EABAT DANS L AFRIQUE SEPTENTRIONALE
Nous lisons ce qui suit dans le Moniteur de Paris sur les Missions Franciscaines de 1 Afrique Septentrionale.
Rabat, 4 Janvier 1863. Apres un siecle le culte catholique a enfin ete retabli a Rabat, Les religieux Franciscains d Espagne , du couvent de Tanger , ayant 1 annee derniere tente une exploration le long des cotes, afin d etudier comment ils pourraient user du droit de fonder des eglises dans ces contrees, que leur confere le traite concla avec 1 Espagne (art. 6), choisirent dans cette intention cette ville qui, par 1 importance de sa position centrale, avait appele 1 attention du gouvernement de la Reine.
Mais comme il etait fort difficile de trouver immediatement un lieu convenable pour y celebrer les offices du calte, en meme temps que les religieux prireut les moyens de batir une eglise le plus tot possible, le Vice-Consul de
France fit eriger une chapelle provisoire , et le R. P. Lopez, Superieur du convent de Tanger, vint la consacrer solennellement le 7 decembre dernier.
L etablissement des Eranciscains au Maroc remonte au commencement du XHIe siecle , et ces premiers ouvriers evangeliqnes trouverent tous le martyre a Maroc et a Ceuta ; on raconte en outre que le Patriarche Seraphique lui-meme, venu a deux differentes reprises pour travailler a cette Mission , n echappa a la mort que par miracle. Mais malgre toutes ces persecutions, qui durerent jusqu au commencement du XVlIe siecle, les Eranciscains n abandonnerent jamais entierement ce pays. D abord ils se consacrerent exclusivement au rachat et au soulagement des chretiens captifs; on leur permit ensuite d occuper definitivement deux couvents a Maroc et a Mequinez, d ou quelques-uns d entre eux allaient de temps a autre desservir un hospice etabli d abord & Sale, puis a Rabat. Depuis lors ils avaient toujours ete traites avec respect par les Marocains. Les Sultans eux-memes, dit un ancien clironiqueur , les honoraient d autant plus, que non-seulement ces religieux leur payaient un tribut annuel, mais qu ils servaient de medecins dans la capitale , y administrant les remedes et y prenant soin de tous les esclaves malades qu ils retenaient pres d eux jusqu a entiere guerison.
Ces deux couvents de Maroc et de Mequinez furent depuis abondonnes a la fin du siecle dernier , peu d annees avant 1 abolition de 1 esclavage des Chretiens, decretee spontanement par le Sultan Moulai-Soliman. A partir de cette epoque, les Franciscains ne conserverent plus qu un hospice a Larache (qui leur fut enleve en 1822), avec la petite eglise de Tanger qu ils desservent encore aujourd hui.
Quant a la restauration de la nouvelle chapelle catholique de Rabat , elle eut lieu a la grande satisfaction des Europeens qui y resident. II n est done point douteux qu on ne voie s accroitre chez les indigenes le respect qu ils doivent porter aux chretiens ; car ce peuple , naturellement religieux et ennemi de 1 intolerance commune aux Musulmans, a toujours donne aux pretres Europeens des marques d une veneration toute particuliere.
Nous avons vu avec plaisir cette correspondance du Monitenr , reproduite par le Rosier de Marie, dans son no du 31 Janvier 1863.
AERIQUE CENTRALE.
Relativement a nos missions de FAfrique centrale , nous sommes heureux de publier ci-apres la lettre par laquelle le Reverendissime Pere General de 1 Ordre engage les ministres Provinciaux de Germanic a demander le concours de leurs religieux en faveur de ces Missions , qui ont ete recemment ravagees par de cruelles maladies. Elle est conpue en ces termes :
REVEREND PERE, Yous savez que 1 esprit qui anima notre Patriarche Seraphique dans la
fondation de 1 Institut Eranciscain fut d amener le monde entier a la foi du Christ , et c est pour cela qu il envoya ses fils la precher dans les quatre parties en lesquelles il etait divise. Depuis il y eut toujours des membres de la famille Seraphique qui , abandonnant leurs Provinces , allerent remplir ce role dans des regions qu ils baignerent meme de leur sang : vingttrois de ces religieux vierinent d etre inscrits aux dyptiques des Saints par le chef supreme regnant de 1 Eglise, le Pape Pie IX. Or, parmi les Missions qui assurent a notre Ordre un titre particulier de gloire , il y a lieu de eompter celle qu on lui a dernierement confiee dans 1 Afrique Centrale , et dont Ton pent attendre certainement des fruits tres-salutaires pour les ames.Mais pour cela il faut qu elle soit soutenue par des ouvriers intrepides, uniquement pousses par 1 esprit de Dieu et par la charite enversle prochain. Mamtenant, bien que la societe de Marie, qui a son siege a Vienne en Autriche, concoure a 1 oeuvre par d abondantes aumones, nous nous adressons specialement a vous, ministres des provinces de Germanic, pour que vous nous signaliez ceux de vos religieux qui seraient disposes a se consacrer a cette mission , ne doutant point un instant que vous ne cherchiez en ce cas avec tout le zele possible a seconder l accomplissement de la volonte du Perc Celeste et a vous montrer les cooperateurs de la Passion du divin Sauveur. Veuillez manifester ces sentiments a tons les religieux de votre Province , afin que ceux qui se sentiraient appeles a cette mission puissent par votre entremise nous adresser leur demande , et puissent dire qu ils out ete choisis comme Aaron. En attendant, repondez a notre lettre en nous dormant les noms des postulants et en nous faisant connaitre leurs qualites, afin que nous evitions, autant que possible, toute erreur dans le choix a faire. Sur ce , nous vous accordons la benediction Seraphique .
En. RAPHAEL DE PONTECCHIO, Ministre General.
Rome, a VAra-Cceli, ce 8 novembre 1862.
Nous nous hatons d aj outer que la reponse des ministres Provinciaux a ete telle qu elle permet d esperer le prompt retablissement de cette mission.
PALESTINE
Relativement aux Missions Eranciscaines de Palestine , nous lisons ce qui suit dans la gazette officielle de Venise du 4 mai 1862 : Ceux. qui portent un interet sincere aux Lieux saints de Palestine ne seront pas faches de voir que le zele des catholiques d Europe ne se lasse pas de chercher a accroitro le plus possible 1 honneur et le lustre de ces celebres Sanctuaires. C est ainsi que , dcja dignes des plus justes eloges , les Peres Eranciscains de la reguliere Observance, qui gardent ces Sanctuaires, se font un devoir d annoncer
an public que Ton construit en ce moment a Venise , au moyen de pieusc s offrandes, un nouvel orgue, qu on doit placer dans 1 eglise de la Sainte Vierge a Nazareth ; cette eglise s eleve precisement a 1 endroit d ou fut emportee la Santa- Casa de Lorette, et Ton y voit et venere encore la petite grotte qui faisait partie de 1 habitation meme de la Sainte Famille.
Les dits Peres Eranciscains , gardiens de cette eglise, voyant que depuis longtemps on ne pouvait absolument plus se servir de deux petites orgues tres-anciennes qui s y trouvaient, songurent, comme c etait leur devoir, a faire fabriquer un grand et nouvel instrument , et eurent le bonheur de reunir en peu de mois des aumones suffisantes pour 1 entreprise. Elles furent fournies par des donateurs de quatre nations differentes , puisque la ville de Vienne et notamment la maison Imperiale d Autriclie y contribuerent avec le Tyrol Allemand, la ville de Venise, 1 Espagne et la Baviere. Le tres-Reverend Pere Philippe-Marie de Venise, commissaire de Terre-Sainte, fit faire une quete en tous ces pays , moins 1 Espagne , ou d autres s en occuperent , et des qu il eut recueilli le montant de ces diverses offrandes , il chargea aussitot MM. Alexandre et Pierre Bazzani freres, excellents facteurs a Venise, de construire cet orgue, avec Imit pedales et vingt-quatre registres.
II ne nous appartient pas de formuler une opinion sur la bonne execution et sur la perfection de l instrument ; toutefois , au dire des Deola et autres maitres habiles, cet orgue est un des meilleurs qui soient sortis des ateliers renommes de MM. Bazzani, pour la force et la clarte du son, Texacte dis. position du clavier, la justesse de Faccord suivant le diapason moderne, le facile et ingenieux systeme des registres, le mecanisme interieur et exterieur.
Les personnes pieuses et religieuses applaudiront a ceux qui out concouru par leurs offrandes a faire construire de pareilles orgues , et les connaisseurs paieront un juste tribut d eloges aux facteurs qui les out fabriquees, comme ils 1 ont deja fait quand ils sont accourus en foule pour voir et entendre Finstrument aux jours ou il etait expose au public dans les ateliers de MM. Bazzani.
P. C. de T. M. 0.
L article ci-apres, public dans Y Observateur de Trieste du 16 juillet 1862, fait suite au precedent.
Les Peres Franciscains de Nazareth offrent le present article en temoignage de gratitude et de reconnaissance aux bienfaiteurs, a quelque nation qu ils appartiennent , qui ont bien voulu contribuer par leurs pieu ses largesses a la fabrication de 1 orgue magnifique destine a ce sanctuaire si celebre et si venere par tout 1 univers catholique, ou s est opere 1 ineffable my store de 1 incarnation du Verbe Divin.
Cet orgue a ete inaugure le 19 juin, jour solennel de la Fete-Dieu,
aux applaudissements unanimes de tons les religieux, ainsi que des ha bitants, qui ne pouvaient fevenir de leur admiration en entendant un s bel instrument, et qui ne se lassent point encore d en parler avec enthousiasme. Mais ce ne sont pas seulement ceux que nous avons ci-dessus designes qui vantent outre mesure le travail de MM. Bazzani, beaucoup de pelerins eclaires, venus de toutes les parties du monde catholique, assurent que c est vraiment un orgue digne d un lieu si celebre, jadis consacre par la presence de la Bienheureuse Marie et du Verbe Eternel. Comme on 1 a vu, cet orgue cst 1 ceuvre des freres Bazzani de Venise, depuis longtemps cclebres dans toute 1 Italie et au dela; aussi lenrs ouvraeres excitent-ils 1 s admiration de tous les hommes de 1 art. C est anx
demarches du venerable religieux le P. Felix des Masi, condmteur des Missionnaires , et a celles du T. K. P. Philippe-Marie de Venise, commissaire de Terre-Sainte, que le Sanctuaire de Nazareth doit cet excellent orgue : ces religieux, deja connus de toute la Terre-Sainte par leur zele, ne se sont epargne ni peines ni fatigues en se devouant de toutes les manieres a I honneur et a 1 embellissement des Saints-Lieux , a 1 imitation de leur Saint Patriarche d ^jssise, dont les regards et les sentiments furent toujours tournes vers cette terre benie.
Les Peres Eranciscains de Nazareth protestent done de nouveau de leur extreme et vive reconnaissance envers leurs bienfaiteurs ; ils esperent en meme temps que ceux-ci se montreront toujours genereux dans les pieuses offrandes qu ils destineront a cette eglise de Nazareth dont les besoms sont bien grands, et ils celebreront tous les jours le saint sacri fice au profit des memes bienfaiteurs.
Nazareth, 20 juin 1862.