‹ Annales des missions franciscaines Volume 3Chapitre 35 sur 107 · LES MAHOMETANS ET LES JUIES DE PALESTINE · texte numérisé non relu

LES MAHOMETANS ET LES JUIES DE PALESTINE

II se distinguait assurement parmi les divers peuples de 1 ancienne Asie celui qui, divise en plusieurs tribus, habitait la peninsule arabique. Pousse par Mahomet, poete , guerrier, legislateur et imposteur extraordinaire, il reussit a introduire sa reforme religieuse, alapointe de Tepee dans 1 Asie, dans PAfrique et jusque dans 1 Europe meridionale. Mais une fois sort! de ses vallees natales, place sous de nouveaux climats et depouille de sa premiere constitution politique, 1 Arabe cessa bientot d etre ce qu il etait jadis. Des que les deux pouvoirs, civil et religieux, ne furent plus reunis entre les mains d un seul homme , 1 Arabe commenfa a dechoir jusqu a ce que , devenu de dominateur le valet de ses propres csclaves , on le vit s amollir, se degradcr et s abrutir. De ce qu il avait il ne conserve plus que la angue, mais toute changee et corrompue, puis la religion, ou il ne puise

plus desormais que la superstition, le fatalisme et , par moments, le fanatisme. Cette religion est fondee sur le Goran, (la lecture, comme qui dirait : le lime qu on doit lire], ouvrage compose de cent quatorze sures ou chapitres, qui a ete ecrit des 1 eternite dans le ciel , ou des milliers d anges le gardaient, et revele par 1 archange Gabriel au prophete Arabe, a mesure que se produisait un e venement de quelque importance, ou que 1 imposteur voulait surmonter une difficulte , justifier un acte, satisfaire un caprice, entrainer a une entreprise , modifier une opinion quelconque : de la vient qu il manque d unite et abonde en contradictions. Mahomet recourut pour forger son Goran a la Bible et au Talmud, aux saints Evangiles, aux livres apocryphes, aux traditions des Mages et a celle des idolatres, revetant cet amalgame aux elements si disparates du vernis poetique que lui fournissait une ima gination grossiere, feconde et desordonnee. Outre le Goran, ou la revela tion ecrite , les Arabes venerent encore , comme de leur cote les Juifs et les Chretiens, n en deplaise aux Protestants, la doctrine orale de leur Prophete : eelle de Mahomet a ete recueillie deux siecles apres lui par Al-Bochari dans le livre de la Sunna, mot qui signifie tradition, et repond au mot hebren de Misna. De la vient Yislam (resignation a Dieu), conformement auquel les Moslemiin (les Musulmans) sont ceux qui se resignent et se soumettent a tout ce que Dieu ordonne. On les appelle aussi muminin (ou croyants), mot qui, avec celui d emir (emir muminin, ou prince des croyants, qui etait le titre des premiers Kalifes), a donne origine au nom ridicule de miramolin qu on trouve dans plusieurs de nos anciens chroniqueurs.

La doctrine mahometane ou Yislam se divise en iman ou foi, et en din ou religion pratique. Le dogme fondamental de la foi de Yislam est exprime par la phrase si connue : </ La illah ella Allah, Mohammed rasida l Allah; il n y a de Dieu que Dieu; Mahomet estl apotre, 1 envoye de Dieu. a Dieu eternel, possedant la toute puissance et la toute science, Dieu juste et misericordieux a cree les anges (malaiche] de la pure lumiere, ses ministres; parmi eux les premiers sont Giobrail et Michail, puis Azrail, ange de la mort, et Israil, ange de la resurrection. Chaque homme a deux anges gardiens qui surveillent ses actions . Parmi les principaux anges il y en eut un qui refusa son homraage a 1 Eternel; chasse par suite du Paradis, sans espoir de pardon, ij fut change en El/Us (le superbe) ou demon. Entre les anges et les hommes il y a des esprits intermediaires, crees de feu, qui mangent, se propagent et meurent, et dela conversion desquels a ete charge le Prophete : ce sont les gin ou genies, les Peris ou fees, les DU ou geants, les Tacuim ou destins. Ces etres habitaient la terre avant les hommes.

L homme cree pour la felicite eternelle tomba dans les pieges du mauvais ange. Pour le relever Dieu envoya ses prophetes, qui, selon le Goran, sont precisement au moins quelques-uns de ceux que nous honorons , y compris ce Prophete unique, dont les prodiges portaient la foule a s ecrier : Propheta

Magnus surrexit in nobis, et Deus visitavit plebem suam : un grand Prophete s est leve parmi nous, et Dieu. a visite son peuple). Ainsi Adam est 1 homme sorti des mains de Dieu, Noe 1 liomme sauve par Dieu., Abraham 1 ami de Dieu, Jacob le lutteur nocturne avecDieu, Joseph 1 homme sincere devant Dieu , Job 1 homme patient devant Dieu , Moise la parole de Dieu, David le vicaire de Dieu , Salomon (ici Ton ri est point tout a fait d accord avec 1 histoire) le fidele serviteur de Dieu , et on le regarde en outre comme le plus splendide et le plus glorieux des monarques. Les Musulmans professent une grande veneration pour le prophete David (nebbi DaucT) dont la voix charmait les oiseaux, amollissait le fer et aplanissait les montagnes, comme celle d Amphion ou d Orphee. Les psaumes sont venus du ciel et renferment des mysteres et des predictions pour quiconque sait les y decouvrir 1 . Enfin Jesus (Issa}, le plus grand des anciens prophetes, est appele 1 esprit de Dieu. Mariam, sa mere, immaculee des sa conception, 1 enfanta sans le concours d aucun homme. Giobrail se presenta a elle et souffla sur son sein, et a ce souffle, a cette inspiration, elle resta enceinte. Issa, ne a Bethleem sans briser les parois du sein virginal de sa mere, passa tout enfant en Egypte. II grandit ensuite a Nazareth et se mit a parcourir la Palestine, en prechant et en operant des miracles eclatants. Quoiqu il menat une vie tres-sainte et une conduite irreprochable, les Juifs chercherent a le tuer ; mais il s eleva au ciel, en corps et en ame, du haut du mont des Oliviers. Or, tandis que ses ennemis le cherchaient a Gethsemani pour le garotter, le traitre Judas, tout-a-coup revetu de son aspect, fut attache a la croix et mis a mort. Issa reviendra a la fin des siecles pour confondre les Juifs qui lui refusent leurs hommages, avec la mission celeste de ramener les hommes au vrai culte, qui sera celui de Mahomet. C est Maho met qui est 1 apotre de Dieu, le plus sublime des prophetes, 1 organe definitif et comme le sceau de toute la revelation. La religion seule vraie est celle qui a etc enseignee par un prophete, mais settlement tant que n apparait pas un nouveau prophete. Ainsi le Judaism e est faux apartir du Christ, et le christianisme est faux a partir de Mahomet.

Quand un homme meurt et est depose dans son tombeau , les deux anges noirs Moucher et Nachir Fappellent et 1 examinent sur la veritable religion, et s il ne repond pas convenablement , il est severement puni dans le barzach, espece de purgatoire, entre la mort et la resurrection. Les justes obtienuent le repos, et meme, s ils sont parfaits, la jouissance immediate du

a ) Apres la victoire d Alep, Selim I" alia consulter un ermite fort vener^. afln d apprenclre de lui si, en continuant sa marche militaire, il aurait conti nue" a vaincre. L anachorete lui promit la conquete de FEgypte, apres avoir pris au hasard les psaumes de David , ou il e"tait tomb6 sur ce verset : In voque-moi et je te donnerai les peuples en partage, et je te mettrai en possession des extre mite s de la terre.

ciel ; les martyrs participant au sort des oiseaux verts, qui se nourrissent dcs fruits du paradis. Ceux qui sont simplement bons errent autour de leur tombe, en attendant dans le ciel inferieur le bruit de la trompette d Israil, qui du temple de Jerusalem rappellera a la vie tons les morts. Les animaux ressuscifceront en meme temps que les homines, mais apres que les animaux paisibles se seront venges des betes feroces, les uns et les autres seront aneantis. Les hommes devront ensuite passer sur le pout de Scirat, plus etroit que le cheveu le plus fin : les justes le francliiront avec une extreme vitesse, tandis que les mediants en seront precipites dans 1 enfer. La les peines des infideles seront eternelles ; mais les Musulmans finiront par en sortir purifies. Entre 1 enfer et le paradis il y a un mur de separation a travers lequel les reprouves et les bienbeureux peuvent libremeiit converser. La parabole evangelique du mauvais riclie doime elle-meme le colloque qui a lieu entre 1 habitant de la Gehenne et Lazare au sein d Abraham.

L imagination lubrique de Mahomet, dit Cantu, ne sut embellir la demeure celeste qu en y installant une cuisine et un bordel. Son paradis ressemble beaucoup a celui qu avaient imagine les paiens de la Grece et de Home, au moins d apres la description qu en fait le poete Tibulle :

H La les danses et les chants se succedent sans cesse , et des oiseaux , dans leur libre essor, font sortir de leur leger gosier les vers les plus harmonieux. La terre produit le cannellier, sans ctre cultivee, et dans tous les champs on voit un sol fertile se couvrir de roses odorantes. La des troupes da jeunes gens folatrent, melcs a de charmantes jeunes fiiles , et 1 amour ne se lasse pas d engager des luttes 1 . Si Mahomet devait expHquer ce dernier vers, il rappellerait les soixante-douze houris , aux yeux noirs et a la vir gin! te eternellement nouvelle, qui ont ete creees expres pour ses Muminin.

Giobrail apparut un jour a Mahomet (c est lui-meme qui le raconte) sous les traits d un Bedouin et lui demanda : En quoi consiste 1 islam? Ma homet lui repondit : Aprofesser qu il y a un seul Dieu et que je suis son envoy e , a observer exactement les heures de la priere , a faire 1 aumone, a jeuner pendant le Rhamadan, et a s acquitter, s il est possible, du pelerinage de la Mecque. Alors Gabriel (Giobrail} se fit connaitre au prophete, et lui dit : C est justement cela.

Les heures de la priere sont au nombre de. cinq, savoir, celle du magreb ou coucher du soleil, celle d esse ou du commencement de la nuit, celle

l ) Hie chorea? cantusque vigent, passimque vagantes

Dulee sonant tenui gutture carmen aves.

Fert casiam non culta seges, totosque per agros Floret odoratis terra benigna rosis.

Hie juvenum series, teneris immixta puellis Ludit, et assidue praelia miscet amor.

Eleg. 3. Lib. I.

ties solhr ou fyr, c est-a-dire de 1 aurore, celle Red dolhr ou da midi, celie ftasser ou de la moitie du temps qui separe le milieu du jour du coucher du soleil. A ces lieures la le muezzin , qui est le heraut saere , monte sur la haute galerie qui entoure le minaret, et crie aux quatre vents : Dieu est grand; il riy a point cVautre Dieu que lui , Mahomet est V envoy e de Dieu; venez chercher le repos. II est vrai de dire qu il y a peu de musulmans qui se rendent a la mosquee ; mais chacun , ou qu il se trouve , recite la priere prescrite, qui dure trois ou quatre minutes , avec un recueillement tel que rien ne serait capable de Ten distraire. Michaud, dans sa Correspondance d Orient, decrit ainsi qu il suit la priere privee : Apres I ablution tout devot reste debout; ilajuste sesvetements et se compose comme un acteur qui va entrer en scene, ou comme un depute qui va monter a la tribune. Levant ensuite ses mains etendues et les promenant a tine certaine dis tance du visage, il place ses pouces a la partie inferieure des oreilles, et murmure quelques paroles qu on appelle le teclir. Apres cette ceiemonie, il se pose les mains sur le ventre, la main droite couvrant la main gauche, et dans cette attitude il recite quelques versets du Goran. La troisieme position ou la troisieme partie de 1 acte religieux consiste a se courber assez pour que les mains atteignent aux genoux, et alors on fait une nouvelle priere. Le ficlele se releve ensuite et repete le tecbir. Puis il se prosterne la face centre terre, de telle sorte que le nez, la bouclie et le front touchent le sol. Le prophete a recommande de le faire doucement, de facon a ne pas ressembler a des poules qui lecquettent des grains d orge. Se redressant a moitie, c est-a-dire a genoux et assis sur les tallons, le devot tient quclque temps les mains etendues sur les handles; il fait une seconde prostration semblable a la premiere, il se releve et s incline, les mains appuyees sur les genoux, en recitant encore le teclir. Enfin il termine sa priere en s inclinant a droite et a gauche , du cote des deux anges gardiens qu on croit assister a la ceremonie. Telle est la priere musulmane, veritable pantomime religieuse, que les Turs nomment namds. Le Musulman doit cii priaut se tourner vers la Chiale de la Mecque, ne se permettre id un geste ni un regard de distraction, et se garder surtout de bailler; car en ce cas, outre qu il ferait une priere sterile, il courrait risque de voir le diable entrer dans son corps. // De plus, le vendredi on va prier duns la mosquee, ou les exercices et les gestes qui les accompagnent sont regies par YIman (le president), en tant que celui-ci se place devant le pcuple, et que le peuple fait ce qu il lui voit faire.

Mahomet insista fortement sur les ablutions, parce que la proprete est la clef de la priere. Les purifications religieuses chez les Musulmans sont de trois sortes. La premiere, qui precede la priere et a lieu lorsqu on a contracte une certaine impurete par le toucher, consiste a se laver les mains et les bras jusqu au coude, le visage, les oreilles, le cou, I extremite an-

terieure de la tete, et les pieds, s ils sont mis; puis a aspirer de 1 eau par les narines et a se rincer la bouche. Si Ton n a point d eau, on doit se parsemer le corps de poussiere. Cela suffit pour les peccadiles. Les fautes graves requierent une seconde espece de purification, qui est le la vement de tout le corps dans un bain. La troisieme est locale : c est celle de quelque partie du corps qui est restee souillee ; et au dire de Cotwik , les Musulmans la croient necessaire apres les excretions, cum vel alwum vel vesciam exoner aver int... imb, quod magis mireris, si vel pepederint tantum, lustratione opus esse existimant.

Sous le nom, d aumone on entend toute osuvre utile au prochain, comme d offrir 1 hospitalite aux etrangers, de fonder des Khans pour les voyageurs, d ouvrir des fontaines ou de menager de 1 ombre le long des grand routes pour le soulagernent des passants , etc.

Quant aux secours a donner au pauvre, I amnqne est non-seulement recommandee, mais prescrite. Le riche doit donner le cinquieme de sa for tune , s il s est enrichi par des moyens peu nonnetes ; pour celui dont la probite est notoire , il suffit de donner la dime. Le precepte de I aumone oblige surtout rigoureusement a la fete du Bairam, qui correspond a la Paque des Juifs. A cette epoque tous les riches out coutume de distribuer en abondance du ble, des raisins et des dattes. Aujourd hui que certains reformateurs europeens out voulu introduire des reformesjusqu en Turquie, I aumone n est plus pratiquee comme autrefois. II y regne un pauperisme effroyable , et grace au progres , les descendants contemplent avec une parfaite indifference la ruine des etablissenients de cliarite publique foudes par leurs ancetres,

Le onzieme mois de Tannee lunaire des Turcs s appelle le ramadan , temps sacre de jeune tres- rigour eux. L haleine de celui qui jeune, disait Mahomet, est plus agreable a Dieu que 1 odeur du muse." A partir du moment ou le jour permet de distinguer un fil llano d un fil noir, jusqu a celui ou le soleil disparait de 1 horizon, 1 usage de la nourriture , de la boisson , de la pipe et du harem est severement defendu. Cette abstinence devient extremement penible, quand le ramadan tombe en ete, surtout dans ces pays arides; mais les riches eludent la rigueur en dormant le jour et en se livrant aux divertissements la nuit. En general on peut dire que pendant le mois sacre le jour est le careme et la nuit le carnaval.

Si je me mettais a paiier du pelerinage dc la Mecque, j entrerais dans des longueurs interminable*. Ce que j en ai deja dit peut suffire; maintenant j aime mieux toucher a un autre point de I lslamisme. Cette religion n a point de sacerdoce, mais bien une sorte de sacrifice; c est le ehef de famille qui 1 accomplit dans la fete du Curban, Bairam, au terme d un voyage, a la naissance ou a la mort d un enfant, a la consecration d une

mosquee, etc. On ne circoncit pas les nouveau-nes comme chez les Juifs, mais bien les cnfants de six a seize ana, de sorte qu ils puissent reciter la formule de la foi. II est defendu aux Musulmans de manger du pore et du lievre , de la viande etouffee et du sang ; il leur est egalement defendu de boire du vin ou des liqueurs fermentees. Je me souviens d avoir mi jour entendu raconter par les Chretiens du Levant une tradition relative a la defense faite par Mahomet de manger du pore, j en rapporterai maintenant une autre sur la prohibition du vin. Quelques Sciehr voulant se defaire du moine Raheb-el-Beheira (religieux du lac) qui jouissait de toute la faveur du Prophete, les enivrerent Tun et 1 autre ; puis, tandis qu iis dormaient, ils tuerent le moine avec 1 epee de Mahomet. Us feignirent alors de dormir eux-memes, et quand tous furent eveilles et virent le mort, 1 un d eux se mit a dire que ce meurtre etait le funeste effet de Tivresse , et que celui dont Ton trouverait 1 epee teinte de sang devait etre le meurtrier. L epee souillee etait celle de Mahomet; on en conclut que c etait lui qui avait commis le meurtre dans le delire de 1 ivresse. Aussitot Mahomet se fit reveler par 1 archange le chapitre qui interdit le vin et toutes les boissons enivrantes. Mais reprenons notre sujet. Le mariage n exclut pas la polygamie, pourvu que Ton n ait pas plus de quatre femmes ; quant a des concubines, on pent en avoir autant qu on veut. Le divorce est permis ; en un mot , la femme , et par consequent , la moitie de la societe est esclave.

Telle est la religion que Mahomet a donnee a un peuple grossier, plein d imagination et de valeur , et que la gloire des premiers Kalifes ( vicaires ou intendants du Prophete) repandit dans 1 Asie ct dans la fertile Egypte, pays qui, malgre les pretentious de la geographic, appartient a 1 Asie. Avec uu peuple vierge comme le peuple Arabe, un peuple fanatise et emporte jusqu a la temerite sur les champs de bataille, par 1 espoir d obtenir 1 amour des houris celestes, ainsi que le riche et facile butin qu on faisait briller a ses yeux , avec un pareil peuple chacun sait quels resultats a produits 1 islamisme. Mais une fois cette fureur calmee, une fois une digue mise a ce debordernent, nous voyons de nos jours a quel degre de barbaric, de corrup tion et de faiblesse la race arabe a etc reduite par le Mahometisme.

Quelques Turcs barbares, deja connus dans 1 histoire moderne, avant 1 ere chretienne, sous le nom d Ottomans , ou d Osmanlis (du nom d un de ses valeureux princes), penctrerent en Europe, au temps ou les Mahometans Arabes florissaient encore ; d abord ils iirent cause commune avec eux ct embrasserent leur croyance. Mais ensuite, quand ils les virent s effeminer sous le climat voluptueux ou ils s etaient etablis par la conquete, quand, d uu autre cote , ils trouverent dans les debris de 1 empire byzantin, une proie aussi riche qu aisee a saisir, ils songerent a travailler par eux-memes ct pour eux-menies. C est ainsi qu apres s etre empares du trone des faibles

Cesars grecs , et avoir rencontre une barriere insurmontable dans la forte race latine, qui ne leur permit pas d envahir les pays Chretiens de 1 Occident, ils ne se lasserent pas encore de combattre et se jeterent sur une nouvelle proie au midi ; la leur sceptre de fer s etendit sur la Syrie , sur 1 Egypte et sur le rivage septentrional de 1 Afrique , ou leurs coreligionnaires devinrent leurs esclaves plutot que leura sujets. Voila comment depuis le cinquieme siecle les Turcs Ottomans gouvernent la Palestine. De meme que les Arabes, ils durent leurs premiers triomphes au fanatisme; mais deja ils sont enerves comme eux , et bientot les uns et les autres periront , parce que 1 epee de Mahomet , si elle a pu fonder la conquete sur la destruction, ne pourra jamais ni edifier ni diriger. L lslamisme est la religion de la barbarie , elle doit crouler devant le christianisme , unique agent de la civilisa tion.

II nous reste a parler des Juifs :

"Vers Tan 1140, lorsque Baudouin III occupait le trone le Godefroi, on vit un vieillard etranger, qui avait traverse la mer et le desert d Egypte, se prosterner un jour pres des portes de Jerusalem. II avait la barbe inculte, les sandales usees, les vetements poudreux et dechires. Ayant baise le sol avec une ardente affection, il se leva, essuya deux larmes qui sillonnaient ses joues amaigries et tira de son sein un rouleau de papier. Puis, s asseyant sur un tas de decombres, il lut avec une emotion inexprimable 1 elegie suivante :

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