‹ Annales des missions franciscaines Volume 4Chapitre 44 sur 73 · MON CHER PERE BERNARD · texte numérisé non relu

MON CHER PERE BERNARD

J ai recu du P. Ugolin une douzaine d opuscules contenant les Maximes eternelles, et je vous en remercie vivement; car ils produisent un tres-grand bien spirituel chez nos pauvres ouvriers, qui, touches des meditations et des prieres qu on y trouve, les lisent et relisent avec beaucoup de plaisir. Plusieurs venant se confesser, nous ont deja repondu, apres avoir ecoute nos remontrances : // Yous avez raison ; car j ai lu ce que vous me dites, dans les Maximes eternelles ; " puis ils en recitent par cceur de longs passages et souvent des meditations entieres. J eprouve une extreme consolation a trouver la une preuve evidente quails profitent de la lecture de ce pieux ouvrage, s appliquant d ; eux-memes ce qui leur convient et qui, rappele a leur esprit par nos exhortations, sert merveilleusement a les exciter au regret de leurs fautes et a de bonnes resolutions, conditions indispensables , vous le savez , pour que la confession soit bonne et fructueuse.

Les Maximes eternelles me servent encore a porter bien des gens a Faccomplissernent du precepte pascal, en les donnant en cadeau, mais seulement a ceux qui travaillent a etre et a se montrer vraiment chretiens; il en resulte que souvent si Ton oubliait par hasard ce devoir, on songe a s en acquitter, ne fut-ce que pour ne pas se faire estimer moins que les autres. Mais en verite il me faudrait avoir de ces opuscules en plus grand nombre; car parmi les ouvriers il y a beaucoup de Hongrois, de Dalmates et d originaires des iles de FArchipel.

Yous voyez done, rnon Pere, que les peines que vous vous

donnez pour le bien spirituel de mes chretiens ne restent pas sans fruit, non plus que la genereuse liberalite du bienfaiteur qui vous procure ces petits livres; je Fappellefais volontiers un excellent missionnaire en exercice au fond de sa retraite; car on pourrait presque dire qu il obtient plus de fruit avec ses livres que je n en obtiens , moi , avec mes travaux dans ces missions.

Si done il vous arrive de lui ecrire, je vous prie de le remercier vivement de ma part et de Fencourager a nous continuer les bienfaits de sa charite, que Dieu ne laissera certainement pas sans une grande recompense.

Lundi prochain je partirai pour Ismailia avec le P. Bernard d Orleans qui va prendre possession de cette nouvelle mission; il a demande, ainsi que le missionnaire duGuirs, que je lui obtienne un certain nombre de Maximes eternelles a distribuer aux ouvriers qui travaillent au percement de la montagne du Seuil; tachez done, si ce vous est possible, de les satisfaire.

Je suis bien heureux, je vous assure, de pouvoir vous dire, que la religion commence a etre mieux connue dans ce desert, ou deja s elevent deux eglises, en meme temps que Ton commence a en batir une troisieme a Ismailia (ou Timsali) ; Mgr le delegue en a pose la premiere pierre le jour de la Fete- Dieu.

Et vous saluant avec affection, je me redis encore de cceur

Votre confrere en J.-C.

Page 1