VICISSITUDES DES MISSIONS FRANCISCAINES EN PERSE
Nous avons deja vu combien devint florissante, des son debut, la mission catholique que les Franciscains avaient fondee chez les differentes tribus Tartarcs, des frontieres de la Hongrie jusqu a la Chine; et cela surtout en Perse, ou les avait appeles le Khan Abaka. Ce prince avait a cette fin envoye ses ambassadeurs au Pape Gregoire X , a Lyon , et le Souverain Pontife s etait empresse de satisfaire ses pieux desirs, en lui deputant comme apotres de ces conferees les freres Gerard de Prato , Antoine de Parme, Jean de Sant Agata, Andre de Florence et Matthieu d Arezzo 1 .
Tant que ce prince vecut, chaque jour raarqua de nouveaux progres pour cette mission apostolique. Malheureusement lorsqu il raourut empoisonne par son Visir, Tenfer trouva dans cet evenement une occasion aussi favorable que fatale pour exercer sa fureur centre une ocuvre qui depuis quatre ans lui arrachait tant d anies et les mettait dans le chemin qui conduit au ciel 2 . Voici ce qui arriva. Abaka, Fami et le protecteur des Missionnaires , avait laisse deux fils, Argun et Kandgiaton, au premier desquels appartenait le trone. Mais un frere du Khan, nomine Nikoudar, apres avoir fait alliance avec Kelaoun, sultan d Egypfee, qu* Abaka avait toujours combatta, afin d assurer le triomphe des troupes chretiennes de Palestine, usurpa le pouvoir en 1282, et bien que dans sa jeunesse il eut ete baptise sous le nom de Nicolas,
*) Voir la 5* livraison de la III* annee, p. 277 ete. -} Voir de Gubernatis, liv. 2, chap. 2.
il renia publiquement ce nom, ainsi que la profession de la foi cliretienne, et embrassa hautement le maliometisme, en se faisant appeler Ahmed-Khan 1 . Des ce moment la tempete d une perse cution horrible se dechaina centre la chretiente que les Freres mineurs avaient etablie en cette region sous de si heureux presa ges; les eglises furent abattues, les couvents demolis, et pendant deux ans les chretiens ne connurent plus que la prison, Fexil et la mort la plus cruelle. Les premieres victimes furent les Missionnaires Eranciscains, les clercs et les autres personnes attachees au service ecclesiastique; le tyran renegat leur fit subir d affrcux supplices, notamment a Tauris, ou ils avaient plusieurs maisons, meme mobiles, dans lesquelles ils suivaient Farmee partout ou Fappelaient les besoins de la guerre, afin de pouvoir exercer toujours leur apostolat pres de ceux qui n avaient pas encore embrasse la foi, et procurer les secours de la religion aux neophytes en danger de mort 2 . Oh! que .ne nous est-il donne de faire connaitre ici, Fun apres Fautre, le nom de tons ces genereux apotres, soit qu ils parvinssent a se soustraire a Forage en se refugiant dans les montagnes et dans les forets, ou en se cachant dans des grottes soutcrraines, afin de reprendre leur minisiere apostolique, quand le calme ren ait rait; soit qu ils present-assent courageusement leur tete au bourreau, pour monter au ciel dans la gloire du triomphe ! Mais quoique Fhistoire rapporfce avec douleur le fait principal, il n est, comme de Gubernatis s en plaignait avec raison 3 , il n est aucun chroniqueur qui en ait enregistre les details et nomme les acteurs; c est a peine si nous savons quelque chose de ceux en petit nombre qui out souffert Fepreuve du mar tyre. Ce silence de Fhistoire est extremement regrettable; toutefois il faut avouer qu il s explique d abord par le desarroi des religieux ainsi troubles dans leur apostolat, puis par la sollicitude avec laquelle les survivants d entre eux chercherent aussitot a rapprocher les elements dis perses de leur malheureuse mission. Ainsi, entiertment appli ques a renouer, s 7 il etait possible, les fils epars qui avaient en quelque sorte forme la trame de cette chretiente naissante , ils ne songerent point a transmettre a la posterite le souvenir des conversions qu ils avaient operees, ni celui du bel avenir qu ils
J ) Art de verifier les dates, etc.
2 ) De Gubernatis, loco citato.
3 ) Ibid.
esperaient procurer au pays , si cet orage n avail pas eclate. Gonsacrant a leur oeuvre toutes les ressources de leur esprit et toute leur activite, ils negligerent de raconter leurs courses et leurs predications, et les inquietudes et les persecutions qu ils avaient eprouvees, et la captivite, les coups , les outrages qu avaient soufferts leurs freres, et les douleurs de Tagonie plus terribles que la mort et la mort meme dans lesquelles ils les avaient vus succomber. Neanmoins nous nous etonnons qu il ne soit reste aucun vestige des rapports que les successeurs de ces premiers Missionnaires et les superieurs de FOrdre durent sans dotite reunir, ne fut-ce que pour rendre compte de ces sanglanies et horribles scenes au Saint-Siege apostolique.
Or, les saints heros qui perirent vaillamment dans cette violente persecution et dont nous sommes parvenus, non sans peine, com me nous venous de le dire, a recueillir les noms, sout les suivants : Frere Antoine (on ne sait pas, au juste, de quel pays il etait), Aklobrandino degli Infangati de Florence, Conrad, Voisello, et deux autres, dont on sait seulement que 1 un etait jeune, et 1 autre vieux; ces indications, pour vagues qu elles soient, sont cependant une mention telle quelle , qui sauve au moins ces zeles apotres du profond oubli dans Icquel sont tombes leurs compagnons. On sait positivement du premier qu il subit le martyre dans la ville de Salmastre, comnic il Tavait predit lui-meme, et Dieu manifesta sa saintete par les miracles nombreux qui s opererent sur son tombeau 1 . Nous avons dit qu on ignore de quel pa} 7 s il etait, a cause du silence que gardenta cet egard les historiens qui en parlent, mais nous pensons que ce religieux doit etre cet Antoine de Parme lui-meme, qui partit pour la Perse, en qualite de nonce et de missionnaire , avec Gerard de Prato , Jean de Sant Agata, Andre de Florence et Matthieu d Arezzo, sur 1 ordre du pape Nicolas III. D Aldobrandino degli Infangati de Florence, de Gonrad et de Voisello, nous ignorons non-seulement les details de leur martyre, mais meme le lieu ou ils out verse leur sang 2 . Quant aux deux religieux , Tun vieux et Tautre jeune, qui nous rappellent a 1 esprit le vene rable Pontife Sixte et le jeune levite Laurent, dans leur saintc
*) Wadding, dans ses Annales f tome V, annee 1284, et de Gubernntis , loc. cit.
a ) Idem, ibid.
lutte pour la couronne du martyre, voici la tradition qui s cst perpetuee jusqu a nous sur Ic genre de mort que leur tirent subir leurs barbares persecuteurs. Apres les avoir etroitement lies a deux pieux fiches en terre, on se mit a leur ecorcher la tete avec des couteaux affiles 1 . Le sang leur ruisselait a flots par tout le corps; mais comment decrire 1 horreur d un pareil supplice? Neanmoins, pas une seule plainte ne s echappa de leurs levres : les yeux amoureusement leves au ciel, ils invoquaient Marie, la douce Reine des anges, en disant : // Je vous salue, 6 Heine de misericorde*, notre vie, notre consolation et notre esperance ! // Cette toucbante priere des martyrs irrita tellement les bourreaux, que leur arrachant la peau jusqu au cou avec une fureur bestiale, ils se servirent aussitot des couteaux pour leur couper la gorge, tandis que la bouche des saintes victimes murmurait encore par intervalles et confusement : // O douce... misericordieuse... Marie 3 ! Et Marie, entouree de Finnombrable legion des anges et des martyrs, qui, portant dans leurs mains les palmes de la gloire, chantaient Fhymne du triomphe, accueillit les ames des deux champions de la foi , qu elle introduisit et placa , toutes brillantes de clartes immortelles, au sein de Feternel repos 4 . Maintenant, puisque nous ignorons les noms de ces deux illustres athletes, qui honorent tout FOrdre des Mineurs, qu^il nous soit permis de leur donner ce titre : LES DEUX MARTYRS DE LA HEINE DES MISERICORD E3 , au royanme de Perse. Apres eux il faut nomrner les freres Conrad de Saxe et Etienne de Hongrie , qui tomberent aussi glorieusement pour la defense du catholicisme, pres des monfcs Caspiens, en cette meine annee 1284. II parait que ces derniers se rendirent de la Hongrie en Perse 3 , au temps
r ) Idem, ibid.
2 ) Les chroniqueurs de notre Ordre font observer qu onne doit pas s etonncr que les martyrs disent : Salve Regina miser icordice, au lieu de Mater MisericordicK, comme on le dit aujourd hui ; car le mot Mater n a ete introduit par FEglise dans cette antienne, qu au temps du Saint pontife Pie V.
5 ) clcmens, 6pia f u dulcis Virgo Maria du Salve Regina dans le Bre viaire romain.
*) Voir Calaborra, dans son Histoire chronologique de la province de Syrie, etc., livre II, chap. 21; Mazzara dans son Legcndaire, au I" Janvier, etc.; et Marc de Lisbonne, danssa Chronique, 2 e partie, liv. V.
s ) Voir De Gubernatis, dans son Orbis Seraphicus, dcmiss. antiq. lib. I, cap. IV, n 128.
de la grande mission qu y fit entreprendre le P. Bonne-grace de Persiceto, ministre general de 1 Ordre, mission a laquelle ils se trouverent attaches, et qu ils furent mis a mort par les Grecs scliismatiques, soit peut-etre parce qu ils erraient chasses ca et la par la persecution et toinberent ainsi au milieu de ces ennemis de 1 Eglise Eornaine, soit parce que ceux-ci s etaient ligues avec les Sarrasins et les Tartares de Nikoudar pour detruire les mis sions. II est certain que leur martyre arriva de la maniere suivante. Ils habitaient chez une pieuse et saiute femme, et quand ils sortaient, ils soutenaient contre les Grecs des discussions dans lesquelles ils pronvaient ^injustice de leur rebellion a Fautorite et aux enseignements de 1 Eglise Eomaine. D abord les Grecs essayerent de repondre aux raisons de leurs adversaires , pour justifier le schisme quails professaient; mais voyant bientot qu ils n etaient pas en etat de resister a la sagesse des raisonnements des Missionnaires, ils les menacerent de mort, s ils ne renoncaient pas a leurs importunes predications. Mais les deux saints religieux, qui ne desiraient rien avec plus d ardeur que de rendre temoignage a Jesus-Cbrist par 1 effusion de leur sang, redoublerent de zele, loin d en diminuer, si bien que beaucoup de personnes, touchees de leurs paroles, demandaient a etre admises dans le sein maternel de 1 Eglise. Ce fut precisement la le motif qui porta les Schismatiques a se hater de faire pen r les Missionnaires 1 . Or, on etait a la veille du jour ou la main des sicaires devait les faire monter au ciel. On raconte, en effet, que la pieuse femme, chez laquelle ils logeaient , vit en songe deux faucons aux ailes dorees, d une beaute merveilleuse, qui s elevaient d un vol rapide vers les etoiles. Tort etonnee de cette vision, elle s en demandait a elle-meme le sens, lorsque le lendemain matin les deux religieux, etant sortis pleins d ardeur pour aller suivant leur habitude precher et discuter au lieu ordinaire ou la foule se reunissait pour les entendre, furent assaillis en chemin par des mechants, qui avaient passe toute la nuit a les attendre, et frappes d un coup de poignard au cocur; ils tomberent baignes dans leur propre sang, et expirerent en prononcant le doux nom de Jesus, a qui ils allerent s unir dans le ciel 2 . Des lors il etait
1 ) Arturus, martyrolug. Francis, die V april.
s ) Voir Arturus, loc. cit.; Sanct. Anton. Ill part, histoi. titul. XXIV, cap. 9; Bos. DeSignis Eccles. lib. VII, cap. 3, etc.
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facile, suivant la rcmarque du Fr. Marc de Lisbonne, d expliquer la vision qne nous avons rapportee : car les deux Mineurs etaient bien deux hardis faucons qui a la recherche d infideles, noble proie qu ils voulaient offrir au Seigneur, avaient trouve dans le martyre la recompense de leur zele et par la meme les joies de la celeste patrie 1 . II est d ailleurs probable que leur pieuse hotesse, pleine de sollicitude pour ceux dont elle avait prevu obscurement la mort glorieuse, et imitant en cette occasion Texemple de la sainte dame romaine, Lucine, recueillit dans la nuit suivante les corps des martyrs , pour leur donner la sepul ture dans Fun de ses domaines. En verite nous regrettons viveinent de ne pouvoir recommander a Fhistoire le nom de cette genereuse heroine qui semblable a la bonne Tabithe de Joppe 2 , a Priscille, femme du senateur romain Prudent 3 , a Lydie de Thyatire 4 , et a Tautre Priscille , femme du juif Aquila , du Pont 5 , accueillit a son foyer domestique les deux saints religieux, apotres de la Perse, que Dieu avait destines, peut-etre en les soustrayant a la persecution de Nikoudar ou Ahmed-Khan, a rendre en ces regions temoignage a la saintete et a Tunite de son Eglise, en, versant leur sang pour sa defense sous les coups des Schismatiques. Mais sans doute,. grace a ^intercession des deux illustres martyrs, cette excellence chretienne a obtenu dans le ciel la recompense de la charite et de la sollicitude admirable qu elle leur avait montree.
*) Chronique, 2* partie, liv. V, chap. XVI.
2 ) Actes des Apotres, chap. IX.
5 ) Voir Ribadeneira, me de S" Pudentiane.
*) Actes des Apotres, chap. XVI.
*) Ibid. chap. XVIII.
DEUXIEME PAETIE.
HISTOIRE OONTEMPORAINE,
CHINE
Lettre de Myr Louis DE CA STELLA zzo , Min. Ots. Vicaire Apostolique de Xan-lnn. en Chine an T. R. P. FRANCOIS DE LUCQUES, Dejiniteur General de I Ordre Franciscain a Rome, sur la situation des cliretiens au Celeste Empire.
Chin-nan-fu , 10 juin 1864.
TRES-EEVEREND PERE,
I/excellente lettre de Votre Paternite Tres-Eeverende, en date du 25 octobre 186 2, ne m est arrivee que le 11 mai dernier. II me reste encore a savoir ou elle a pu faire une si longue quarantaine de pres de deux ans. Mais quoiquVile nie soit parvenue si tard, il me serait impossible d exprimer la joie que j ai eprouvee a lire de votre ecriture et a recevoir de vos nouvelles. Je felicite Votre Paternite Tres-Eeverende de tant de charges qui lui ont etc confiees pour son honneur et Flionneur de TOrdre, et je prie le Seigneur de la couvrir de sa protection toute speciale dans les circonstances calamiteuses qui affligent notre cliere Italic.
Quant a ma pauvre personne , je dois vous dire que, moi aussi, je me nourris d 7 un pain de douleur ainsi que mes collaborateurs, au milieu de toute sorte de peines et de tribulations. II y a deja vingt-quatre ans que je reste dans ce miserable empire et je n ai pas encore eu un instant de repos : caro mea nan Jiabuit requiem. Au commencement notre sainte religion etait proscrite; il i allait se tenir cache, ne visiter que secretement nos pauvrcs chretiens et voyager la nuit avec les plus grandes precautions ; on ne pouvait done compter sur une large expansion de 1 Evangile. Plus tard, apres la guerre des deux puissances allices, on permit bien la profession de la religion catholique ; mais alors parurent les rebelles qui nous pkcerent dans de plus grands dangers, en nous forcant a mener pendant pres de trois ans une
vie errante, afin d ecliapper a la mort. Neanmoins, quand les rebelles eurent etc disperses, nous nous pensions arrives au temps ou nous pourrions librernent montrer le chemin du salut aux pauvres Chinois et nous mimes courageusement la main a 1 ceuvre. Aussi, lorsqu a la fin de 1863 nous eumes commence a precher publiquement notre foi, nous obtinmes un si merveilleux succes que des milliers de personnes venaient nous entendre , et beaucoup d entre elles convaincues de la verite que nous annoncions, Fembrassaient, de sorte qu en peu de mois nous comptames plus de miile catechumenes , dont le nombre s accroissait chaque jour. Maisle demon, jaloux et ennemi du salut des ames, niit alors en tete au gouverneur et repandit le bruit que tons ces gens, sous le pretexte de se faire chretiens, cherchaient le moyen d operer une nouvelle revolution; et afin de dormer plus de poids a la calomiiie, on ajoutait que les Missionnaires europeens etaient les chefs du complot. En consequence, le gouverneur m avertit plusieurs fois officieusement, avec une hypocrisie toute chinoise , de rappeler les Missionnaires. Je me suis seulement attache, au contraire, a lui prouver la faussete de ces accusations , et les espions qu il envoya plusieurs fois soit ouvertement, soit en se cret (ils allaient meme jusqu a feindre quails voulaient se faire chretiens), avouerent n avoir trouve le moindre indice ni de revolte ni de conspiration. Neanmoins on ne cesse de me recommander de rappeler les Missionnaires, en disant que si le nombre des chretiens continue a s accroitre, nous ne pourrons plus les conteriir ni les gouverner. Voila pourquoi, au moment ou je vous ecris, je suis tout consterne; car, afin de ne pas me brouiller avec le gouverneur et d agir prudeinment j ai deja ecrit a deux Missionnaires, pour qu ils viennent se retirer pendant quelque temps en cette ville, jusqu^a ce que je juge mieux de ce qu il y a a faire. Mais une longue experience me fait prevoir, ce qu a Dieu ne plaise! que nous nous trouverons bientot dans un etat pire qu auparavant. En effet, ce gouverneur, denue de toute religion, est capable de toutes les mauvaises actions ; il pourrait arriver qu apres m avoir fait rappeler les Missionnaires , il envoie des satellites qui excitent le peuple a se soulever, afin de prouver le bien fonde de ses craintes, et de nous accuser ensuite pres de FEmpereur et de la Legation francaise. En ce cas , il est certain que nous devons nous attendre a souffrir de grandes et
nombreuses tracasseries . Ah ! sans doute , les Europeens out dans la derniere guerre humilie la nation chinoise, mais pas assez; je crois done qu ils seront forces d en faire une seconde pour la mettre a la raison. La peur a rendu les Chinois raisonnables pendant deux ans; mais aujourd hui que leur peur est passec, ils recommencent a s enorgueillir et se laissent aller de nouveau a leur haine native centre les etrangers. N a-t-on pas vu depuis peu la police chinoise tuer un Anglais a Pekin! lieureusement, arrive que voudra, le demon ne fera ni plus ni moins que ce que Dieu lui permettra !
Je regrette que la vie de nos saints martyrs Japonais , que Votre Paternite Tres-Reverende a bien voulu m envoyer, ne me soit point parvenue. Je Taurais lue volontiers; vous me feriez done une irrande faveur. si vous m en adressiez un autre exem-
plaire, en meme temps qu un exemplaire de FHistoire des Mis sions de TOrdre par le T. R. Pere Marcellin de Civezza. Excusez la liberte de ma demande; mais nous sommes dans une terre etrangere , dans une ignorance presque absolue des affaires de I Ordre, et ce nous est bien penible. Je vous prie done, en terminant , de me donner de vos nouvelles , et de saluer pour moi les T. R. Peres Jacques de Civezza et Joachim de Cipressa, s ils vivent encore; enfin, je me recommande a vos saintes prieres, en me redisant
de Votre Paternite Tres-Reverende,
le tres-humble disciple, FR. Louis DE CASTELLAZZO , Mm. Obs. T icaire apostolique de Xan-tu et administrateur de Xansi.
Lettre du P. EUSEBE MARIE DE DONGO, Mm. Obs. ref. Miss, Apost. en Chine, au P. CONSTANTIN DE VALCAMO^ICA , de
la Custodie Reformee de Lombardie, sur le meme sujet.