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DEPART DE MISSIONNAIRES EN JUILLET ET AOUT

Sont partis pour Jerusalem les freres lais Louis Contini, Observantin de la Province de Toscane ; Louis de Troina, Observantin de la Province de Valdemone en Sicile, et Antoine du detroit de Messine; pour Con stantinople, le P. Bonncfoi d Osimo, Observantin de la Province des Mar ches; pour 1 Albanie, le P. Joseph de Lucques, Obs. de la Custodie dc Lucques, et le frere lai Theodoric de San-Daniele, Obs. de la Pro vince de Venise.

d autre Bethanie que celle qui e"tait la patrie de Lazare, de JIarthe et de Marie, et qui se trouvait, d apres TEvangile de S Jean, voisinc de Jerusalem & unc distance d environ quinze stades.

J ) III du Livre des Rois, IV, 12-XIX, 16.

*) Josud, VIII, 9.

3 ) Des passages de la Bible, ou il est question de Mageddo, il semble resulter qu il y avait deux villes de ce nom, rune avant d arriver au Gelboe, et 1 autre dans la Basse-Galilee.

) S Jean, III, 23.

QUATRIEME PAETIE.

HISTOIKE SUCCINCTB DES MISSIONS FRANCISCAINES

DANS LE PELOPONNESE DE 1690 A 1714, ET DANS LES 1LES IONIENNES, DE 1716 A 1797.

PELOPONNESE.

Quand les Venitiens eurent conquis vers 1690 la Peninsule de la Moree et quelques villes de 1 Albanie, le Senat Venitien, voulant pourvoir aux besoins spirifcuels de ce pays, s adressa immediatement au Provincial des Observantins reformes de la province Venitienne de St Antoine, et lui demanda douze religieux, dont six devaient s etablir en Moree, et six a Vallona, place forte de 1 Albanie. Le provincial de ce temps- la, qui etait le P. Ange^de Castelfranco, reunit a cet effet le definitoire, et les bons Peres, loin de s effrayer de la difficulte de 1 entreprise, la tenterent aussitot comme une oeuvre qui devait tant contribuer a la gloire de Dieu, a la propagation de son tres- saint nom et a 1 avantage des ames. Ce fut alors que cireula dans la province une lettre pathetique par laquelle on appelait a cette mission ceux qui se sentiraient pousses d en haut a renoncer aux douceurs de la solitude monastique pour entreprendre une oeuvre aussi laborieuse et ardue qu agreable aux yeux du Seigneur.

Car, outre les difficultes extremes que presentaient a cette epoque des voyages si longs, il faut considerer qu il s agissait d aller dans un pays habite en majeure partie par des grecs schismatiques, ennemis acharnes du nom latin , pour n y trouver ni eglise , ni maison , et que les missionnaires n avaient poar tout Men quo leur extreme pauvrete, comme on le voit par les lettres qu ils ecrivirent, et oil ils disaient entre autres choses qu ils avaient etc reduits jusqu t\ exposer a la veneration publique sur les autels les petits crucifix qu ils portaient au cou ou qui tenaient a leur chapelet. Toutefois, tout penible que parut devoir etre une pareille mission, on vit un grand nombre de pretres s y offrir spontanement sous 1 impulsion d un veritable zele ; parmi eux le P. Berard d Erbezzo ou de Verone merite une mention speciale, lui devant lequel s ouvrait une brillante carriere a parcourir, comme professeur de theologie et predicateur deja celebre, et qui s empressa neanmoins de renoncer a tout pour voler dans ces regions lointaines et y amener les ames a la vraie foi. Les superieurs, qui appreciaient ses talents, connaissaient son habilete dans le maniement des affaires et savaient combien sa vie tait exemplaire, le placerent a la tete de cette troupe de missionnaires, avec le titre de com-

missaire, en lui dormant comme compagnons pour la Moree le P. Jean de Bassauo, religieux tres-savant en mecanique, habile compositeur de musique sacree et extreinement zele pour le salut des ames, et les Peres Francois d Avio , Dominique de Vargnaco et Michel Ange de Venise , outre le Fr. Michel de Venise, en qualite d infinnier. On designa pour Vallona les Peres Gilles de Valdagno, Franjois Marie de Bassano, qui retourna peu de temps apres dans sa province, Pierre de Venise et Antoine d Albano, avec les freres lais Pacifique de Novale et Gaudens de Padoue.

Le depart de ces douze missionnaires eut lieu le 2 novembre 1690. La ceremonie qui le preceda fut bien touchante : ils se rendirent d6votement avant Vepres dans notre eglise de St Bonaventure de Venise et s agenouillerent au pied du maitre-Autel; d oii le Pere Provincial, revetu du surplis et de 1 etole, ayant appele sur eux les graces celestes par quelques prieres analogues a la circonstance , leur donna la benediction avec le tres-saint sacrement, et ainsi benis, les courageux apotres embrasserent en pleurant leurs confreres, emus eux-memes jusqu aux larmes ; puis ils partirent pour leur mission.

Apres un voyage long et desastreux, durant lequel deux missionnaires, savoir les Peres Fran9ois d Avio et Dominique de Vargnaco, succomberent, ayant a peine pu saluer de loin leur Terre Promise, les autres arriverent enfin a leur destination. Le P. Gilles et ses compagnons se fixerent a Vallona, ou, ainsi qu a Vanina, forteresse egalement situee en Albanie, le P. Illumine de Val-di-Sole , religieux de notre province de Venise, attache a 1 armee qui avait pris ces places , en qualite de confesseur du capitaine general Jerome Cornaro, avait deja etabli notre refonne, en convertissant a Vallona uue belle mosquee en eglise consacree a la Nativite" de la Tres-Sainte-Vierge, et en dediant une autre a Canina sous le vocable des sacres stigmates de notre Pere Seraphique. Toutefois comme ces deux forteresses furent peu de temps apres demantelees pour des raisons strategiques, nos religieux se transporterent en Moree, ou le P. Berard avait deja fixe sa residence avec ses cinq compagnons. Le premier hospice ouvert dans le Peloponnese semble avoir etc celui de Napoli de Romanic, ville principale de la Peninsule. Mais il se passa peu de temps avant qu on leur accordat un local pour leur habitation; des 1694, trois ans apres la fondation de la mission , on comptait en Moree quatre hos pices : celui de PAnnonciation a Napoli de Komanie, celui de Notre Dame du Carmel a Napoli de Malvasia, celui de St Franpois a Navarin-le-Neuf et 1 hospice d Arcadie. Les bons religieux qui dirigeaient ces etablissenients, loin de laisser se refroidir la ferveur de la discipline monastique, par suite de leur petit nombre et de leur eloignement de leur Province , cherchaient, autant quo le leur permettaient leurs forces et les exigences du ministere apostolique auquel ils s etaient consacres, a pratiquer tous

les exercices de piete et dc mortification en usage dans les convents reguliers de la Province. Rieii de pins edifiant que la lettre par laquelle Ic P. Berard exposait 1 etat de cette mission, cinq mois seulement apres son depart de Venise, au ministre Provincial : a Nous avons, ecrivait-il, bati 1 hospice (de Malvasia) , qui peut loger sept religieux; nous sommes bien vns de tous, les Grecs eux-memes nous temoignent de la veneration et nous aident de leurs aumones ; nous avons du pain en abondance , ainsi qu uii peu d huile, et Ton va jusqu a nous offrir des intentions de messes. Nous recitons 1 office entier en choeur; le soir nous cliantons les Litanies ct les Vepres aux jours de fete; soir et matin nous faisons 1 oraison mentale, et trois fois par semaine nous nous donnons la discipline. Airisi, grace a Dieu, nous pouvons observer la regie aussi bien que dans notre Province. I/excellent gouverneur et tous les officiers de la place sont tres-satisfaits, parce qu ils voient que nous ne nous occupons que de notre eglise et du salut des ames. C est pourquoi, s ils etaient fort relache s dans leurs moeurs avant notre arrivee, ils se sont soumis maintenant a une tres-bonne regie de conduite. Le P. Jean de Bassano deploie un zele infatigable , le P. Antoine Marie de Verone remplit les fonctions de cure et prend soin des ames ; car il n y a point ici d autres cures. J espere done que notre venue en ce pays a ete determinee par une dis position speciale de la Providence (Lettre manuscrite du 22 avril!697). Tels etaient les sentiments de celui qui dirigeait cette mission sraphique naissante, et certes, le zele dont brulait le P. Berard ne ponvait se borner a des paroles. C est lui qu on voyait se livrer sans relaehe a la predication dans toutes les classes de la population et en profitant de toutes les occasions favorables, d un cote pour garantir les catlioliques des pie"ges des scliismatiques et pour les eloigner du vice, et de Fautre, pour eclairer les scliismatiques, en leur faisant comprendre la necessite de se rattacher au chef supreme de la chretiente, qui est le Pontife Romain. C est lui qui s efforfait de prevenir tous les perils, de soulager toutes les miseres; on le trouvait dans les hopitaux soignant avec une affection maternelle les pauvres malades et leur trapant la voie du ciel; on le trouvait dans les ecoles foudees par nous et maintenues tant que dura la mission, enseignant aux enfants avec la patience la plus inalterable les premiers rudiments des lettres; on le trouvait aussi chez les grands traitant des affaires importantes pour la prosperite du pays. II etait, en un mot, Fame de cette mission, et ses travaux furent couronnes de succes par le Seigneur meme ici-bas; car il cut la consolation de ramener beaucoup d heretiques dans le sein de 1 Eglisc. Le Pere Michel Ange de Venise, I un des compagnons les plus fervents du P. Berard, ne brulait pas d un zele moms ardent pour 1 honneur du divin maitre. Arrive au Peloponnese en core tout jeune et ayant obtenu par dispense d age les pouvoirs neces-

saires pour exercer le ministere sacre , il travailla si activement a convaincre les schismatiques de leurs erreurs qu il et convertit un grand nombre. Malheureusement ses forces trahirent son zele et decrurent sensiblement jusqu a ce que le pieux missionnaire dut ceder a la violence de la maladie qui le mena au tombeau le 20 mai 1694, dans sa trente-deuxieme annee. On peut dire de lui en verite : consnmmatm in brevi, explevit tempora multa.

Hevenons-en au P. Berard a qui etait confie le gouvernement de la nouvelle mission. Considerant que si, par suite de la generosite des Venitiens et des besoins des peuples , les hospices se multipliaient , le nombre des Missionnaires allait au contraire decroissant, parce que ce climat tres-chaud auquel ils n etaient pas accoutumes , detruisit la sante de ceux qu il ne tua point , 1 excellent religieux prit le parti le plus decisif a la verite , mais en meme temps le plus chanceux; il se rendit dans sa Province afin d y re cruter de nouveaux Missionnaires pour sa chere Mission du Peloponnese. Le dessein etait digne de lui; tout autre se serait eifraye a la seule pense"e de s exposer de nouveau aux risques d un voyage si long et si penible, tout autre que le P. Berard, qui, arrive heureusement a Yenise, se mit avec un zele incroyable a cliercher autant de missionnaires qu il put. Les relations qui nous sont restees sur ces evenements ne nous disent pas combien de compagnons de son apostolat il emmena apres cette seconde course ; nous savons seulement qu a son retour en Grece le voyage se fit au milieu de mille difficultes , tant parce qu il cut lieu dans de grandes chaleurs de 1 ete, que parce que le navire qui transportait les missionnaires ctait plein de soldats. Aussi tous succomberent-ils aux fatigues de la traversee : quatre d entre eux passerent a une vie meilleure dans le court espace d un mois , et riotamment le zele Pere commissaire, qui, a peine arrive, ferma les yeux dans 1 hospice de Navarin, le 16 juillet 1693. II avait ete precede dans la tombe , la veille et 1 avant veille, par les Peres Fulgence d Aviano et Michel de Cittadella , et y fut bientot suivi par le Pere Paul de Gemona. qui expira le 6 aout. Ainsi ces trois heureux Missionnaires eurent a peine pose le pied sur le theatre de leur apostolat qu ils obtinrent 1 eternelle recompense, Dieu se content-ant de leurs saints desirs.

Quand la douloureusc nouvelle de la mort du P. Berard d Erbezzo et de trois de ses compagnons parvint jusqu a la province, le Tres- Reverend Provincial convoqua le Defmitoire, et designa comme commissaire le P. Illumine de Val di Sole susnomrne, homme profondcmcnt verse dans les sciences, doue d eloquence et d une grande habilete pour le gouvernement, et, ce qui etait plus important, tres-zele pour le bien des amcs et pour la Regie qu il avait cmbrassec. Ce religieux, comme nous 1 avons dit, se trouvait a cctte epoque en Morce, oil il avait ete envoye officicllement avec la flotte veniticnnc qui etait a cliaque instant aux prises avec les Turcs.

II avait pour mission de mettre un frein a la licence de la soldatesque en temps de paix, et de subvenir, dans les combats , aux besoins spirituels des blesses et des moribonds j les souvenirs qu il a laisses nous le montrent nonseulement exemplaire, charitable et grand zelateur du salut des ames, mais encore anime d un esprit genereux et intrepide ; en effet on le vit plus d ime fois a la tete de Parniee en face de 1 ennemi , comme 1 attestent les rapports officiels, assistant tous les religieux taut seculiers que regulicrs qui se trouvaient en Moree, et prechant sans cesse au milieu des camps; jamais il ne s epargnait quand il s agissait du salut des soldats soit venitiens soit allemands. Parmi les missionnaires qui residerent dans cette Peninsule le P. Illumine, qui avait une assez grande connaissance de la langue fraiifaise et de la langue allemande, fut peut-etre celui qui ramena dans le sein de 1 Eglise catholique un plus grand nombre d heretiques et de schismatiques. Ce fat sous son gouvernement (de 1693 a 1699) que s etablit 1 hospice de Corinthe, qui ne fut ensuite plus habite, a cause de sa situation perilleuse en temps de guerre. L hospice de Zante s ouvrit sous de plus heureux auspices; 1 eglise qui en dependait et qui fut annexee au Lazaret nous fut leguee, en 1695, par Anastase Yignari, pretre grec-uni, qui 1 avait batie a ses propres frais pour Pavantage des insulaires et specialement des etrangers du rite latin. Get accroissement du nombre des hospices fit naitre le desir de fonder en ces contrees un noviciat ou Ton admettrait de jeunes indigenes. Ce projet sourit extremement a Marin Michieli, procureur general du Levant, et a Parcheveque de Corfou, Mgr Georges Emo, dont les lettres font beaucoup d honneur a notre Re form e. Mais il ne put etre mis a execution ni sous le gouvernement du P. Illumine, ni sous celui des Peres Joseph de Gallio, Ugolin de Rossano et Etienne de Loreggia, ses successeurs, bien qu on ait ouvert en ce temps la les deux nouveaux hospices d Argos pres de Romanic et de Tine dans Parchipel grec. C est seulement en 1709, ou le digne P. Ugolin de Rassano etait pour la seconde fois commissaire, qu il fut possible d eriger une custodie en Moree , grace a la vigilance et a la sollicitude pastorale du P. Antoine de Bassano, ministre Provincial. Le decret sortit du Sanctuaire du Desert dans les lagunes de Venise, a la date du 3 mai 1709. La nouvelle custodie comprenait cinq couvents et autant d hospices. Ces convents 6taient ceux de : lo St Antoine de Zante, siege du noviciat ; 2o St Frai^ois de Navarin-le-Neuf, lieu de la Profession; 3o La Tres-Sainte Annonciation de Napoli de Romanic; 4 Notre Dame du Carmel de Napoli de Malvasia; 5o S. Antoine de Castel-Nuovo en Dalmatic. Les hospices 6taient : lo celui d Arcadie, 2o celui d Argos (Pun et Pautre dans le Peloponnese), 3o celui de Tine dans 1 archipel grec, 4o celui de St Esprit a Cattaro, 5o celui de St Antoine a Perasto en Dalmatic. Le premier custode charge du gouvernement fut le P. Lecteur Augustm de Vicence, homme savant,

predicateur de grande reputation, poele alors tres-goute, qui publia plusieurs ouvrages fort estimes db son temps. En cette circonstance la Pro vince montra encore par sa conduite combieu elle airaait la nouvelle Custodie et combien elle avait a coeur le bien des ames; car elle s empressa d envoyer a la mission une nouvelle troupe de missionnaires (pas moins de 24-), dont 11 pretres, 1 clerc, 6 freres lais profes, et 10 tiertiaires. Les pretres etaient, outre le P. Custode susnomme, Mathieu de Verone, Jean Chrysostome de Venise, Donat de Feltre, Fabien de Galliera, Antoine Marie de Sustinente, Joseph de la Follina, Maximo de Valcamonica, Berard de Novata, de Vicence, Baptiste de Gemona, et Louis de Romano, nomine maitre des novices ; ce dernier, etant tombe gravement malade en route, retourna dans la Province. Le clerc s appelait Baptiste de Ceneda. Tous ces religieux s embarquerent pour Zante au mois de septembre de la meme annee, et quand il y fut heureusement arrive, le Pere Custode en ecrivit une premiere circulaire le 23 octobre 1709.

Comment les choses out marche depuis ce temps la jusqu en 1715, epoque ou la Custodie fut entitlement detruite , si Ton y a admis un grand nombre de jeunes gens du pays, et si d autres religieux y ont etc envoycs de la Province, c est ce qu on ignore completement ; car les decuments qui nous 1 auraient appris, et que Ton conservait au convent de Romanic, ont ete irrcparablement perdus au temps de la guerre ; nous savons seulement qu on a ouvert en 1613 I hospice de sainte Justine a Corfou.

Malheureusement cette Custodie, a raccroissement de laquelle notre Province eut une si grande part, fut reduite aux dernieres extremites, juste au moment oil elle paraissait pouvoir se promettre un avenir plus prospere. En efFet, par le traite de Carlowitz, conclu au mois de Jan vier, 1699, les Venitiens etaient bien devenus les possesseurs legitimes de toute la Moree, et la religion catholique y etait de plus en plus fiorissante ; mais les Turcs ne pouvaient se resigner a UDC pareille perte, et ils cliercherent des lors une occasion favorable pour les attaquer et pour reprendre les conquetes faites par le redoutable Morosini. La guerre eclata en 1714. Le premier etablissement qui tomba fut I hospice de Tine, dont les religieux eurent la vie sauvc et se refugierent clans la Pcninsule. Un sort plus funcste etait reserve a ceux de Romanic. Les troupes Ottomanes parurent des le 9 juillet dans les campagnes d Argos, et les religieux prenant precipitamment la fuitc se retirerent dans Romanic, place tresforte, de la resistance et de la chute de laquelle dependait le salut ou la ruine de tout le Peloponnese. Ce n est point ici le lieu de decrire les combats sanglants que se livrerent les braves assieges et les assiegeants ; il suffit pour mon objet de dire quo cette forteresse fut emportee d assaut par les Turcs. Dans ce terrible desastre deux de nos religieux (les Peres Bernard de Zante et Archange de Tine) furent .massacres sur la place

d armes avec Tarclieveque Mgr Carliai (Dominicain). Les autres purcnt se soustraire au carnage par la fuite, a 1 exception du frere lai Gorgon de Gordigiano, qui, reduit en esclavage, eut a souffrir les traitemeiits les plus odieux et mourut le 26 juin de 1 annee suivante. Cette epouvantable catas trophe arriva le 20 juillet 1714.

Des ce moment la Custodie de la Morce se trouva tout a fait dissonte. Dans le court laps de deux ans tous les hospices de la Peninsule etaient perdus, les religieux etaient disperses et s etaient refugies qui a Corfou, qui directement a Venise. Notre province compatissant a leur sort les accueillit avec affection; elle prit comme siens les deux hospices de Corfou et de Zante, ainsi que ceux de la Dalmatie, et y envoya, sous le litre de commissaire, un superieur qui residait a Corfou. Le traite de Pas sarowitz, conclu en 1718 entre la Rcpublique et la Porte, vint ensuite dissiper tout espoir de retablir la Custodie dans ce malheureux pays.

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