travaux, pourvu qu ils res tent fideles aux regies de leur Institut, et qu ils suivent aveuglement les sages conseils que leur saint Patriarche donnait a ses fils, lorsqu^il les envoyait en mis sion dans les diverses contrees de la terre !

Apres la fondation de ce premier convent de Trelawny, nous

*) Domine , vos judicatis quod propter has tantum provincias Dens Institutum hoc creavit ; attarnen ego vobis in veritate dico, quod ad universale totius orliis Itonum et salutem omnium illud instituit. Neque ab lioc boneficio excluduntur inlideles, quorum terras hujus sodalitii Fratres penolrabunt; et dam nd cviHi.UiMicaui norniam et suuin Institutum vitas composuerint, Deus etiam inter sui nominis bostes abujid( ei cuncta ministrabit.

sommes heureux <Taj outer que ces bons Peres Beiges nos freres ont deja eu le bonlieur cVen fonder et d en ouvrir deux autres : Fun a Killarney en Irlande, Fautre dans un faubourg de Man chester en Angleterre. Le ministre provincial recut de Fillustrissime eveque de Kerry Fautorisation d etablir le premier, par la lettre suivante du 8 avril 1860.

// David, Eveque de Kerry, au tres-reverend Pere Archange Vcndrikx, ministre de la Province des Peres Eecollets de Belgique, salut! C est dans la joie de notre cceur que, pour satisfaire a vos desirs, autant qu il est en nous, nous vous accordons dans le Seigneur Fautorisation et la faculte de construire une eglise ainsi qu un couvent de votre Ordre dans notre ville de Kellarney, avec tons les privileges dont jouissent vos monasteres, pourvu qu on y observe tout ce qui a ete prescrit par les constitutions apostoliques relativenient aux nouvelles fondations de ce genre, et que ni nos paroisses ni notre catliedrale n en puissent souffrir aucun dommage; nous defendons, en outre, d y celebrer publiquement la messe, aux jours de dimanche et de fete, apres onze lieures du matin. Et en attendant nous vous recommandons instamment dans le Seigneur de maintenir en vigueur dans ce cou vent la sainte observance des regies, surtout pour ce qui concerne la vie commune, et d y faire porter Thabit de Tlnstitut.

A Kellarney, le jour de la fete du tres-saint Sacrement en Fanl861.

DAVID, eveque de Kerry.

Muni de cette autorisation , de celle du ministre general de Fordre et de son chapitre, et du rescrit apostolique du 3 juin J 860, le provincial beige envoya a Kellarney en qualite de superieur le P. Patrice Verhcrstraeten , avcc quelques percs et un frere laique, qui, comme les religieux etablis a Trela\vny, adopterent aussitot Fobservance des Eranciscains dans toute sa rigueur. Deja nous tenons de source certaine qu ils y vivent dans une regularite religieuse aiissi grandc qu en Belgique, ct qu ils repondent pleinement aux desirs de Fillustrissime eveque, en travaillant avec le zele le plus ardent au salut des ames dans la chaire et au tribunal de la penitence. Quant aux choses necessaires a la vie, la Providence les fournit en abondance d une maniere admirable.

Dernieremcnt Feveque de Manchester, considerant Fimmense population de sa ville, qui ne s eleve pas a moins de 400,000 ames, dont 100,000 catlioliques, et le petit nombre des^pretrcs seculiers, trop restreint pour faire face u lours bcsoins spirituels, pria a son tour les Pranciscains beiges de vouloir bicn fonder

un convent de leur ordre dans un faubourg de sa residence. En consequence le Pere Emanuel Kenners, dont nous avons dejii parle, se rendit sur le champ a Manchester, avec deux de ses confreres, egalement pieties, et s installa dans nne maison particuliere pies d une cliapelle qui leur seit d eglise, en attendant que la Providence (et nous sommes surs qu elle ne tardera point a lui venii en aide) lui fournisse les ressources neeessaires pour y batir un convent en regie comme a Trelawnj. Yoila, en pen de mots, comment 1 Ordre Pianciscain a recouvre de nos jours une nouvellc vie en Angletene. Oil! daigne le Seigneur, dans sa misericorde, affermir I cenvie commencee par sa grace sous d aussi bons auspices, en inspirant an cceur des jeunes gens du pays le saint desir de s eniolei parmi les fils du patriache d Assise, et en accroissant ainsi le nombre des novices, leurs compatriotes, qui font maintenant leur education dans les convents de Belgique; afin que la province d Angleterre , autiefois si floiissante, reprenne bientot son ancienne splendeur et s enrichisse de sujets vertueux et eclaires, qui cooperent efficacement a la conversion de leur patrie, et puissent en meme temps aller evangeliser ses nombreuses colonies dans presque toutes les parties du monde, ou, comme partout, la moisson est abonclante, mais les ouvriers sent trop rares : Messis quideui multa > operani auteiu pau.ci.

CONSTANTINOPLE

Lettre du P. LEOPOLD D ; Ac QUA SANTA, Missionnaire apostolique des Freres Mineurs de la stride observance, au P. Jeremie de Monsanvito , gardien du college de S* Pierre in Montorio a Rome, sur la situation actudlc de let Mission Franciscaiue dans I He des Princes.

Per a de Constantinople, le 20 decembre 1861. TEES-REVEREND PEIIE,

J ai recu par le vapeur des postes francaises les quatre petits livres que vous avez eu Tobligeance de m^envoyer. II me man que encore le Manuel que je desire bien qu on n oublie point. Je m entendrai la-dessus avec notre ties-digne Pere Prefet.

Ainsi que je vous Fai promis en vous ecrivant de File des Princes, je vous envoie une relation succincte de Fetat de cette nouvelle mission, foiidee sous la Prefecture Apostoliquc de la Custodie des Mineurs lleformes de Constantinople.

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L ile des Princes est situ.ee an sud-est de Constantinople snr la mer de Marmara, et appartient a FAsie mineure par son voisinage des cotes de Bythinie qui Fentourent du cote du levant et du midi; elle se trouve precisement a F embouchure du golfe d Ismith, F an tique Nicomedie, residence d^ete et de chasse du Sultan. Au sud de File on voit dominer de loin les montagnes de Brousse (Pruse), ancienne capitale des Turcs, avec son tameux Olympe. Sa distance de Constantinople est d environ quinze milles.

Elle s appelle ile des Princes ( Prinehipo, Hpiy^iQw en grec ) parce que les empereurs de Bysanee y envoyaient en exil les Princes du sang et les y renfermaient cornme prisonniers de guerre; on y voit en effet encore les mines d une tour de reclusion et de beaucoup de chapiteaux ct de colonnes , a gauche de la mine de fer. II en est pourtant qui font de" river ce nom de ce qu ello est la plus grande et comme le chef-lieu des cinq ilots qui forment le petit archipel de Constantinople, ou de ce qu elle aurait ete anciennement la residence d un prince

grec.

Le sol y est montueux ( excepte sur la rive septentrionale ), mais fertile, et produit des fruits extremement savoureux. I/ air y est tres-salubre, meilleur qu a Constantinople, et c est pourquoi beaucoup d Europeens de toutes les religions y vont sejourner pendant Fete et Fautomne. La majorite de la popu lation est composee de grecs, qui ont une administration particuliere et trois couvents de moines, dont deux sont situes sur les monts les plus eleves; la minorite, d^armeniens les uns catholiques, les autres heretiques; le reste, de catholiques latins. De sorte que toute la population de cette ile est chretienne, a Fexception du gouverneur et des agents de police, qui sont turcs.

Yoiei le tableau de la population, sans tenir compte de tous ceux qui n ont ni maison ni famille.

Families. Pendant Fhiver 22. En plus pendant Fete 56.

Total des families 78. Personnes en famille. Pendant

Fhiver 87. En plus pendant Fete 301. Total des person-

nes en famille 888. Domestiques males et femelles Pendant

Fhiver 14. En plus pendant Fete 86. - -Total 100. Population

flottante. Pendant Fhiver 101.- -En plus pendant Fete 387.

-Total. 488. BapMmes.- -En 1860, 4- -en 1861, 3

Total 7. Deces - - en 1860, 5 - - en 1861, 7 - Total 12.

Princhipo n etait d abord habitee que par des grecs. Le catholicisme s y est seulement introduit a une epoque rapprochee de nous, par le moyen de quelques fideles qui y allaient

passer Fete. Les Peres Dominicains donnerent les premiers soins a ce petit troupeau, et resterent dans Tile environ dix aris. Lorsqu ils Ja quitteient en 1844, un pretre les remplaca pour y celebrer la sainte messe pendant la belle saison. Cependant la chapelle devint la proie cles flammes, et la nouvelle chapelle fut etablie dans une vieille maison en bois, d ou il fallut bientot sortir pour celebrer desormais 1 office dans la maison d autrui, c est-a-dire dans Feglise des Armeniens catholiques.

Telle etait la situation des catholiques latins a Princhipo, lorsque Mgr Brunoni, vicaire apostolique de Constantinople, les confia dans son zele aux soins de nos Freres Mineurs de 1 ob servance reformee de S^JVancqis, en declarant par une ordonnance du 8 fevrier 1860 quails i ormeraient une paroisse independantede celles de Pera. Notre premiere pensee et ait d arranger une chapelle, jusqu a ce que 1 eglise fut reconstruite; mais le manque de temps et Finsuffisance de nos moyens nous forcerent de nous contenter de 1 eglise armenienne, a notre grand regret et au grand deplaisir de la population. II n en est point de meme cette annee; car mettant la main a, Foeuvre, nous sommes enfin parvenus a eriger une chapelle, petite il est vrai, mais tres-decente et tres-propre a la devotion, ou, quittant 1 eglise armenienne, je celebrai pour la premiere fois la sainte Messe le jour consacre a Farchange S^liaphael (16 avril), anniversaire de la profession de notre saint Patriarclie.

Ainsi libres de suivre le rite latin, nous fimes, a la grande satisfaction et joic des fideles, diverses ceremonies edifiantes, dont pour abreger je vous epargne la description. J ajouterai seulement que Dieu a daigne benir de telle sorte nos efforts et nos sacrifices , qu en huit mois de residence en cette mission, on a ouvert pour les missionnaires une maison occupee par un frere la ique, une chapelle pour les garcons qui y demeurent toute Fannee, et, enfin, que nonobstant le manque prcsque absolu d auxiliaires en tout genre, on a commence a se mettre en mesure de batir une eglise et un hospice stable ; car notre Perc Prefet a deju a cet effet acquis le terrain necessaire et amasse plusieurs milliers de briqucs.

Mais ce n est point la la seule mission qu aient recemment fondee les fils du pauvre d Assise; Mgr Mussabini, de sainte memoire , archcveque de Smyrne et vicaire apostolique de toute FAsie Mineure, a confie a notre Pere Prefet le soin de la mis sion de Magnesie en Lydie, au cocur meme de FAsie Mineure, par un decret qu il a sigrie suv son lit de mort. Jusqu alors il n y avait jamais eu aucun missionnaire catholique, et Fon y en-

voyait settlement une fois Fan un pretre pour communier les fideles et baptiser les enfants. La aussi notre Prefet a prepare le terrain convenable. Daigne Dieu attirer a la foi les habitants de Magnesie, comme Faimant, qui y abonde, attire le fer !

Passons a une autre nonvelle qui n est pas moins consolante. Les catholiques Bulgares, apres la malheureuse fuite de leur eveque Mgr Joseph, on plutofc Fenlevement de cepauvre vieillard, loin de faiblir, n ont fait qu augmenter en nombre. Assureinent la Constance montree par cette nation, dans le malheur qui Fa f rappee, meritait toute la sollicitude et toute 1 assistance que lui a prodiguees notre frere Mgr le Vicaire Apostolique. Ainsi, afin de mieux assurer Favenir de ces nouveaux fideles, on leur a accorde, comme aux armeniens catholiques, deux chefs ecclesiastiques, Fun pour representer les catholiques Bulgares pres de la Sublime Porte, par laquelle il a etc reconnu comme tel, Fautre pour s occnper des aifaires eeclesiastiques. Ces deux dignitaires ont etc choisis parmi le clerge latin et munis de la dispense apostolique, ils ont deja adopte le rite bulgare et se sont rendus a leur poste. Le plus age, qui s appelle Pierre, ne en Bulgarie et eleve au college de la Propagande a Rome, a etc charge du role civil; 1 autre, beaucoup plus jeune, polonais de nation, arrive de Home il y a quelques mois, a ete prepose aux affaires ecclesiastiques. Ce dernier, pour satisfaire la nation, a quitte le nom de Francois et pris celui d llilaire. Nous le connaissons d autant mieux qu il a ete notre hote, et nous sommes stirs qu avec son beau caractere et son zele pour la foi catholique, il recueillera d excellents fruits du travail qui s opere chez les Bulgares.

Meme chez les grecs il se manifests un mouvement prononce vers le catholicisme. Outre Mgr Melese, qui, il y a un mois, abjurait ses erreurs avec cinq seculiers, entre les mains de Mgr Brunoni, on compte douze autres families grecques qui ont embrasse la vraie foi. Mgr Melese a ete nomine chef de la nouvelle eglise grecque unie, et n ayant point encore d eglise particuliere, il a avant-hier ordonne un pretre et un diacre dans la chapelle des Btilgares. Mais le mouvement le plus considerable est celui qui entraine les armeniens schismatiques. Ils se rapprochent a grand pas du catholicisme, de sorte que les pretres Ar meniens catholiques auront une ample mission a recueillir.

Le 11 du mois courant il y a eu une emeute au faubourg de Galata, et precisement a la Bourse, a cause du prix exorbitant des mounaies. Mais Fordre fut bientot retabli; seulement la Bourse est restee fermee pendant quelques jours.

9rv /

Je vous souliaite, ainsi que tons nos compatriotes des Marclies, une bonne et sainte fete de Noel. Je vous salue de coeur et me declare de votre Tres-Beverende Paternite,

Le tres-affectionne et tres-obeissant serviteur,

En. LEOPOLD B ACQUASANTA, Missionnaire apostolique y des Min. Obs. ref.

CHINE

Lettre du P. GREGOIRE DB CASTELLAZZO, Missionnaire apostolique del 1 Ob servance dans le Vicariat apostolique de Chang- Tong, rendant compte de son voyage iVAlexandrie en Egypte a Tien-Tsin en Chine , au Reverendissime P. General de I Ordre, BEENAEDIN DE MONTEFRA^TCO.

Tien-Tsin, 10 octolre 1861.

REVERENTHSSIME PEUE !

Je ne doute pas que vous ne m excusiez d avoir tarde si longtemps de vous rendre compte de uotre voyage , quand vous aurez appris les circoustances qui Tout accompagne.

Huit mois s etaient deja ecoules depuis que j etais en Egypte, apres avoir, avec une grande consolation pour mon coeur, visite la Palestine et fete la sainte solennite de Noel dans la grotte de Betlileem, quand, vers le milieu du mois de mai, notrc Commissaire dc Terre- Sainte a Paris nous obtint la permission, a moi et a trois de mcs confreres, de nous cmbarquer sur le navire franfais la Dryade , qui etait a 1 ancre a Suez et sur le point de partir. En attendant, nous mimes le temps a profit pour nous procurer des habillements et les autrcs clioses necessaires au voyage avec le pen d ar gent que nous a fourni la Sacrce Congregation de la Propagande ; puis ainsi garnis, nous nous rendimes au Caire pour y celebrer la fete-Dieu, et en partir pour Suez le lendemain, dernier du mois de mai. La nous duuies quitter, apres 1 avoir devotement baise, le saint liabit que je portals, moi, depuis plus de douze ans , et condamnes a un si grand sacrifice , nous suppliames notre seraphiquc Putriarche d Assise de vouloir bien nous tisser un nouvel liabit doue d immortalitc , que nous puissions revetir dans la gloire , puisque nous quittions le notre pour la plus grande gloire de Dieu ct dans 1 interet dcs ames. Nous nous arretamcs un jour a Suez pres de notrc con frere le P. Alplionsc , qui y occupe une petite maison, afin de donner quelqucs sccours spirituels au pen dc catlioliqvics latins qui s y trouvent, ct le

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