‹ Annales des missions franciscaines Volume 4Chapitre 11 sur 73 · II, TRIPOLI DE BABBARIE · texte numérisé non relu

II, TRIPOLI DE BABBARIE

Lett-re du P. AKGE MJLRIE DE SANT ; AGATA, Mm. Ols. ref. au Ministre General de I Ordre Frawciscain, le P. RAPHAEL de PONTECCHIO, sur la situation de la mission apostolique de Tripoli.

Tripoli de Barbarie, ce 2 Janvier 1864.

EEYERENDISSIME PERE,

En vous envoyant ma relation annuelle de la situation de notre Mission de Tripoli, je me felicite qu elle soit cette fois de nature a consoler grandement votre cceur. Car non-seulement le nombre des fideles s^est accru, mais nous avons eu le bonheur de conferer le bapteme a 80 enfants pres de mourir, qui se sont tous envoles dans le Paradis ; de plus, il y en a un autre qui avait ete jete dans la rue, et que nous avons donne a elever, apres Tavoir baptise, a une bonne catholique, qui le regarde comme son propre fils.

Quant a Thopital, dirige par nos excellentes Soeurs de S 1 Jo seph de TApparition, il m est doux de pouvoir vous dire que, dans le cours de Tannee derniere, on y a soigne et pourvu de tous les medicaments necessaires au moins six mille six cents

soixante-dix personnes, tant Juifs ou Musulmans que Chretiens ; tons ces malades ne cessaient de benir cette mission, qui malgre sa pauvrete a trouve moyen de fonder un etablissement si utile et de le faire prosperer d une maniere telle qu on aurait a peine pu Fesperer meme quand il aurait joui des plus amples ressources.

Les eeoles que nous avons etablies pour ^instruction des petites filles confiees egalement aux Sasurs de F Apparition n ont pas obtenu un moindre succes, et les examens qu elles subirent au mois d octobre dernier en fournirent un temoignage eclataut. Tout le corps consulaire se plut a assister a cette fete, avec un grand nombre des membres les plus eclaires de cette colonie, ainsi meme qu une foule d autres habitants qui voulurent en etre spectateurs. Les eleves des differentes classes entre lesquelles "se part-age ^institution prouverent leurs progres en recitant couramment de memoire de longs passages des livres qui servent de texte a leur enseignement soit profane, soit religieux ; puis, plusieurs morceaux de poesie italienne, tires des meilleurs auteurs ascetiques ; vint ensuite la jolie repre sentation d un drame moral en francais, a laquelle prirent part beaucoup d eleves. C^etait Fhistoire poetique d^une jeune fille vertueuse, qui, en se laissant accuser d une faute, prefere etre condamnee malgre son innocence, plutot que de faire connaitre la vraie coupable. Le public en fut extremement satis fait et loua vivement de leurs soins et de leurs peines les soeurs si dignes d etre a la tete de Tetablissement. On termina cette belle fete par la distribution des prix a celles des enfants qui les avaient gagnes, et qui, la joie peinte sur le visage avec un melange de candeur angelique qu on ne saurait decrire, avaient peiue a contenir leurs transports.

Je suis sur, Pteverendissime Pere, que vous vous rejouirez beaucoup d apprendre de si bonnes nouvelles de notre mission, surtout en ce qui concerne ^education des filles, le moyen le plus puissant pour regenerer les families et pour les rendre vraiment chretiennes. C est pourquoi je vous prie de me secon der dans 1 ceuvre commencee, afin que nous puissions ouvnr des ecoles du meme genre a Bengasi, ainsi qu une ecole des Freres de la doctrine chretienne, dits ignorantins, pour les garcons, en cette ville de Tripoli.

Enfin je dois vous dire qu a la Pentecote derniere, j ai adrainistre, dans notre eglise paroissiale, solennellement decoree pour la ceremonie, le Saint Sacrement de la Confirmation a quatrevingt-deux enfants, tant garcons que filles, en presence de leurs parents et parrains; lesfilles etaient lionorablemeut accompagnees des Reverendes Soeurs de S* Joseph, qui avaient eu soin de disposer 1 arrivee de leurs eleves de maniere a produire un grand effet d edification sur la foule accourue pour etre temoin du pieux spectacle. Oh ! plut au ciel que de pareilles solennites catholiques servissent a ouvrir Fesprit et le cosur de ce malheureux peuple, encore enseveli dans les tenebres de la mort ! Quant a ceux qui professent notre divine religion, il est certain qu elles opercnt chez eux un grand bien, puisque c est ainsi que nous voyons augmenter le nombre des fideles qui frequentent le tp^^ 1 -les saints Sacrcments. Esperon.i 2c ^ el S neur acll evera son u^uvre par la pui** " ^ ae sa divine grace.

En attendant, Keverendissime Pere, donnez-moi votre be nediction et croyez-moi toujours comme j J ai 1 honneur de me repeter, De Votre Paternite Eeverendissime,

Le tres-humble et tres-devoue fils en J.-C.,

"Pn. ANGE MARIE DE SANT AGATA, Min. re/., Prefet apostolique des Missions Franciscaines a Tripoli.

CHINE

Lettre du P. PAUL DE ERESONAEA, Obs. de la Province de Bologne, Hiss, apost. en Chine, au P. RAPHAEL DE PONTECCHIO Eeverendissime general de VOrdre, sur les progres des Missions Franciscaines en ces contrees.

Tai-Juen-Sien, 8 aout 1863.

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