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entreprendre par la suite, les peines, les fatigues qu ils auraient a essuyer, tout cela leur paraissait insignifiaut, en comparaison du triomphe qu allait remporter TEgliss cle Jesus-Christ, a laquelle ils portaient un amour si sincere et si ardent. Ne s etaientils pas consacres a son service et a sa gloire, dans un apostolat continuel, comine doit 1 etre en effet la vie du pretre, et le fut toujours celle des institutions religieuses, dans leur exacte obser vance? Le vicaire de Jesus-Christ ne sentit pas moins de joie, en voyant a ses pieds ces bons religieux, et en apprenant de si excellentes nouvelles; il les embrassa avec une tendresse pater nclle, et les felicita des heureux succes que leur ordre venait de procurer a J Eglise. C est anime de tels sentiments qu il venait d clever an cardinalat deux de leurs confreres, saint Bonaventure et J icedomino de Ticedominis* . Peu de jours apres il repondit a Fempereur, auquel, tout en exprirnant la joie dans le Seigneur dont 1 avaient penetre les heureuses nouvelles qu il venait de recevoir, il ne put s empecher de manifester quelques mefiances sur la clroiture detention des grecs, settlement, disait-il, pour que Pempereur s empressat de les dissiper entierenient par sa conduite. Beaucoup de personnages considerables, ajoutait-il, soutiennent que les grecs prolongent les negociations par des raisoiinements artificieux et peu sinceres. // Nous ne vous ecrivons done qu afin de les engager plus vivement a agir de concert avec vitfueur et sincerite, pour fermer la bouche a ces accusateurs, qui disent encore, a propos de la longue absence de nos nonces, cjue ce n est pas la premiere fois qu arrivent de pareilles lenteurs, parce que les grecs nourrissent le secret espoir que quelque inci dent imprevn viendra rompre les negociations 2 . // Le pape adressa ( i^aicment des lettres a Philippe, empereur titulaire de Con-stantinople, et a Charles, roi de Sicile, les priant de donner entiere siu-ete auxanibassadeurs de Paleologue 3 . Mais il importe surtout de mentionner la lettre que le meme pontife jugea bon d ecrire
K Voir Wadding, Annales, torn. IV, an. 1273, n" XI.
9 > Quam plures magnce conditionis et status asserunt, unionis praBdictee tractatum ex graecorum parte diutius in flgmentis verborum et simulate deducr.um!.. Licet autera illis credulitatis aures non duxeriraus inclinandas, hcc tanien Excellentiffi tuas ad stirnulura quasi sollicitudinis exponimus, ut.... ad consuramationem praedicti negotii... sic solerter intendas, et efficaciter in veritate procedas, quod, tucc perraissionis effectu per evidentiam operis apparente, obstruantur ora inique loquentium, qui celsitudinem tuam libenter forte notarent quasi non in sinceritate debita hoc tain salabre negotiura prosequaris.
Voir Wadding, dans ses Annales, tome IV, annee 1273.
3 ; Idem, et Raynaldi, ibid. -- Labbe, tome XI, p. 350.
aux deux freres mineurs restes a Constantinople, c est-a-dire aux peres Jerome d Ascoli et Bonnegrace de Persiceto, et dans hiquelle, apres leur avoir vivement recommande Foeuvre menee au. point ou elle en etait, il les exhorte a terminer la grande affaire qui leur avait etc confiee, et qui devait produire un si grand bien au monde chretien, un si beau triomphe a FEglise de Jesus- Christ, et un tel accroissement d honneur pour leur institut lui-meme. Cette lettre porte : // Aux Peres Jerome d Ascoli et Bonnegrace de San-Giovani a Persiceto, de Fordre des Mineurs! En considerant les clioses au point de vue de Paffection naturelle, il est vrai que vos fatigues nous inspirent une grande compassion pour vos personnes; mais quand nous levons plus haut le regard de 1 intelligence, quand nous songeons que vous travaillez pour Celui qui ne laisse personne sans recompense, pourvu qu on se devoue a sa cause sainte, nous sommes porte a dire que nous eprouvons plutot le doux besoin de vous en feliciter. Mais il ne sierait pas d enseigner cette science du devouement a des liommes qui out assez prouve quails la connaissent; nous aimons mieux vous exhort er a perseverer avec constance dans ces lourds travaux et dans Fardeur du zele que vous avez montre en les entreprenant, certains de Finefi^ible retribu tion qu ils vous vaudront. S ; il etait meme possible que, pom 1 hater la fin de la mission clout vous etes charges, ce zele recloublat en vous, et que vous vous en occupiez avec une plus vive sollicitude, nous vous y exhorterions par notre presente lettre, surs comme vous devez Fetre que vous en recevrez une ample recompense du Seigneur, et un accroissement de la bienveillance du Siege Apostolique, dont vous jouissez deja. Ce que, du reste, nous v onions surtout, c ? est que vous insistiez fortement pres du magnifique et illustre empereur des grecs, Michel Paleologue, pour que, les negociations terniinees par vos soins, il vous renvoie le plus tot possible, en compagnie de ses nonces, afin que vous puissiez, comme nous le desirous, assister en per sonne au Concile. Lyon, ce 25 novembre, deuxieme annee dv i notre Pontificat 1 . // Maintenant il sera interessant de les voir sc conformer exactement aux desirs du pontife Gregoire; car ils terminerent heureusement les negociations, et arriverent a temps au Concile, oil la reunion des grecs a FEglise latine s accomplit solennellement, au milieu des cantiques d^allegresse et dc benediction de tout le monde chretien.
) Aux P^res Jdr6me d Ascoli et Bonnegrace de San-Giovanni a Persiceto d- 1 Ordre des Freres Mineurs : Labores vestros, etc. Yoir Wadding, loc. cit. ; Ue Gubernatis, etc.; Raynaldi, ibid.