‹ Annales des missions franciscaines Volume 4Chapitre 43 sur 73 · MON REVEREND ET TRES-CHER PERE CONSTANTIN · texte numérisé non relu

MON REVEREND ET TRES-CHER PERE CONSTANTIN

J ai recu vos aimables lettres des 25 mars, 12 juillet et 5 aout, remplies les unes et les autres de nouvelles les plus importantes et je vous en offre mes vifs remercirnents; je suis vraiment touche de Finteret affectueux et de la sollicitude que vous temoignez a mon humble personne. Mais ce qui m^a surtout etc

tres-agreable, c est le portrait clu Missionnaire , notre excellent confrere, que vous y avez joint : ce me sera un stimulant pour me souvenir toujours de lui et pour imiter son zele heroi que dans Fapostolat. Vous m excitez ainsi tout doucement au bien , mon Reverend Pere, avec une tendre charite en tant qu il se rattache a Thonneur et au profit de notre petite famille franciscaine de Lombardie, et vous faites, en outre, inserer dans les Annales , pour Fedification des fideles, les lettres de nos Missionnaires ; vous obtiendrez dans le ciel une ample recompense de ces soins. Oh! que j ai eprouve de consolation, mon bon Pere, a apprendre que notre province Lombarde , grace a la protection speeiale de Dieu et de Marie Immaculee , notre patronne, n a jusqu ici point souffert de la revolution et de 1 esprit anti-catholique qui desole aujourd hui notre malheureuse Italic. Cette faveur, j espere que, comme je le demande dans mes prieres , la Sainte Vierge voudra bien nous la continuer a Favenir, de telle sorte qu avec les nouveaux pretres et les novices , qu on m a dit n^avoir pas manque jusqu a present, notre province se niaintiendra et deviendra de plus en plus florissante, pour reconquerir le haut rang qu elle occupait avant la revolution du siecle dernier. Cependant j ai aussi appris avec grand chagrin la mort de tant de chers et excellents religieux, qui etaient encore a meme de faire du bien, s il n avait plu a Dieu de les appeler a sa gloire. Mais que sa sainte volonte s accomplisse en toutes choses ! Ces confreres nous aideront par leur intercession devant le trone du Tres-Haut. Oh! que je me serais estime hureux d\ivoir eu pour compagnon dans les travaux apostoliques un excellent et zele religipux tel que le P. Cyr de Villa di Legno! Mais il a plu a Dieu de le recompenser de sa bonne volonte, en Tappelant, lorsqu il ne venait que de partir pour les missions etrangeres, a la gloire du ciel, ou il nous est doux d esperer qu il aura recu le prix accorde au desir du martyre. Je suis bien fache que vous ne puissiez me donner des nouvelles de notre bon Pere Jean- Pierre de Bergame, qui desirait si ardemment de se consacrer a nos missions chinoises ; s il etait venu, les belles et rares qualites dont il est doue lui auraient certainement assure pres de tous le meilleur accueil.

Maintenant, tres-cher Pere Constantin , je vais , comme vous le desirez, vous communiquer quelques details sur moi et sur ma

fifti

mission, ainsi que sur toute la Chine. Vous savez deja que j ai du quitter ma mission pour me refugier a Hu-pe, afin d echapper au danger de perdre la vie dans la violente persecution qui s est elevee en 1862 et 1863, persecution oil nous avons tout perdu, nos edises, nos residences et le reste. Mais dans les seize mois

que j ai passes en ce vicariat, ou , par la bonte de F excellent Prelat defunt, Mgr Celestin Spelta, j ai trouve Faccueil le plus cordial, j ai eu a travailler beaucoup plus qu au milieu de ma mission. Ce saint eveque me chargea de surveiller la construction du seminaire qu on y a bati presque dans le genre europeen , et quand les travaux furent termines , il m envoya donner des mis sions en plus de douze chretientes de sa juridiction, jusqu a ce que, rappele de nouveau a Hong-Kong, je pris la direction de la batisse de la petite eglise qu on y erigeait, en tracant aux ouvriers, soit menuisiers soit peintres, les regies a suivre dans la construction de 1 autel, de la balustrade, des banes, du tabernacle et du trone ou Ton expose le Tres-Saint Sacrement. Puis , j ai peint avec tout le soin possible la Sainte Image qui represente la Vierge de Rimini; elle est placee au maitre-autel. Enfin, par suite soit de fatigues, soit de chaleurs excessives , telles que je n en avais jamais endure ailleurs, je fus atteint sur tout le corps d une eruption cutanee, une espece de petite verole, qui m^ota tout appetit, de sorte que je fus oblige de vivre pendant deux mois dans un repos absolu. Mais ce temps passe, je recouvrai, grace a Dieu, ma premiere sante. Apres la fete de rAssomption, Mgr m envoya d abord dans notre mission abandonnee, et apres treize journees de marche, je revis nos Chretiens qui me recurent avec un veritable enthousiasme et avec des transports de joie indicibles. Je craignais que nos ennemis ne s cn emussent; mais notre Seigneur et Marie notre mere bien-aimee m ont si bien protege qu j il ne m est rien arrive de facheux. C est pourquoi le P. Cesar du Tyrol, notre provicaire et directeur du semi naire, est revenu aussi avec les eleves et etudiants; j espere que Mgr lui-meme viendra bientot nous rejoindre.

Je ne me rappelle pas si je vous ai parle, dans ma precedente lettre, du voyage a Pekin qu a fait notre Vicaire, Mgr Navarro, observantin espagnol, afin d implorer la protection de Tamba^sadeur francais pres de la cour chinoise , c est-a-dire pres de Kum-Kin-wam , qui gouverne aujourd hui au nom du petit

empcreur, age seulement de neuf a dix ans, fils da feu empereur Han-fom. En effet, nous obtimnes quelques reparations des dommages que nous avions essuyes : plusieurs Mandarins furent destitues, d autres, prives de leurs decorations civiles, jusqu a ce qu ils nous aient iudemnises de toutes nos pertes ; et c est ainsi que nous avons pu rebatir les eglises et le seminaire , mieux encore quails n etaient auparavant. Les chretiens ont aussi obtenu d etre indemnises au raoins en partie. D ailleurs les Mandarins actuels nous favorisent de leur protection et meme de leurs visites, a la grande confusion de nos ennemis; mais comme ceux-ci n ont pas abjure leur haine contre ncus, ils font en cachette et dans P ombre ce quails n osent plus tenter en public; ainsi, le 16 decembre dernier, ils ont mis apres minuit le feu a la petite residence provisoire , couverte en paille , que nos Peres Chinois ont elevee a Han-Kion-fu, pendant que nous etions a Hu-pe, et la inaison a brule avec tout ce qu elle contena.it; car on n a pas eu le temps de sauver meme les objets les plus importants, tels que Funique ornement de Feveque , qu on avait pu comme par miracle cacher durant la persecution , de sorte qu aujourd hui il n en a plus. Les Mandarins de la ville se sont bien rendus aussitot sur les lieux afin d examiner le fait et mettent tout en oeuvre pour decouvrir le coupable et le punir, mais y parviendront-ils? Le jour de TEpiphanie suivant on a ouvert la nouvelle eglise de Han-Kion-fu , ou Ton a celebre pour la premiere fois au milieu d un grand concours d assistants , tant pay ens que chretiens , qui en sont restes pleinement satisfaits. Mais je n ai pas eu le bonheur de me trouver a la ceremonie, parce que j^etais alle porter les secours de la religion dans une chretiente distante de treize milles, ou nous avons aussi une re sidence et une petite eglise. J avais la toutes les facilites desira bles pour peindre. Aussi y ai-je fait deux tableaux representant les Princes des apotres S* Pierre et S* Paul, que j ai envoyes a cette nouvelle eglise. Apres 1 exercice du ministere sacre , c est la mon occupation favorite dans les moments de loisir dont je puis disposer. Bieritot, quand notre venere eveque sera arrive, c est-a-dire dans quelques jours , nous romprons le silence ou nous nous renfermions, nous nous montrerons librement pour ce que nous sommes, ce que la prudence ne nous a point permis de faire jusqu ici de peur de provoquer dc nouveaux troubles.

Cependant tout le mat que les payens nous font leur cst uniquement inspire par leur haine contre les Europeens; les gouverneurs ne distinguent pas les marchands des Missionnaires, mais les payens font contre les seconds ce qu il ne leur est pas donne de faire contre les premiers. Pourtant nous esperons qu ils se calmeront peu-a-peu et finiront par nous laisser une paix si necessaire pour la conversion des idolatres. Je vous supplie done avec instance de prier et faire prier le Seigneur et la Sainte Yierge afin que nous puissions obtenir une si grande grace.

Tin mot maintenant de la province de Kian-si, ou une nouvelle persecution a eclate Tan dernier contre les chretiens du chef-lieu, a ^occasion de la rentree triompliale du Provicaire de cette mission, que les persecutions precedentes avaient force de se re.tirer quelque temps a Pekin. La tourmente ne dura point : le chef des Mandarins fut destitue, et les cliretiens furent indemnises des dommages qu ils avaient soufferts.

L/eveque francais du Thibet, passant a Hu-pe pour se rendre a Pekin, a raconte qu il a du egalement s enfuir de ce pays , sans esperer d y pouvoir retourner en ce moment. L eveque de Sinite, venu au mois d aout dernier de Su-Hiuen, a aussi passe a Hu-pe, se rendant a la capitale du celeste Empire, pour affaires de son vicariat. Depuis lors, dans les dix mois qui ont suivi, je n ai point appris qu il soit rien arrive de facheux dans aucune pro vince, et Dieu veuille que cet etat de choses dure. Bien plus, dans les environs de Pekin on voit un eveque francais operer beaucoup de conversions; ce zele missionnaire deploie le drapeau de sa nation, et au son d une musique chinoise, il assemble le peuple et Fexhorte a se convertir; et le ciel benit tellement ses travaux que des villages entiers se convertissent et changent leurs pagodes en temples du vrai Dieu. Ah! s il ii(Jus etait permis d imiter le zele de ce prelat ! Malheureusement, ce nous serait impossible, en des lieux si eloignes de la capitale de Tempire; il nous faut done user de prudence et attendre des temps meilleurs. A Hong-Kong les Europeens ont bati un grand nombre d hotels et de maisons de commerce et les Chinois en sont eraerveilles. Mais si le commerce prospere a ce point, c est au prejudice du panvre, car les denrces ne cessent d enchenr. II se trouve dans cette ville un excellent consul francais qui se xnontre plein de prevenance pour nous, et il a a sa disposition une petite chaloupe canonniere.

Maintenant il ne me reste plus rien a vous dire ; je termine done cette longue lettre, en vous priant de vouloir bien avec votre bonte ordinaire me donner des nouvelles de nos religieux et surtout m annoncer leur mort afin que je puisse celebrer des messes pour ceux qui mourraient. Mais je dois aj outer que je suis profondement afflige d apprendre la guerre qu on fait en Italic au Chef supreme de 1 Eglise. Ah! je suis sur que 1 heure de son triomphe sonnera bientot; car Dieu ne permettra point que les epreuves de la religion durent encore longtemps ! Je me recommande de nouveau a vos prieres et a celles que vous ferez adresser au Seigneur pour moi et pour la paix de toute la Chine. Yeuillez aussi saluer de ma part tous les religieux de la pro vince et nos bienfaiteurs, et recommander aux ficleles dans vos sermons Texcellente oeuvre de la Sainte Enfance, en les excitant -a, la soutenir par de genereux seconrs; car le manque de ressources nous force a refuser beaucoup d irmoeentes petites crea tures, abandonnees par les payens qui les noient ou les font perir autrement. Quelle douleur de ne pouvoir les sauver! De mon cote, mon tres-cher Pere, je demanderai pour vous a la divine Providence qu elle vous conserve sain et robuste au mi lieu de tant de travaux et d occupations incessantes, afin que par votre sacrc ministere vous rameniez dans le bon chemin un grand nombre d ames egarees et que vous les conduisiez au salut.

Enfin je ne veux point negliger de vous dire que j ai appris avec grand plaisir qu on a celebre au convent de Eezzato des fetes brill antes en riionneur des saints martyrs japonais recemment canonises; nous les honorons aussi d une maniere speciale et nous les rcconnaissons pour les avocats et les protecteurs de nos missions.

Agrez mes salutations les plus distinguees et les plus cordiales et croyez que je suis bien sin cerement comme je me declare

Votre tres-affectionne et tres-ndele confrere,

FR. EUSEBE MAEIE DE DONOO,

Min. Obs. ref. Miss, apost.

Hen-Kion-fu, 10 Janvier 1864.

EGYPTE

Lettre du P. ERASME DE SASSO, Mm. Obs. ref. Miss, aposl. en Efiynte, an P. JOSEPH. CALVI, Vicalre de Terre-Sainte a

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Jerusalem , sur les prog res de la religion catkoliqne dans VIstlime de Suez.

Port Saul, ce 20 juin 1864.

TRES-KEVEREND PERE VICAIHE,

Je vous prie de m excuser si je n ai pu, com me c eut etc mon desir, tenir plus tot la proraesse que je vous avais faite, quand je suis alle a Jerusalem au mois d avril dernier, de vous informer de tout ce qui arrive de plus important le long du canal maritime de Suez, soit pour la religion catholique, soit pour nos Missions Eranciscaines ; car votre sollicitude pour le bien spirituel des ames vous rend avide de semblables nouvelles.

Vous vous rappelez sans doute que dans Fun des entretiens que j ai eu le plaisir d avoir avec vous, je vous disais que je devais avoir Thonneur, lors de mon retour dans le desert, d y accompagner Mgr le delegue apostolique, qui avait resplu depuis quelque temps d y faire une tournee pastorale, aim de connaitre de plus pres les besoins spirituels de ces trois nouvelles mis sions et de donner par son aim able presence un puissant encou ragement a la population catholique : il en fut ainsi; car son voyage cornme son retour ne fut qu un triomplie continuel de la religion catholique, de la dignite episcopale et de .Fhabit Franciscain.

11 partit d Alexandrie en compagnie du Frere Ugolin dans la matinee du 23, le meme jour que le P. Gardien du Caire et moi nous quit tames cette derniere ville pour aller a sa ren contre jusqu^a Zagazigh, ou une barque efcait prete, ainsi que les dromadaires qui devaient la remorqucr. De la nous partimes, apres un instant de repos, pour Tel-Kibir, laissant en cette ville de Zagazich le P. Yalentin de Yernazza, Obs. de la province de Genes, qui etait venu expres pour mieux connai tre les besoins de ces catholiques et chercher le moyen d ouvrir parmi eux une mission.

Nous arrivames a Tel-Kibir vers dix heures du soir, ce village

est situc au centre de la grande propriete que la Compagnie de FIsthme a acquise, il y a plusieurs annees, des enfants d Abas- Pacha> Nous y passames la nuit; puis, le lendemain matin de tresbonne heure, nous remontames dans notre barque et nous avancaines a travers 1 Oasis designee dans la Bible sous le noni de Gessen; nous vimes en passant le lac de Maxanie et les ruines de Ramesse, lieu de reunion des Hebreux lors de leur depart pour la Terre Promise , et u quatre heures apres midi nous atteignimes Timsah ou Ismailia.

Ici il me serait impossible de vous dire les peines que les chefs de la C ie avaient prises, de concert avec le P. Bernard de Milan, pour recevoir convenablement notre Pasteur. Le 25 une deputation vint le prier de faire a la ville nouvelle Fhonneur de benir la premiere pierre de la nouvelle eglise catliolique, qu on doit y clever. II se rendit tres-volontiers a cette demande , et le lendemain 26, jour de la Fete-Dieu , il officia pontificalement et celebra la sainte messe dans une chapelle provisoire. En ce jour vraiment solennel a tous egards, Its chefs de la C ie voulurent encore offrir a Mgr et a ceux qui Taecompagnaient un banquet somptueux, pour mieux temoigner de leur respect.

A trois heures apres midi , quand tous les preparatifs du depart furent faits, nous nous dirigeames vers El-Guirs, dis tant seulement de deux lieues. Nous fimes le trajet dans une voiture construite expres pour le desert et tiree par six dromadaires. Beaucoup de messieurs et de dames, montes sur d excellents chevaux arabes, voulurent nous suivre pour honorer Ms;r et c etait merveille de les voir voler a travers ces landes

sauvages.

Des notre arrivee a El-Guirs, Mgr voulut avant tout visiter 1 eglise ou Fattendait dejaFeKcellent et infatigable P. Bernard de Milan, qui depuis plus de six mois est a la tete de cette mission, et a su par ses bonnes qualites se concilier la bienveillance et Faffection de tous. La, notre digne prelat donna la triple benediction avec le tres-Saint Sacrement a la foule accourue d Ismailia et des environs ; puis, le reste de la soiree se passa dans le nouveau jardin de FIngenieur en chef, M. Gioia, qui tint a Fhon neur d offrir encore a souper chez lui a Monseigneur.

Dans la matinee du 27, apres la messe Mgr administra la con firmation et termina sa visite pastorale ; puis, a deux heures apres midi, reprenant son vehicule des jours precedents, il partit pour le Ferdan 1 ou la barque de Tlngenieur en chef nous attendait pour nous transporter a Kantara; nous y arrivames a sept heures du soir. Le campement de Kantara est le seul qui se trouve sur le bord oriental du nouveau canal, c est-a-dire en Asie, a deux kilometres des luines de Fantique Sale, dont le cimetiere touche au nouveau campement, qui a etc bati avec des briques extraites des sepulcres de ce cimetiere.

Le lendemain a 6 heures, dans une salle disposee en chapelle provisoire, Mgr celebra la sainte messe en presence de tous les ouvriers et employes catholiques, et confera ensuite la confirmation. Puis, apres avoir fait une collation frugale, nous nous mimes en route pour Port-Said, ou nous n arrivames qu u quatre heures apres midi.

Le P. Bernard d Orleans, que le telegraphe avait averti de la prochaine arrivee de Mgr, prit toutes les dispositions necessaires pour lui faire une reception solennelle , et quand Mgr fut entre dans Teglise on chanta le Te Deinn avec accompagnement de Forgue, et il donna ensuite la benediction du tres-Saint Sacrement.

Le dimanche 29 il y cut une grand messe apres laquelle, pendant que Mgr faisait sou action de graces, le P. Bernard prononca une courte, mais touchante allocution en francais, pour preparer et exciter a la ferveur ceux qui, au nombre de 14, devaient recevoir le saint chreme et qui attendaient avec im patience le moment ou ils seraient confirmes dans la foi en ce Dieu qu j ils venaient de recevoir a la fin de la messe celebree par le prelat.

Puis, le l er juin, a la demande de la Eeverende Mere Superieure des Sceurs du Bon Pasteur (ces religieuses, appelees par la C ie il y a un an, soignent les malades de Fhopital et font la classe a une quinzaine de petites filles de divers rites et communions ;

J ) Quoique le nouveau canal soit depuis longtemps navigable de Timsah ou Israailia a Port-Sa id, comme en ce moment il e"tait encombre de beaucoup de machines, qu avait fait venir M. Couvreux, entrepreneur des travaux de la inontagne de Seuil, il fallut faire en voiture ce trajet de deux heures entre El-Guirs et le Ferdan.

elles contribuent ainsi grandement au bien spirituel de cette mis sion ou les Mineurs Franciscains ont fonde une paroisse un an avant leur arrivee), Mgr benit leur chapelle et y celebra la pre miere messe, au doux son d un harmonium auquel se melait le chant des relimeuses.

Le jour suivant, dix braves Irlandais eurent le bonheur de recevoir des mains du prelat la sainte communion, apres y avoir ete disposes par leur compatriote le P. Antoine, cure de Suez, qu avait charge de ce soin Mgr le delegue lui-meme, dont la sollicitude toute speciale pour celles de ses brebis qui sont eparses sur les divers points du desert est vraiment touchanfce.

Et comme c est le 25 avril 1859 que le premier coup de pioche a ete donne pour Touverture du canal maritime, Mgr voulut laisser a la paroisse de Port -Said un don coramemoratif de ce jour : il consistait en un tres-beau tableau representant S* Marc au mo ment ou il recut de S* Pierre, prince des apotres, la mission d aller precher la foi en Egypte.

S il fallait maiutenant vous rendre compte de Tetat des travaux du canal, j aurais a vous dire que dans toute sa profondeur et dans toute salargeur de Port-Said jusqu au Ferdan, distance d environ 18 lieues, le creusement en a ete" confie a M r Itton, entrepreneur anglais, qui doit Texecuter dans Tespace de trois annees; pour cela il a fait venir de Flrlande et de 1 Ecosse plusieurs centaines d ouvriers, tandis qu un francais, M r Dusseau doit, dans le meme laps de temps, terminer les deux moles qui formeront la jonction de la mer avec le port interieur qu on creuse dans le lac Manzale, et qu un autre francais, M r Couvreux, a entrepris le percement de la montagne du Seuil , du Eerdan jusqu a Timsah , qui est le lieu le plus difficile de tout le canal. Mais ce dernier, grace a des machines particulieres dont 1 on se sert deja, parviendra , aussi dans trois ans au plus tard , a rendre cette partie du canal navigable dans toute son etendue et dans toute sa profondeur : resultat qu il paraissait d abord impossible a beaucoup de personnes d^obtenir. Mais sans que je m arrete plus longtemps sur ce sujet, vous tronverez tous les details y relatifs dans le Journal de 1 Isthme de Suez, ou ils sont minutieusement rapportes.

Voila tout ce dont j avais a vous informer quant aux choses qui interessent en ces contrees la Religion Catholique et TOrdre

Franciscain qui vous est si cher : je finis done en me redisant

Yotre tres-humble confrere et serviteur,

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