auN.E
Cerda.
S 1 Michel de Macha-
Le P. Benigne Bibo-
Yungas.
HOl.auN.E.
nes.
lotti.
S 1 Pierre deChimanes.
Orpheline par suite
Mojos.
2401.auN.E.
dela mortduPere
Reynaud.
S Antoine de Tumu-
Le P. Antoine Gili.
Caupolican.
ISOl.auN.
pasa.
Le Carrael d Isiamas
Le P. Joseph Comas.
Caupolican.
2001.auN.
S Joseph de Chupia-
Le P. Bernard Cle-
Caupolican.
1701.auN.
monas.
rici.
Jesus et Marie deCa-
Le P. Joseph Marie
Caupolican.
3001.auN.
vinas.
Ciuret.
L Assomption d Arao-
Le P. Samuel Man-
Caupolican.
4001.auN.
nas.
cini.
S Bonaventure du
Le P. Je"suald Ma-
Caupolican.
Veni.
chetti.
Pacuguaras, en train
Le Fr. Martin Pueyo.
Caupolicap.
SOOl.auN.
d etre conquise.
PR. RAPHAEL SANs 1 , frefet des Missions.
Lettre et documents sur les circonstances de la mort du Pere PAUL EMILE REYNAUD , missionnaire apostoliqne , observantin de la province de S* Thomas de Turin, qu on disait avoir ete devore par ^m tiyre 1 ,
SanfAnna, 18 octobre 1862.
TRES-REVEREND PERE SANS
Voulant me conformer a Fordre que vous m avez donne, par votre lettre du % septembre dernier, de vous transmettre des details precis sur la mort de notre cher confrere le Pere Paul Emile Reynaud, missionnaire apostoliqne de la Reduction des Saints Pierre et Paul de Chimanes, membres de notre college
J ) Actuellement a Rome, en qualitd de De*finiteur general de 1 Ordre. 2 j Voir la premiere livraison de la troisieme ann^e des Annales, p. 39.
de la Paz, j ai tache de bien m assurer de la verite des faits, et voici comment les cboses se sont passees. Le 4 juin de Fannee courante, quatre neophytes de la Mission des Saints Pierre et Paul de Chimanes, nommes Hyacinthe , Michel, Coata et Vic, se presentment a celle de Flmmaculee Concep tion du fleuve Covendo, annoncant au P. inissionnaire qui y reside, le P. Louis Zaccagni, que leur bon Pere Paul Emilo Eeynaud avait etc devore la nuit par un tigre le long du fleuve Carpo pres de Cavaye. Cette nouvelle affligea si vivement le P. Louis qu il lui fut au premier moment impossible d en entendre les particularites. Mais peu apres, ayant repris courage, il demanda qu on lui en fit un recit circonstancie. Alors on lui raconta que ce missionnaire ayant, la veille de FAscension, descendu le fleuve Pasacche ou Sal, avec quelques enfants, s arreta pour dormir dans le lieu appele Cagave, ct que s etant leve le matin de bonne heure pour continuer sa route, il ne tarda point a rencontrer un tigre qui mit d abord en pieces le jeune Dominique qui ouvrait la marche, puis lo P. Eeynaud, qui s etait jete avec un couteau sur la bete feroce afin de secourir le pauvre enfant. Alors les autres, saisis de terreur, se mirent a fuir precipitamment et passerent sur Tautre rive du fleuve, ou ils attendirent esperant que le Pere arriverait, apres s etre debarrasse du monstre et apres avoir lui-meme traverse le fleuve. En effet Fun d eux, nomme Paul Virginio, crut voir du cote du fleuve qu ils venaient de quit ter le Pere, entre les griffes du tigre, faisant de la main un signe comme pour appeler; alors Paul Virginio regagna courageusement cette rive, et s etant approche tout doucement du monstre, il lui lanca une fleche qu il crut voir Tatteindre. Tous s enfuirent en suite vers le village auquel ils appartenaient et y apporterent la triste nouvelle du malheur dont ils avaient ete temoins. Alors quatre hommes partirent aussitot pour le lieu indique, et la, ayant fait un radeau de branches de platane, ils y deposerent les restes du Pere et de son jeune compagnon, les transporterent a la Reduction et les inhumerent, Fun dans Feglise, Fautre dans le cimetiere. Les messagers ajouterent que le P. Eey naud ne s etait fait accompagner que de ces jeunes enfants, parce que tous les hommes etaient occupes a peler Fecorce des arbres de Chine ; ce qui les avait empeches de le secourir. Neanmoins
ils allerent pendant plus d une sernaine a la recherche de la bete feroce, mais sans pouvoir la decouvrir.
A ce recit, le P. Louis, considerant le triste etat auquel etait reduite la mission de Chimanes, me fit avertir de tout ce qui e"tait arrive, demandant que, si la chose etait possible, j allasse consoler et exhorter a la perseverance ces malheureux neophytes. Je me mis sur-le-champ en route, afin de m entendre avec ce Pere et avec les neophytes de Chimanes. Nous nous rencontrames a la mission de S 4 Michel de Bopi, ou nous convinmes que les naturels de Chimanes s en retourneraient dans leur village, pour recommander a leurs compatriotes d envoyer une dizaine d hommes au devant du Pere qui allait sous quelques jours arriver de la Paz. Ils devaient en outre dire a Ignace Yasca de se disposer a conduire le betail au village de Reyes, parce que nous supposions que vous r/auriez point tarde a visiter cette mission orpheline. Quand nous nous fumes ainsi encourages Tun Tautre de notre mieux, je me dirigai vers ma mission, et le P. Louis partit pour la sienne a Covendo.
Arrives a leur Reduction, les quatre Chimanes remplirent en effet le message dont ils avaient ete charges, et declarerent notamment aux leurs que quelques hommes devaient se presenter au pere Prefet des Missions. En consequence, onze Chimanes se mirent aussitot en route, sous la conduite de Louis Nicolas Dacaba; ils arriverent a la mission de Flmmaculee Conception de Covendo le 27 du ineme mois, le meme jour ou le Pere venait d arriver de la Paz. Yotre Paternite devine avec quelle adresse ces onze hommes repondirent a toutes les questions que leur firent les Peres Louis Zaccagni et Benigne Bibolotti, confirmant tout ce qu avaient raconte les quatre premiers, de maniere a ne laisser aucun doute sur leur sincerite. J^eprouvai la meme impressioiv quand Yotre Paternite vint dans cette mission avec les deux Peres susnommes et les onze Chimanes, et c est ce qui fit que vous n hesitates point a visiter avec moi cette mission, d autant plus que quatre neophytes qui lui appartenaient, savoir le Caci que Nicolas Carrano, Pierre Chiteca, Joseph Damian et Ignace Caimani, chef de la mission de S t Michel des Muchanes, se joignirent volontiers a nous. Ce qui nous confirma encore dans notre opinion, ce fut de voir, en arrivant au port de Reyes (ou au nouveau village de S^Bonaventure), la spontaneite avec laquelle le
neophyte Ignaee vint a notre rencontre avec trois Chimanes, amenant des mulcts pour que nous puissions nous rendre plus vite et plus commodement a la Reduction et nous repctant ce qu avaient dit les quatre autres. Si, d ailleurs ils s embarrassaient dans quelqu une de leurs reponses, ils s en tiraient en disant qu a parley franchement ils n avaient pas ete temoins de ce qui etait arrive, parce quails se trouvaient, au moment du malheur, occupes a peler les ecorces des arbres de Chine. Puis, quand apres notre arrivee, nous remarquames que les coffres du pauvre pere Reynaud etaient tout b rises et tous les meubles de sa maison en desordre, ils trouverent moyen d expliquer aussi cctte circonstance, d autant plus facilement que nous ne pouvions point, a 1 instant meme, mettre trop d insistance a nous assurer de Texactitude des faits, et qu il nous fallait au contraire attendre Toccasion pour nous livrer a cette recherche en toute securite. Car je devais, vous le savez, rester en cet endroit, apres avoir accompagne votre Paternite jusqu a San-Borgia. Comme d ailleurs, quand nous rappelions la mort du Pere Paul, on nous la racoutait toujours de la meme inaniere que les quatre premiers Chima nes, sauf quelques differences que nous attribuions a ce que les narrateurs n en avaienfc pas ete temoins oculaires, nous quittames la mission, toujours convaincus que Tinfortune missionnaire avait te devore par un tigre; rnais rien de tout cela n etait vrai, ainsi que vous le verrez bientot.
Le principal objet de notre sollicitude etant d^empecher que cette mission ne tombat, et que les neophytes aussi bien que le Pere Missionnaire ne restassent prives, en un pareil lieu, de toute communication, nous crumes bon de les engager a se transporter le long des bords du Veni, soit en s incorporant a Tune des Missions qui y sont etablies, soit en formant nn village a part, suivant qu ils le prefereraient. Je leur proposai ce parti plusieurs fois, a Feglise et dans des reunions tantot privees, tantot publiques, en leur donnant le temps de reflechir. Les quatre neophytes qui m accompagnaient en faisaient autant. Et c est ainsi, qui le croirait? que nous pumes decouvrir le fait qu ; ils avaient tenu cache avec tant de soin, c est-a-dire Fassassinat quails avaient commis sur la persorme de notre pauvre con frere le P. Paul Emile Reynaud.